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 Mon royaume pour une limace ! [PV Percebrise :3]

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MessageSujet: Re: Mon royaume pour une limace ! [PV Percebrise :3]   Lun 3 Aoû 2015 - 15:16


Limace observait les autres s’activer au bord de la falaise. Elles suivaient les conseils de Percebrise, et s’entraînaient à… voler. Elles remuaient leurs membranes avec force, tentaient de se soulever du sol. Les plus téméraires, comme Poussepierre, se jetaient dans le vide avec de revenir sur la terre ferme. Limace avait eu peur pour elles, surtout quand Poussepierre s’était élancée la première et avait disparu en tombant. Limace et toutes les autres étaient restées figées, jusqu’à ce que la Verte réapparaisse, se soulevant dans les airs comme Percebrise l’avait fait juste avant. Et même si elle ne dansa pas aussi longtemps que le Blanc, son saut suffit à exciter encore plus les autres, qui redoublaient d’efforts et étaient de plus en plus nombreuses à se lancer.

Limace pouvait sentir leur joie. Leur excitation. Et même… quelque chose d’encore plus intense, qu’elle ne sut reconnaitre, chez celles qui s’étaient élancées dans le vide et avaient plané dans les airs. Ces émotions étaient comme une invitation à se joindre à elles, à agiter ses membranes grises, et à essayer de Danser avec le Ciel. Mais elle ne pouvait pas. Elle avait bien trop peur. Chaque fois qu’elle tentait un pas vers elles, son ventre se serrait, et elle ne pouvait que rester sur place, à se poser des tonnes et des tonnes de questions.  Alors, elle restait à l’écart, déconcertée.

Au bout d’un moment, elle chercha Percebrise du regard. Elle le trouva, à l’écart lui aussi. Il semblait fixer quelque chose au loin. Elle se dit d’abord qu’elle ne devrait pas le déranger. Mais elle sentait qu’elle avait besoin de parler à quelqu’un. Et elle ne voulait pas gâcher la joie qu’éprouvaient les autres en ce moment. Elles semblaient oublier tout ; le Maître, la maladie, le Dehors. Elle décida donc de ne pas s’adresser à elles.

Plus elle s’approchait de Percebrise, plus elle se disait que finalement, elle pouvait peut-être bien ne parler à personne. Mais non, ce n’était pas vrai. Voir toutes les autres s’activer comme ça, apprendre à Danser dans le Ciel, s’amuser; ça l'avait déconcertée. Elle ne se sentait pas de le faire aussi. Parce que toute sa vie, elle avait été différente. Et si elle était incapable de voler ?
Elle s’approcha timidement de Percebrise, la tête basse. Elle frôla son esprit.

- Percebrise… ?

Peut-être que ce n’était pas une bonne idée. Peut-être qu’il allait se mettre en colère parce qu’elle le dérangeait. Ou peut-être qu’il verrait qu’elle ne s’entraînait pas avec les autres et qu’il la forcerait à sauter.  Peut-être. Mais c’était trop tard.

- Et si je ne pouvais pas… voler ? Je ne suis pas verte, je n’ai pas une peau dur comme la pierre. Je n’ai jamais eu de Lumière, ni de Pierres Blanches. Et mes toiles (elle regarda ses membranes grise en les agitant faiblement, comme si elles étaient trop lourdes) ne sont venues que lorsque j’étais seule et que toutes les autres étaient parties. Et si je n’étais pas comme les autres ? Si je sautais dans le vide et que je tombais ? Si je n’étais qu’une Limace géante, et pas quelque chose comme vous tous ?

Hésitants d'abord, ses mots avaient fini par couler à flot, à sa grande surprise. C'était comme si elle venait de parler de quelque chose qu'elle avait toujours enfui au fond d'elle. Et c'était vraiment bizarre pour elle. Et là, elle se senti un peu stupide devant Percebrise et regretta tout de suite d'être venue lui parler.
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MessageSujet: Re: Mon royaume pour une limace ! [PV Percebrise :3]   Lun 3 Aoû 2015 - 22:14


De la poussière s'élevait encore au loin, à l'emplacement exact de l'ancienne caverne du doré, ou Maître, comme les dragonnelles tenaient à l'appeler. De temps en temps un autre bloc se détachait en entraînant d'autres pierres dans sa chute. Cependant l'éboulement en lui-même semblaient avoir pris fin... Là-haut, à travers les sommets, le vent commençait à croître. De là où il était, l'albinos entendait un grondement sombre. Pourtant leur clairière au bord de la falaise, des centaines de longueurs de queues plus bas, avait l'air protégée par une aura de bienfaisance. Le coin était baigné de la clarté laiteuse issue de la lune qui flottait, presque pleine, dans la partie la plus haute du ciel. Percebrise se sentit de nouveau apaisé par le calme des lieux et la douceur de la nuit. Le vrombissement continu des battements d'ailes dans son dos finit par le bercer à tel point que ses paupières devinrent lourdes et il se mit à somnoler assis face à la haute montagne. Ses propres ronflements le tirèrent de son gros roupillon [#Kesh], et à l'instant même il entendit des pas se rapprocher de lui et il tourna le à la montagne pour faire face à une Limace à la mine effarée.

Le dragon blanc tendit l'oreille pour écouter tous les petits soucis de la grise. En l'écoutant, il se rendit compte qu'il s'était posé les mêmes questions - bien sûr pas exactement, mais dans le fond – que lorsqu'il s'était retrouvé banni de la couvée. Il se ressassa les premiers et derniers instants passé dans la caverne, ceux où il s'était retrouvé chassé. Les journées passées, le ventre vide et assoiffé, avec pour seul réconfort l'espoir qu'un jour il aurait sa revanche. Il se rappela aussi de la première proie qu'il avait tuée, la joie de cracher ses premières flammes, l'immense joie qu'il avait ressentie lorsque ses ailes s'étaient déployées, les frissons du premier vol, le jour où il avait choisi son nom, sa première cuite haha. Ses yeux plongèrent dans ceux de Limace et il soutint longuement son regard sans cligner des yeux. Il aimait se sentir ainsi, proche des autres dragons, ce qu'il ne lui arrivait que très, très rarement dans la vie. Il ne le savait, mais c'était de la sagesse, qu'il éprouvait. Oui, lui aussi, même sans le savoir, était capable d'être sage. Il mit longtemps avant de répondre, réfléchissant longuement à comment il allait formuler ce qu'il avait à dire.

« Tu trouves que tes écailles sont grises et différentes, pourtant je dois te dire qu'elles sont assez courantes ; pas besoin de pierres blanches qui guideront tes pas, la lumière de ton cœur elle te protégera. Un jour tu voleras, et pour ça, n'oublie pas que c'est grâce à tes ailes que tu y arriveras. Alors suis ton instinct, fais aussi les bons choix, c'est en suivant cette route que tu te connaîtra. »

Il marqua une longue pause, durant laquelle il se délecta du champ des grillons, cachés dans les hautes herbes. Il s'imagina les petites bêtes noires frottant follement leurs pattes contre leurs élytres. Puis il cru entendre un rugissement lointain venir de la caverne. Tout d'un coup il se figea et tourna lentement la tête vers la montagne, pour ne pas inquiéter Limace. Un instant, il avait cru que le doré était de retour, mais il ne vit qu'un autre bloc de pierre se décrocher et tomber dans la vallée. Mon imagination me joue des tours, haha, ne pu-t-il s'empêcher de penser. Il regarda Limace. Et il lui donna un grand coup d'épaule, en la poussa devant  les autres dragonelles qui les regardèrent avec stupéfaction.

« Tu sautes. »
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MessageSujet: Re: Mon royaume pour une limace ! [PV Percebrise :3]   Mar 4 Aoû 2015 - 15:06


- Tu sautes.

Je quoi ?!
Tu. Sautes.
Non. Elle ne voulait pas sauter. Elle ne pouvait pas. C’était au-dessus de ses forces. Rien que la vue du vide sous elle lui faisait tourner la tête. Elle était au bord de la falaise, les pattes avant appuyées sur la dernière parcelle de sol. Elle pouvait voir, loin en-dessous d’elle, le monde qui recommençait, mais en plus petit tellement ils étaient hauts. Non. Si elle tombait… Elle savait que ce ne serait pas bon.

Derrière elle, elle senti le regard de Percebrise et des autres. Ses compagnes vertes lui soufflaient des mots d’encouragement. Elle pouvait presque sentir leurs esprits pousser son corps frêle vers le vide. Elle se détacha du vide et tourna la tête vers elles, le regard apeuré. Certaines agitaient leurs toiles claires comme pour lui montrer comme faire. D’autres désignaient le vide avec leur cou dans un geste d’encouragement. Elles semblaient impatientes de la voir sauter. Et sans qu’elle sache pourquoi,  leur excitation  et leurs encouragements réchauffèrent les cœurs de Limace et firent reculer sa peur. Devant leurs visages joyeux sur lesquels on avait presque du mal à trouver la maladie, elle reconsidéra alors son refus. D’accord. Elle pouvait essayer. Pour elles.

Elle reporta son attention sur le vide. Elle se plaça le plus au bord possible de la falaise, les pattes avant et arrière regroupées en un même point. Ses cœurs tambourinaient dans son cou. Elle ferma les yeux. Très fort.
Et elle sauta.

Ou plutôt, elle tomba. Mais une fraction de seconde plus tard, elle ouvrit brusquement ses toiles grises, et sa chute ralenti. Mais elle sentait qu’elle continuait de tomber. Alors, dans un moment de panique, elle ouvrit les yeux. Et elle paniqua encore plus. Sa respiration s’arrêta, et ses cœurs s’emballèrent.  La chute, le vide, la peur. C’était comme si son cerveau s’était déconnecté. Elle se mit à remuer les pattes dans tous les sens, dans l’espoir de remonter. Son corps se mit à s’agiter, et elle commença à rouler sur elle-même dans les airs. Alors, ses membranes se mirent à bouger de haut en bas. Mais elle était tellement malmenée dans le ciel que cela ne fit rien. Elle tournait, tournait, et tombait.

Soudain, elle sentit un énorme choc sur son arrière train. Elle se rendit compte qu’elle venait de se cogner contre le mur de roche de la falaise. Sa tête heurta à son tour la pierre, et bien que sonnée, et il vit un fol espoir de survie. Elle tenta de s’accrocher à la roche, de toutes ses forces, les griffes enfoncées du plus qu’elle pouvait dans la surface froide et coupante. Elle se mit à déraper sur une longue distance, avant de se stabiliser.

Elle resta là, campée contre la roche, agrippée à des pierres qui permettaient à peine qu’on s’accroche à elles. Et là, elle recommença à respirer, mais à un rythme fou. Ses yeux restaient fixés sur le mur coupant, écarquillés. Tous son corps tremblait, sous la panique, et sous l’effort. Elle avait tout oublier, jusqu'à son nom, et la seule chose qui lui importait, c'était de ne plus bouger.


Dernière édition par Limace le Mer 5 Aoû 2015 - 12:17, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Mon royaume pour une limace ! [PV Percebrise :3]   Mar 4 Aoû 2015 - 16:06



Ses yeux s'ouvrirent tout grand lorsque Limace se jeta dans le vide. Et plus encore quand elle déploya ses ailes. Et pire encore au moment où elle perdit toute confiance en elle et que son corps se fit malmener par les rafales qui la rabattaient contre la falaise.
Les dragonnelles hésitantes n'osaient pas s'aventurer trop près du bord. Il entendait leurs commentaires : Est-ce qu'elle... Vole ? Elle est vivantes ? Le Ciel l'a-t-il avalé ? Il les regardaient, effaré, conscient que la pauvre Limace allait finir écrasée sur les rochers. Il se secoua un coup : s'il n'intervenait pas sur-le-champ elle n'aurait aucune chances de survie. Ni une, ni deux, il s'élança après elle en plongé, les ailes repliés sur elles-mêmes. Il n'aurait pas du tout du lui ordonner de voler, surtout en de telles circonstances. Il s'était douté que les vents plus bas étaient dangereux, mais encore une fois il n'avait pensé qu'à lui et il se retrouvait dans la mouise.

Son cœur se serra lorsqu'il vit qu'il ne distinguait rien d'autre sur la paroi rocheuse de la falaise et la cime d'arbres brûlés en contrebas. Plus de Limace. Elle était peut-être morte ou bien à l'agonie. Il réfléchit à ce qu'il allait dire aux dragonnelles. Puis il vit une drôle de pierre bouger un peu plus loin et son cœur s'emplit de joie en reconnaissant la toute maigre Limace qui s'accrochait tant bien que mal à la falaise. Il poussa un petit cri excité. Pour une fois qu'il ne foirait pas totalement quelque chose ! Ils avaient simplement frôlé la catastrophe. Tout content il poussa un soupir soulagé. Elle n'aurait qu'à se laisser glisser en bas pour rentrer à pattes. Et choisir la facilité, songea-t-il avec dédain. Car les vents violents se trouvaient au-dessus d'eux à présent. Ici l'air était calme. Elle pouvait réessayer à cet endroit. Au mieux elle volerait, au pire elle tombait sur les arbres en se faisant un peu mal.

Il se plaça à sa hauteur et examina la dragonnelle. Elle était apeurée, et il ne pouvait que la comprendre. Il se percha à côté d'elle en laissant ses propres ailes pendre dans le vide et chercha les bons mots pour la réconforter.
Mais tout ce qu'il émit fut un rire nerveux, qui se transforma en rugissements tonitruants, faisant probablement fuir tout le gibier aux alentours. Il n'arrivait plus à s'arrêter de rire, à tel point qu'il en suffoquait comme un pingouin dans la savane. Il se tordit de rire sur la falaise encore un bon moment avant de se calmer. Son rythme cardiaque ralentit, il retint sa respiration un bon coup pour calmer son cerveau excité. Il inspira puis expira un grand coup et approcha sa grosse tête blanche vers celle de la grise.

« Tu n'as qu'à te décrocher tout doucement de la falaise avec les ailes grandes ouvertes. Si tu prends vraiment ton temps, et que tu t'appliques, le vent va te porter et tu planeras, presque en surplace. »

Il sentit qu'elle devait hésiter et qu'un millier de questions devaient lui trotter dans la tête. Ou bien elle était en train de faire un AVC sous ses yeux.

« Tu te souviens de ce que je t'ai dis juste avant ? Suis ton instinct. Fais les bons choix. Tu es un dragon. »

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MessageSujet: Re: Mon royaume pour une limace ! [PV Percebrise :3]   Jeu 6 Aoû 2015 - 3:05

#lesnomstroputiles:
 

♦ ♦ ♦


Paniquée, elle tourna vivement la tête vers la forme blanche qui venait de se placer à ses côtés. Il lui fallut quelques secondes avant de reconnaître l’intrus.
Percebrise.
Cet éclair de lucidité eu pour effet de la faire redescendre sur terre. Elle cligna des yeux plusieurs fois, puis reprit peu à peu possession de son corps. Cependant, ses peurs persistaient toujours, et ses cœurs étaient toujours aussi affolés. Elle s’agrippait tant bien que mal à la paroi rocheuse qui venait de lui sauver la vie. Tous ses muscles tremblaient, et elle sentait ses forces diminuer de plus en plus. Ses griffes enfoncées dans la roche la faisaient souffrir. Elle ne tiendrait pas longtemps comme ça.

L’esprit encore embrumé par ce qui venait de se passé, elle ne retint que des brides de ce que Percebrise venait de lui dire : « … te  décrocher …  les ailes grandes ouvertes …  tu planerastu es un dragon ». Et ces mots qui résonnaient vaguement dans sa tête ne faisaient qu’accentuer sa peur.

Non, non, non ! Je ne sauterai pas ! Je ne sauterais plus !

Après ce qui venait de lui arriver, il lui était impossible de retenter l’expérience du vide. Ça ne marchait pas. Elle ne pouvait pas voler. Peu importe ce qu’en disait Percebrise, elle était définitivement maudite par le Soleil. Elle était punie pour être sortie dans le Dehors, avoir trahit le Maître, et s’être enfuie avec les autres. Et maintenant, elle allait mourir. Tomber dans le vide, jusqu’au monde d’en bas.

Sur cette pensée, ses pattes arrière dérapèrent sur la roche. Elle glissa le long de la paroi avant de se stabiliser. Elle avait affreusement mal aux griffes. Il fallait absolument qu’elle descende. Mais sans lâcher le mur.

Alors, elle commença – lentement – à se laisser glisser sur la roche, en faisant quelques pauses lorsqu’elle trouvait des pierres sur lesquelles elle pouvait s’accrocher. Mais au bout de quelques minutes seulement,  elle était épuisée. Elle tremblait encore plus qu’avant. Elle ne sentait que la douleur de ses pattes et le fracassement de ses cœurs contre sa peau. Un coup d’œil vers le bas lui montra qu’elle n’était toujours pas arrivée sur le monde qui recommençait. Le sol était encore loin, mais elle remarqua que le sommet des géants, les mêmes que ceux qui se trouvaient en haut, étaient juste en-dessous d'elle.

Et, lorsque son corps dérapa une seconde fois, elle ne put que se laisser tomber dans le vide. Peut-être parce qu’elle n’en pouvait plus, ou bien peut-être parce qu’inconsciemment elle savait qu’elle était plus proche du sol que tout à l’heure. Quoi qu’il en soit, elle fut incapable de se raccrocher une énième fois à la paroi dure et coupante qui l’avait maintenue en vie jusque-là. Et elle tomba, encore. Mais ce fut plus court cette fois.

Son corps frappa très vite contre les géants. Elle s’enfonça dans leurs sommets crochus qui lui fouettèrent la peau.  Elle senti son dos cogner contre une surface dure, puis elle fut de nouveau balancée contre la paroi rocheuse de la falaise, avant d’atterrir lourdement sur ce qui lui semblait être le sol. Mais elle n’en était pas sûre. Sa tête lui faisait trop mal. Son corps entier lui faisait mal.

Ses yeux voyaient trouble. Et juste avant qu’ils ne cessent de fonctionner, elle crut apercevoir un éclair lumineux.
Percebrise ?
Pensa-t-elle d’abord. Puis elle se dit que c’était peut-être le Soleil qui venait la prendre.
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MessageSujet: Re: Mon royaume pour une limace ! [PV Percebrise :3]   Jeu 6 Aoû 2015 - 13:15


Il eut du mal à dissimuler sa déception lorsque la grise commença à déraper puis progresser vers le bas pour se retrouver sur la terre ferme. Un peu agacé, il s'apprêtait à la suivre lorsqu'il se souvint que les dragonnelles devaient les attendre, en haut, inquiètes, curieuses de savoir si Limace avait réussi son coup. Il leva les yeux au ciel et s'élança vers le haut pour aller les prévenir. Est-ce qu'elles allaient pouvoir s'occuper d'elles-mêmes toutes seules ? Elles ne savaient ni chasser, ni voler... Elles étaient aussi vulnérables qu'une couvée.
Il apparut juste devant elles. Tournequeue, qui s'était beaucoup trop, approchée du bord, prit peur et faillit glisser sur une pierre qui se délogea sous une de ses sii. Elle bondit en arrière au dernier moment et échappa de justesse à la chute. Le blanc se posa dans la clairière et fit comme s'il n'avait rien vu.

« Euh... » Bégaya l'albinos. « Nous avons eu un petit problème. Nous allons devoir remonter, mais à pied. »

Les dragonnelles firent les gros yeux. Dansenuit semblait anxieuse et se dandinait sur ses pattes. Poussepierre surgit alors en face de lui en dévisageant Percebrise, le regard brûlant.

« Tu ne vas pas nous laisser ici, toutes seules ! »

Elle semblait énervée. Percebrise déglutit. Malgré les récents événements, la dragonnelle était toujours pleine d'énergie, et elle avait prit de l'assurance. Il remarqua qu'elle faisait sa taille ; il distinguait les muscles de ses épaules qui roulaient sous ses écailles, ainsi que les griffes de ses sii qu'elle rentrait et sortait dans la terre meuble.

« Je ne peux pas non plus laisser Limace toute seule... » geignit-il, en plein dilemme.

À cet instant, un petit gémissement retentit et tous virent Dansenuit s'effondrer sur le sol dans un bruit sourd. Toutes ses camarades se précipitèrent vers leur amie malade qui respirait avec difficulté. L'albinos aperçut ses flancs se soulever et s'abaisser dans un rythme soutenu. Poussepierre, postée à côté de Dansenuit, lui lança un regard plein de reproches. Il serra les dents. Que devait-il faire ?
Alors Poussepierre se mit à courir, courir vers lui et à toute vitesse. Percebrise pensa qu'elle le chargeait. Il fit un écart. Mais la dragonnelle continua tout droit, alors même que sa cible avait bougé. Puis elle  déploya ses grandes ailes et, quelques secondes plus tard, elle volait.

« Je vais arranger ça » dit-elle d'un ton confiant. »

Dans un geste qui manquait d'assurance, elle inclina légèrement ses ailes vers le bas et perdit lentement de l'altitude. Le craquement des pins un peu plus bas indiqua à Percebrise qu'elle s'était posée sur les arbres. Ce-dernier n'en croyait pas ses yeux et demeura bouche-bée quelques instant avant de marcher vers Dansenuit pour lui tenir compagnie. Que comptait faire Poussepierre?
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MessageSujet: Re: Mon royaume pour une limace ! [PV Percebrise :3]   Ven 7 Aoû 2015 - 21:26


#leRPtroplongkwa

♦ ♦ ♦



- Réveilles-toi !

La voix lui parvenait floue, comme cachée derrière un voile. Elle se concentra pour mieux l’entendre. Quelque chose poussait son corps et le secouait sur le sol, réveillant tous ses muscles douloureux. Elle gémi. Non, ça faisait trop mal. Elle voulait rester dans le noir complet où elle ne sentait plus rien. Et où elle oubliait tout ce qui venait se passer. Un éclair de souvenirs fusa dans sa tête, et elle avait l’impression qu’elle allait exploser. Elle n’avait qu’une envie : retrouver le calme et faire taire toutes ses douleurs.

- Limace !

A ce nom, elle ouvrit soudainement les yeux. Il faisait encore noir autour d’elle, mais tout était plus clair que sous ses paupières. Elle sentit ses yeux devenir douloureux quelques secondes, avant de s’apaiser et de lui permettre d’observer d’où provenait la voix qui venait de la sortir du calme et de l’ombre.
Elle se trouva nez-à-nez avec un museau vert. Encore un peu dans le vague, elle mit quelques instants avant de reconnaître le propriétaire de la voix.

-Poussepierre ? Où est-ce qu’on est ? Où sont les autres ? Et Percebrise ?
- Du calme. Tu es en bas de la falaise. Je suis venue te chercher. Tu dois remonter.

Limace leva lentement la tête vers le ciel, les sens encore endormis. Tout ce qu’elle pouvait voir, c’était le sommet des géants au-dessus d’elle. Elle n’arrivait même pas à discerner le haut de la falaise ; il faisait trop noir, et les géants lui bloquaient la vue.

-Remonter ? Je ne pourrais jamais ! J’ai tellement mal. Et la falaise est si haute. Je ne pourrais pas grimper jusqu’au…
-Pas grimper, voler !

Elle fixa longuement Poussepierre. Était-elle sérieuse ? Ne l’avait-elle pas vue tomber dans le vide sans rien pouvoir faire ? N’avait-elle pas compris, comme elle-même l’avait fait juste avant, qu’elle n’était pas ce que Percebrise appelait « un dragon » ? Elle n’était que Limace, la maudite. Et plus jamais elle ne tenterait de voler.

-Non !  Je ne volerais pas.
-Si ! Tu dois remonter, et vite !
-Pourquoi ?

Le regard que lui lança la verte atteint directement les cœurs de Limace. Il capta toute son attention, et la grise attendit sa réponse comme s’il s’agissait d’un remède à toutes les malédictions du monde.

-C’est Dansenuit.

Les cœurs de Limace ratèrent un battement. Dansenuit ? Que lui était-il arrivé ? Etait-ce la maladie qui revenait ?

-Donc maintenant, tu vas te ressaisir. Et tu vas venir avec moi. Tu vas ouvrir ces membranes, et monter jusque là-haut.
-Mais…
-NON ! Dansenuit a besoin de toi. On a toutes besoin de toi. Parce que tu es la seule qui n’est pas malade, Limace. Et ça, c’est peut-être ce qui va nous aider à soigner tout le monde. Alors maintenant, tu vas essayer de tout mettre de côté, juste un moment, comme je viens de le faire. Et on va remonter là-haut, et essayer de soigner Dansenuit avec Percebrise.

Limace avait l’impression de devenir folle. Elle venait de se faire… disputer par Poussepierre ? Elle en fut toute secouée. Elle resta sans bouger pendant quelques secondes, puis elle cligna des yeux plusieurs fois, comme revenant à la vie. Bien qu’inattendue, la petite remontrance de la verte eu l’effet escompté sur Limace. Conditionnée à obéir depuis toujours, elle ne put que suivre les ordres de Poussepierre, qui qui plus est venait de la toucher au plus profond d’elle en utilisant des arguments que le Maître aurait été incapable de prononcer. Il s’agissait de Dansenuit, et de toutes les autres. Et Limace saisissait pleinement le caractère urgent de la situation. Alors, s’étonnant elle-même, elle mit de côté ses doutes et ses peurs. Elle tenta de se relever, aidée par Poussepierre qui ne s’était montrée ni cruelle ni menaçante, mais avait simplement tenté d’ouvrir les yeux à la grise.

Une fois sur pieds, Limace jeta tout de même un regard interrogateur à Poussepierre. Cette dernière lui en rendit un qui l’apaisa et lui réchauffa les cœurs. Elle l’encouragea ensuite à bouger ses toiles grises, et lui expliqua brièvement ce qu’elle avait compris du vol. Limace écouta attentivement et suivi docilement Poussepière lorsqu’elle la guida à travers les géants. Elles arrivèrent vite à un endroit où le sommet des géants s’écartait pour laisser place au ciel. Poussepierre lui expliqua que c’était par là qu’elle était arrivée. Et par là qu’elles allaient partir.

Même si Limace éprouvait toujours des doutes par rapport au fait qu’elle allait devoir voler, elle était bien soulagée de quitter cet endroit inconnu et d’aller rejoindre les autres.  Et même si la peur lui tenait toujours le ventre, elle se sentait étrangement prête à réessayer. Pour les autres.

Alors, quand Poussepierre se mit à battre fort ses toiles de haut en bas puis s’éleva vers le ciel en poussant sur ses pattes, Limace respira un grand coup et l’imita. Quand son corps quitta le sol, elle senti un grand point dans ses cœurs, mais elle s’accrocha. Elle était fatiguée et elle avait mal aux muscles, mais elle continua à remuer ses membranes grises en ne pensa qu’à une chose : monter. Elle se vit dépasser le haut des sommets des géants. Puis ce fut plus facile. Les forces invisibles qui l’avaient malmenée plus tôt étaient cette fois de son côté. Elles la poussaient vers le haut, et lui permettaient de faire moins d’effort. Toutefois, elle ne s’accorda aucune pause et resta concentrée jusqu’au bout. L’enjeu était trop important pour elle, et elle y mit toutes ses forces et toute son âme. Elle ne pensait qu’à monter, monter, pour venir en aide aux autres, et à Dansenuit qui l’attendait, sûrement étendue par terre.

Quand elle arriva vers le haut de la falaise, elle senti que les forces devenaient plus puissantes et n’étaient plus aussi amicales qu’en bas. Elle eut un sursaut de panique, et dû fournir énormément d’efforts. Sa tête était vide de tout. Elle ne se risqua pas à penser à quoi que ce soit en rapport avec ce qu’elle sentait. Ni la peur, ni la sensation nouvelle de ses toiles gonflées, ni toutes les autres choses. Et enfin, elle arriva au-dessus de la falaise. Elle voyait le sol depuis lequel elle avait sauté quelques instants plus tôt. Et bien qu’elle discerna la forme des corps verts et blanc qui s’activaient non loin de là, elle garda son regard fixé sur la terre ferme.

Très maladroitement, elle suivi les indications de Poussepierre et tenta d’orienter les muscles de ses membranes de façon à se déplacer vers l’avant et à rejoindre le sol. Mais elle ne maîtrisait pas encore ces nouveaux membres, et son corps préféra monter en diagonal plutôt que descendre. Alors, elle s’emmêla les pinceaux et, sachant le sol tout proche, céda finalement à la panique. Elle se remit à bouger inutilement les pattes dans le vide, et, désorientées, ses membranes la firent soudainement piquer vers le sol. Elle n’était pas bien-haut, mais elle savait que cet atterrissage-là ne serait pas très agréable non plus.

Elle agita ses toiles, tentant de ralentir sa chute. Puis elle vint s’écraser au sol. Au premier contact, son corps bascula en avant, et elle partit en roulades vers les autres qui s’étaient attroupés au même endroit. Elle termina sa course dans la poussière, les membranes emmêlées avec ses pattes, et la tête pleine de terre. Elle se mit à tousser et tenta de se remettre debout sans avoir l’air trop ridicule devant les autres et Percebrise. Tout son corps lui faisait mal, encore plus qu’avant. Mais une pensée vibra en elle : elle l’avait fait ! Elle ne réalisait pas encore très bien ce qu’elle venait d’accomplir. Dans sa tête, elle avait juste réussi à survivre et à rejoindre les autres.

Elle secoua la tête et sorti du nuage de poussière qu’elle avait provoqué, puis elle se dirigea vers les autres. Son regard fut directement attiré pas le corps de Dansenuit qui, par terre, respirait à peine. Elle senti ses cœurs se serrer. Elle était venue pour l'aider, elle et les autres. Et elle avait bien l'intention de le faire. Poussepierre avait raison, elle pouvait sûrement aider Percebrise à soigner tout le monde.
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MessageSujet: Re: Mon royaume pour une limace ! [PV Percebrise :3]   Lun 17 Aoû 2015 - 19:54


Tandis que Poussepierre descendait -probablement pour rejoindre Limace- Percebrise s'était rapproché du corps tremblant de Dansenuit, une masse verte fondue dans l'herbe. Le rayons de la lune se reflétaient sur ses écailles ternies par la fatigue et la maladie. Il s'allongea alors tout près d'elle, en collant son corps chaud contre celui, brûlant, de la dragonnelle. Il sentait son coeur battre à plein temps, le sang qui pulsait dans tout l'organisme de la malade. Il promena une nouvelle fois son regard sur les écailles de Dansenuit : elles étaient si minces, fragiles et sombres... Peut-être a-t-elle besoin de métaux ? Il passa en revue toute une liste de minéraux, de pierres, avant de réfléchir aux vertus médicinales de certaines plantes. C'est que j'y connais rien à tout ça moi. Il faudrait demander à un spécialiste. Mais qui pourrait les aider, ici, loin de toute civilisation ? Les dragons d'ici étant sauvages et donc trop occupés à servir leurs propres intérêts, ce n'était pas la peine de leur demander un service. Moi aussi, je suis sauvage. Rien ne me retient ici. Pourtant son coeur lui dictait de rester avec elle, et de toute façon il ne l'envisageait pas autrement. Il s'était déroulé trop de choses en si peu de temps, et il avait plusieurs mystères à élucider entre la maladie et les sombres occupations de ce dragon doré. Dont il n'était même pas sûr qu'il soit mort.

Cessons de tergiverser. L'albinos coucha sa grosse tête près de celle de Dansenuit, qui peinait tant à respirer qu'elle était contrainte d'inspirer et expirer avec la gueule grande ouverte. Son haleine fétide laissait présager que l'infection s'était irrémédiablement propagée dans tout son corps. Ils restèrent ainsi quelques minutes, jusqu'à-ce qu'un mouvement attire l'attention de tout le groupe, sauf de Dansenuit bien sûr, qui luttait pour sa vie. En levant la tête, Percebrise aperçut Poussepierre, suivie non loin par... Limace, qu'il n'avait jamais vu aussi concentrée depuis le début ! Le blanc sentit une certaine satisfaction s'emparer de lui, avant de réprimer un petit cri pour ne pas déranger plus la dragonnelle malade allongée contre lui. Il se crispa ensuite et rentra la base de son cou entre ses épaules, prêt pour le moment fatidique de l'atterrissage. Poussepierre heurta maladroitement le sol de ses deux pattes arrières mais elle commençait déjà comprendre le mouvement, pendant que Limace allait s'étaler plus loin en arrachant la moitié de l'herbe de la clairière, les racines et quelques blocs de terre avec, soulevant sur son passage un voile de poussière et de brins de mousses.

« Percebrise ? »

Le concerné sursauta en entendant la voix faiblarde de Dansenuit, qui avait décollé sa tête d'à peine quelques centimètres du sol. D'où connais-t-elle mon nom ? Ah, Poussepierre a du le lui dire quand je me suis présenté...

« Qu'est-ce qu'il y a ? Ça va mieux ? Tu veux quelque chose ? À manger, à boire ? Dis-m... »
« Non... » Dansenuit secoua lentement la tête. Soudain la dragonnelle privilégia le dialogue par la pensée.
Je voulais juste te remercier de nous avoir montré le Dehors. Ses paroles sonnaient comme un adieu. Percebrise sentit son coeur s'emballer.
Non, vraiment, as-tu besoin de quelque service ?
Je n'ai besoin de rien... Mais je sais...
La dragonnelle se mit à tousser. Percebrise sentit qu'elle avait quelque chose d'important à dire.
Tu sais... ? Oui ? Tu sais quoi ? Dis-moi ?

Mais Dansenuit semblait avoir perdu la quasi totalité de ses forces. Elle ne réussit à prononcer que quelques mots.
Bleu comme l'azur. Il a oublié mais au fond il sait.
Hein ? Quoi ?

L'esprit de Dansenuit sembla se déconnecter subitement.

« De qui parles-tu ? Qui a oublié quoi ? Il faut que tu me répondes ! » gémit le dragon blanc.

Il n'aurait su expliquer pourquoi, mais il avait la dérangeante sensation que la dragonnelle lui avait délivré une information capitale. Pendant un instant, il faillit encore demander à Dansenuit de qui elle parlait, mais il semblait évident qu'elle n'était plus en mesure de lui répondre. À contrecoeur, il renonça et s'allongea plus près d'elle pendant de longues minutes, ne faisant plus attention aux autres dragonnelles.

« Percebrise ? »
« Oui ? » L'intéressé leva la tête : peut-être allait-elle en dire un peu plus ?
« Je ne volerai jamais, n'est-ce pas ? »
Sa question lui fendit le coeur.
Non. Jamais.

« Tu voleras, lorsqu'il te faudra monter jusqu'à la voûte céleste pour rejoindre nos aïeux. »

Elle tourna une dernière fois la tête pour plonger ses yeux jaune or dans ceux, bleus, de Percebrise, avec une certaine satisfaction lisible sur son visage. Puis elle se rendormit. L'albinos sentait que la chaleur de son corps la quittait peu à peu. Il pensa au lendemain. Une longue journée s'annonçait. Il allait devoir questionner les dragonnelles sur un individu bleu ciel, et les emmener loin d'ici. Il soupira et finit par sombrer dans le sommeil.

Lorsque les premiers rayons du soleil se déversèrent sur la montagne, Dansenuit avait rejoint les étoiles.
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MessageSujet: Re: Mon royaume pour une limace ! [PV Percebrise :3]   Mer 26 Aoû 2015 - 2:09



[Sorry, encore un pavé u.u]


Limace s’était rapprochée de l’esprit de Dansenuit un peu plus tôt, et elle avait gardé le contact depuis. Elle voulait l’aider, supporter son mal avec elle, ou simplement être avec elle. Elle ne savait pas exactement ce qu'elle faisait, ni pourquoi elle tenait tant à lui montrer qu’elle était là. Elle se sentait affreusement inutile, et elle s'en voulait. Parce qu’elle était incapable d’aider vraiment Dansenuit. Elle avait réfléchi, cherché, pensé à tout. Elle n’avait rien trouvé qui puisse lui dire pourquoi les autres étaient malades, et comment elle pouvait les soigner. Elles avaient toutes vécues ensembles, dans le même endroit. Elles avaient bu la même chose, grandit de la même façon, jouer aux mêmes jeux,… La seule chose qui différait était leurs nourritures respectives, mais Limace ne voyait pas en quoi ça aurait pu rendre toutes les autres malades, et pas elle. Et elle se voyait mal forcer tout le monde à manger des Limaces dans l’espoir de les soigner. Après avoir tant cherché, elle finit par se dire qu’elle était définitivement différente, sans sa lumière, sa peau de pierre, et ses pierres blanches ; et que peut-être était-ce normal que ce que Percebrise appelait Dragons tombaient malades. Mais elle pensa après que le Blanc, lui, n’était pas malade non plus, et qu’alors la maladie n’avait rien à voir avec ça. Elle s’était finalement résignée à ne pas trouver de solution.

Elle se sentait terriblement désemparée, démunie, inutile. Elle avait fini par s’allonger dans un coin, se rapprochant mentalement de Dansenuit sans trop savoir quoi faire. Elle se sentait également faible après les efforts qu’elle avait fournis, ainsi que ses chutes à répétitions qui l'avaient un peu blessé, mais elle lutta pour ne pas s’endormir. Les autres s’étaient rassemblées non loin du corps de Dansenuit, collé contre celui de Percebrise. Limace pouvait sentir leurs esprits qui soutenaient également celui de la malade - enfin, la plus malade d'entre elles. Mais, alors qu’elle tentait une énième fois de percer le mystère de la maladie, elle senti la présence de Dansenuit faiblir subitement.

-Dansenuit... ?

Les cœurs de Limaces s’affolèrent quand elle ne reçut aucune réponse. Elle senti les autres s’agiter également, avant que Dansenuit ne viennent frôler leurs consciences à toutes, fébrilement, comme venant de loin.

-A bientôt peut-être. Merci, pour tout.

Puis son esprit vacilla, et il sombra lentement dans le noir. Limace se senti mal. Elle qui avait presque toujours connu la peur, elle se senti soudainement remplie d’une chose nouvelle. Un immense frisson de vide la traversa, et elle eu l'impression que ses coeurs se déchirèrent. L’esprit de Dansenuit avait disparu, et, même en essayant très fort, Limace était incapable de voir le mouvement de son corps respirant avec difficulté. Il ne respirait plus du tout. Dansenuit était immobile et vide. Comme Griffemur l’avait été. Et comme Crachemousse avant elle. Mais alors, elle n’avait pas ressenti une émotion aussi forte. Et elle comprit subitement pourquoi : il y avait eu le Maître. Il y avait eu le Maître pour Crachemousse et Griffemur ; il y avait eu la peur, et la panique. Mais là, tout était calme. Il n’y avait que la Lune, les autres, et Percebrise. Et la peur pouvait céder la place à tout le reste. À cette nouvelle chose qu'elle ressentait et qui faisait mal à l'intérieur.

Alors qu’elle venait de comprendre ça, un autre le lien se tissa dans sa tête entre Crachemousse, Griffemur, et Dansenuit : elle. Crachemousse s’était écroulée après qu’elle l’ai mordue ; le Maître avait briser Griffemur car il se battait contre Percebrise, qu’elle avait mené jusque-là ; et Dansenuit était partie parce qu’elle avait été incapable de l’aider, alors que Poussepierre lui avait presque certifier qu’elle en serait capable. Tout était de sa faute. Alors, une nouvelle émotion s’insinua en elle. Elle eut l’impression de porter un poids énorme qui l’écrasait de l’intérieur, et lui hurlait qu'elle était résponsable de tout. Elle se mit rapidement debout, chancelante. Elle ressenti le besoin profond de s’éloigner, d’aller ailleurs, même si elle commençait à perde la notion de là où elle était au moment même. Un peu perdue et submergée par ses nouvelles émotions, elle se déplaça maladroitement vers les géants qui pourraient la cacher de la lumière de la Lune, qui lui semblait devenir de plus en plus vive. Elle s’enfonça un peu dans l’ombre, trop perdue pour prêter attention à la distance qui augmentait entre elle et les autres.

Il lui sembla qu’un interminable moment s’écoula avant qu’elle ne se calme. Et quand elle eut repris conscience de ce qu’elle faisait, elle réalisa qu’elle s’était énormément éloignée des autres. Elle était seule, sous les géants qui, maintenant qu’elle commençait à céder de nouveau à la peur, lui paraissaient soudain beaucoup moins amicaux que ceux qui bordaient la zone où elle pouvait voir la Lune. Elle leva soudain la tête et s’aperçut qu’elle ne pouvait plus voir la pierre brillante là-haut, car les géants lui bloquaient la vue. Mais elle continua d’observer, intriguée. Quelque chose n’allait pas. Quand elle était en bas de la falaise, étendue sous les géants, elle ne pouvait pas non plus voir la lune. Mais c’était différent. Ça n’avait pas la même… Couleur. C’était plus sombre. Ici, elle avait l’impression que les géants cachaient un ciel plus clair. Trop clair. Elle réalisa avec horreur que cette couleur se rapprochait affreusement de celle que le ciel avait quand elle était allée pour la première fois dans le Dehors. Quand il y avait… le Soleil.

Non. C’était impossible, elle l’avait vu s’écraser lorsqu’ils avaient fui la montagne qui s’écroulait. Il ne pouvait pas renaître. Si ? Et s’il réapparaissait, cela voulait-il dire que le Maître aussi… ? Elle réalisa étrangement qu’elle ne le souhaitait pas. Quand Percebrise lui avait parler, elle avait compris avec effroi que le Maître n’était pas Bon. Que ferait-elle s’il revenait ? Que feraient les autres ? Elle se souvint alors qu’elle était seule, et que toutes les autres étaient avec Percebrise. Seraient-elles paniquées elles aussi ? Elles n’avaient jamais vu le Soleil en vrai. Et, bien qu’elle soit toujours sceptique quant à ce que Percebrise lui avait expliqué à propos du Soleil, les autres n’en avaient pas entendu un mot et seraient sûrement encore plus paniquées qu’elle ne l’était actuellement. Et elles penseraient au Maître aussi. Elle en était sûre.
 
Elle regarda tout autour d’elle, tentant de se souvenir par où elle était arrivée. Mais elle en fut incapable. Elle était perdue. Elle chercha même à trouver l’esprit des autres pour s’orienter, mais elle était trop loin. Encore une fois, elle ne savait absolument pas quoi faire. A croire  qu’elle n’était bonne à rien. Elle se dit que, peut-être, c’était mieux pour les autres qu’elle se perde ici. Elle ne poserait plus de problèmes. Mais sa peur habituelle était trop présente pour qu’elle l’ignore, et son instinct de survie prit le dessus. Elle devait faire quelque chose. Elle ne supportait pas l’idée de rester seule dans le Dehors. Alors, elle se mit à essayer quelque chose. Quelque chose qu’elle n’avait pas fait depuis… tellement longtemps. Elle ouvrit légèrement les mâchoires, puis les referma, et les rouvrit plusieurs fois. Elle fit sortir sa langue et la fit glisser entre ses dents et sur sa peau lisse, avant de se lancer.

- Posjznb…

Le premier essai était désastreux. Elle failli pousser un grand soupir de désespoir mais se ressaisit. Elle se mit à prononcer quelques sons basiques, se rendant compte que sa voix était terriblement faible, à force de ne pas être utilisée. Elle n’avait pas pu employé ce moyen de communication parce que son museau avait été entravé par des liens que le Maître lui avait interdit d’enlever. Elle dû donc prendre quelques minutes pour réhabituer sa gorge, sa langue, et ses lèvres à prononcer des sons oubliés depuis longtemps. Mais elle sentait la peur monter en elle à mesure que le ciel s’éclaircissait. Alors, elle tenta un nouvel essai, bien que sa voix était encore faible et grésillante. Elle inspira un grand coup et, lorsqu’elle expira, elle prononça des mots, de vrais mots, comme elle n’en avait pas prononcé depuis longtemps.

- Per… PERCEBRISE !

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MessageSujet: Re: Mon royaume pour une limace ! [PV Percebrise :3]   Lun 31 Aoû 2015 - 0:26

Asstag désolée la première partie est moins en relation avec le RP mais il fallait qu'elle ait lieu pour que je puisse faire progresser Bouffecaillou



Dans son rêve, l'albinos se trouvait à l'orée d'une forêt sombre où flottaient d'étranges lueurs bleus et rouges. De mystérieux murmures soufflaient dans ses oreilles, marmonnant une langue qu'il ne connaissait pas. L'endroit lui disait vaguement quelque chose, pourtant il ne lui semblait pas y être déjà allé. Ce n'est que lorsque le vent se leva dans la clairière qu'il se décida à enjamber les premières fougères qui marquaient l'entrée de la forêt. Le feuillage très épais des arbres noirs ne laissaient jamais passer la lumière du ciel. Seul les drôles de lumières et quelques taches fluo éclairaient les lieux par endroits. L'albinos progressa lentement dans ces bois mauvais, pas vraiment apeuré, ni trop rassuré. Ses quelques pas hésitants l'amenèrent dans un recoin très, très sombre. Si sombre qu'il n'y voyait presque plus rien, seulement quelques ombres mal dessinées. Il décida alors de faire demi-tour mais lorsqu'il tourna la tête pour revenir sur ses pas, il s'aperçut qu'il s'était aventuré bien plus loin qu'il ne le pensait. La clairière n'était plus visible. Il demeura interdit. Là-haut, loin là-haut, le vent secouait la cime des arbres, mais tout en bas, ce son n'était très lointain, comme si les arbres soupiraient.

Immobile, il se mit à réfléchir calmement, dans le noir complet. Il avait l'impression d'entendre un orchestre glauque se jouer, mais visiblement, tout se passait dans son esprit car lorsqu'il se concentrait, il lui semblait vraiment que la forêt était silencieuse. En y songeant plus profondément, il se rendit compte qu'il ne savait plus ou donner la tête. L'impression d'être lui, mais... Différent. Son cœur se fit plus léger, à cette pensée, mais non pas parce qu'il se sentait soulagé. C'était plutôt l'effet inverse. Il y a quelque chose qui cloche.. Il était entré dans cette forêt, qu'il avait à la fois l'impression de connaître et de ne pas connaître. Le ciel n'était pas visible, et cela était très perturbant, surtout pour un dragon comme lui. D'étrange lueurs flottaient par-ci par-là, tandis que d'autres endroits, comme celui où il se trouvait, étaient d'un noir de jais. Et il avait l'impression d'entendre des murmures lointains dans un dialecte inconnu. Certains évoquaient même le chant de baleines, ou bien d'une flûte essoufflée. Et il y avait ces étrange sensations dérangeantes qui le prenaient de partout, du bout du museau à la pointe de la queue. Il inspira un grand coup, mais cela ne lui rendit pas le bien attendu car il eut la sensation d'avoir inhalé de l'air glacial.
Un bruissement retentit devant lui. Intrigué, il pencha sa tête en avant.

«Bouh !»

Un museau mauve et argenté émergea des buissons en face de Percebrise tandis qu'il faisait un bon en arrière. Un museau. De dragon. Qui sortait des entrailles de la forêt. Puis les buissons laissèrent passer une tête mince, ainsi qu'un corps, des ailes élancées et une longue queue mauve. Percebrise recula pour lui faire un peu de place : il ne pu s'empêcher de la contempler de la tête au pied. La dragonnelle faisait sa taille. Elle était magnifique, tout en finesse. Ses cornes et ses crêtes élégantes surmontaient deux grands yeux d'un étonnant gris métallique. Il était à la fois stupéfait, et c'était la plus belle des dragonnelles qu'il avait jamais croisé.

«Toi et moi, on se connaît.»

Les battements de son cœur s'accélérèrent lorsque ses paroles retentirent dans ses ouïes. Sur le coup, il n'y avait pas fait attention. Cette voix ! Je connais cette voix... La dragonnelle le fixait de ses yeux enjôleurs, sans vraiment l'être. Mais l'albinos se concentrait fort, si fort qu'il en eut mal à la tête. Il plongea son regard dans celui de la dragonnelle -dans le même temps, il fut frappé par l'intensité de ce-dernier- lui demandant silencieusement de l'aider.

Dans la forêt de neige.
Et il percuta.
« La voix ! Tu es la voix que j'ai entendue dans la forêt de glace ! » Son interlocutrice hocha la tête en silence, visiblement ravie. « Mais c'était... » Il hésita.
« C'était il y a cinquante-cinq ans » termina la dragonnelle  acquiesçant.

Il se souvint alors de ce jour-là. Il avait rencontré l'Impératrice Consort de cette époque, Kirasha, et ils avaient prit la fuite ensemble, poursuivit par les gardes du Lavadôme après les avoir agressés, et s'étaient réfugié dans la Forêt de Glace une nuit. Il avait entendu une voix, dans la forêt, qui lui avait semblé imprégner l'atmosphère. Il avait parlé avec elle. De rêve. Son rêve. Un rêve où il se trouvait...

« Dans cette forêt ! … »
La dragonnelle sourit comme pour lui signifier qu'elle avait tout comprit.

Il se trouvait dans la même forêt ! La même que dans un rêve qu'il avait fait, il y a cinquante-cinq ans de cela... Il se rappelait vaguement de cette atmosphère glauque, toujours aussi présente. Cette étrange démarcation entre la clairière brumeuse, et la forêt aux allures effrayantes. Dans ses souvenirs, il y avait plus de lumière. L'air était même bleuté. Un peu moins angoissant que maintenant. En revanche, il n'avait aucun souvenir de ces étrange lueurs qui s'élevaient et flottaient sous les arbres. Et les murmures... Ils semblaient s'être atténués. Plus lointains.
Un drôle d'écho retentit au fin fond du sous-bois et attira son attention.

« Où sommes-nous ? »
La dragonnelle fit les gros yeux. Son expression se fronça.
« Quelque part dans un lieu où les esprits peuvent se réfugier. »

Il faillit ouvrir la bouche pour lui demander de lui en dire plus, mais son instinct lui disait qu'il valait mieux jouer la prudence. Les lieux l'angoissaient, mais la dragonnelle avait l'air plus à l'aise que lui. Il secoua la tête.

« Pourquoi suis-je ici ? »
Elle répondit posément. « Parce que ton esprit y a été invité, ou bien tu t'es invité sansle faire exprès, ou alors tu t'es égaré. »
Il la regarda, perplexe.
« Tu te rappelles de notre petite discussion ? Dans les sous-bois enneigés. »
Il fit signe que oui.
« Bon, et bien reprenons. D'après toi, qu'est-ce qui ne va pas ici ? »
« Euh... »

Il tenta de se remémorer la « petite discussion » qu'ils avaient eu dans les bois. La question lui disait vaguement quelque chose.

« Les arbres... » Voyant l'air contrarié de la dragonnelle il se rappela de la mousse. « Ah non, le sol... »

Il examina ce-dernier mais ne remarqua pas grand chose, à par la mousse qui luisait ça-et-là, tout le reste était noir.

« Suis-moi. »

La dragonnelle le guida à travers le bois. Elle semblait savoir ou aller, et ne prêtait guère attention aux échos étranges qui déplaisaient fortement à l'albinos. Au bout d'un moment elle s'arrêta, et il fit de même. Ils attendirent. Sous ses yeux, les petites lueurs flottantes se mirent toutes à converger vers eux, sous ses yeux fascinés. Elles se séparèrent en deux lignes et formèrent un chemin qui s'enfonçait dans les bois. L'albinos se força à calmer sa respiration. La dragonnelle se tourna vers lui.

« Tu les vois maintenant. La prochaine fois, tu pourras prendre le chemin le plus dangereux. Mais fait attention où tu mets les pattes. Les apparences sont trompeuses, Percebrise... »
PERCEBRISE...
Il cligna plusieurs fois des yeux. PAS BESOIN DE DIRE MON NOM DEUX FOIS.
PERCEBRISE...
Effaré, il vit la dragonnelle disparaître peu à peu.
PERCEBRISE...
PERCEBRISE...

« PERCEBRISE ! »

L'albinos se réveilla en sursaut au milieu de la clairière près de la falaise : Limace ! Elle l'appelait ! Il donna des coups dans le vide. Plus de Dansenuit. Son corps avait disparu. En fait il se souvenait des dragonnelles qui l'avaient réveillé peu après que Dansenuit ait rendu l'âme pour l'enterrer dans la forêt. Mais il y avait beaucoup d'agitation autour de lui. Beaucoup trop même.
Il reçut un coup de patte dans la tête. Puis sur le dos.
Les dragonnelles étaient en panique.
À cause... Du soleil.
Elles couraient partout, apeurées, se dirigeant vers la forêt. Il battit des ailes : Limace l'avait appelé, il devait la rejoindre.

« Le soleil n'est pas dangereux ! Calmez-vous ! »

Même Poussepierre, qui se forçait à rester au soleil, semblait un peu tendue. Il lui lança un regard et elle acquiesça avant de rassurer les dragonnelles effrayées. Ni une ni deux, l'albinos en profita pour décoller. Il était toujours dans les vapes. Il avait encore l'impression d'être dans son rêve tant il était mal réveillé. En survolant les arbres il se dit qu'il aurait du demander à Poussepierre où est-ce Limace était partie. Il allait contacter la grise mentalement lorsqu'il aperçut un éclair gris entre les arbres. Il atterrit en douceur sur le sol avant de la rejoindre, à moitié endormi.

« Tout va bien ? Pourquoi tu n'es pas avec les autres ? C'est aussi à cause du soleil ? Tu sais je te le répète il ne fait rien. Il est chaud, dès fois, ça rend un peu mal mais pas tout le temps non plus. Dans les canicules, et tout... Excuse-moi mais je suis fatigué. »
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Mon royaume pour une limace ! [PV Percebrise :3]
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