Forum de RPG basé sur l'univers de l'Âge de Feu par E.E. Knight
 

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 Le vent du changement [Privé Dana]

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MessageSujet: Le vent du changement [Privé Dana]   Ven 27 Oct 2017 - 16:46

Musique d'ambiance:
 
Habité par un optimiste inhabituel, Percebrise prit une profonde inspiration : le moment était venu. Il était là, devant les portes de la prestigieuse cité côtière. Merci, Nirfaël... Sa rencontre avec l’elfe l’avait changé. Elle lui avait apporté la seule chose qui manquait à Percebrise, à l’époque où il formait la paire avec son cavalier Sverinn : une vision artistique, romantique du monde. Durant tout le trajet de Tyshar jusqu’à Abyre, il n’avait cessé de songer à cette conception particulière du monde que Nirfaël lui avait enseignée ; et plus il y repensait, plus il avait la sensation de l’avoir toujours portée dans son coeur, cette “magie” bienfaisante. Ses pensées l’avaient replongé dans le monde de son enfance, quand il était encore tout petit dragonnet, privé de la sécurité d’un nid, privé du réconfort apporté par une mère ; obligé de subsister par lui-même. Des souvenirs fragmentés lui étaient revenus, sous forme d’images, de sensations et de sons ; c’était juste avant qu’il ne comprenne la situation dans laquelle il se trouvait : celle d’être un banni, un oublié. À ce moment-là où tout s’était éclairci et que la jalousie, la compétition et l’instinct de survie avaient pris le dessus, une partie de son coeur trop jeune s’était assombrie. Et il n’avait cessé de la porter en lui, ce lourd chagrin, cette part de cruauté qui avait continué de grandir tandis que lui grandissait. Enfin, jusqu’à…

Il savait très bien jusqu’à quand, mais ce n’était plus la peine de s’éterniser. Elle était probablement morte, ou avec un peu de chance elle échappé au cataclysme en compagnie d’autres dragons. Elle l’avait peut-être même oublié, il et ferait mieux d’en faire autant -du moins, c’était ce qu’il tentait de se convaincre lui-même depuis quelques années maintenant. Ça faisait quoi, deux, trois ans ?
Il ferma les yeux : stop. Plus de ça. On oublie. Il les rouvrit, posant son regard sur la grande arche de pierre. Malgré la menace qui planait dans le royaume de l’ouest, Abyre respirait la joie et la vie.

Percebrise ne savait pas trop comment il s’y était pris : au lien d’arriver par l’une des entrées principales de la cité, il s’était débrouillé en longeant, à la nage, les falaises grises couvertes de végétation luxuriante. L’eau ici était si claire qu’il avait aperçu à plusieurs reprises de drôles de poissons colorés, toujours les mêmes teintes : blanc, noir, rouge-orangé ; parfois jaune ou bleu. Ses poissons s’étaient fait de plus en plus nombreux à mesure qu’il s’était rapproché de la ville, perché sur plusieurs falaises. En effet, c’était l’architecture singulière des bâtiments, perchés à des hauteurs très variable, qui l’avait guidé de loin. Il venait tout juste de sortir de l’eau ; il se trouvait sur un ponton de bois, juste assez large et solide pour soutenir deux dragons adultes. Le ponton restait petit comparé au port principal qui devait se trouver plus au sud de la ville ; il avait vraisemblablement atterri dans un minuscule port destiné aux petits pêcheurs : les plus gros bateaux ici n’étaient que des petites barque en bois qui flottaient paresseusement sur l’eau calme de la baie labyrinthique. Ce ponton longeait l’un des immenses murs de pierre qui démarquaient les limites d’Abyre ; et il n’y avait que trois au quatre longueurs de queue de dragon entre ce mur et la falaise d’à côté ; ce qui laissait la place à quelques barques pour glisser dans le couloir d’eau. Des arches rocheuses surmontées de plantations florissantes surplombait le canal, et d’étrange lianes parsemées de petites fleurs rose pâle reliaient les deux côtés ; cela rappelait à Percebrise les petites cordes décorées de banderoles multicolore que les humains aimaient accrocher de part et d’autre des rues lorsqu’ils faisaient la fête.
Rien que de l’extérieur, c’était une jolie ville. Il regrettait juste que Sverinn ne soit pas là pour le voir.

Percebrise leva les yeux vers le point le plus haut d’Abyre, un amas de bâtiments empilés les uns sur les autres, très certainement là où se réglaient les affaires les plus importantes. Abyre était construite comme une pyramide circulaire, sans la régularité bien entendu. Tout semblait à la fois sans dessus-dessous, mais néanmoins organisé.
Il se retourna et réalisa qu’un nénuphar était resté collé à ses écailles au niveau d’une épaule. Il s’en débarrassa, le faisant tomber à l’eau. Ce qui fit un gros sploush. Un sploush un peu trop bruyant d’ailleurs. C’était le nénuphar qui avait fait ce bruit ? Eeeeh… ?

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MessageSujet: Re: Le vent du changement [Privé Dana]   Dim 17 Déc 2017 - 18:47





L'arrivée avait été mouvementée, l’installation... N'en parlons même pas. Dana était simplement lessivée, Œilfantôme aussi, Ted... N'avait fait que dormir. Aussi, amener un ours dans une taverne digne de ce nom n'était pas une mince a faire, mais personne n'allait réussir à éloigner la jeune femme de SON ours. Si cela venait à arriver...
Quelqu'un allait finir avec une épée dans la gorge.
Ted était resté avec l'Elfe pour prendre soin d'elle et la surveiller, au cas où quelque chose arriverait. Pendant ce temps, notre chère tête blanche était partie explorer plus en détail la ville, pour connaitre les commerçants, artisans, tavernes et autres bars... Mais surtout un endroit sûr ou elle pourrait déposer l'argent qu'elle transportait. Cet argent avait d'ailleurs était bien utile pendant leur… voyage forcé, pour ne pas dire exil, parce que trouver un bateau voulant bien prendre une femme aux cheveux blancs et yeux cristallins, une elfe aussi épaisse qu'une feuille d'arbre, un ours blanc et un humain magicien... Ce n'était pas une mince a faire.
Sa tenue se résumait à son habituelle chemise blanche et un genre de bas de tissu léger car il faisait assez chaud pour ne pas devoir mettre un pantalon de cuir et des fourrures. Aux pieds, elle avait de simples sandales, et a la hanche, une simple dague.
La jeune femme se dirigeait vers les petits pontons pour descendre jusqu'à la plage, mais... Le monde qu'il y avait la décidait plus a descendre... Par voie naturelle, avec les anciens escaliers qu'elle avait vu lors de leur arrivée. Il en manquait, le bois n'avait pas l'air stable, mais juste assez pour descendre avec plus ou moins de sûreté, mais beaucoup -plus- de rapidité.

Un sourire se faisait voir sur les lèvres de la jeune femme alors qu'elle descendait les escaliers qui craquaient sous son poids, sans jamais casser. Elle arrivait a un endroit assez en hauteur pour plonger, sans que ça ne soit -trop- dangereux. Alors elle sautait, comme elle le faisait quand elle était plus jeune, sur les côtes froides d'Hesstur. Son corps entrait dans l'eau avec un sploush délicat et léger -not- et ses yeux s'ouvraient, pour découvrir tous les poissons autour d'elle s'écarter. Notre tête blanche remontait a la surface et regardait aux alentours. Elle y vit simplement un grand dragon blanc regarder dans sa direction, et son ventre se serrait encore une fois.
RaÏnvir. Elle n'y avait même pas pensé. Était-il au moins encore en vie ? Certainement, le connaissant un peu.
Ses yeux s'illuminaient en regardant les écailles de la bête en face d'elle. Il rayonnait comme neige au soleil, avec ses écailles humides reflétant au soleil descendant. Le corps de l'humaine arrivait doucement vers le ponton, ne lâchant pas des yeux la masse devant elle. Ils avaient les mêmes yeux, et ses cheveux étaient égaux a la blancheur du corps du mâle. Un certain sourire était toujours collé aux lèvres de la femme, alors qu'elle montait sur le ponton, et s'asseyait pour le détailler.

« J'aime beaucoup vos écailles. Je suis Danalhéa. Nouvel arrivant ? » dit-elle dans un draquine parfait, malgré un certain accent humain.

Et comme ça, elle attendait, bien au courant danger devant lequel elle était tranquillement assise, un sourire aux lèvres.
Dana et son inconscience consciente.
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MessageSujet: Re: Le vent du changement [Privé Dana]   Jeu 18 Jan 2018 - 15:22

Percebrise la dévisagea avec intérêt, ne prêtant plus attention à la familiarité avec laquelle les hominidés osaient s’adresser à lui. Une étrange lueur de chaleur dansait dans les yeux de cette jeune femme qui flottait sur l’eau avec parfaite aisance. Elle avait la peau pâle et ses cheveux étaient tout de blanc, et cela lui donnait un drôle d’air car à la connaissance de Percebrise, seul les vieux hominidés pouvaient arborer une telle couleur de cheveux ; à l’évidence celle-ci, cette Danalhéa, était encore dans la fleur de l’âge, où du moins le paraissait-elle. Pas une seule ride ne venait abîmer son visage de nacre.

Sans raison apparente, Percebrise s’éprit d’une profonde sympathie pour elle. Elle était très jolie, gracieuse, et… Il y avait un quelque chose chez elle qui lui plaisait bien. Il l’observa un moment sur l’eau, jusqu’à ce qu’il réalise que son mutisme ne devait pas paraître très poli ; après quoi il bredouilla quelques plates excuses digne d’un dragonnet éhonté.

“Oh, euh… Merci, c’est très flatteur, même si je dois admettre qu’avec le temps et les cicatrices qui s’accumulent, elles doivent perdre de leur éclat…” dit-il en désignant son dos d’un air très concerné.

Ce n’était pas de l’auto-dérision ; il avait essuyés de nombreux coups dès le tout début de sa vie et plus encore depuis une cinquantaine d’années. Mais même si la plupart de ses blessures n’avaient laissé que de minces traces à peine visible, il avait amassé trois vilaines balafres qui demeuraient très visibles, d’impressionnantes stries noires ; l’une traversait sa poitrine en diagonale, l’autre le flanc gauche, et une dernière au niveau de son dos.
Il poursuivit.

En fait je viens juste d’arriver ici, d’une manière peu orthodoxe j’en conviens. Je…

Il se stoppa dans son élan, hésitant. Etait-ce une bonne idée de se lancer dans une conversation… Mm Mm. Percebrise bloqua cette pensée au bon moment. Nouvelle vie, nouveau départ. Les temps ont bien changé.Les hominidés étaient désormais supérieurs aux dragons, un danger incommensurable régnait sur les royaumes de l’ouest et pouvait à tout moment traverser. Il était nécessaire de se débarrasser des anciennes conventions.

J’ai migré par le Nord, je suis arrivé dans le, le… Tyshar je crois. Ensuite j’ai décidé de me rendre ici, parce que ça m’a l’air d’être l’une des villes les plus sûres. Et puis je me suis blessé l’aile.” ajouta-t-il en soulevant son aile gauche, qui n’était plus tordue mais encore trop mal en point pour qu’il puisse se permettre de voler. “Il faut que je la fasse soigner. J’ai longé les rivières et nagé jusqu’ici. Mais sinon, cela fait quelques mois que j’ai f-migré.

Il s’ébroua en éclaboussant l’appontement d’une multitude de gouttelettes.

Dites-moi, vous connaissez la ville ? Car je n’ai aucune idée de ce que je peux trouver ici. J’ai besoin de faire soigner mon aile, et je ne sais pas s’il je peux trouver d’autres congénères ici. Et… Je ne sais pas si les habitants apprécient les dragons, c’est déjà difficile de cohabiter avec les autres réfugiés. Vous voyez ce que je veux dire.

Il espérait de tout son coeur qu’il trouverait ce qu’il cherche. Son coeur brûlait ardemment d’un désir, celui de continuer la quête de son défunt cavalier : trouver un moyen d’éradiquer le mal. Une quête qui se révélait très ambitieuse, mais il ne voyait que cela à faire. Il n’avait pas fuis pour se réfugier derrière les murs de la cité des elfes des mers et attendre la fin de son heure -même si au départ, c’était bien ce qu’il avait compté faire. Se cacher et ne rien faire, se morfondre dans son coin. Sa rencontre avec Nirfaël l’avait fait changer d’avis en lui rappelant l’essentiel.

Je n’ai pas trop réfléchi, mais peut-être que vous ne connaissez pas bien la ville non plus, vous êtes d’ici ou vous aussi vous avez migré ?
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MessageSujet: Re: Le vent du changement [Privé Dana]   Jeu 8 Mar 2018 - 11:51




Dana souriait en écoutant le dragon parler. Bafouiller. C'était presque mignon de voir un dragon bafouiller, si on oubliait une seconde la voix caverneuse de ces grands reptiles. Perdre de leur éclat... ? Si elle se souvenait bien, pendant ses années avec ses parents, elle avait lu que les dragons devaient manger du métal pour garder leurs écailles brillantes et fortes. Elle ouvrait sa petite bourse de pièces à son côté et lui en lançait quelques-unes. Elle avait une réserve ample, elle se pouvait d'en offrir au dragon. Surtout, pensait-elle, avoir un ami de taille pouvait les aider grandement dans de futures... escapades.
Elle s'était levée pour poser les pièces devant le nez du dragon, très modeste, un peu craintive. Elle priait pour qu'il ne pense pas qu'elle l'insultait par ce geste et posait ses fesses un petit mètre plus loin. Elle comprenait qu'il avait besoin d'espace... Ou plutôt, elle voulait prendre de l'espace, au cas où.

« Dites-moi, vous connaissez la ville ? Car je n’ai aucune idée de ce que je peux trouver ici. J’ai besoin de faire soigner mon aile, et je ne sais pas s’il je peux trouver d’autres congénères ici. Et… Je ne sais pas si les habitants apprécient les dragons, c’est déjà difficile de cohabiter avec les autres réfugiés. Vous voyez ce que je veux dire— Je n’ai pas trop réfléchi, mais peut-être que vous ne connaissez pas bien la ville non plus, vous êtes d’ici ou vous aussi vous avez migré ?
- Je suis également nouvelle ici, mais j’ai un peu exploré la ville. Il y a un bon nombre d’herboristes, si c’est ce que vous vous demandez. Je n’ai jamais soigné de dragons, mais je pense que ce n’est pas si différent que de soigner des hommes, ours ou chevaux, non ? Enfin, si vous me permettez que je vous soigne. Et si je réussis à trouver tout ce qu’il me faut. Et si je peux regarder votre plaie. »

Ça fait beaucoup de « et si », Dana.
Elle soupirait à cause son manque de dextérité avec les mots. Elle savait bien qu’elle aurait dû écouter plus attentivement ses cours de didactique. Tout cela était bien loin maintenant, autant physiquement que temporellement. Toutes ces années passées… Elle venait presque à regretter le confort de son château. De toute façon, elle aurait dû le quitter à cause de tous ces derniers événements. Elle ne serait peut-être même pas vivante si elle était restée là. Elle n’aurait jamais rencontré Œilfantôme. A cette pensée, son cœur se serra un peu. Elle serait morte, seule, alors qu’elle avait traversé tant d’épreuves au part avant. Peut-être serait-elle morte en paix, avec la nature. Mais... C’était trop douloureux de s’imaginer son amie morte.  D’un côté, en ne partant pas de chez elle, elle n’aurait pas connu l’elfe du tout, et sa mort ne l’aurait jamais affectée…

Avec toutes ces pensées, qu’elle chassa bien vite, elle avait a peine écouté si le dragon lui avait répondu. S’il lui avait répondu, la spontanéité de la jeune femme avait tendance à faire taire quelques personnes, peu habitués à des réponses plus ou moins concises, et sans jamais y mettre trop de réflexion, d'où... Tant d'hésitations, et de retours sur pensées.
Soulignez aussi qu'elle voulait aider un parfait inconnu...
Et après tout, il était possible qu’il ne veuille pas de son aide, mais elle avait proposé cela tellement gentiment… Rejeter son offre serait méchant. Mais compréhensible. Elle était une étrangère, et même si un sentiment… D’aise s’était emparé de la jeune femme. Une impression de le connaître, de ne pas avoir peur, même si le dragon pouvait la tuer d’un coup de dents.


Alors elle attendait, désormais debout, prête à nettoyer la plaie avec ce qu'elle avait. L'eau salée n'était pas la meilleure idée, mais c'était déjà ça, en attendant. Ils iraient chez l'herboriste plus tard, ou même pas du tout. Même si il avait demandé de l'aide, Dana était un poil trop avenante, peut être.
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MessageSujet: Re: Le vent du changement [Privé Dana]   Dim 27 Mai 2018 - 2:14

Percebrise déplia son aile sans demander son reste. Il plaça son coude meurtri à la hauteur de Danalhéa, qui posa doucement ses mains sur le pourtour de la blessure. D’un doigté délicat, elle se mit à palper les tendons légèrements enflés qui l’irritaient depuis plusieurs jours. Ses gestes étaient loin d’être experts, mais elle semblait s’appliquer à y mettre de la volonté, et cela avait quelque chose de rassurant. Tandis qu’elle inspectait l’articulation de long en large, Percebrise se pencha en avant afin de mieux pouvoir observer le visage de sa nouvelle rencontre : il ne pouvait chasser la sensation que Danalhéa lui était familière. Il avait l’impression d’avoir déjà vu son visage à plusieurs reprises, mais impossible de dire quand et où. Peut-être avait-il rêvé d’une humaine assez similaire une fois : la chevelure argentée, presque blanche, un teint clair moucheté de quelques taches de rousseurs à peine perceptibles…

“Peut-être que je devrais vous laisser tranquille après tout.” finit-il par déclarer en retirant doucement son aile des mains de la jeune femme. “Il ne faut pas que cela vous ennuie, surtout si vous n’y connaissez rien en matière de guérison. En revanche, vous pourriez peut-être me conduire dans la cité -il me semble que les dragons ont le droit de s’y aventurer, ou du moins, dans certaines parties de la ville. Il me suffirait de trouver une grande allée marchande, où je pourrais trouver un soigneur qui saura me procurer ce dont j’ai besoin. Mettons-nous en route ?”

Il attendit l’aval de son interlocutrice qui ne tarda pas à hocher la tête avant de s’avancer dans une rue assez étroite pour un dragon, où Percebrise avait tout juste la place de marcher. Ils passèrent devant une multitude de demeures empilées les unes sur les autres dans un équilibre douteux, à tel point que Percebrise finit par se demander comment tout ce chantier faisait pour tenir sur place. Cependant, il dû reconnaître que cela avait un certain charme. À l’inverse des villes humaines qu’il avait visitées auparavant, celle-ci était très propre. Il fallait dire que les elfes ne plaisantaient pas à propos de la propreté, c’était une qualité que l’on ne pouvait leur nier. Pratiquement chaque balustrade et balcon précaire était décoré de plantes grimpantes aux petites fleurs blanches, mauves et rosées. La rue qu’ils arpentait finit par déboucher sur un petit carrefour un peu plus grand, et un peu plus loin se trouvait une grande avenue où, à en juger le brouhaha qui s’en échappait, les marchands scandaient les qualités de leurs produits. Dana le guida jusque là-bas : l’avenue était si large que Percebrise pu retrouver ses aises. Des dizaines de fumets délicieux vinrent caresser ses narines et il se mit à regarder de tous les côtés, comme ahuri. Il y avait deux autres dragons avec lui, un jeune draque bleu ciel qui discutait avec un boutiquier bien en formes, et une grande dragonnelle verte intéressée par une très belle collection de bijoux, et qui semblait hésiter à s’en choisir. Percebrise remercia Danalhéa de l’avoir accompagné jusqu’ici avant d’ajouter :

“Ma chère, serait-il possible que je vous tutoie ?”

Il ne su pas ce qui l’avait pris de l’appeler ainsi. Le fait est que plus il passait du temps en sa compagnie, plus il était perturbé par cette personne qu’il avait l’impression de connaître.

“Pardonnez-moi, mais si je vous demande cela, c’est parce que votre visage m’est définitivement familier. Je crois vous avoir déjà vue quelque part, mais je ne saurais dire où exactement.”

Il plongea ses prunelles océaniques dans celles de Dana, le regard insistant.
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MessageSujet: Re: Le vent du changement [Privé Dana]   Mer 30 Mai 2018 - 14:47

familiarity



« Surtout si vous n’y connaissez rien en matière de guérison. »

La jeune femme haussa les sourcils (Référence). Il n’avait pas qu’un problème à l’aile, apparemment, l’audition était elle aussi touchée.
Sans un mot de plus, seulement quelques hochements de tête, elle conduisit le dragon au centre-ville. Bon, le commentaire l’avait peut-être un peu vexée, mais rien de dramatique, Dana avait un peu tendance à avoir des réactions de princesse quand on ne l’écoutait pas, ou pas correctement. Sa -légère- rancune passa bien vite quand les odeurs du centre-ville envahissaient son nez et faisaient saliver sa bouche. Soudainement, elle… Avait faim. Faim d’une bonne viande rôtie et juteuse, avec ce que les elfes mangeaient principalement comme accompagnement : des légumineuses de toutes sortes. Elle pourrait en ramener a Œilfantôme, Ted et Ven, et faire un vrai festin.
Elle gardait cette idée en tête pour plus tard, après que le dragon soit soigné. Enfin, s’il la laissait le soigner, vu qu’apparemment, monsieur doutait de ses compétences… La rancune était passée ? Non pas vraiment, ça aussi, elle le gardait en tête, plus parce que son égo avait des tendances enfantines que parce que le dragon lui avait fait un réel affront. Dana dans toute sa splendeur.

La ville était en constante effervescence depuis que l’ancien continent… se détruisait doucement. Les affaires n’avaient jamais marché aussi bien. Le malheur des uns faisait le bonheur des autres. Cela n’excluait pas les quelques mendiants ou voleurs dans les rues, mais beaucoup de ces derniers étaient arrêtés avant de ne trop sévir. Les mendiants, eux… étaient aussi récupérés… Où les envoyaient-ils, était une réelle question que la jeune femme n’avait pas vraiment envie de creuser pour le moment, par crainte de découvrir des horreurs. Les elfes étaient certes des êtres plus ou moins « supérieurs » -elle détestait ce mot- mais tout aussi vils et tordus que les humains, voire encore plus parfois. Ils étaient de fervents adorateurs des façades socialement correctes. Elle secouait la tête pour chasser ses pensées. La plupart de ces gens avaient été parfaits avec sa troupe et elle. Certainement parce que son amie était elle aussi une elfe.

« Ma chère, serait-il possible que je vous tutoie ? »
Elle fronçait les sourcils, se retint de rire et ses yeux rencontrèrent ceux du dragon.
Ma chère ?
La dernière fois qu’elle avait été appelée ainsi remontait des années au part avant. Quand elle était au château avec ses parents, en fait.
« Pardonnez-moi, mais si je vous demande cela, c’est parce que votre visage m’est définitivement familier. Je crois vous avoir déjà vue quelque part, mais je ne saurais dire où exactement.
- Familier ? Je ne pense pas avoir déjà rencontré un dragon albinos, mon ami. Mais tutoies moi, je n’ai aucun problème avec ça. Peut-être que mes cheveux blancs et mes yeux bleus te rappelle un esprit. Je faisais peur aux autres enfants quand j’étais petite à cause de ça. »
Son rire était fort, bref, mais très amer.

Mais l’affirmation du dragon l’intriguait. Il était vrai qu’elle avait souvent rêvé d’un dragon blanc quand elle était plus jeune, au loin, sans jamais pouvoir le discerner ou l’atteindre. Cela faisait des années qu’elle n’avait plus rêvé de lui… Rêvé tout court, d’ailleurs.
C’était certainement une coïncidence, elle n’avait aucuns dons magiques, c’était une humaine…. Basique, même si ce mot lui fit serrer les dents. Elle restait intriguée, les coïncidences n’étaient pas vraiment sa tasse de thé. Peut-être que tout simplement, ce dragon avait rencontré sa mère, il y a des années. La jeune femme lui ressemblait tant, a part pour les cheveux… Elle avait une crinière couleur feu si… belle. Dana n’avait hérité que de fils blancs, qui, en plus de son teint, lui donnait un air cadavérique. Heureusement que le soleil de ce continent lui avait fait attraper quelques couleurs, et les taches de rousseurs qu’elle partageait avec sa mère étaient même réapparues.

Ils arrivèrent devant l’échoppe de l’herboriste -que Danalhéa supposait aussi être une sorte de magicienne-  et la jeune femme se tournait vers le dragon, puis pinça les lèvres.
« Clairement, tu ne vas pas pouvoir passer là-dedans. Je vais lui demander de sortir pour… Voir ce qu’elle peut faire, ou peut me vendre. »
La main sur la dague accrochée à sa taille, Dana entrait, et se retrouvait, cette fois, littéralement assaillie d’odeurs fortes de concoctions mêlée à de l’encens et autres odeurs d’herbes. Elle se retenait de sortir de là en courant. C’était irrespirable, comme la première fois qu’elle était entrée pour soulager ses maux de crânes incessants et pour qu’elle puisse dormir correctement. Soit l’elfe qui dirigeait cette échoppe avait un défaut d’odorat, soit elle était… Euh... En fait, Dana ne voyait pas d’autres explications sur le fait que cette femme réussissait à passer ses journées ici sans vomir ses tripes ou se chopper le pire des maux de tête.

« Bonjour jeune demoiselle, vous revenez pour du lait de pavot ?
- Non, merci, je dors mieux et mon dos ne me fait plus mal. Je voulais demander vos… mains expertes pour un ami blessé.
- Mh, oui, bien sûr, que ce passe-t-il ?
- Eh bien… Son aile est salement amochée.
- Son aile ? Un dragon ? Il y en a plein la ville en ce moment, ils sont vraiment agréables.
- Mh-hm...
- Pardon. Son aile est… cassée ? Tordue ? Il saigne ?
- Je ne saurais pas vraiment vous dire, c’est pour ça que j’ai besoin que vous veniez. »

Dana soupirait, mal à l’aise dans cette échoppe grande mais… bien trop encombrée, du sol au plafond. Il y avait à peine la place de circuler. Surtout, elle trouvait la femme… sur un nuage, un peu à l’ouest. L’elfe sortait en premier, les poings sur les hanches, alors que Percebrise n’avait pas l’air d’avoir bougé.
« Bien le bonjour cher ami ! Puis-je vous examiner ? »
Bon, d’accord, même si l’elfe avait tendance a être dans la lune, elle était fort sympathique.
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MessageSujet: Re: Le vent du changement [Privé Dana]   Ven 1 Juin 2018 - 22:36


Il l’observa attentivement en train de se frayer un chemin parmi les nombreux passants qui défilaient incessamment, s’arrêtant devant les étals et repartant au bout de quelques secondes. Dana, au prix de plusieurs détours afin de contourner les énergumènes indécis plantés au milieu du chemin, finit par atteindre une échoppe, où elle échangea de brèves paroles avec une elfe aux traits fins. Dana fit demi-tour d’un air renfrogné, sa nouvelle compagne sur les talons. Cette-dernière posa de grands yeux émerveillés sur la collerette de Percebrise, que ce dernier avait déployée pour faire de l’ombre sur sa nuque chaude. Le soleil ici était brûlant et la lumière si éclatante que les personnes qui posaient les yeux sur l’albinos devaient plisser les yeux pour ne pas être éblouies. Ni une ni deux, l’elfe se présenta, avant de lui proposer de se déplacer vers un endroit protégé du soleil -d’où elle pouvait garder un oeil sur son échoppe.

“C’est merveilleux de vous avoir ici.” dit-elle tout en les menant vers une grande muraille plus haute que Percebrise, dont la fonction échappait au dragon -elle devait probablement délimiter un bâtiment très important aux yeux des habitants de la ville. “Avant, il était très rare de -ne serait-ce- qu’apercevoir un dragon dans les parages. Et voilà que maintenant, il ne se passe pas une journée sans que nous en voyions passer une vingtaine…”

Percebrise fronça les arcades. L’elfe n’avait sûrement pas voulu le blesser, mais ses propos ne le laissaient pas indifférent.

“À quel prix…” ajouta-t-il en s’installant à l’ombre, avec toute la partie gauche de son corps calée contre le grand mur de pierre foncé.
“Bien sûr !” répondit-elle en réalisant la gaffe. “Je suis désolée. Loin de moi l’idée de vous offenser. C’est terriblement inquiétant, ce qu’il se passe à l’ouest.”

Percebrise déplia juste assez son aile droite pour que l’elfe puisse constater l’étendue des dégâts. Il la laissa grimper sur son dos afin qu’elle puisse vérifier si tout allait bien à la base de l’aile et près de la clavicule.

“C’est d’autant plus inquiétant que personne ici ne semble être préoccupé par les évènements.” rétorqua Percebrise d’un ton qui se voulait urgent.
“Je sais bien. Moi-même, j’ai beaucoup de mal à croire que tout pourrait changer d’un instant à l’autre.” admit-elle en se redressant pour regarder tout autour d’elle. “Qui pourrait penser une seule seconde que tout va mal, de l’autre côté de la Mer Ensoleillée ?”
“Vos dirigeants ne se concertent-ils pas en ce moment même à ce propos ?”
“Nos dirigeants ?” s’exclama l’elfe en donnant un coup sur le coude de Percebrise, qui serra les dents. “Ça a fait mal ?”
“Oui.”

L’elfe redescendit toute seule de son dos. Elle se frotta les mains d’un air pensif.

“Je reviens très vite, le temps d’aller chercher ce qu’il me faut pour soigner cette aile.”

Il ne lui fallut pas plus d’une minute pour slalomer entre les passagers à l’aller et au retour.

“Nos dirigeants ne prennent pas la menace au sérieux, tout comme cette ville, et à mon avis il en va de même pour tout le reste du continent. Abyre continuera de battre son plein, du moins jusqu’à-ce que quelque chose d’alarmant se produise.” Elle se mit de nouveau à escalader Percebrise en faisant bien attention de ne pas abîmer ses écailles, puis se mit à frictionner l’articulation avec beaucoup d’énergie, en appliquant une pommade fort odorante. “Quant à cette aile, il va falloir la laisser se reposer un peu. Vous les dragons êtes bien plus fragiles qu’il n’y paraît, et je pense que trois bonnes semaines lui permettront de guérir complètement.”
“Trois !?”
“C’est ça, ou bien vous reprenez votre envol demain et risquez de l’endommager davantage.”

Percebrise soupira. L’elfe posa un regard sérieux sur le blanc, puis sur Danalhéa qui attendait non loin, et à nouveau sur le blanc. Enfin, elle se décida à redescendre.

“Et voilà, terminé !” s’exclama-t-elle à l’intention de Percebrise et l’humaine. “Oh pas besoin de payer quoi que ce soit, c’est un privilège de pouvoir rendre service à un dragon. C’est étonnant, je trouve que vous vous ressemblez tous les deux !”

Percebrise se sentit un peu gêné.

“Ah bon… ?”
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MessageSujet: Re: Le vent du changement [Privé Dana]   Dim 3 Juin 2018 - 22:32

oh, really?



« C’est terriblement inquiétant, ce qu’il se passe à l’ouest. »
Inquiétant ? C’était un faible mot. Dana eût des frissons à la seule pensée sur ce qu’elle venait de traverser. Elle avait eu peur. Elle avait toujours peur, d’ailleurs. Ils avaient peut-être gagné un peu de temps en traversant l’océan, mais tout menait à penser que la maladie qui contaminait l’ancien continent allait traverser les eaux, et infecter le soi-disant nouveau continent. Qui n’avait, d’ailleurs, jamais voulu se mêler des affaires des autres, cependant, les nouveaux arrivants apportaient de l’argent et faisaient fonctionner le commerce… Alors, ils étaient heureux.
Bonheur des uns, malheur des autres.

Dana laissa la guérisseuse et le dragon a leurs affaires, alors qu’elle se donnait un cafard pas possible en pensant a Œilfantôme et ce qu’elle venait de traverser. Peut être pourrait-elle lui prendre un petit quelque chose pour lui donner plus d’énergie et l’aider à se rétablir plus vite. Ils avaient été salement malmenés sur le bateau, la mer n’avait pas été clémente. Heureusement, ils n’avaient pas eu d’accident majeurs, seul quelques égratignures à cause de la houle et de fonds pas assez profonds, et étaient arrivés à bon port. Nauséeux mais a bon port.  

« Nos dirigeants ne prennent pas la menace au sérieux, tout comme cette ville, et à mon avis il en va de même pour tout le reste du continent. Abyre continuera de battre son plein, du moins jusqu’à-ce que quelque chose d’alarmant se produise. »
Bien sûr que la vie allait battre son plein ici. Personne ne subissait quoi que ce soit, a part de merveilleuses retombées économiques. Ce genre de raisonnement donnait des maux de tête à la jeune femme. Les dirigeants prenaient toujours des décisions une fois le malheur arrivé, au lieu de prévoir, et travailler sur des objectifs à long terme qui aideraient tout le monde. Mais là encore, Dana pouvait rêver de voir un gouvernement prévoyant un jour prendre les commandes. Après avoir assisté à quelques réunions du conseil où son père siégeait en temps que thane de Krakenoor, la jeune fille -à l’époque- avait décidé que la politique et la diplomatie étaient tout simplement de grands pouvoirs placé dans les mains de grands incompétents. Elle ne critiquait pas son père, loin de là, mais il est toujours difficile de faire valider une idée quand on est seul à la défendre.

La jeune femme ruminait dans son coin, appuyée sur un pan du mur. Elle regardait vaguement ce que l’elfe et le dragon faisaient, puis s’approchait une fois l’elfe descendue. Trois semaines clouées au sol. Le dragon allait être fortement embarrassé. Il devrait trouver un endroit ou se loger, ce qui ne serait pas forcément une chose simple, les auberges n’étaient pas vraiment a taille de dragon. Il trouverait certainement quelque chose aux alentours de la ville. Les elfes étaient plutôt généreux si on pouvait leur offrir quelque chose en retour, et en tant que dragon, Dana ne s’inquiétait pas trop pour son avenir. Même si... elle allait quand même l’aider à se trouver un endroit où passer plusieurs nuits, elle n’allait pas le lâcher dans la nature. Ce n’était pas un enfant, mais… elle avait cette drôle sensation d’attachement envers ce grand reptile.

« Et voilà, terminé ! Oh pas besoin de payer quoi que ce soit, c’est un privilège de pouvoir rendre service à un dragon. C’est étonnant, je trouve que vous vous ressemblez tous les deux !
- Ah bon… ? »

Ah.
Ah pour plusieurs choses. Pas besoin de payer ? La bourse de la jeune femme eut presque un soupir de joie. Se ressembler ? Elle ne savait pas vraiment ce que la femme sous entendait, mais si elle voulait dire que Dana avait une gueule de lézard, elle allait lui faire goûter ses phalanges. Elle croisa simplement les bras, les sourcils froncés et la mine boudeuse. Elle avait beau avoir bientôt vingt ans, ses expressions étaient souvent ceux d’une enfant qui aurait grandit trop vite.

« Nous ressembler ? Vous voulez dire quoi par ça ?
- Oh rien, mais vos yeux et… enfin, je ne sais pas. Vous avez un air de famille.
- Vous vous foutez de ma gueule ?
- Non non non pas du tout ! Vous permettriez que je vous… prenne quelque cheveux ? Et vous une écaille ? »

Danalhéa fronçait encore plus les sourcils. Elle avait craqué son sac l’elfe, bouffé un champignon pas frais, ou tout simplement, elle était restée trop longtemps dans sa boutique. Dana le savait, tant d’odeurs et de… drogues diverses aux alentours ça foutait la tête en l’air. Sans que la jeune femme puisse dire oui, elle lui tira quelques cheveux du crâne, et le dragon avait simplement hoché la tête, alors qu’elle délogeait une écaille tombante sur sa patte. Elle trottinait ensuite jusqu’à son échoppe, heureuse comme une enfant le soir du solstice d’hiver.
L’humaine, elle, commençait sérieusement à douter de la santé mentale de l’elfe. Pourquoi un dragon et une humaine seraient liés ? A part des trucs vraiment sales, il n’y avait pas d’explication logique.

Alors l'elfe se mit à fouiller frénétiquement dans sa boutique à la recherche d’ingrédients, puis fit place nette sur une table au beau milieu de son commerce, sortant des bols, des pilons, différents… animaux morts… et autres fantaisies. Plusieurs symboles étaient déjà inscrits à la craie sur la table en bois massif, et elle en dessinait d’autres, comme emportée dans une trance spirituelle. Des bruits gutturaux sortaient de la gorge de la femme en même temps qu’elle mélangeait… plusieurs choses ensemble. Ses yeux avaient changé de couleurs. Ils étaient tout simplement… révulsés, et sa tête allait de droite à gauche, alors qu’une forte odeur d’encens et de sauge envahissait la pièce. Elle prit l’écaille du dragon qui se réduisait en cendre dans sa main, et fit de même avec les cheveux de la jeune fille. Elle ajoutait tout cela a sa mixture. L’humaine restait à l’entrée du bâtiment, près de la tête du dragon, qui passait une petite partie de sa tête dans la porte.

« C’est terrifiant. »

Elle était simplement horrifiée mais ébahie par le spectacle. Ses yeux ne pouvait pas quitter le rituel, son corps ne pouvait pas non plus s'en approcher. Elle qui n’avait pas l’habitude de craindre ces actes surnaturels, elle était tétanisée à cause de la scène qui se passait devant elle.
L’elfe bu la mixture vida le reste du contenu dans ses mains, avant de se déplacer vers eux et de poser ses doigts poisseux de sang, herbe, et autres éléments non identifiés sur leurs fronts respectifs.

Danalhéa crut mourir pendant une fraction de seconde.
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MessageSujet: Re: Le vent du changement [Privé Dana]   Ven 29 Juin 2018 - 22:28


“Vous vous foutez de ma gueule ?”

Percebrise ouvrit de grands yeux, à la fois amusé et presque effrayé par le ton qu’avait employé Danalhéa. Avec l’air un peu méprisant qui pouvait se lire sur son pâle visage, il se dit qu’elle n’était pas très commode.
La mâchoire inférieure de l’albinos se décrocha de quelques centimètres quand sa bonne samaritaine leur demanda l’autorisation afin de récupérer quelques fines mèches de cheveux de l’humaines, et une de ses écailles blanches. Si dans le dernier cas, Percebrise n’était pas trop surpris -il lui était déjà arrivé de troquer ses écailles avec des nains et des garnes contre service rendu- en revanche il hallucinait légèrement concernant le premier. Il n’avait jamais entendu parler d’hominidés qui s’échangeaient leurs cheveux.
Sans attendre leur accord -elle avait prit le cours silence qui avait suivi sa demande comme un oui, et le dragon blanc préféra hocher la tête en signe d’approbation comme pour lui donner l’autorisation qu’elle s’était elle-même accordée- l’elfe se précipita sur Danalhéa et lui arracha quelques cheveux aussi fins que de la soie. Percebrise, un peu tendu tant la situation avait tourné à l’étrange, pensa que Dana n’allait pas se laisser faire mais cette dernière, visiblement trop stupéfaite et outrée par cette attitude audacieuse et risquée, n’eut pas le temps de réagir. Par la suite, l’elfe se dirigea vers lui, et parcourut de son regard perçant le ventre de Percebrise avant de trouver une écaille sur le point de tomber, et de la retirer avec bien plus de soin qu’elle ne l’avait fait à l’égard de l’humaine
Cette histoire d’air famille… Percebrise ne savait trop quoi penser.

Sa guérisseuse fit volte-face et retourna vers son échoppe, le poing fermement serré pour ne pas échapper les cheveux et l’écaille. Elle slaloma entre les passants qui l’ignoraient totalement, aussi frétillante qu’un gardon, avant de disparaître dans sa boutique. Percebrise fronça les arcades : elle n’avait pas l’air déterminée à quitter son antre, mais il était très curieux de connaître son petit manège. Il passa donc sa grosse tête à travers la porte, rapidement confronté à l’impossibilité d’aller plus loin car ses cornes ne pouvaient passer à travers l’encadrure sans qu’il n’abîme le bois dont elle était faite. Il resta planté là comme un benêt et Danalhéa le rejoignit se plaçant juste à côté de lui, un peu plus en avant. Tous deux regardaient l’elfe gigoter dans tous les sens avec un mélange d’intérêt et d’incompréhension. Le dragon commençait à avoir chaud : son trajet aquatique l’avait considérablement sa température corporelle ; il y avait tellement de monde, et la pièce dans laquelle il se trouvait, du moins en partie, était si étroite qu’il avait l’impression de manquer d’air. Il prit une profonde inspiration et souffla sans le vouloir sur la nuque de Dana, faisant voler quelques mèches de cheveux.

“Oh pardon.” s’excusa-t-il, craignant de devoir affronter le regard féroce de la jeune femme.

Mais il n’en fut rien car elle était trop obnubilée par la guérisseuse en train de s’agiter dans tous les sens et produisant des sons étranges qui ne disaient rien à Percebrise. Ce dernier posa son regard sur les nombreux animaux morts et qui pendaient, gisaient aux quatre coins de la pièce. Ceux-ci ne sentaient rien, ils étaient tout rabougris et l’albinos finit par repérer quelques organes séchés un peu plus loin, présentés sur un comptoir. Son attention fut cependant déviée sur l’elfe qui adopta un comportement extrêmement dérangeant, même aux yeux d’un dragon. Percebrise vit son regard devenir fou et commença à sentir l’angoisse monter en lui lorsqu’elle fut prise de spasmes d’une violence inouïe.

“Que se passe-t-il !? Est-ce qu’elle meurt ? Doit-on l’aider ?” demanda-t-il, la gorge serrée.

Danalhéa ne lui répondit pas, et ce ne fut pas nécessaire. La guérisseuse avait concocté une drôle de mixture à la couleur douteuse et continuait de déballer des sons qui n’avaient ni queue ni tête. Un sentiment d’horreur s’empara de Percebrise lorsqu’elle décida de boire le contenu de la gamelle qu’elle avait préparé. Même Dana pouvait sentir cette odeur putride, avec un arrière goût de sang infect. La pièce empestait et le fumet peu ragoûtant du mélange venait se coller contre le palais de Percebrise. Dana finit par prononcer quelques mots qui ne firent que confirmer ce que Percebrise ressentait en cet instant. Son effroi grandit à mesure que l’elfe, qui avait terminé d’engloutir sa potion, se rapprochait d’eux. Elle leva ses deux mains enduites de sang collant et autres ingrédients, et les posa sur chacun d’eux, traçant une ligne courbe sur leurs fronts.

À la seconde où un flash lumineux déchira sa vision comme un éclair, Percebrise se retrouva brutalement propulsé dans son propre esprit. Pendant plusieurs secondes, il ne put plus rien distinguer d’autre que des couleurs criardes, comme une mosaïque rouge, bleue et blanche. Un mal de tête comme il n’en avait jamais eu auparavant s’abattit sur lui et il ferma les yeux, mais cela ne changeait rien. Il avait l’impression qu’on avait compressé son crâne de manière à ce que ses cinq sens se retrouvent dirigés à l’intérieur de son corps, et non plus alertes aux perceptions extérieures. C’était incommensurablement douloureux à vivre et il dû se crisper et lutter avec toute la volonté du monde pour ne pas s’effondrer sur lui-même.
Brusquement, et durant un très court instant, il pu assister à une étrange vision au milieu de tout ce flou. Il s’agissait d’une écaille d’un blanc immaculée, probablement la sienne. Elle était dans un état plutôt bon, ce qui l’empêchait de savoir si cette écaille avait été troquée, volée ou même trouvée. Il était sûr et certain qu’elle lui appartenait ; au détail près qu’elle se trouvait dans une petite boîte de métal et non sur son propriétaire originel. Une main ridée à la peau calleuse s’empara de la boîte et y plongea ses longs doigts fins pour en recueillir cette seule et unique écaille qui avait été précieusement conservée.
Sa vision de brouilla. Il n’y avait plus la boîte mais à la place une femme alitée aux traits inquiets. Elle semblait souffrante et à court de force. Percebrise ne comprenait pas ce qu’il se passait et sa concentration commença à s’amoindrir.
S’enchainèrent plusieurs visions plus incompréhensibles les unes que les autres : une flèche de fer à la pointe couverte de sang de dragon ; de la neige à perte de vue, et une immense forêt de glace ainsi qu’une dragonnelle bleue qu’il reconnut aussitôt qu’il la vit.

Percebrise fut brutalement ramené à la réalité, de nouveau projeté à l’extérieur de son corps. Il avait la gueule grande ouverte, les commissures tombantes et de la salive s’écoulait de sa langue serpentine qui pendait sur le côté. Les yeux écarquillés de stupeur, il se tenait toujours à quatre pattes, tout droit et très raide. Impossible d’en dire autant de Danalhéa. Elle s’était recroquevillée sur elle-même en tremblotant et semblait très mal en point. Accablé d’une terrible migraine, Percebrise retrouva néanmoins ses esprits plus rapidement que l’humaine. Il se pencha sur Danalhéa, incapable d’interpréter ce à quoi il venait d’assister. Voyant que la jeune femme ne réagissait pas, il tourna la tête vers la guérisseuse qui avait encore les yeux grands ouverts et fixait le plafond sans vraiment le voir.

Eh oh !” s’exclama-t-il. “Mon accompagnatrice ne va pas très bien !

Cela sembla suffisant pour tirer l’elfe de sa rêverie. Elle baissa la tête et regarda Percebrise en murmurant un petit “Incroyable !” à son intention, comme s’il était censé être aussi stupéfait qu’elle par une révélation. Puis elle se mit à la recherche d’autres produits destinés à requinquer la jeune femme tout en marmonnant. Pendant ce temps, Percebrise s’était couché -tout le reste de son corps trainait dans la rue et il s’était contorsionné de manière à ne gêner le passage à personne. Préoccupé par l’état de Dana, il avait déplacé sa grosse tête tout près d’elle. Il entreprit de toucher l’épaule le plus délicatement possible du bout du museau.

Eh ? Ça va ?

Il se tramait quelque chose.
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MessageSujet: Re: Le vent du changement [Privé Dana]   Sam 18 Aoû 2018 - 11:02

Fuck you.



Le bois du sol était incroyablement dur quand on tombait de tout son poids sans pouvoir de se retenir. Ses jambes avaient simplement arrêté de fonctionner, ses bras et… Tout son corps avait capitulé face à la douleur qu’elle endurait. Son visage brûlait, sa tête était comme compressée dans un étau, ses sens étaient si perturbés que les odeurs flashaient en des teintes bleues, vertes, violacées devant ses yeux et les sons avaient tous un goût acre.
Entre les douleurs et les sensations, elle vit plusieurs choses. Sa mère, un dragon, une écaille blanche comme neige, une sorcière, sa… naissance. Puis d’autres choses, inconnues, des flèches ensanglantées, des paysages enneigés, une dragonnelle bleue. Dana ne comprenait pas. Elle n’avait pas le temps de comprendre, ni les capacités. Au loin, elle entendait des voix, ressentait du chaud, du froid, des spasmes, un mal de crane profond et ses muscles semblaient être crispés. Etaient-ils seulement crispés ? Elle ne savait pas ce qu’elle ressentait. Elle était déphasée de son corps et de ses sensations. Elle ne comprenait qu’une seule chose, qu’elle était terrifiée.


« Eh oh ! Mon accompagnatrice ne va pas très bien ! »


Dana entendait sans comprendre, elle avait la tête comme dans une cave avec tout ces échos, mais elle revenait très doucement à elle. Ses yeux s’ouvraient, ou du moins, elle pensait ouvrir ses yeux, bien qu’ils étaient restés ouverts pendant toute ses convulsions, si on pouvait appeler ça ainsi. La jeune femme eut envie de bouger son bras pour sentir son crâne qui lui faisait incroyablement mal. A l’intérieur… ou à l’extérieur, elle ne savait pas vraiment non plus. Son bras ne bougeait pas, comme paralysé. Le monde autour d’elle tournait, flou, ses oreilles sifflaient, sa bouche était…. Pâteuse, elle ne sentait plus sa langue, elle ne se sentait pas cligner des yeux non plus. Ses bras étaient comme déconnectés de son corps, elle avait des fourmis dans les mains, dans les pieds. Elle sentait le souffle du dragon bouger ses cheveux qui lui chatouillaient le visage, puis sa voix caverneuse s’élevait dans les airs, alors qu’il la touchait et la fit bouger. Elle ressemblait à un cadavre fraichement mort : pas encore ferme, mais inerte.


« Eh ? Ça va ?
- Hngh... »


Dana aurait voulu répondre plus que ça, mais sa mâchoire refusait d’obtempérer pour le moment. Elle réussissait quand même à faire non de la tête.
L’elfe s’avançait vers l’humaine et un vent de panique prit cette dernière, elle ne voulait pas que cette folle la touche encore une fois. Mais… dans cet état, elle ne pouvait pas faire grand-chose à part grogner et forcer ses muscles à bouger, utilisant une quantité d’énergie monumentale pour se retourner contre la tête du dragon, dos à l’elfe. Danalhéa ressemblait à un enfant terrifié du monstre sous son lit, en boule contre la tête de Percebrise. L’elfe… Ne lui laissa pas sa chance de dire non, elle retourna Dana pour qu’elle soit le dos contre le sol en bois, puis releva sa tête pour lui faire boire la décoction qu’elle venait de créer. Le goût n’était pas si terrible, mais encore une fois, elle ne goutait pas grand-chose, pour tout dire, elle aurait pu boire de la pisse de jument et aurait trouvé le goût passablement bon, tant son système sensoriel était perturbé.
Quelques minutes passèrent et Dana semblait reprendre le contrôle de son corps, elle se redressait seule, appuyée sur ses poings, puis tentait de se relever, agrippée à l’encadrement de la porte. L’elfe avait essayé de l’aider, mais le regard assassin de la jeune femme aux cheveux blanc l’avait très vite découragé de tenter quoi que ça soit envers elle. Si elle avait pu, elle serait en train d’étriper l’elfe a main nues, mais pour l’instant, sa seule envie c’était de vomir le contenu de ses tripes et de se guillotiner, sa tête était atrocement douloureuse.
Dana prit de longues inspirations et expirations pendant que l’elfe se relevait et époussetait son tablier. Elle sentait son ventre se tordre, et des bouffées de chaleur la prenait, ses mains devenaient moites, son front ruisselait doucement, des haut-le-cœur la prenait . Cela faisait des années que ça ne lui été pas arrivé, ces… bouffés, elles étaient très souvent suivies de nuits sans sommeil, ou avec des cauchemars horribles de dragons et combats. Mais cette fois, elle supposait que c’était les effets secondaires de ce qu’il venait de lui arriver, quoi qu’il lui soit arrivé whatever just happened en anglais, je pense que la traduction est pas mal, alors elle n’avait pas à s’inquiéter pour les nuits sans sommeil… Normalement.
Il lui fallut quelques secondes pour se retourner, le dos contre l’encadrement de la porte. Elle regardait le dragon, puis ses yeux se tournèrent avec difficulté vers l’humanoïde devant elle.


« Tu nous a fait quoi, salope ? » Dana avait craché ces mots, à défaut de lui cracher au visage. Mais c’était tout comme, l’elfe palissait a vu d’œil.
« Je… Vous... Des… Euh. Visions ? Hrm. Je vous ai donné des visions. Vous avez tous les deux vu la vérité sur… tes origines. »


A quel prix ? Dana se sentait nauséeuse à souhait, et même si la douleur était moindre, sa tête allait exploser. Une force la faisait se tenir debout. Ses mains brulaient… ses bras aussi, et bientôt, c’était tout son corps qui se mettait à chauffer. Un sentiment de rage montait à sa gorge, et ses yeux descendaient sur ses mains et ses bras. Un fluide bleu auréolait autour d’eux. Dana se demandait si c’était des restes de la concoction et de la vision, ou si son cerveau, sous le joug de la douleur, lui jouait des tours. Les bruits de pas claquant sur le sol en bois lui confirmait que ce qu’il se passait n’était pas que sa tête. Et Danalhéa avait un sourire malsain aux lèvres, la rage qui montait la poussait à faire des choses… tout aussi malsaines.
Ce fut sans compter qu’une force surpuissante la fasse se calmer, sans plus d’explication.
Si les dieux avaient bien choisi un jour pour se manifester, c’était aujourd’hui. Plus rien ne faisait de sens.
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