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 Mon royaume pour une limace ! [PV Percebrise :3]

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MessageSujet: Re: Mon royaume pour une limace ! [PV Percebrise :3]   Mar 12 Aoû 2014 - 21:15


Cette vermine. Terrifié, il sentit les 100muscles de ses sii et saa faiblir jusqu'à ne plus supporter son propre poids, et son corps tout entier, du bout du museau jusqu'à la pointe de sa queue, se mit à frissonner convulsivement tandis que ses quatre pattes se dérobaient sous son ventre et qu'il s'affalait lourdement au sol, comme écrasé par une force magistrale invisible. L'irrégularité du terrain se décomposait en plusieurs dos rocheux, et l'un d'eux s'enfonçait dans son ventre, tout juste face à l'emplacement de l'estomac du dragon blanc qui faillit rejeter les restes brassés de son repas matinal. Il se tortilla minablement, comme un lézard privé de ses membres, mais il lui était impossible de n'élever ne serait-ce qu'une griffe au-dessus de la saillie. C'était la peur ou la fatigue ? Bonne question... Ou de la lâcheté ? À cette pensé, Percebrise rassembla ses esprits. Je ne suis pas un lâche... Je suis tout sauf ça... Alors, pourquoi était-il étendu par terre, laissant ces pauvres dragonnelles dépourvues de toute protection, à la merci de ce dragon, non... Cet être infâme. Rassemblant les bribes de courage qui lui restaient, il traîna ses sii sous son poitrail tandis que ses pattes arrières étaient déjà debout, un peu pliées, et se contractaient une fois sur deux pour aider l'avant-main à se soulever. Enfin le dragon albinos se redressa lentement et sans un bruit, amoché, oui, sacrément amoché mais plus vivant que jamais. Son regard parcourut la grande salle et se posa sur le dos du doré, qui faisait face à la dragonnelle grise, à Limace.

Quand nous serons sortis, ce serait bien que tu te trouves un nom. Je veux dire un vrai nom, pas cette horreur ! Il espérait la rassurer, malgré la menace de mort imminente qui planait au-dessus d'eux. Dur de détendre l'atmosphère dans ces conditions, de plus, la pauvre Limace était tellement inculte qu'il n'était pas si impossible qu'elle n'ait rien compris à ce qu'il venait de lui dire. Oh, elle ne doit pas être si stupide.

Le doré ne semblait pas s'être aperçu du mouvement lent et furtif qui se baladait derrière lui, obnubilé par sa détenue grise. Percebrise avait eu l'air K-O assez longtemps pour lui faire croire qu'il était mort. Il pria en silence pour qu'aucune des dragonnelles ne le trahisse. Il les voyait lancer de brefs regard en sa directions, mais n'osant pas s'attarder longtemps sur leur cible. Elles étaient muettes, et incapable de prononcer le moindre mot, même en pensée, tellement elles étaient terrorisées. À la vue insupportable de cette alignement de sœurs d'âme impuissantes, Percebrise se plaça au fond de la caverne et cessa tout mouvement, effectuant un demi-tour confiant ; il adopta instinctivement une posture menaçante en alignant trois de ses pattes, sauf une saa qu'il étendit vers l'arrière en cas de besoin d'élan. Sa queue décrivait une large courbe sur sa droite, l'extrémité venant pointer en direction de son menton. Il arqua son cou vers le plafond, et montra les crocs. Ses pupilles se réduisirent à deux fentes à peine visibles dans l'océan de bleu qui noyait son regard, et pourtant ce dernier brûlait intensément d'un violent feu de vengeance.

« Ouh ouh. Je suis toujours là. Et je vais t'attraper. »

Son visage se déforma en une grimace monstrueusement souriante à effrayer une bande de dragonnets. Lire la surprise dans les yeux du doré lorsque celui-ci se retourna le satisfit tellement qu'il en sentit les braises ardentes du plaisir remonter tout le long de son axe ventral, éveillées par cette provocation. Le moment d'après, le doré se jetai à nouveau sur lui. Pour l'achever cette fois. Sa très longue queue flavescente fouetta l'air l'espace d'un instant alors qu'il se précipitait sans ménagement sur un dragon blanc toujours en pleine croissance et qui faisait la moitié de sa taille. Mais Percebrise avait un plan, simple mais risqué, car il était collé au fond de la caverne, et qu'il n'avait aucune échappatoire à sa disposition.

« Limace ! Les autres ! Attrapez-lui la queue, mordez le, retenez-le vite ! Vite ! »

Il distingua une lueur de crainte et d'hésitation dans le regard de la grise - peut-être qu'il s'agissait en fait de sa propre imagination- mais elle fut la première à se jeter sur le monstre d'écailles dorées alors que les crocs luisants du grand dragon râpaient le museau de l'albinos en se refermant dans un claquement sinistre à quelques millimètres de ses lèvres grises. C'est comme s'il m'avait fait un bisou ! Pensa l'albinos, horrifié. Ça aurait pu être pire, mon crâne à faillit terminer en bouillie. Fou de rage et dégoûté lui aussi, le doré recula, laissant Percebrise se déporter vers la gauche, crachant tout ce qu'il pouvait pour faire disparaître de sa gueule la bave de son adversaire qui avait atterrit dans sa bouche. Prit au dépourvu par la rébellion inopinée de ses captives et leur agressivité soudaine, le doré ne sut plus où donner de la tête. Le dragon blanc fut quelque peu surpris que la première démarche de son plan fonctionne avec autant d'efficacité, car, effectivement, son ennemi semblait tout d'un coup paniqué. Mais vraiment très très paniqué, car son attention s'était focalisé sur la dragonnelle grise qui mâchait sa queue. Percebrise comprit instantanément d'où provenait la source de la crainte du dragon d'or. Ses propres crêtes se redressèrent d'étonnement alors qu'il éprouvait une fascination pour la salive à la teinte inhabituelle. Une venimeuse ! Il devait agir vite, car le doré n'allait pas y réfléchir à deux fois pour se débarrasser de sa détenue.

Avant même que le « Maître » aie eu le temps de toucher ne serait-ce qu'à une une longueur de queue de souris de la jeune dragonnelle, l'albinos bondit sur sa tête avec la grâce d'un hippopotame et se mit à lui lacérer les yeux en mobilisant toutes les griffes de ses quatre pattes, envoyant des giclures de sang aux quatre coins de la grotte. Il plissa les paupières pour ne pas en recevoir dans les yeux. Le dragon doré avait beau se démener comme un fou, rien n'y faisait, et il s'épuisait peu à peu, jusqu'à se retrouver cloué au sol, à se débattre avec lenteur, sombrant peu à peu dans l'inconscience. Quelques minutes après, il était plongé dans un sommeil empoisonné. Percebrise n'osait plus le lâcher, de peur qu'il ne s'agisse d'une autre ruse de sa part. Finalement, il relâcha sa prise et demeura sur place, haletant. Un silence de plomb régnait à nouveau dans la grotte, qui dura longtemps, longtemps... Le dragon blanc fut le premier à bouger pour aller se placer aux côtés de Dansenuit. Seul ses pas résonnaient sur le parvis de pierre. Il entendit une autre dragonnelle, Mordbois, murmurer.

« Le Maître est mort ? »
En réponse immédiate, le doré renâcla bruyamment, ce qui fit sursauter tout les dragons de la caverne.
« Vous devez sortir d'ici. Dépêchez-vous. »
Grand Anonyme, je t'en prie, fais-en sorte qu'elles ne commencent pas à couiner à propos du soleil et gnagnagna... Il les voyaient déjà hésiter.
« Vous voulez vivre ou quoi ! » Explosa-t-il.
Sa réaction le fit culpabiliser, car il n'avait pas du tout envie de leur crier après et de les effrayer, mais elle eu l'effet voulu. À l'odeur, les dragonnelles se dirigèrent lentement vers la sortie, avec Poussepierre en tête suivie par Limace, une dénommé Tournequeue fermant la marche. Une ou deux avançaient avec résolution, les autres d'un pas incertain. L'albinos resta un instant auprès du doré, dont la respiration était lente et profonde. Un nouveau grondement caverneux lui fit hérisser les écailles de l'échine. Partons.

Crac.
Crac.

Le son provenait du plafond de la grotte. Qu'est-ce que c'est ? Il entendit une multitude de petits cailloux tomber de pierre en pierre. Quelque chose roula devant lui et s'immobilisa au pied de ses sii. Une roche ardoise et toute ronde, lisse comme un œuf. Oh non...

« Éboulement ! » rugit-t-il, si fort qu'il faillit en cracher ses poumons. Il se jeta vers la sortie de la caverne, mais jeta un regard en arrière et aperçu le corps désarticulé et sans vie de Griffemur il courut vers la sortie. Rah, je ne peux pas... Et oui, parfois il lui arrivait de s'exaspérer lui-même.  Le plus rapidement possible, il réalisa un bond incroyablement long, à rendre un kangourou jaloux, et saisit délicatement la base de la nuque de Griffemur avant de se précipiter non sans difficultés vers le passage donnant sur le tunnel principal. Les dragonnelles venaient tout juste de déboucher sur la plateforme et Poussepierre, qui semblait prendre le rôle de meneuse de la petite troupe, reniflait l'air avec méfiance. Percebrise les bouscula pour se frayer un chemin, la dragonnelle morte pendouillant tristement entre ses mâchoires. Il la déposa sur la corniche et leva les yeux au ciel : pas de soleil, mais de gros nuages gris et très sombres, et une pluie diluvienne. Et une pluie de petits cailloux aussi. Il fronça son expression et ses yeux s'arrondirent de stupeur en voyant que la falaise s'effondrait sur elle même. Vite ! Il n'y avait pas assez de place sur la saillie, juste assez pour deux dragons, et la peur regagnait de nouveau le cœur des dragonnelles. Percebrise arrêta de réfléchir.

« Sautez ! »

Il força Poussepierre à avancer et celle-ci entama précipitamment une descente maladroite de la falaise abrupte. Limace bondit d'elle-même, toujours hésitante mais consciente du danger imminent. Percebrise lança un rapide coup d'oeil vers le bas pour s'assurer que tout allait bien. Dans sa hâte, il en poussa une sans ménagement entraperçut la queue de Sifflelune disparaître du rebord de la corniche. Lorsque vint le tour de Mordbois, cette dernière commença à reculer mais une énorme roche venant s'écraser puis rebondir la fit vite changer d'avis et elle sauta en avant plus loin que toutes les autres, au risque de se briser une patte. Quand à Tournequeue, elle lança un regard indécis à son sauveur avant de plonger en avant pour disparaître en dernière.

Un énorme craquement déchira le ciel Percebrise se rendit compte qu'une odeur de brûlé flottait dans l'air. Il attrapa Griffemur et posa une patte sur la pente rocheuse instable, qu'il descendit non sans difficulté, se laissant glisser par moment. À son plus grand soulagement, toues les dragonnelles l'attendaient là, sans aucune blessure grave, du moins visible. Les mâchoires de l'albinos s'ouvrirent alors d'un seul bloc, laissant involontairement tomber la tête et le cou de Griffemur sur le sol, comme de vulgaires jouets. Au loin, là-bas, dans son petit recoin de la vallée de Sadda ; au loin, la forêt était en feu. L'orage avait fait naître un incendie. Un instant, il oublia les projectiles de pierres qui fusaient de part et d'autre de ses oreilles et de celles de ses protégées. Il ne broncha même pas lorsqu'un gros rocher vint s'écraser à côté de lui ; impossible de retourner chez lui, car son chez lui n'était plus. Finalement, il reprit ses esprits, et se tourna vers le petit groupe de dragonnelles.

« On monte, et vous me suivez, rapidement. »

Il s'empara encore une fois du corps de Griffemur et progressa avec à travers la roche. Pendant plusieurs minutes, ils durent éviter les pierres qui tombaient du ciel : le petit groupe n'avait pas d'autre choix que de suivre le chemin rocailleux entre les deux pieds de falaises. Ils cheminèrent jusqu'à déboucher de nouveau sur la forêt. Une fois arrivés là, ils prirent un sentier dans les sous-bois qui s'enfonçait parmi les feuillages épais. Enfin, ils débouchèrent sur une petite clairière juste assez grande pour accueillir tout les dragons. Son estomac criait grâce. L'herbe épaisse et douce sous ses pattes lui procura une sensation de soulagement, et il déposa Griffemur dans un recoin sec et protégé de la pluie, libéré de son poids. À côté, il gratta le sol pour faire apparaître la terre, rassembla quelques pierres pour en faire un cercle, et y plaça un tas du bois le plus sec qu'il avait pu trouver. Il du cracher plusieurs petits torfs pour que le feu prenne vraiment. Après quoi, il s'enfonça un peu plus profond dans la forêt pour enfin y rendre son déjeuner. Après une profonde inspiration, il retourna dans la clairière, saisit à nouveau Griffemur et repartit vers l'endroit où il avait trouvé le bois. Là, il se mit à creuser la terre molle et l'humus, jusqu'à obtenir un trou suffisamment grand pour que le corps de la défunte puisse loger dedans. Il la plaça à l'intérieur, mais ne reboucha rien. Trop fatigué pour faire le moindre effort, il se promit de l'enterrer plus tard. Et retourna à leur camp provisoire. Il repensa au doré. Il était probablement mort. Il devait l'être. Percebrise déboucha alors sur la clairière. Ses lippes masculines s'étirèrent alors en un léger sourire tandis qu'à l'instar des dragonnelles, il embrassait les lieux du regard. Ses pattes flageolèrent sous lui et il s'affala de tout son long à l'abri des branchages d'un grand hêtre, son museau ensanglanté plongé dans l'herbe. Il grogna un avertissement à peine compréhensible aux dragonnelles, leur ordonnant de ne pas s'éloigner à plus de dix longueurs de dragon de la caverne, avant de sombrer sur le champ dans un sommeil réparateur.

Comme je le répète souvent j'ai pris beaucoup de libertés dans ce post, on peut dire que ça avance. J'espère que c'est pas trop court. NON je déconne x) j'aime bien avoir de la lecture quand c'est pas trop chiant alors j'espère que ça va te plaire (à moins que ça soit chiant). En tout cas j'ai terriblement hâte de lire ta réponse ! Je rappelle que quantité ne fait pas qualité, et que je ne demande pas à ce qu'on me rende la pareille en retour, c'est selon l'inspiration. KISS KISS LOVE. ~ Nax ♥
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MessageSujet: Re: Mon royaume pour une limace ! [PV Percebrise :3]   Lun 18 Aoû 2014 - 23:59



[Franchement, j'ai adoré ton post. C'était pas chiant. Du tout.
Le mien le sera peut-être au début. Mais bon, je pouvais pas ne pas raconter un peu ce qui s'est passé dans la tête de Limace pendant tout ce que tu as raconter. En espérant que le reste te donne un peu de quoi répondre ! Je suis pas très productive en ce moment >w< ]

Beauté▲
Allongée dans le sol doux et vert, elle regardait le liquide du ciel tomber sur le monde. C’était comme des milliers et des milliers de petites limaces transparentes qui descendaient à une vitesse folle et venaient s’écraser sur le sol, pour enfin disparaître. C’était triste. Mais c’était joli. Ca glissait sur sa peau, et ça la chatouillait. Elle se sentait bien. Peut-être parce que le Soleil n’était pas là ? Quand elle était descendue des pierres qui tombaient, le ciel était couvert de nuages gris, comme ceux qu’il y avait en ce moment au-dessus de sa tête. Il n’y avait pas de Soleil. Mais au loin, très loin, tout était recouvert de lumière. Une lumière vive, de plusieurs couleurs en même temps, qui ondulait dans un rythme irrégulier. On aurait dit que le Soleil venait de s’écraser sur la terre, pour tout détruire. Pour les détruire elles, elles qui avaient fui leur grotte, leur Maître, et qui avaient désobéit à tout ce qui leur avait été dicté.
Le Maître...
Une horrible émotion enserra soudain Limace. Elle se sentit moins bien que toute à l’heure. Qu’avait-elle fait ? Il était peut-être gravement blessé, écrasé sous ce tat de roches gigantesque. Elle ne l’avait même pas aidé. C’était même le contraire. Elle l’avait attaqué. Elle avait arraché les liens qui enfermaient ses mâchoires, et elle avait enfoncé ses dents dans sa queue dorée. Et elle ne comprenait pas pourquoi. Elle tenta de se remémorer cette horrible scène. A ce moment, elle avait ressenti l’urgence dans l’ordre du Tout Blanc, l’ambiance de danger extrême qui pesait autour d’elle. Et quelque chose, tout au fond d’elle, avait pris le dessus sur ses peurs, ses doutes, ses convictions, et avait brisé pendant quelques temps des chaînes invisibles qui l’entravaient quelque part en elle. Elle s’en voulait. Alors qu’elle était au pied de la falaise avec les autres, elle aurait voulu remonter et sortir le Maître du chaos qui régnait là-haut. Mais elle savait que ce n’était pas possible. Et elle dû se résigner. C’était triste. Comme les limaces transparentes qui tombent du ciel. Mais ce n’était pas joli.
Elle décida de se relever, et de chasser ces pensées et ces souvenirs pour quelques temps. Elle regarda autour d’elle. Tout le monde était allongé. La Chose était étendue dans un coin, tandis que toutes les autres se serraient les unes contre les autres dans un amas de pattes et de queues. Elles étaient toutes là. Poussepierre, Tournequeue, Sifflelune, Mordbois, Dansenuit,... Elle trouva une sorte de réconfort en les regardant. Déjà parce qu’elles étaient ici, avec elle, mais aussi parce qu’elle ne se sentait plus seule dans la trahison qu’elle avait faite au Maître. Elle caressa leurs esprits du sien. Certaines dormaient, d’autres non. Pourtant, elles étaient toutes fatiguées. Par cette journée mouvementée, et par la maladie qui était toujours en elles. Alors, il y en avait qui se forçaient à garder les yeux ouverts. Par peur ? C’est vrai que, bien que ce soit déjà la deuxième fois que Limace se rendait dans le Dehors, tout ce qui l’entourait l’inquiétait encore. Pourtant, ici, elle se sentait à l’abri. De grands géants verts les entouraient, comme pour former un mur protecteur. Leurs pieds étaient immobiles, mais leurs sommets ondulaient au rythme de l’air qui soufflait et du liquide céleste qui tombait. Même si leur taille l’inquiétait, elle savait au fond d’elle que ce n’était pas un danger. Elle avait eu peur, au début, de ce qui tombait du ciel, de ce qui faisait frémir les géants, des nuages noirs au-dessus d’elle, de toutes ces pierres qui s’effondraient sur eux près de la grotte, du Soleil qui brûlait la terre, du bruit, des odeurs. Mais elle avait fini par comprendre que le danger était derrière eux. Ils avaient fuient les pierres et le Soleil. Les géants ne tentaient pas de les blesser. L’air ne faisait que les frôler. Les nuages ne faisaient que passer. Et le liquide ne faisait que tomber. Et puis, si le Tout Blanc les avait menées là, c’est qu’il n’y avait pas de danger. Enfin, pas énormément, pour un endroit du Dehors. Elle tenta de transmettre ces idées à ses compagnes perturbées, puis se dirigea lentement vers la Chose. Il dormait. Elle profita de cette occasion pour l’observer. Elle avait l’impression de faire quelque chose d’interdit en cachette. Mais personne ne la regardait. Quelques zébrures sombres tâchaient son corps blanc, particulièrement son museau. Le liquide du ciel faisait dégouliner le rouge des entailles. Elle se demanda si il avait mal. Puis elle se questionna sur sa couleur. Il était blanc. Le Maître était de la couleur du Soleil. Et les autres étaient toutes vertes, plus ou moins foncé. Ils avaient tous une peau très dure et faite de plusieurs morceaux attachés solidement entre eux. Elle arqua le cou vers l’arrière et regarda son propre corps. Gris, comme le ciel nuageux, et lisse, comme la peau des limaces. Elle se dit soudain qu’elle ressemblait vraiment à une limace. Est-ce que c’était normal ? Peut-être qu’en fait elle n’était pas comme les autres, mais juste une très très grande limace qui leur ressemblait ? Elle se promit de demander à la Chose un jour.
Penser aux limaces lui donna soudainement très faim. Alors, elle se mit à explorer les alentours – sans trop s’éloigner – à la recherche d’une piste. Un instant, elle imagina qu’il n’y en avait peut-être pas dans le Dehors, et elle eut très peur. Mais juste après, elle reconnut l’odeur familière des animaux rampants et en débusqua une dizaine au pied d’un géant étendu par terre, comme endormit. Elle n’en crut pas ses yeux. Elle n’en avait jamais autant vu d’un coup. Elle en goûta une, pour voir si elles avaient le même goût que les autres. Ça lui faisait bizarre de pouvoir ouvrir les mâchoires normalement. Et… Ouah, elle était délicieuse ! Meilleure que toutes celles qu’elle avait déjà mangées ! Elle s’empressa d’en avaler d’autres. Puis elle se dit qu’elle devrait partager tout ce trésor au lieu de le garder pour elle. Mais les autres n’aimaient pas les limaces…
Peut-être que...
Elle en prit quelques unes entre ses dents, puis elle revint vers les autres. Elle s’arrêta devant la Chose et s’assit. Elle déposa son butin devant lui. Peut-être que lui, il aimerait les limaces. Et peut-être qu’il avait faim, aussi. C’était également un moyen pour elle de lui dire merci. Elles se seraient sans doute faites écrasées pas la montagne de roches s’il ne les avait pas aidées. De plus, il s’était épuisé à transporter le corps de Griffemur. Elle l’avait bien vu pendant le trajet, même si elle se demandait pourquoi il avait fait ça. Elle était peut-être encore en vie ? Elle regarda de nouveau le Tout Blanc, mais avec plus d’attention cette fois. Elle n’avait plus trop peur. Enfin, peut-être un petit peu. Mais il semblait gentil. Bizarre, mais gentil. Elle reconsidéra le nom qu’elle lui avait donné. La Chose. Elle pencha la tête sur le côté, associant dans son esprit le nom, et ce qu'elle avait devant les yeux. Non. Ça n'allait pas vraiment. Elle décida d'abandonner « la Chose » et d’adopter le nom qu'il lui avait donné, Percebrise. Parce que finalement, c’était joli, ça aussi.

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MessageSujet: Re: Mon royaume pour une limace ! [PV Percebrise :3]   Lun 25 Aoû 2014 - 20:08

Voilà par contre j'ai pas relu donc tu risques de lire des choses bizarre à cause de bugs du cerveau x)

Il n'eut pas le privilège du long sommeil à cause de ses rêves, son rêve, pour être plus exact : celui où il se trouvait à la frontière entre une très grande prairie et une forêt aux silhouettes floues et bleuâtres, aux contours imprécis. Comme toujours, la brume flottait, dansait, aux pieds des arbres qui s'élançaient bras tendus dans toutes les directions comme à la recherche de quelque chose invisible au commun des mortels, la mousse verdâtre envahissait les troncs et le bois mort qui gisaient au sol. Sans prévenir, un volute de brume s'évada insensiblement du bois et Percebrise, les quatre pattes franchement bien ancrées dans le sol, ne recula que la tête, laissant cependant le colimaçon de vapeur s'enrouler autour de ses cornes et de son museau. Il entendit des voix, faibles et lointaines, qui semblaient murmurer nombre de formulations dans un dialecte occulte.  Le dragon blanc ne pu s'empêcher de tendre l'oreille alors que son instinct lui ordonnait de ne pas écouter une seule de ces paroles qui tourbillonnait autour de son esprit fragilisé par la présence incontrôlée du  rêve. Certains mots étaient reconnaissables : parmi ceux-là il reconnu « désossé » « lac » et « dragon ». Mais pour le chuchotement en général, il s'agissait d'un jargon incompréhensible et imprononçable par tous exceptés ceux et-ou celles qui les prononçaient en cet instant. Les voix -ou la, car il y avait tant d'échos qu'il pouvait très bien s'agir d'une seule- étaient asexuées, toutefois différents timbres ricochaient ; à la fois aériens et vaporeux, rarement brûlants et durs, glissant aisément entre ses milles songes. Puis, tel un éclair, le serpent de brume autour de ses griffs, ses cornes et son visage se défit et marqua un temps d'arrêt face au dragon, l'invitant à la suivre, avant de s'évanouir dans la forêt. L'albinos demeura stationnaire tandis que le murmure se dissolvait dans le temps et l'espace.

Ce n'est pas la dragonnelle postée à côté de lui qui le tira du rêve dont il était prisonnier, mais l'odeur écoeurante des limaces qui rampaient paresseusement juste devant son museau écorché parsemé de sang séché. Ses narines se plissèrent dégoût et il ouvrit instantanément les yeux sans retenir un mouvement de recul : son esprit était encore tout embrouillé du songe, mais il revint à la réalité en moins de deux secondes, lorsqu'il discerna les limaces rousses et léopardées qui traînaient, en face, et Limace, le regard empli de curiosité. Ses yeux se posèrent à nouveau sur les bêtes poisseuses, puis la grise. Ah...

« Tu devrais les garder pour toi et tes amies, ça devrait vous requinquer un peu. »
Cependant il ne voulait pas la blesser en refusant son petit cadeau, alors il en avala deux qu'il avala tout rond pour ne pas en sentir le goût, en ayant au préalable prit soin de lubrifier sa gorge de salive afin de faciliter le transit.
« Mais merci. »
Il se releva, et s'étira, sa queue s'enroula sur elle-même telle un escargot. Il inspecta la clairière et remarqua qu'à part Limace, les autres somnolaient déjà, certaines dormaient. Il faisait sombre car le ciel était toujours chargé de nuages, et la nuit n'allait pas tarder à tomber. Ses propres pas le guidèrent jusqu'à un sentier qui descendait vers la vallée. Puis il s'arrêta net en réalisant qu'il se dirigeait droit là où la falaise s'était écroulée. Meuh qu'est-ce que je fais, moi... Il fit demi-tour, et pénétra dans la forêt, tous les sens en éveil : l'odeur de l'humus masquait la plupart des fumets, et partout où il avançait, il évitait d'écraser les limaces et les escargots se trouvant sur son chemin. Enfin il aperçut un grand sanglier, un gros mâle adulte, qui passait l'herbe au peigne fin, la truffe collée au sol, à la recherche de glands. Je suis nul à la chasse. C'est ma chance. Lentement et sûrement, il s'approcha de la bête mais au moment de bondir il marcha sur un bout de bois qui craqua sous sa saa. Alerté, l'animal s'enfuit au cœur des bois. Pas la peine d'essayer de le poursuivre à travers les bois, ce serait une perte de temps. Déçu, il reprit sa progression.

Tout en reniflant l'air à la recherche d'une nouvelle piste il se remémora les événements de la journée. Et-ce que tout ça est arrivé par ma faute ? Les remords commençaient à l'envahir. Ou la faute de Limace, qui n'avait pas le droit de sortit... Non non, ce n'était en aucun cas sa faute. C'est celle du doré, c'était lui la source de tout ce mal. Mais c'est à cause de moi si... Si Griffemur est morte. En te sauvant la vie, fit une petite voix dans sa tête. Il revit les géant doré s'abattre sur la dragonnelle en détresse. Oui, c'est ma faute... Son regard se dirigea vers le ciel, et il se rendit compte que ce dernier commençait à se dégager lorsqu'un mince filon de lumière laiteuse filtra à travers le branchage touffu des arbre, en provenance de la demi-lune qui flottait très haut dans le ciel.

« Bah... Les aveux sont bons pour l'âme... » murmura-t-il.
Chevreuil ! Il arrêta de penser à la vue d'un arrière-train tout blanc qui se dandinait dans le noir. N prenant mille précautions, il bondit sur le dos de l'animal et l'acheva sur le champ. Sans plus attendre, il s'en empara et le ramena dans la clairière, où la plupart des dragonnelles étaient plongées dans un sommeil profond. Il chercha Limace du regard.
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MessageSujet: Re: Mon royaume pour une limace ! [PV Percebrise :3]   Lun 10 Nov 2014 - 20:54

J'up
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MessageSujet: Re: Mon royaume pour une limace ! [PV Percebrise :3]   Dim 16 Nov 2014 - 1:37



[Gloire et Prières au Dieu de la Ponctualité RPique, qui une fois de plus a exercer son pouvoir Divin sur ma personne !
Sans dec là, je suis au fond du gouffre de l’inactivité. J'en ai marre.
Je mets du temps à me mettre dans mes persos, et une fois que c'est bon, POUF, la grippe RRP (RetardRP) me rattrape, je perds mes persos, et quand j'arrive 3 mois plus tard [date à laquelle je daigne enfin répondre] je retourne au point de départ.
Enfin bref, je suis dééééééésolée de cet horrible temps de réponse. Je mérite le fouet. Surtout que je suis pas du tout satisfaite de cette chose.]



Solitude ▲
Il avait mangé une de ses limaces.
Un petit être piétinait de joie dans sa tête. D’habitude, personne n’en mangeait ! Et la Cho- enfin, Percebrise, n’en avait fait qu’une bouchée.  « Tu devrais les garder pour toi et tes amies ». Oh. Pour elle, sûrement, mais pour ce qu’il appelait ses amies, ça n’allait pas se passer de la même manière. Le petit être dans sa tête se fit tout penaud en pensant à la réaction que les autres allaient avoir. Elle ramassa quand même ses limaces en se disant que, peut-être qu’étant malades, elles auraient assez faim pour enfin goûter. Et peut-être même qu’après ça, elles aimeraient ! Cette idée lui donna un peu d'espoir.
Le temps qu’elle ait récupérer son butin en bouche, Percebrise avait disparu. Soudainement. Un souffle de panique parcouru son corps. Où était-il ? Il les laissait seules ? Que se passait-il ? Elle aperçut un bout de queue qui disparaissait lentement au loin. Il faisait sombre, et elle ne le voyait déjà plus. Elle s’avança avec l’espoir de le rattraper, puis elle se ravisa et fit marche arrière ; elle l’avait perdu, et il était trop profondément enfoncé dans… le Dehors, pour qu’elle aille à sa poursuite. Alors elle décida de rejoindre les autres. Tout en s'avançant vers elles, elle se répéta que le Tout Blanc allait revenir d’une seconde à l’autre. Non, il n’était pas parti. Il ne les avait pas abandonnées là. Non. Il allait revenir. N’est-ce pas… ?
L’agitation d’une limace sur sa langue la sortie de ses pensées. Manger. Elle ne put résister à l’envie d’en faire glisser une dans sa gorge. Elle posa le reste devant les autres, pour la moitié endormies.
Eh... Vous avez faim… ?
Au mot « faim », des têtes remuèrent. Des narines reniflèrent. Des yeux s’ouvrirent. Et l’expression de dégoût qui apparût sur les visages des autres transperça le petit cœur de Limace. Elle baissa la tête, honteuse. Elle le savait bien, de toute façon, qu’elles n’aimaient pas les limaces. Elle reprit timidement ses sœurs de nom en bouche et alla s'allonger dans un coin, seul.

Le bruit que Percebrise fit en revenant la fit sursauter. Elle se dressa d’un bond sur ses pattes et se mit à trembler de frayeur. C’est seulement quand elle reconnut la tête blanche qu’elle parvint à se calmer. Il avait ramené quelque chose. Ça sentait bizarre. Oh ! Une proie ? Ses narines se fermèrent pour chasser l’odeur aigüe qui lui piquait le nez. Elle ne savait pas exactement ce que ça sentait, mais ça ne sentait pas très bon. Du moins, pour elle. Parce que ça avait plutôt l’air de plaire aux autres, qui commencèrent à s’agiter. Limace soupira. Elle se sentit étrangement triste tout d'un coup. Pourquoi avait-elle l’impression de ne pas être comme les autres, de ne pas se sentir bien ? Elle crut entendre quelqu’un demander à Percebrise si elles pouvaient manger. Puis elle finit par tourner le dos à tout ça et à retourner à ses limaces, qui elles au moins lui ressemblaient à peu près; pendant que le petit être dans sa tête poussait penaudement un caillou sur le sol du bout des griffes.
Elle avait avalé la dernière partie de ses proies rampantes quand une légère lueur éclaira son champ de vision. Elle regarda vers le ciel, alarmée. Elle n’avait même pas remarqué que les minuscules limaces transparentes avaient cessé de tomber. Toute la surface qui se trouvait au-dessus d’elle était d’une couleur nouvelle. Il y avait désormais de nombreux points brillants sur un fond noir sombre, répartis comme une poignée de cailloux jetés au hasard par terre. Et là, dans le coin, un grand morceau gris et brillant éclairait le sol. Elle eut soudain très peur. Était-ce le soleil, revenu pour la punir ? Non, ce n’était pas lui. Il était peut-être parti pour toujours, effondré en même temps que la montagne de roches ? Quoi qu’il en soit, c’était une autre chose qui brillait là-haut. Ça l'intriguait. Ses yeux se perdirent sur la surface argentée suspendue au-dessus d’elle. Et puis, tout d’un coup, le petit être dans sa tête se redressa, de nouveau joyeux. Elle comprit quelque chose. Elle ne savait pas ce que c’était que ce gros caillou brillant, mais, oh, que c’était joli ! Ça n’avait pas l’air dangereux, et c’était même le contraire. C'était une pierre plus grosse que toutes les autres, plus brillante, différemment formée. Différente. Une boule dans le ciel, différente de tout le reste. Elle ne pu s'empêcher de penser à elle-même, petit chose grise au corps de Limace entourée d'êtres massifs, solides, et colorés. Et elle eu soudain l'impression de se sentir moins seule, sans trop savoir pourquoi. Elle comprit qu’elle adorait ce qu’elle avait devant les yeux. Cette pierre qui ne lui ressemblait pas, mais qui était comme elle. Et il fallait absolument qu’elle sache ce que c’était. Elle se redressa d’un bond et, dans le même mouvement, se retourna pour faire face aux autres et courir demander à Percebrise ce qu'il savait à propos de cette grosse pierre.
Elle n’avait même pas fait deux pas qu’elle se retrouva par terre. Elle avait percuté quelque chose. Mais pas n’importe quelle chose. C’était la Chose. Percebrise. Holalalalala. Qu’avait-elle fait ? Toute son excitation s’envola d’un coup, remplacée par de la peur, mêlée à de la honte, et un désir de fuir très loin dans une grotte sombre et reculée. Elle se recula le plus possible de Percebrise, se déplaçant au ras du sol à la manière d'une limace, et fit profil bas, dans sa position la plus soumise possible. Elle aurait pu s'enfoncer dans le sol si elle l'avait pu. Elle ferma les yeux très forts. Et si, finalement, Percebrise était comme le Maître ? Chut. Ne plus bouger. Ne plus penser.

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MessageSujet: Re: Mon royaume pour une limace ! [PV Percebrise :3]   Dim 16 Nov 2014 - 13:33

Percebrise vit Limace le regarder, l'air toujours aussi hébété, ce qui devenait légèrement exaspérant, car il fallait qu'elle se fasse vite à sa nouvelle vie. Il déposa le chevreuil inerte tandis que les autres se rassemblaient en cercle tout autour de lui ; il se sentit important, pour une fois qu'il était au centre de l'attention, et ne pu s'empêcher de ressentir un puissant sentiment de satisfaction en jouant les protecteurs. Morceau par morceau, il découpa le cerf en parts à peu près égales, les quatre membres, le cou et la tête, la poitrine, les côtes... Tout devrait être avalé : ils étaient trop nombreux et affaiblis pour faire les difficiles. Chacune des dragonnelles se servit, à l'exception de Limace qui leur tournait le dos et qui se délectait de son étrange festin. Percebrise se choisit une épaule et la patte qui allait avec et s'installa à côté de Tournequeue qui dévorait allègrement une cuisse. Pour une fois dans sa vie il se sentit responsable.

Il s'allongea par terre comme un gros chat, son épaule de chevreuil posée entre ses deux pattes avant. Il n'avait aucunement envie de manger : ses yeux passèrent du gigot tout frais à la voûte céleste qui se teintait de millier d'étoiles scintillantes. Leur clignotement répétitif agit comme un calmant sur les âmes présentes dans la clairière : l'atmosphère se détendit en quelques instants pour la première fois depuis le funeste épisode de la caverne. L'albinos ne sut plus trop quoi penser, il avait même envie de ne plus réfléchir, d'être aussi ignare que les cinq dragonnelles qui l'accompagnaient, même s'il commençait tout juste à apprécier leur compagnie quelque peu assommante mais drolatique toutefois. Elles étaient par contre peu loquaces, lui qui se plaisait à bavarder, et leur silence le rendait mal à l'aise ce qui faisait qu'il ne savait pas quoi leur dire.

Ses yeux retombèrent sur le gigot : tout compte fait, il n'avait pas faim. Une seule limace avait suffit à le caler : il se souvint qu'il en avait avalé des tonnes et des tonnes quand il était dragonnet, vadrouillant autour de la grotte à la recherche d'eau et de nourriture... Il se souvint qu'il espionnait souvent son frère cuivré et ses sœurs, volant discrètement quelques moments, qui lui auraient apporté le plus grand bien à l'époque. Il était sûr que s'il n'avait été banni, il n'aurait pas terminé aussi lunatique, borné, hystérique, et, il fallait bien le dire, raté. Mais je ne suis pas une victime, et j'ai des atouts aussi. Pas besoin de magie quand on a un cerveau, songea-t-il en pensant jalousement à son frère qui avait toujours eut le cul bourré de nouilles. Il ne pensait plus à ses sœurs qu'il avait précitées vers la mort. ThaEron pensait que l'une d'elles était encore en vie ; et bah il avait beaucoup d'espoir. Rien ne l'arrêtait, ce ThaEron. Dans un sens il est certain qu'il est aussi perché que moi. Pas si différent, le frérot!

Il décida qu'il ne mangerait pas sa part, mais qu'il allait la donner à Limace. Jouer les mères poules lui faisait extrêmement plaisir. Mais alors qu'il se relevait et entamait un demi tour, s'emparant de son gigot, il fut déséquilibré par une grande Limace grise et sur le coup très enthousiaste qui le percuta de plein fouet. Le gigot dans sa gueule bascula dans sa gorge et l'albinos sentit sa tête chauffer et ses yeux le piquer à mesure qu'il s'étouffait. En même temps qu'il luttait comme un diable pour respirer, il du réaliser une série de petits bonds de lièvre effrayé pour ne pas tomber sur Tournequeue, déjà qu'il était lourd... Il finit par retrouver son équilibre et, en toussant, recracha le morceau de viande complètement démoli. Haletant, ses pupilles se réduisirent à deux fentes et il se retourna vers une Limace bien moins joyeuse que la précédente. La fautive était collée au sol, plus petite que jamais.

« Tu pourrais faire un peu attention, bon sang! »

Il se força à refréner sa colère et déglutit. Couvert de salive et de foua, le gigot avait vraiment une sale mine... Le dragon blanc soupira d'agacement et ses yeux bleus scintillèrent. Il était contrarié. Puis il se dit qu'après tout, ce n'était qu'un morceau de viande, et qu'il allait faire peur à Limace et aux autres en agissant ainsi. Il pensa qu'il était grand temps que les dragonnelles prennent conscience du monde auquel elles appartenaient : il n'allait pas pouvoir continuer de la sorte si elles restaient tout le temps aussi craintives, furtives, et ignorantes, bref, des gros boulets. Il passa le bout de sa queue, tout fin, sur les épaules de Limace et par le biais du geste l'incita à le suivre. Il préférait lui parler d'abord à elle, même si Poussepierre ou Tournequeue semblaient plus à même de comprendre ce qu'il allait expliquer. Il la mena à l'écart des autres, sur un promontoire rocheux qui surmontait la forêt haute, une partie de la falaise, et dont la vue donnait, au loin, sur la vallée détruite par l'incendie provoqué par l'orage.

« Écoute-moi bien, parce que ce que je m'apprête à te dire va très probablement bouleverser ta vision des choses. »

Il inspira et expira profondément : si ça se trouve, elle allait comprendre la moitié des mots. Mais autant commencer maintenant.

« Toi et tes camarades avez vécu toute votre vie et jusqu'à maintenant dans une caverne. Vous étiez sous le contrôle d'un mauvais dragon : celui que vous appeliez votre « Maître » n'était qu'un être perfide et cruel : un méchant, si tu préfères. Tout ce que tu as connu alors, ce sont les ténèbres, la pierre, tes limaces, et la crainte. N'appelle plus ce dragon ton maître, car il ne l'a jamais été, il n'a fait que le prétendre. »

Il marqua une première pause, histoire de lui laisser le temps d'assimiler tout ça.

« Maintenant, sache que le monde qui t'entoure -ces arbres, ces montagnes, cette vallée au loin- ne sont qu'une minuscule partie de ce qu'il est en réalité. Il existe des millier contrées dont tu ignores l'existence, des déserts, des plaines, l'océan... Il existe des millions de plantes, des milliards d'êtres vivants Le soleil n'est pas mauvais : c'est même grâce à lui que nous pouvons vivre, c'est lui qui apporte la lumière, la chaleur et le réconfort qui permet à ce monde de conserver son équilibre. La lune, que tu vois là-haut, est une lumière, comme le soleil, qui veille sur nous la nuit en compagnie des étoiles. C'est très compliqué à t'expliquer, tu sais, car tu n'as jamais connu ça. Il faut que tu saches que toi et tes camarades êtes des dragonnelles qui ont certainement été enlevées, avant ou après votre éclosion. Si vous aviez vécu une vie normale, vous auriez eu un père, un dragon mâle, qui vous aurait protégé ; une mère, une dragonnelle, comme vous, qui vous aurait aimé ; un frère et des sœurs, avec qui vous vous seriez amusées. Vous auriez grandit avec vos parents -votre père et votre mère- jusqu'à ce que vous crachiez vos flammes, jusqu'à-ce que vos ailes sortent et vous permettent de voler ; et à votre tour vous auriez quitté vos parents pour découvrir le monde et construire votre propre vie. »

Il arrêta là, car cela faisait beaucoup à assimiler d'un coup, et il serait étonnant, bien que pas impossible, qu'elle comprenne tout de suite et en une seule fois. Mais c'était déjà pas mal. Il la fixa intensément, ses prunelles bleues plongées dans celles de Limace.

« Ah, et, vous auriez eu aussi des noms plus jolis. En plus, t'as pas de chance, je crois que Limace, c'est le pire de tous. C'est moche une limace, tu n'as pas remarqué ? Ça bave, et visqueux. Peut-être que tu as eu un prénom auparavant, avant d'être capturée par le doré. Ça serait pas mal de le retrouver. Mais faudrait peut-être que tu t'en trouves un déjà plus joli, à moins que tu tiennes tant à Limace, ma foi. C'est un choix. »

Il se souvient du jour où il avait décidé qu'il s'appelerait Percebrise.

« Tu n'as plus de contraintes. Tu as ton libre-arbitre. »
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MessageSujet: Re: Mon royaume pour une limace ! [PV Percebrise :3]   Lun 27 Juil 2015 - 16:35


Trop. C'était ce que lui soufflait sa tête. Trop, beaucoup trop d'informations tentaient de se frayer un chemin vers son esprit. Il y avait eu tellement de choses que la plupart s'étaient perdues en chemin; son cerveau les avaient ignorées car elles comportaient des mots qu'elle ne connaissait pas, ou des idées qu'elle ne saisissait pas. Et une fois que Percebrise eu fini de parler, elle dû sombrer dans un long silence et faire un effort de concentration énorme afin de rassembler ce qu'elle avait comprit.

Elle avait retenu quatre points importants. Le premier était peut-être le plus révoltant. Percebrise affirmait que le Maître était mauvais. Cette idée fit face à un mur dans l'esprit de Limace, un mur énorme et vieux de plus de vingt ans. Ça. N'était. Pas. Possible. Il s'était occupé d'elle et des autres, il les avait nourries, protégées. Sans lui, elles étaient perdues. Et pourtant. Une partie du mur se mit à trembler lorsque la Grise se souvint des évènements de la grotte. Et de ce que le Maître avait fait à Poussepierre. Quelque chose de profond en elle savait que ce n'était pas bon. Et c'est cette chose qui perça un léger trou dans le mur de sa tête et de ses cœurs. Alors, les mots de Percebrise s’engouffrèrent  de l'autre côté, et Limace se mit à trembler sans être capable de s'arrêter. Elle se senti mal, dans sa tête et dans son corps. Son estomac se noua et, dans un mouvement qu'elle ne pu contrôlé, elle vomi.

Pantelante, elle ne pu que laisser les trois autres choses qu'elle avait saisies se faire une place dans son esprit. La première concernait le Soleil. Bon. Contrairement au Maître. Cette fois, cette idée s'attaqua à des peurs trop profondément ancrées en elle pour qu'elle puisse y croire sans broncher. Elle avait cru voir le Soleil s'effondrer en même temps que la tour de roches. Elle le pensait disparu, mais s'il venait à resurgir, elle ne pourrait résister à l'envie de se cacher et d'éviter sa fureur. Car même s'il ne lui avait rien fait lorsqu'elle était sortie de la grotte la première fois, elle ne pouvait encore croire à sa bonté.
La seconde information analysée l'apaisa et lui permis de reprendre légèrement contrôle de son corps.

Percebrise venait de lui dévoiler le nom de cette pierre céleste qui l'avait tant intriguée quelques instants plus tôt. La lune. Ce mot fit entrer comme un rayon lumineux à l’intérieur d'elle-même. Mais contrairement à la lumière du Soleil qu'elle craignait, cette lumière-là l'entoura lentement et frôla calmement son esprit de sa lumière d'argent. Alors, bien que toujours désorientée et bouleversée par les précédentes informations, elle fut en mesure de comprendre la dernière chose que Percebrise lui dit.
Se trouver un nom. On l'avait toujours appelée  « Limace », ou  « toi ». A tel point que Limace était devenu son  nom. Elle s'y était identifiée et aujourd'hui, elle y trouvait même un certain bon sens. Comment Percebrise voulait-il qu'elle soit quelqu'un d'autre que Limace ? Elle ne voyait pas comment un nom pouvait être autre chose que la manière dont on était perçu par les autres. Et elle était par conséquent incapable de se trouver un nom. Dansenuit s'agitait le soir venu, Mordbois ne se séparait jamais de son morceau de bois lorsqu'elle était plus jeune, Crachemousse s'amusait avec la mousse, ... Elle, elle mangeait les limaces et y ressemblait. Et Percebrise, son nom avait-il lui aussi un rapport avec ce qu'il faisait ? Elle ne saisissait toujours pas le sens du mot brise. Alors elle se souvint qu'elle s'était promis de lui poser la question.

Ce sujet l'intriguait, et sa curiosité lui permis de trouver le courage dont elle avait besoin. Elle mit de côté sa perturbation et redressa quelque peu la tête vers Percebrise. Elle ouvrit la gueule pour parler mais se ressaisit au dernier moment. Elle n'avait pas utiliser cette méthode de communication depuis très, très longtemps. Et elle n'était pas sûre d'être capable de l'utiliser tout de suite. Maintenant qu'elle pouvait ouvrir et fermer les mâchoires quand elle le voulait, elle allait devoir s'entraîner à parler et à manger normalement. Elle oublia donc la voie orale et frôla l'esprit de Percebrise.

-Pourquoi ton nom est Percebrise ?  
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MessageSujet: Re: Mon royaume pour une limace ! [PV Percebrise :3]   Jeu 30 Juil 2015 - 12:53

Grosse perte de crédibilité dans 3, 2, 1...

Percebrise observa l'évolution du faciès de la dragonnelle grise, à la fois amusé et inquiet, car il n'avait aucune idée de comment elle allait réagir, et son expression figée pour le moins peu rassurante... Il allait rapprocher sa tête contre la sienne lorsque les prémices d'un gargouillis rebutant le poussèrent à s'écarter vivement lorsque Limace rendit son dîner. Tandis que les restes de chevreuil sortait en cascade de la gueule de la dragonnelle épuisée, l'albinos sentit son propre estomac de contracter de dégoût et pria silencieusement pour qu'aucune de ses écailles blanches ne soient tachée de vomi. Lorsque la grise reprit son souffle, il rouvrit un œil et constata avec soulagement qu'il était toujours aussi beau malgré les entailles qu'il avait reçut pendant le combat et la poussière issue de l'éboulement qui le recouvrait par-ci par-là.
Percebrise reprit un peu de son assurance et s'assit en passant quelques coups de langues sur le poitrail et ses pattes avant, à la manière des grands félins, en attendant que Limace sorte de sa transe. Quel gâchis... Songea-t-il entre deux coups de langue, en jetant un regard furtif aux restes du chevreuil. Derrière-lui les dragonnelles campées autour du feu se mirent à papoter en chuchotant ; le blanc se tourna et les vit s'amuser à toucher les étincelles bleues qui s'envolaient à chaque fois qu'une bûche éclatait. Il n'en dit pas plus et continua sa toilette, imperturbable, jusqu'à ce que la petite voix de la grise se fasse entendre dans son esprit, et qu'on lui demande le pourquoi de son prénom.

Qu'il en était fier de ce prénom qui ne ressemblait en rien à ceux des autres dragons ! En plus d'être le plus beau prénom du monde, le sien, au moins, avait du sens. À bas les autres CuMox et ThaEron, jouit-il intérieurement en pensant au frérot qui était parti il y a des années de cela à la recherche de leur sœur. Percebrise, ça c'est du nom ! Abandonnant toute humilité, il se redressa en déployant ses ailes de toute leur grandeur. Même en étant petit, il paraissait très grand par rapport aux frêles dragonnelles. Derrière eux il entendit les murmures de ces dernières qui avaient du laisser tomber le feu, sans doute pour l'admirer. Il se rengorgea fièrement, avant de se ramasser sur lui même et de bondir dans le vide afin de leur en mettre plein la vue. Il s'afficha gaiement en esquissant des figures de vol plus inutiles les unes que les autres.

- Ben voyons, parce que je perce la brise !

Sur cette phrase il plongea en piquée juste pour les impressionner. Pendant une demi-seconde une petite voix lui demanda si ce qu'il faisait avait un quelconque intérêt, en particulier devant ces pauvres dragonnelles. Il l'oublia sur le champ et remonta brutalement et revint vers le bord de la falaise où se trouvait toujours Limace ; l'herbe se couchait à chaque fois qu'il battait des ailes. Une idée germa dans son esprit et ses yeux bleus, surexcités, plongèrent dans ceux de Limace.

- Si tu apprenais à voler, tout serait plus simple !
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MessageSujet: Re: Mon royaume pour une limace ! [PV Percebrise :3]   Jeu 30 Juil 2015 - 23:45

Perçouille le crâneur. Regardez les filles, je suis beauuuuuu !
Par contre j'suis absolument pas convaincue de ma réponse. Dis-moi si t'as pas assez de matière. J’t'offrirais des bonbons pour me faire pardonnée. Ou du chocolat.


♦♦♦


Limace n’avait pu que retenir son souffle lorsque Percebrise ouvrit ses grandes membranes blanches et se jeta dans le vide. Et elle le retint encore quand elle le vit s’élever dans les airs, et se déplacer au-dessus du vide en levant et en abaissant ses larges toiles de peau. Elle l’avait déjà vu faire, lorsqu’ils étaient rentrés à la Grotte où les autres attendaient du secours. Mais là, c’était différent. Comme  s’il… jouait, avec le vide ? Il lui fit penser à un morceau de Géant qu’elle avait vu se détacher et virevolter dans le ciel. Percebrise virevoltait. Il s’élevait, plongeait, dansait avec le ciel.

La première fois qu’il lui avait dit son nom, elle s’était dit qu’il perçait la brise. Et il venait de le lui confirmer. Mais elle n’était toujours pas sûre de ce qu’était la brise. Etait-ce le ciel, le vide, ou autre chose ? Quoi qu’il en soit, il lui sembla tout de même saisir la portée de ce nom. Elle comprenait qu’il avait un lien avec sa capacité à danser dans le vide. Et elle trouvait ça joli.

Lorsqu’il plongea soudainement à une vitesse folle, Limace prit le risque de s’approcher légèrement du bord de la falaise, pour voir où Percebrise était parti. Mais à peine eu-t-elle fait deux pas qu’une énorme masse blanche réapparut devant elle, soufflant sur son corps comme si elle ne pesait rien. Elle recula – par qu’elle eut peur, et que la force qui la poussait était puissante. Cette force semblait venir des membranes que le Blanc utilisait pour se déplacer.

- Si tu apprenais à voler, tout serait plus simple !

Voler ? C’était donc ça ? La Danse du Ciel, c’était le vol ? Pendant une seconde, Limace pensa qu’il s’adressait à l’une des autres, qui s’étaient approchées pour admirer la danse de Percebrise. Mais son regard bleu plongé dans le sien lui fit comprendre que c’était à elle qu’il parlait. Ce contact visuel la cloua sur place, jusqu’à ce que les mots du Blanc fassent écho dans son esprit. Si tu apprenais à voler.

Quoi ? Voler ? Moi ? Danser dans le Vide ?

Elle se détacha du regard de Percebrise et tourna la tête vers son corps gris et lisse de Limace. Elle ouvrit sa fine membrane droite et l’observa, interdite. Puis elle porta son attention sur celles, blanches et brillantes, de Percebrise. Et enfin sur le vide qui s’étendait sous lui. Et elle su qu'elle n'était pas prête à faire ça. Une sensation qu'elle connaissait depuis toujours lui enserra le ventre. Elle recula en secouant la tête, le cou baissé vers le sol.

- Non. Non, je ne peux pas...

Elle n’avait pas pris la peine de parler à Percebrise en particulier et avait ouvert ses mots à tous les esprits autour d’elle. Les autres s'agitèrent un peu. Venait-elle de désobéir à un ordre ? Percebrise allait-il l'obliger à voler ? Cette idée la secoua soudain et elle senti ses cœurs s'affoler. Elle rejoint le groupe attroupé non loin derrière elle, la peur au ventre. Et c'est là qu'elle vit que certaines de ses compagnes avaient le regard qui oscillait entre leurs membranes vertes et le vide. Elle senti que certaines avaient peur, elle pouvait percevoir leurs doutes en frôlant leurs esprits. Et elle ne pu que rester clouée sur place, les yeux grands ouverts, lorsque Poussepierre s'avança lentement vers le bord de la falaise, avant de fixer Percebrise dans les yeux.
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MessageSujet: Re: Mon royaume pour une limace ! [PV Percebrise :3]   Ven 31 Juil 2015 - 17:07

C'est un RP à nous de nous adapter et ta réponse est chouette arrête de douter !

Il observa avec délice les dragonnelles qui commençaient à se rapprocher timidement du bord en conservant tout de même une distance de sécurité entre elle et le vide. Elles semblaient tout d'un coup attirées par le ciel, mais, ayant passé toute leur vie dans une grotte, aucune ne semblait vraiment prête à faire le grand saut, sans mauvais jeu de mots, sauf la plus téméraire du groupe qui osa s'aventurer plus près de lui. L'albinos continuait de battre des ailes, toujours plus fort, car rester sur place lui demandait plus d'énergie qu'un simple planage. Lorsque Poussepierre le regarda droit dans les yeux, il senti son estomac se tordre de satisfaction tellement il se sentait important.

« Déploie tes ailes, et fait les battre. »

Ce que la dragonnelle fit sur le champ, dévoilant ses belles membranes aux reflets verts, intactes. Mais le mot battre sembla la bloquer. Le blanc roula des yeux.

« Comme-moi ! » grommela-t-il, exaspéré par tant d'ignorance, en exagérant le mouvement de ses propres ailes. Poussepierre s'exécuta et l'imita. « Plus ample le battement, tes ailes doivent presque toucher le dessus de ta tête. Je sais que tu es fatiguée, mais tu vas devoir consolider tes muscles très vite. Vu ta taille, sautiller d'arbre en arbre, ou de rocher en rocher, serait une perte de temps. »

« Mais », objecta Poussepierre, « Une fois dehors, comment saurai-je ce que je dois faire ?

« Ma chère dragonnelle... Dans le ciel, des masses d'air mouvantes se presseront autour de toi. Tu sentiras si elles sont faibles ou fortes, lisses ou inégales, chaudes ou froides - et tu sauras tout de suite comment les exploiter. Tout sera beaucoup plus facile une fois là-haut, tu verras. Ici, dans ce renfoncement de la falaise, l'air est stagnant, inerte. Alors tu dois redoubler d'efforts pour le sculpter grâce à des battements toniques. Quand tes ailes montent, souviens-toi que l'espace entre l'ergot et la membrane doit s'écarter ; ainsi tu rencontreras moins de résistance. Cela est valable pour vous toutes. » ajouta-t-il en parcourant la clairière du regard.

En les regardant, il avait l'impression qu'aucune d'elle n'avait compris quoi que ce soit de ce qu'il leur avait dit. De toute façon, le vol était avant tout une affaire de coeurs ; même lui faisait les choses à l'instinct, et on ne lui avait jamais appris cet art. Il leur fit une démonstration, en se reposant sur le sol et en redécollant, suscitant un murmure d'excitation. Il pesait le double de Limace,, voire plus, et pourtant il flottait avec une telle aisance. Réussirons-nous jamais à l'imiter ? Il lu dans leurs pensées.

« Vous n'en êtes qu'à votre première leçon », les rabaissa-t-il. « Vous serez plus costaudes de jour en jour. Pour l'instant, entraînez-vous. »

Il atterrit précipitamment sans se soucier des dragonnelles enthousiastes qui se rassemblèrent pour discuter ou s'entraîner. En leur parlant il avait entendu au loin le craquement sinistre d'un autre géant morceau de pierre qui s'était effondré au loin. Il s'éloigna un peu des autres pour surveiller la montagne, les yeux plissés, scrutant chaque pics.
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