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 Rencontre au coeur des brumes (PV - Libre) [ABANDON]

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MessageSujet: Rencontre au coeur des brumes (PV - Libre) [ABANDON]   Lun 27 Juil 2015 - 18:05



Spoiler:
 

Rencontre au coeur des brumes


"...Et dans les ombres importunes il s'envola
Fier oiseau chatoyant aux milles éclats
Voltigeant au loin dans une transparente clarté
Fuyant désespérément la bataille et les charniers..."

Hymne à la douleur ou Récit des guerres draconiques,
par Amnis de Nade


Le vent soufflait si fort que les branches craquaient dans le bois. Le son ne dérangeait pas tant RaÏnvir, mais il mettait un terme à un silence bienvenu. C'était une journée pleine de vie qui se préparait à l'Est. Fasciné, le dragon se taisait volontiers à la faveur des ramures vacillantes pour contempler le soleil en train de se lever petit à petit, livrant ses premiers rayons de lumières sur les collines et les plaines. De derrière les montagnes, il semblait à RaÏnvir que l'astre agrippait le monde pour s'élever toujours plus haut. Le ciel s'en retrouvait embelli de la plus belle des manières, moirant des couleurs allant du rouge sang au jaune ambré. Les nuages accompagnaient le soleil dans son ascension, s'écartaient, dansaient autour de lui, tels des prétendants plein d'ardeur.
Les bipèdes en faisaient des ballades et des contes, qu'ils chantaient le soir venu avec leurs mélodieux morceaux de bois. Quant aux dragons, ils ne pouvaient qu'admirer silencieusement cet éternel recommencement.

"Une aube rouge. Rampante. Grandissante. Majestueuse. Si tout se déroule toujours ainsi, à chaque jour qui passe de chaque saison, c'est qu'il ne peut pas en être autrement..."


Non, il ne pouvait pas en être autrement, du moins pas de l'avis du dragon gris, et c'était très bien de cette façon. Cela lui permettait de conserver au moins une constante dans son existence, un repère dans lequel se rattacher. Car au-delà de l'aube, RaÏnvir regardait loin de lui, loin de ses souvenirs enfouis, de ses peurs et de ses craintes qui le hantaient assidument. Il caressait même la sensation de calme, l'espace de cet instant, et acceptait l'Autre présence à l'intérieur de lui.
Pour un temps. Ensuite, la beauté du paysage se rompait, comme une fleur se fânant au contact du Froid Blanc, et la réalité le rattrapait avec cruauté.
Les nuages décidèrent à ce moment-là que la danse arrivait à son terme. Le soleil se dissimula derrière eux. Le vent souffla plus fort. Les arbres plièrent sous sa force. Le jour se levait.

-"Bon,  tu as fini de t'extasier devant ta boule de feu, frérot ? Ou nous allons encore rester planté là à regarder du pays ?"


RaÏnvir gronda intérieurement. Il n'était plus aussi simple pour lui de partager sa vie avec Sarushzor, son frère d'âme. Des décennies étaient passées depuis la fin de la guerre contre le Tyr déchu, et les manifestations de sa voix sépulcrale aux tréfonds de sa tête s'étaient accentués, intensifiés jusqu'à aujourd'hui. Ses interventions devenaient toujours plus fréquentes et brutales, et chacune d'elles le laissait plus pantelant. En bref, son influence dans l'esprit de RaÏnvir grandissait, et cela ne le rassurait guère. Lui-même était devenu plus froid envers les autres, il pouvait perdre plus facilement le contrôle de son corps à la faveur de son démon intérieur. Ainsi, les moments de paix comme celui qui venait de passer, le dragon gris les chérissait, car ils étaient porteur d'une sérénité rare.

Avant de prendre son envol, RaÏnvir baissa la tête pour étirer son encolure, et étendre ses ailes au maximum. A cause de l'humidité et de la fraîcheur, les pauvres étaient mises à rude épreuve, surtout la membrane supérieure. Un long bâillement suivit cette petite séance de remise en forme. Finalement, peut-être allait-il poursuivre sa route en marchant.
Le souffle du vent masquait les rayons du soleil qui devenaient de plus en plus chaud. L'été approchait à grands pas, seulement RaÏnvir était bien content que le soleil ne fasse pas d’excès pour le moment. Dans les régions du Sud comme celle-ci, il arrivait que la température atteigne un niveau pour le moins cuisant. Pas de quoi rajeunir les articulations de ses ailes.

Secouant légèrement la tête, il huma l'air en direction de la fumée en contrebas. A plusieurs centaines de mètres, la petite cité de Nyrune paraissait n'être qu'un petit amas de maisonnée, bien loin des fourmilières bruyantes des immenses cités de Ghioz. Elle était placée sous le signe de la pauvreté, les gens en haillons et les mendiants étaient tout ce que RaÏnvir avait trouvé là-bas. Son frère d'âme avait failli rire quand on lui avait proposé une misérable récompense pour traquer un troll qui sévissait dans la région. Les hominidés étaient vraiment des ingrats. Mais ce monde était un monde dur, surtout pour les dragons.

Avant qu'il ne commence à descendre de la colline boisée, son frère d'âme murmura mielleusement dans sa tête.

-"RaÏn ?"
-"Que veux-tu, frère ?"
-"Tes pattes, s'il te plaît. Nous avons beau adorer ça, j'aime conserver une allure présentable après une bonne nuit de sommeil."


RaÏnvir acquiesça. Il n'y avait plus fait attention depuis qu'il s'était endormi. Il lécha donc rapidement le sang qui avait imbibé sa patte avant. Ensuite, il s'attaqua à la minuscule trace sur son flanc gauche, sans lésiner sur l'éraflure que l'une des fourches avaient occasionné sur sa grisâtre, mais impressionnante armature. Autour de lui, sept cadavres de fermiers gisaient sans vie, noyés dans leur propre sang.
Ce monde était un monde dur. Et il fallait bien se nourrir. RaÏnvir sentait justement la faim le reprendre, et il projeta de tout de même dévorer le cœur de sa sixième victime pour son petit-déjeuner. L'abandon du septième n'était pas à exclure. Les loups récupéreraient probablement les restes quand il serait parti.
D'un pas calme, il rejoignit le cadavre, quand soudain, Sarushzor le stoppa net. Son démon intérieur avait ressenti quelque chose, et son instinct sauvage prit le dessus sur la faim du dragon. Ses écailles grises s'assombrirent légèrement, et les battements de ses cœurs redoublèrent d'une intensité surnaturelle.
Sarushzor décida de se détendre et de se recoucher paisiblement. S'il avait été d'humeur massacrante, comme à son habitude, il aurait déjà brûlé l'ensemble de la forêt pour trouver celui qui osait l'espionner dans son dos. Heureusement pour ce dernier, le calme apparent de son frère RaÏnvir semblait également déteindre sur lui, ce qui ne manquait pas de le surprendre. Dans ce genre de situation, il pouvait finalement être d'une patience infinie. Alors c'est avec patience qu'il attendit que celui qui l'épiait fasse une erreur et révèle sa position. Ou s'ennuit de lui. De toute manière, il avait tout son temps. A cette pensée, Sarushzor ne put s'empêcher de sourire.

"Enfin... c'est bon d'être de retour."
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MessageSujet: Re: Rencontre au coeur des brumes (PV - Libre) [ABANDON]   Mar 28 Juil 2015 - 8:56



Avis:
 

"Le sang...Le sang... Le sang... Le danger... Méfis-toi..."
La faire taire, voilà tout ce que Dablio essayait de faire depuis la nuit tombée. Faire taire cette voix qu'était son instinct. Lui signifiant toujours de faire attention, de ne pas chercher à suivre cette odeur... Une odeur de sang chaud, de sang tiède, et bientôt de charogne et de cadavre putréfié. Il savait que ce genre d'odeur était néfaste et n'augurait jamais rien de bon... Mais il avait faim. Et cette odeur de sang le mènerait trés vite à de la chaire fraîche. Lui qui détestait cela avant, cela faisait bien des années qu'il se nourrissait en chassant, de viande enocre chaude et sanguinolente. Il préférait cela à la bouillie immonde que les dragons servaient aux esclaves aux Protectorat d'Anéa. Cela le rendait faible.

Sous sa forme de loup, Dablio avançait sans faire un bruit. Son instinct lui criait toujours de partir, d'aller chasser ailleurs... Mais qu'est-ce qui pouvait bien le faire fuir? Qui arriverait à la battre sous cette forme? Il était un loup... blanc... énorme, avec des yeux d'or luisants dans la nuit. Il aurait pu sauter sur un cheval et lui trancher la gorge d'un coup de machoire bien placé. Il n'était pas imbattable, il n'en doutait pas, mais il avait appris à user de ses forces avec soin. Cela faisait combien maintenant? Une bonne cinquantaine d'années qu'il était arrivé ici en tant qu'esclave? Et il était resté, mais pourquoi? Il s'était sentit bien ici, même si on le faisait travailler, il était donc resté. Il était nourrit, mal, mais nourrit, et puis il avait échoué dans sa mission: retrouver sa famille... Ah, il l'avait retrouvé... Dans un cimetière, anonyme et silencieux, dans le vieil Uldam. Depuis, il avait préféré devenir exclave. Il avait don appris à se servir de sa malédiction à ses fins. Une malédiction qui n'en était plus une, c'était désormais un atout... Sauf lorsque la pleine Lune arrivait... Car la voix de son instinct devenait alors persistante, puissante, presque un cri!

"Danger... Fuis... Va-t-en... Le sang... Le saaaaaang!!!"

Il sera les dans. Ce cri aigu lui indiqua que l'odeur forciçait, et qu'il ne tarderait pas à approcher de son but. Dablio soupira... Le seul défaut au fait qu'Ikirion lui ait retiré son amnésie partielle, était qu'il pouvait entendre ce maudit instinct à chaque instant, sous sa forme humaine, et d'autant plus sous sa forme de loup. Jamais cette voix, ce souffle, ne le quittait désormais. Il avait échappé ainsi à la mort déjà des milliers de fois grâce à elle. Mais parfois, comme dans ces moments là, il avait juste envie de la faire taire. Mais il y avait d'autre atout à avoir compris ce qu'il était. Désormais il était plus fort, il puisait dans sa forme de loup lorsqu'il était humain pour résister aux mauvais coups que pouvaient lui faire subir els dragons. Cela l'entraînait. Lorque le vent souffla un coup, Dablio s'arrêta, respira pour être sûr de n'avoir pas perdu la piste. Mais non, l'odeur était toujours présente, et persistante désormais. Il avança, c'était juste là, juste devant lui. La chaleur des corps qui s'estompait, il la sentait. Il avança encore... Encore... Encore... Jusqu'à ce qu'il sente une autre odeur, et il se pétrifia net.

"Dragon! Danger! Va-t-en! Le sang! Tuer! Va-t-en!"

Les dragons ne pouvait pas l'avoir suivit jusqu'ici, c'était impossible! Cela faisait des années qu'il sortait pour chasser sans qu'aucun des gardes ne l'apperçoivent jamais. C'était impossible, ces êtres réptiliens et écailleux ne pouvaient l'avoir vue, ni suivient... Ils étaient devenu beaucoup trop feignant pour cela. Et ils ne pouvaient se soucier d'un esclave qui s'enfuyait... Ils en avaient des milliers d'autres. Dablio avança, le coeur battant puissamment. Il respira encore essayant d'analyser les odeurs qu'il percevait. De sang, chaud et froid, un dragon. Lui aussi sentait le sang. Mais, ce n'était pas le sien. Le sang de dragon avait une autre odeur, plus puissante, plus épicée, plus pur... Ce sang là était... Humain! Dablio renifla de dégoût. Voilà qu'il allait manger ses propres congénères maintenant. Il aurait préférait un bon chevreuil. Au moins, ces animaux avaient un meilleur goût que les humains. Mais il s'en contenterait pour cette nuit, la veille d'une nuit de pleine Lune, il pouvait supporter. Cela lui ferait un avant goût pour demain.

Le grand loup avança encore, silencieusement, essayant de se mettre à couvert pour que le dragon ne le sente pas. Il avait appris à ses dépents qu'il ne fallait pas déranger les dragons lors de leur repas, ou lorsqu'ils étaient de mauvais humeur. Hors là, il était possible que ce soit les deux. Dablio avança encore, et observa lorsque la vue se dégagea peu à peu. Sept cadavre humain, plus ou moins entier, et un dragon... Seul.. Que pouvait-il bien faire ici? Dablio s'en fichait, mais il avait faim, l'eau lui monta à la bouche, et la bave dégoulina de ses babines. Le dragons allait bien partager un peu. Le loup avança encore un peu, puis s'arrêta, observant. Le dragon semblait admirer le levée du soleil, méditait-il aprèstout ces meurtres? Drôle de dragon. Puis, il bougea, se figea et rebougea pour s'allonger après un rapide, mais méticuleux nettoyage. Dablio attendit, essayant de savoir s'il dormait vraiment, essayant de voir s'il pourrait se révéler à la lumière sans manquer de se faire dévorer. Mais la faim fut plus forte que le reste. Le loup sortit doucement de l'ombre, avança silencieusement malgré sa taille impressionnante. Puis approcha du premier cadavre, presque informe. Il n'y avait que la tête qui semblait un peu près entière. Mais peu lui importait, il chopa un morceau et commença à tirer pour aller dévorer le cadavre plus loin. La voix de l'instinct se fit plus insistante encore.

"Danger! Danger! mort! Danger! Fuit!"

Dablio recula avant de regretter de ne pas avoir écouter la voix.
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MessageSujet: Re: Rencontre au coeur des brumes (PV - Libre) [ABANDON]   Mer 29 Juil 2015 - 11:03



Spoiler:
 



Voilà maintenant cinq minutes qu'il l'avait repéré dans les broussailles, une forme massive, apparentée à une créature à quatre pattes. Avait-elle des ailes ? Sarushzor en doutait, car elle aurait inconsciemment produit un bruit significatif à cause des feuillages. C'était d'ailleurs l'une des raisons pour laquelle il détestait chasser sur la terre ferme. Une créature ailée pouvait voler furtivement en suivant astucieusement un courant dans le vent, mais au sol, sa discrétion pâtissait de la membrane de ses ailes. Mais alors qu'était la créature devant lui ? Un ours ? Non, trop fureteur, trop discret. Et un ours n'aurait pas été assez bête pour s'approcher d'un lieu empestant l'odeur de sang et de dragon. Il claqua des crocs avec contentement. Ce petit jeu de recherche amusait le démon, et attisait également sa curiosité. Finalement peut-être l'intrus aurait la vie sauve ou une mort rapide et sans douleur. Toutefois, pour gagner cette récompense, il fallait être plus divertissant encore, mais la créature à quatre pattes restait dans l'ombre. Le démon savait qu'elle désespérait d'attendre qu'il parte pour aller dévorer les restes de ses anciennes proies. Il n'y avait pas d'autres raisons au fait qu'elle soit venue. Il se demanda alors si la créature oserait venir, même s'il était encore dans les parages.
Une pensée sinistre et noire parvint dans son esprit.

"Oh, je serais presque tenté de m'éloigner encore un peu... ne serait-ce que pour la voir approcher. Voir l'espoir d'un bon repas dans son regard. Je brûlerai ensuite jusqu'aux os de sa carcasse."


Puis, il sortit des bois. Un grand loup, immense par rapport aux proportions de son espèce. Une fourrure d'un blanc éclatant et pur, comme les flocons de neige. Une silhouette massive de la taille d'un homme avec des yeux jaune flave, clair comme la lune et irisé d'or pur.
Quelle impétuosité ! Les dragons étaient-ils devenus si rares et peu impressionnants que même les proies se mettaient à tourner volontairement autour d'eux ? En quelques instants, Sarushzor passa de l'amusement à un agacement profond teinté d'une fureur qui grondait jusque dans ses cœurs. En combien de secondes le démon pouvait-il mettre fin aux jours de ce loup ? Une poignée tout au plus, et la bête n'en avait cure. Elle était visiblement affamée, et n'en pouvait plus d'attendre. Peut-être espérait-elle que le dragon gris partage les produits de sa chasse.

Calmement, Sarushzor laissa le loup pénétrer dans le cercle de verdure jonché de corps. D'abord silencieux, quoiqu'en vain, il changea totalement d'attitude en arrivant près de la chair froide. L'instant d'après, il avait attrapé un morceau de l'un des cadavres et reculait déjà de deux pas en direction des ombres.
Mais le démon gris ne l'entendait pas de cette oreille. Il se releva et d'un bond, amplifié par la puissante poussée de ses ailes, s'éleva jusqu'au sommet des arbres pour atterrir directement derrière le loup, coupant toute retraite par le chemin qu'il avait pris au départ. Un vacarme tonitruant résonna dans les bois jusqu'alors murmurants.

-Et te voilà ! Voleur de viande ! Intrus dans ces bois, car ils sont miens tant que je m'y trouve ! Loin des ombres, ta posture me paraît bien moins assurée, je me trompe ?


Fier de son arrivée soudaine, Sarushzor, qui n'en avait pas terminé avec le loup blanc, poussa un rugissement à faire trembler les branches des arbres, et rapprocha sa tête écailleuse de l'Impétueux. Il avait bien l'intention de lui montrer que peu importe comment les dragons se comportaient dans le Lavadôme ou autre part, lui ne laisserait pas des voleurs récupérer des biens qui étaient les siens... en tout cas pas sans lui avoir témoigner le respect qui lui était dû. Il reprit donc sur un ton grinçant.

-Pour oser s'approcher si près d'un dragon, tu dois être soit très imprudent, soit atteint d'une profonde folie. J'espère pour toi que la deuxième option est la bonne. Qui es-tu donc, voleur de viande ?


Intérieurement, le démon espérait que le loup sache parler comme ses comparses plus petits. Dans le cas contraire, il y avait des chances pour que leur conversation devienne très très ennuyeuse...
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MessageSujet: Re: Rencontre au coeur des brumes (PV - Libre) [ABANDON]   Jeu 30 Juil 2015 - 9:36


Dablio eut un léger sourire intérieur. L'arrogance des dragons le faisait toujours sourrire. Il savait certains dragons doué de générosité, ou de gentillesse, mais la plupart d'entre eux étaient imbus d'eux même et orgueilleux. Celui-ci faisait apparemment partit de ce groupe de dragon mal élevé par leur mère. Le loup regarda ce dragon gris: il avait un regard sombre, fous, presque maléfique... Dablio qui avait toujours pensé être un monstre, une abomination, désormais, il doutait qu'il est plus monstrueux que certains dragons fous. La consanguinité faisait décidément des miracles! Surtout concernant ce genre d'illuminé psychopathe et égoïste. Dablio eut envie de rire à sa manière de loup, mais une voix, plus aigu que jamais se rappella à lui.

"Danger! Fuis! Le dragon ne va pas t'épargner si tu reste!"

Peu lui importait. Le dragon l'avait défié. Et dablio était un loup-garou assez couillus pour répondre à ce genre de défis... L'instinct du prédateur ou serais-ce plus son humanité qui était suicidaire à ce point? Il s'en fichait.

"Je porte le nom de Dablio, jeune dragonnet présomptueux. Et ta mère ne t'a donc pas appris à partager? Il y a sept cadavres, si je sais bien compter, cela n'est-il donc pas de trop pour ton estomac, petit dragonnet? As-tu donc les yeux plus gros que le ventre?" répondit le loup, amusé.

Pour provoquer d'autant plus le dragon, le loup regarda bien en face le reptile ailé. Il baissa la tête, toujours en le regardant, choppa un morceau du cadavre qui était toujours sous ses pattes, et brisa un os pour dévorer la chaire sanguinolente. Le sang encire tiède dégiulinant en goutte à demi coagulé sur son pelage blanc, maculant ses lèvres et son poitrail d'un vermeil nauséabond. Il croqua encore, et encore, jusqu'à avaler la chaire. Puis il montra ses dent rougies par le sang, lui donnant un sourire espiègle mais féroce.

"Je ne suis pas fous... Imprudent peut-être un peu, jeune dragonnet. Mais pour le moment j'ai réussis à survivre plus longtemps que n'importe lequel de mes congénères à l'intérieur même de la pouponnière des dragons... Contrairement à d'autres, je ne suis pas stupide."

Danger! Danger! Cesse de le provoquer et va-t-en!

Cette fois, son instinct hurla si fort, que Dablio en grogna, secouant la tête comme si une petite bête le démangeait. Il agita la queue d'éxaspération, sans se rendre comtpe qu'il provoquait d'autant plue le dragon gris, déjà bien plus énervé que necéssaire. Puis le loup regarda le ciel, se rappellant que le soleil était déjà levé depuis quelques minutes maintenant... Il se pensa d'autant plus stupide qu'il savait que sa transformation ne durerait plus longtemps... Peut-être était-il finalement aussi stupide que ses congénères les humains. Il jura intérieurement dans une langue qui lui était sienne depuis sa tendre enfance, et fit face au dragon qu'il savait prêt à rendre coup pour coup.

Fuis!!!
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MessageSujet: Re: Rencontre au coeur des brumes (PV - Libre) [ABANDON]   Jeu 30 Juil 2015 - 18:25



"Je porte le nom de Dablio, jeune dragonnet présomptueux. Et ta mère ne t'a donc pas appris à partager ? Il y a sept cadavres, si je sais bien compter, cela n'est-il donc pas de trop pour ton estomac, petit dragonnet ? As-tu donc les yeux plus gros que le ventre ?"

Ah, c'est donc qu'il pouvait parler. Et il parlait bien crûment. Sarushzor, bien que piqué au vif par les insultes évidentes, s'en trouva diverti. Qu'il était cocasse de regarder cette petite créature s'agiter et aboyer pour un rien. Ce n'était que de la viande après tout. Sa tirade aurait même pu passer pour un défi des plus intéressants, surtout lorsqu'il s'était mis à dévorer sous ses yeux la chair de l'un des cadavres, si toutefois il ne faisait pas quelque trois mètres de moins que le démon gris. Le défi passait alors d'impressionnant à ridicule, voire grotesque. Cela conforta cependant Sarushzor dans son choix. Il allait le tourmenter pendant encore très longtemps.  

En revanche, une petite voix lui murmurait un détail qui le gênait. Son nom Dablio n'avait strictement aucun lien avec un nom de loup. Etait-il né en cage ? Avait-il été domestiqué par les hommes ? Cela serait étonnant puisqu'il ne semblait pas avoir de chaînes. Et si cela avait été un démon, Sarushzor l'aurait senti. Cela le rendit néanmoins légèrement plus méfiant. Très légèrement.

"Je ne suis pas fou... Imprudent peut-être un peu, jeune dragonnet. Mais pour le moment j'ai réussi à survivre plus longtemps que n'importe lequel de mes congénères à l'intérieur même de la pouponnière des dragons... Contrairement à d'autres, je ne suis pas stupide."

Sarushzor répondit d'une voix vicieuse, et sur un ton mielleux.

-"Je vois... imprudent, mais pas fou, et pourtant, tu t'approches d'un dragon dans l'intention de le braver, si encore il peut y avoir une quelconque forme de défi entre nous. Il n'y a là d'imprudence que le nom, mais folie... je l'y trouve."


Des... congénères ? En quelques instants, le démon en avait appris bien plus sur le loup qu'il n'aurait pu le deviner en plusieurs heures d'observation. Comme quoi, il suffisait d'avoir trop de confiance en soi pour trop en dévoiler. Mais Sarushzor devait bien avouer que ce Dablio avait du cran. Il entreprit donc de poursuivre, profitant de cette conversation pour se mouvoir autour du loup.

-"Et qui plus est, tu es là, prenant des produits de chasse que tu n'as point chasser, sans même saluer son auteur. Tu es un bien piètre moraliste pour me déclamer des coutumes de politesse et de partage quand toi-même tu ne saurais les respecter. Serait-ce les vermisseaux du Lavadôme, ces... dragons, qui t'ont appris à te tenir de la sorte ? En cela, je les reconnaîtrais bien."


Les deux dernières phrases avaient été proféré en vociférant. Il avait peine à croire qu'un loup ait vécu au sein du Lavadôme ou dans tout autre terre de dragons. Mais si cela était vrai, cela expliquerait le manque de peur évident dans le regard du loup. Il devait avoir senti l'odeur des dragons depuis bien longtemps.
Le soleil sortit de l'ombre des nuages, créant une légère éclaircie dans la ligne d'horizon. Maudite lumière ! Sarushzor n'en voulait pas, les ténèbres de la forêt s'alliait merveilleusement bien au teint de son armature. Quel ennui...
Le loup ne semblait pas vouloir partir. Surprenant. D'habitude, la plupart des animaux de la forêt se serait déjà enfui. Celui-ci tremblait de tout son long, mais restait digne. A quoi bon ? S'il y avait un combat, même ses crocs acérés, même sa force ne pourrait briser une armure d'écaille. Tout bon loup le saurait et se serait déjà retiré.

"A moins qu'il n'ait rien à perdre..."


Et alors il commença à comprendre. Et il eut un sourire mauvais. Extrêmement mauvais. Finalement, il arrêta de tourner autour du loup à la fourrure blanche. Il avait déjà en tête une autre question, car ce Dablio avait attiré sa curiosité. Pour l'instant.

-"Dis-moi, mon bon et brillant moraliste Dablio, de quelle meute de loup es-tu ? Ou... peut-être es-tu seul ?"
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MessageSujet: Re: Rencontre au coeur des brumes (PV - Libre) [ABANDON]   Ven 31 Juil 2015 - 9:29


Le dragon se mit à tourner autour de lui, mais jamais le loup ne lui tourna le dos. Il lui fit face tout du long. Autant prendre un coup en face, et non sur le côté, cela l'affaiblirait d'autant plus. Au moins, si Dablio avait le dragon en vue, il pourrait réagir aussi vite qu'il le pouvait à une attaque. Car il semblait évident que le dragon allait attaquer. Mais pour le moment, celui-ci semblait amusé, il jouait avec ce pauvre Dablio dont 'lestomac ne réclamer qu'une chose: manger! Il essaya de faire taire sa faim, la voix de sont instinct l'y aidant presque.

"Fuis!"

Dablio grogna encore, mais le cri était plus supportable, comme s'il commençait à diminuer. Il savait aussi ses forces plus faibles du fait que le jour se levait, et que sa transformation durait déjà depuis trop longtemps. Mais il arriverait toujours à se sauver de ce genre de situation, que ce soit au Lavadôme ou ailleurs.
Dablio releva les oreilles quand il comprit que le dragon n'était pas du Lavadôme. C'était un sauvage donc, comme le disait certains dragons. Mais il semblait beaucoup plus sauvage et fou que les autres. Et Dablio en avait connu de ces gentils dragons qui préfère veiller sur les humains plutôt que de les dévorer. Et ce gris ne semblait pas faire partie de ceux qui ont une bonté naturelle à l'égart des autres espèces peuplant ce monde.
Puis le dragon lui tourna encore autour, silencieux, semblant réfléchir méthodiquement. Essayait-il déjà d'imaginer déocuper en morceau lentement et habilement le pauvre loup? Dablio 'nen doutait pas un instant. Puis le gris s'arrêta et lui demanda avec un sourire mauvais, presque heureux de sa découverte:

"Dis-moi, mon bon et brillant moraliste Dablio, de quelle meute de loup es-tu ? Ou... peut-être es-tu seul ?"

"La solitude est une faiblesse, un loup ne peut survivre seul..."

Un chuchotement cette fois. Son insinct avait presque pris la voix du roi Ikirion, celui qui lui avait révélé qui il était et celui qui lui avait retiré son amnésie... Lui aussi l'avait mis en garde contre la solitude, il y avait des années de cela. le roi ne pouvait avoir ce problème, car il avait son peuple comme meute, et il était un Alpha né. Alors que Dablio... Il ne savait pas, il ne savait plus. Son père avait un loup-garou, mais... Son père était mort comme tout le reste de sa famille. Il essaya de cacher sa tristesse. Il savait qu'une partie de lui ne désirait que cela: une meute. Mais une autre partie de lui se complaisait dans cette solitude, car il pouvait ainsi faire ce que bon lui semblait. Mais pour combien de temps encore arriverait-il à survivre ainsi? Dablio décida de ne pas répondre à cette pique de la part du dragon, celui-ci serait trop heureux de le savoir seul... Mais il décida de lui rétorquait quelque chose de bien plus cinglant et que Dablio espérait blessant.

"Et toi, dragon? Es-tu seul aussi? Es-tu donc un banni? Ou alors ta famille te déteste-t-elle à se point qu'elle t'as fuit? C'est pour cela que tu préfère tuer ces pauvres âmes plutôt que de chercher une compagne comme tes congénères." lança-t-il en regardant avec avant les cadavres désormais froid qui jonchaient le sol.

Dablio savait que manger des humains n'était pas dans sa nature, mais la faim était plus forte que le reste. Et il n'avait plus rien à perdre depuis longtemps, sa dignité était morte avec le reste de son enfance lorsqu'il avait enfin découvert ce cimetière... Un Cimetière d'esclave... Le même jour où il avait été capturé pour finir entre els griffes des dragons du Lavadôme.

"Les seuls êtres meritant d'être tué de la sorte sont les créatures de ton genre, stupide reptile. Ou alors ces chiens de vendeurs d'esclaves! Ou encore même ces mercenaires prêt à payer le prix fort rien que pour baiser une ou deux filles de fermiers... avant de les égorger!"

La rage commençait à prendre force en lui. Il savait que les émotions fortes ne pouvaient que lui nuire, surtout sous sa forme de loup. Mais il essaya de se contrôler. Il pouvait utiliser cette rage pour prolonger sa transformation, pour essayer de survivre...
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MessageSujet: Re: Rencontre au coeur des brumes (PV - Libre) [ABANDON]   Ven 31 Juil 2015 - 21:12



"Et toi, dragon ? Es-tu seul aussi ? Es-tu donc un banni ? Ou alors ta famille te déteste-t-elle à ce point qu'elle t'as fuit ? C'est pour cela que tu préfères tuer ces pauvres âmes plutôt que de chercher une compagne comme tes congénères."

Quelle question ? Evidemment qu'il vivait seul. C'était ainsi que les dragons devaient vivre. Ce pauvre loup avait visiblement trop d'images de dragons assemblés autour d'un immense rocher. La civilisation n'était pas une solution pour les dragons. Il n'y avait qu'à voir les résultats que cela donnait au Lavadôme. Par certains côtés, ces dragons étaient mêmes pires que les hominidés, car en plus de l'archétype d'une société habituelle, les dragons avaient en eux l'instinct destructeur et les moyens d'en produire une œuvre.

"Les seuls êtres méritants d'être tué de la sorte sont les créatures de ton genre, stupide reptile. Ou alors ces chiens de vendeurs d'esclaves ! Ou encore même ces mercenaires prêt à payer le prix fort rien que pour baiser une ou deux filles de fermiers... avant de les égorger!"

Il n'y avait définitivement rien de loup dans cette remarque. Plus évident encore, l'odeur du loup commençait à changer. Son comportement aussi. Il avait tout du plus parfait humain.

-"Tu mords même quand tu es acculé, Dablio. Mais tes mots sonnent faux. Ils sont comme le feu se heurtant à un lac. Bruyant... mais sans aucune valeur. Et tu as oublié un autre de tes êtres méritants... les créatures maudites."


Sarushzor savait qu'il avait touché une corde sensible. Il poursuivit sur le ton de la conversation, presque enjoué.

-"Ces créatures nés d'une malédiction. On les dit erreur de la nature, On les dit maudits par les esprits, sortis du tréfonds des abysses. Les loups-garous, les vampires, les démons. Que devrait-on faire d'eux à ton avis ? J'imagine que pour toi, cela doit être une interrogation très personnelle.  Après tout, les loups-garous ne sont que des morts en sursis, attendant désespérément l'heure de leur fin, guidé par un instinct qu'ils ne contrôlent même pas. Te prétendrais-tu meilleur que moi, Dablio, l'homme qui n'est ni un homme ni une bête ?"


Tout en parlant, Sarushzor observait le soleil se lever à l'Est. Il comprit soudain que le loup qui était en Dablio allait bientôt disparaître, nouvelle intéressante s'il en était une. Il hésitait maintenant à le tuer tout de suite ou à attendre qu'il soit redevenu homme. Il n'avait jamais goûté la chair de loup, mais celle des hommes était répugnante à souhait. De plus, il allait probablement avoir une peau sale et en mauvais état, pas de quoi soulever l'appétit. Il jugea alors bon de résoudre son dilemme immédiatement. Mais à cet instant, un murmure intérieur se fit entendre. Son frère d'âme, et il s'en ennuya d'avance.

-"Frère, laisse-le."
-"Comment ? Le laissez partir alors qu'il continue à nous insulter de la sorte ! Je n'ai qu'une envie frérot, c'est de l'écorcher jusqu'à ce qu'il en crève. De lui retirer les tripes, et de les mettre à l'air. D'observer sa vie disparaître comme une faible lueur dans les ombres.
-"Je sais, Sarushzor. Laisse-le."
-"Je ne te comprends pas frérot..."
-"Il est comme nous. Seul. Haï des humains, comme des animaux de la forêt, et des dragons. Il est traité comme une erreur, un parasite, tout comme nous."
-"Ah, je vois. C'est donc encore ce vilain sentiment qui te prend, frérot ? Cette pitié, cet attendrissement, ce misérable apitoiement ? Bah ! J'abhorre ta compassion. J'aimerais pouvoir la tuer sans te tuer toi. Nous deviendrions tellement plus."
-"Je sais. Maintenant, frère, redonne-moi mon corps."


Le démon hésita longtemps. L'espace d'un instant, il failli se retourner contre son frère. Puis il libéra RaÏnvir de son sommeil. Les écailles du dragon perdirent de leur noirceur, si bien qu'elles semblèrent reprendre des couleurs, si ce n'est qu'elles étaient toujours d'un gris terne. Quand il rouvrit les yeux, RaÏnvir se sentit tout d'un coup empreint d'une lourde lassitude. Il avait l'impression que son frère avait volé des heures et des heures avant de lui rendre son corps. Il posa finalement un regard fatigué sur le loup blanc. Il pouvait sentir d'ici toute la rage qui grondait en lui.

-"Tu vas m'écouter, homme-loup. Je vois deux options pour le moment. Tu peux sortir tes crocs et tes griffes, et nous pouvons en terminer dès à présent. Ou alors, nous attendons paisiblement le lever du jour, et nous suivons notre voie comme il en a toujours été avant notre rencontre. Tel est le choix que je te laisse."


Epuisé, le dragon gris se retourna et choisit un petit coin de terre épargné par les ombres. Il se coucha sur le sol, humide de la fraîche rosée du matin, tremblant de tout ses muscles.
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MessageSujet: Re: Rencontre au coeur des brumes (PV - Libre) [ABANDON]   Dim 9 Aoû 2015 - 16:03


Dablio écouta, mais son esprit était ailleurs. Son esprit se concentrer pour éviter de redevenir un homme, pour éviter que son instinct ne reprenne le dessus et ne le renvoie à son humanité fragile. Peu lui importait de mourir, mais mieux valait qu'il se défende, ne serait-ce que pour avoir la conscience tranquille. Et oui, il était une créature maudite, une créature contre nature, mais il s'était habitué à l'idée, il avait vécu des années avec cette malédiction, désormais, cela lui importait peu de savoir ce qu'on pouvait bien penser de ce qu'il était. Le jeune loup regarda le soleil monter un peu plus dans le ciel, il savait qu'il ne pourrait retenir encore très longtemps sa forme. Il se sentait de plus en plus faible malgré sa rage contre le dragon face à lui, ce dragon qui continuait de le blesser... Du moins, c'est ce qu'il devait penser, mais l'esprit de Dablio était bien trop loin pour pouvoir être blessé.

"Tu n'as plus le choix, tu es trop faible..."

Son instinct avait raison, et il le savait. Pourtant, Dablio continuait à lutter, continuer à ne pas vouloir mourir sous forme humaine. Quelle honte pour un loup-garou de ne pouvoir se transformer que la nuit ou presque. Et pourtant, il n'avait plus que cela à faire, créature maudite qu'il était. Il laissa donc son corps reprendre sa forme originelle, sachant que cela prendrait du temps, il laissa son esprit refaire surface, connaissant déjà la douleur qu'il allait subir. Mais il voulait regarder le dragon en face. C'est alors qu'il se rendit compte de l'état de son interlocuteur... Il semblait immobile, tout à fait normal, mais son regard en disait bien long sur son état intérieur. Dablio sentait bien que quelque chose d'étrange se passait dans le corps de ce dragon gris étrange. Il renifla une dernière fois avec son museau de loup, et remarqua que l'odeur du dragon changeait à son tour, tout comme ses écailles et sa manière de se tenir.

"Finalement, il n'y a pas que moi qui est maudit..."

Le jeun loup n'eut pas vraiment le temps d'en dire plus. Dablio sentit la douleur fuser dans tout son corps, commençant par son cœur et ses os, puis se diffusant dans ses muscles et sa colonne vertébrale, jusqu'à atteindre le bout de sa queue et l'extrémité de ses poils. Il hurla, un cri guttural et glauque, mélange entre un hurlement de loup et le cri strident d'un humain. Il n'avait jamais observé sa transformation de loin, mais il savait un peu près à quoi cela pouvait bien ressembler pour 'lavoir vue chez d'autres loup-garou. Son corps se distordait, ses pattes devenaient des mains longues et effilées, son dos se courbait pour redevenir droit ensuite, ses poils fusionnaient avec sa peau. Mais le plus douloureux se trouvait à l'intérieur, tous les organes reprenant leur places d'origines, se bousculant les uns les autres, le cœur se déformant pour rentrer dans la cage thoracique en formation. Puis, tout à coup, la transformation cessa, le cri aussi, et l'homme en sueur pu enfin se redresser et respirer avec son nouveau corps. Dablio regarda alors le dragon qui venait de lui parler, un autre dragon... Malgré sa forme humaine, il savait que celui-ci avait changé.

"Tout ce que je voulais c'était dévorer ses pauvres corps que tu voulais laisser pourrir à l'air libre. Je n'ai aucune envie de me battre. Mais désormais, je ne risque plus de sortir mes crocs et mes griffes pour défendre ce qui aurait pu être défendu. Mon choix serait vite fait, si cela ne tenait qu'à moi... Mais nous sommes deux... Et le choix définitif n'appartient pas qu'à moi."

Dablio se redressa, douloureusement, en grognant et vociférant des insulte dans sa langue natale. Il détestait reprendre forme humain, non seulement parce qu'il était nu, mais aussi parce qu'il se sentait toujours très faible... Sa forme de loup lui allait tellement mieux, et pourtant il l'avait haït tellement longtemps.

"Tu as parlé de créature maudite... Toi aussi tu en es une, tout autant que moi. Il y a quelque instant tu n'aurais pas manqué de m'écorcher vif. Alors que désormais, tu me laisse le choix de vivre. Ton côté sombre t'aurait-il laissé tomber? Ou est-ce vraiment ton bon côté qui a reprit le dessus de lui-même avant qu'un nouveau massacre ne soit provoqué?... Je suppose que cela ne me regarde pas..."

Dablio alla s'appuyer contre un arbre, sachant très bien que ses jambes ne pouvaient le tenir totalement tant qu'il n'aurait pas reprit toutes ses forces. Il regarda le soleil une fois de plus, et maudit cette astre qui le rendait faible.
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MessageSujet: Re: Rencontre au coeur des brumes (PV - Libre) [ABANDON]   Lun 17 Aoû 2015 - 21:19



D’un œil revêche, le dragon gris observait la créature qui gisait dans le cercle de verdure. Un halo rouge orangé nimbait la terre poisseuse, pleine d’eau de pluie. Le bruissement des arbres qui se redresse vrombissait violemment dans ses oreilles. La brise du matin ne laissait nul silence dans les bois. Puis, un cri inhumain retentit, clair, à la fois féroce et implorant. Il venait de la bête près de lui qui se métamorphosait peu à peu. RaÏnvir ne put s’empêcher de grogner de dégoût. Une chose qui ne lui arrivait pas souvent. Il ne savait pas comment, ni pourquoi mais quelque chose le dérangeait dans cette transformation. Comme une anomalie que l'on perçoit, comme un sentiment désagréable. Ce n'était tout simplement pas naturel pour lui. Et bien qu'il ait déjà vu des démonstrations de magie plutôt étonnantes en ce domaine dans sa vie passée, celle-ci était de loin plus perturbante et plus sinistre.
RaÏnvir était couché parmi les osiers rouges ; il était maintenant sombre, pensif, furieux. Il regardait les cormorans perchés sur un arbre, tordu en un aspect biscornu, dont les branches, irrégulières et au bois noir comme la suie, semblaient se déformer à mesure qu'on observait leur extrémité. Il entendit finalement l'homme-loup lui parler.

"Tu as parlé de créature maudite... Toi aussi tu en es une, tout autant que moi. Il y a quelque instant tu n'aurais pas manqué de m'écorcher vif. Alors que désormais, tu me laisses le choix de vivre. Ton côté sombre t'aurait-il laissé tomber ? Ou est-ce vraiment ton bon côté qui a reprit le dessus de lui-même avant qu'un nouveau massacre ne soit provoqué ?... Je suppose que cela ne me regarde pas..."

Et comment cela le pouvait ? Ce n'est pas parce qu'il était un loup-garou qu'il pouvait lui demander ce qui veillait à l'intérieur de lui ! Le dragon gris s'ébroua, mal à l'aise et frémissant encore de fatigue. Depuis qu'il était dragonnet, il n'avait jamais connu autre chose qu'une vie partagée. Ce n'était pas la même chose qu'une transformation en une forme bestiale. C'était pourtant toujours une bête, coincée en sa conscience, qui régnait en lui. Et cela, avec de plus en plus d'intensité.

-"Non, cela ne te regarde pas, homme-loup. Que ce soit de la curiosité ou de la réflexion, Il est rarement de bon ton de me demander de parler de ma vie, alors que nous ne nous connaissons que par menaces et quolibets."


RaÏnvir toisa Dablio d'un regard hargneux. Mais cela ne dura que quelques secondes. Il resta alors silencieux un certain temps, puis il reprit :

-"Pourtant, je vais t'en parler. Je comprends ta curiosité. Les loup-garou, ou plutôt le mythe qui les entoure, cristallisent toutes les peurs humaines. Dont la tienne, plus que n'importe quel autre. En cela, je suis sûr de mes paroles, car dans ma... situation, j'ai vécu la même chose. Autrefois. Et puis, j'ai appris à accepter ce qui était en moi. Il est difficile d'exiger d'un individu qu'il fasse fi de ses peurs. Car dans la psyché d'une entité intelligente, celles-ci remplissent un rôle non moins important que tous les autres sentiments ou émotions. Oui, même les dragons connaissent la peur."


RaÏnvir n'était pas enclin aux gestes théâtraux. Il fit simplement volte-face pour se tourner vers Dablio, l'esprit apaisé par un silence complet. Sarushzor, son frère d'âme, avait maintenant rejoint les abysses de leur  conscience. Il pouvait encore sentir sa colère bouillonnante, et ses désirs lugubres. Mais il sentait également que son frère avait confiance en lui, qu'il lui laissait le contrôle. Rassuré, il prit un air bien plus tranquille. Il posa donc ses yeux brillants d'un bleu outremer sur l'homme-loup, qui s'appuyait toujours contre un arbre.


-"Oui, j'ai à l'intérieur de moi un être qui partage mes pensées. Son nom est Sarushzor. Il n'est pas mon côté sombre... du moins je ne le pense pas, car je ne crois pas à une philosophie du Bien et du Mal. Je l'ai toujours considéré comme un démon intérieur, à qui il pourrait prendre l'envie de posséder mon corps. Néanmoins, à la différence de ta bête, il réagit et réfléchit. Et bien que nous ayons souvent des avis divergents, il est et sera toujours comme un frère pour moi. Plus même, car notre lien dépasse de loin toute forme de relation physique. Il est une partie de moi. Sans lui, je ne serais plus rien. Je... ne sais pas si tu comprends, ou si tu as ne serait-ce que l'envie de comprendre.  ( RaÏnvir grogna comme surpris par ses propres mots, il releva la tête, s'interrompit pour inspirer une bouffée d'air frais ) En tout cas, en parler m'a soulagé d'un poids. Ce n'était pas une mauvaise idée."


Le dragon gris s'attarda sur les vastes plaines au-delà du bosquet dans lequel ils se trouvaient. Une brume, lourde et grisâtre, s'échappait des hautes herbes, tels des rubans de fumée s'élevant dans les airs. Depuis le lever du jour, RaÏnvir n'avait rien vu de pareil. Peut-être le soleil allait-il encore disparaître quelque temps dans le protectorat.
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MessageSujet: Re: Rencontre au coeur des brumes (PV - Libre) [ABANDON]   Mar 25 Aoû 2015 - 16:27


Dablio respira, puis expira, essayant de contrôler son tremblement. Sa transformation le laissait souvent dans cet état : faible. Il avait envie de grogner, mais sa voix ne pouvait produire qu'un gargouillement, contrairement à sa forme de loup. Malgré son état de faiblesse important, Dablio écouta malgré tout le dragon parler. Celui-ci pensait-il réellement que sa partie loup et sa partie humaine était dissociée ? C'était bien le contraire. Et plus le temps passait, plus Dablio sentait qu'il était, qu'il devenait même le loup, et inversement, que le loup devenait humain. Un jour, il ne ferait plus qu'un, et Dablio ne saurait alors ce qu'il deviendrait, à par une aberration de la nature.

« Sache dragon que je comprends mieux que tu ne le pense. Je suis né avec ce loup en moi. Mon père était un loup-garou, et son père avant lui. Ma famille entière. Le loup était même notre symbole. La seule différence, c'est que cette partie de nous ne se révèle qu'à l'adolescence et seulement dans certaines circonstances. Comme celle que j'ai vécu. A partir de là, l'humain peut nié et notre état dégénère. D'autres humains peuvent accepter. Mais notre part loup ne peut être dissociée de notre part humaine, comme toi et ton démon. » expliqua doucement le jeune humain.

Dablio se redressa, sentant ses douleurs disparaître peu à peu, et reprenant ses forces plus vite qu'il ne l'aurait espéré. Il lâcha son arbre, et se dirigea vers le dragon. Celui-ci s'était lâché d'un poids, autant lui rendre la pareille. Dablio était peut-être étrange comme humain, ou même comme loup-garou, mais au moins, il savait être généreux, tenir parole et savoir rendre coups pour coups... Quelque soit ces coups d'ailleurs. Il s'approcha, encore, encore, et encore, jusqu'à être à portée de coup de patte, mais ainsi, il était sûr que le dragon verrait ce qu'il y avait à voir.

« Regarde ces yeux, dragon. Ces yeux doré. Ce sont des yeux de loup, mais je les ai toujours eu. Dés ma naissance. Je peux te jurer qu'être une créature maudite, je connais ça depuis longtemps. Je ne suis pas très différent de toi. A la différence près que la seule voix dans ma tête est mon instinct, et celui-ci prends autant le dessus parfois que ton propre démon. » lança Dablio, non pas comme un air de défi, mais comme une triste vérité. « Le bien et le mal n'ont pas de limites bien définis. Nous en sommes la preuve même. » ajouta-t-il.

Il regarda encore un moment le dragon. Il espérait que celui-ci comprendrait où Dablio voulait en venir. Toutes les créatures maudites avaient un semblant de ressemblance en soit : elles ne pouvaient totalement se contrôler, et la magie faisait entièrement partie d'elles. Pour autant, Dablio savait que son sort de loup-garou n'avait rien à voir avec le démon intérieur de ce dragon. D'ailleurs qui était le vrai dragon entre ces deux personnalités ? Sûrement les deux... Quel étrangeté Dablio avait-il en face de lui ? Peu lui importait en fait, il en avait vue des bien pire.

« Une dernière chose dragon... » demanda-t-il avait de s'asseoir devant la masse d'écaille. « Quel nom porte l'être qui est devant moi ? Le démon a pour nom Sarushzor, mais et toi ? J'aime connaître et retenir le nom de ceux que je rencontre. »
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