Forum de RPG basé sur l'univers de l'Âge de Feu par E.E. Knight
 

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  ⊰ La Bataille de Laevord ⊱

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MessageSujet: Re: ⊰ La Bataille de Laevord ⊱   Lun 3 Sep 2018 - 23:02




« Ecoutez, vous n'allez pas m'apprendre ce que recèle ce désert. » Répondit Hrognar au bleu qui avait trouvé son chemin jusqu'à lui. Toutes ces bêtes étaient-elles ainsi ? Devaient-elles toujours discuter, argumenter, détailler ? Il reprit.

« Les dragons du cratère sont en grande majorité des rescapés de votre empire, qui se sont installés loin des hominidés et de nos villes, là où nous ne pouvons pas les déranger. Nos patrouilles croisent régulièrement certains d'entre eux. Ils seront sans doute difficiles à convaincre, mais c'est notre espoir le plus tangible. Oui, je suis prêt à sacrifier un dragon si cela peut nous permettre d'en retrouver dix. Mes ordres sont clairs, réfléchis et calculés. Ce n'est pas à vous de me poser ces questions, décidez-vous, simplement. Maintenant, si vous voulez bien m'excuser... »

La cendre s'était finalement dissipée. Cette bête était un cauchemar ambulant. Montagne hallucinée, phantasme sordide, elle rampait, traînant son corps de ses longs bras, agitant des membres saugrenus qui lui jaillissaient du dos. Deux jambes suivaient, pendantes et inertes, raclant le sol. Son allure vaguement humaine rendait cette Chose presque risible, et c'était probablement là ce qu'il y avait de plus terrifiant en ce monstre. Son crâne, lui reptilien, formait une flèche, une pointe aiguisée, balafrée d'une gueule et crevée de deux yeux. C'était un être tordu, difforme, un chef d'œuvre de démesure et d'exubérance, qui n'avait pas le moindre regard pour ce qui était plus petit que lui, écrasant les autres Nepprandir dans ses mouvements. Le sol alentour crépitait, l'air se dilatait, troublant la vue d'improbables arabesques.

« AUX MURAILLES, TOUS ! » rugit Hrognar. « LES DIVISIONS DU CAPITAINE NJÒRA PASSENT AUX ORDRES DU CAPITAINE KNUT. CAPITAINES, GARDEZ LA SITUATION A L’ŒIL, PRÉPAREZ-VOUS A ATTAQUER. Dragons, gardez vos flammes, ces choses n'en ont que faire. Visez les plus petites bêtes, emportez-les dans les airs, brisez-les, ce sont elles qui donnent le plus de mal à nos hommes. A VOS POSTES, TOUS ! »

Une stridulation sinistre s'éleva d'entre les rangs des Nepprandir, corne de brume fantomatique qui mit en mouvement l'armée des cendres. La bataille venait de reprendre.



« Avez vous donc oublié votre histoire ? Ou est passé l'honneur des Nains ? » S'emporta Anmar.

« Ne parle pas de notre peuple comme si tu en connaissais les coutumes, elfe ! » S'éleva une voix dans l'assemblée. Anmar marqua un temps d'arrêt, et se retourna.

La salle des audiences était vaste. Circulaire, éclairée par de curieuses lampes suspendues, Anmar se trouvait seul sur une petite estrade. Autour de lui était une large assemblée, assise sur des bancs de bois, ou sur des trônes de pierre, selon l'importance des individus. Impossible de savoir d'où lui avait été lancée cette pique, mais cela n'avait que peu d'importance.

« Je suis né et ai grandi à Veille-Chagrin. Je me suis battu au côté de fiers soldats nains, qui m'ont toujours vu comme leur semblable. Avez-vous déjà mis les pieds à Laevord ? Elfes, nains, humains, rien n'a d'importance. Il y a, là, dans ce désert, un danger bien plus grand que nos différends ethniques. Un danger face auquel nous sommes tous unis. Alors lorsque vous brandirez votre lame pour défendre votre peuple, sieur nain, je cesserai peut-être de parler. Mais pour l'instant, vous n'êtes pas à-même de me donner une quelconque leçon de patriotisme. »


« Si votre union est telle, alors vous n'aurez sans doute aucun mal à vous défendre ! » Répliqua Alburi, ce qui ne manqua pas d'en faire rire plus d'un.

Alburi était le porte-parole du seigneur Yngvi, qui n'avait même pas pris la peine de se déplacer pour l'audience. D'aucun diraient d'Alburi qu'il était bien en chair. Généreux. Bon vivant. Ses traits n'en étaient pas moins durs et anguleux. Si l'on distinguait si bien son visage, c'était par ce que sa barbe avait été troquée pour une épaisse tignasse d'un noir ébène, nouée en une longue natte. Natte qu'il n'avait de cesse de triturer entre ses doigts boudinés.

« Mestre Alburi, je ne suis pas ici pour jouer à quelque duel d'esprits. Aussi vous serais-je gré d'entendre mes paroles. La solidarité du peuple d'Aurvangar est légendaire. Nous avons accueilli les réfugiés de l'ouest, nous avons travaillé main dans la main avec les Hommes de Tyr Newydd, nous avons en tout temps commercé avec la Baie... Notre fraternité de s'adresse-t-elle qu'au reste du monde ? Qu'en est-il de nos Sentinelles qui tombent, pendant que vous dégustez quelque bon vin de Byleuc ou d'Abylo ? Votre propre peuple n'a-t-il pas droit, lui aussi, à un peu de votre sympathie ? Que tous les seigneurs nains d'Aurvangar viennent discuter de cette affaire. Convoquons le Leida. »

Le nain se pencha du haut de son trône, qui était le plus haut de tous les trônes qui entouraient l'elfe.

« Ecoutez, Archiviste. Je suis fatigué de vous le répéter. Nous n'avons rien reçu de la part du seigneur Skirfir. Vous n'obtiendrez pas de rassemblement du Leida. Seul un seigneur à ce pouvoir, et vous n'en êtes pas un. Si le problème était si grand que vous le dites, je n'ai nul doute que Skirfir se serait manifesté. Un message de sa part, ou de celle de n'importe quel seigneur, et le Leida sera réuni. Vous pouvez disposer, Anmar. Nous avons d'autres affaires qui attendent. »


Anmar était ébahi. Cette indifférence le laissait sans voix, aussi tourna-t-il les talons, sans demander son reste, et poussa la porte de la salle d'audience. Cela faisait plus d'une heure qu'il discutait avec Alburi. L'elfe avait attendu plusieurs jours pour cette audience, qu'il avait pensée dans les moindres détail. Il avait exposé toute la gravité de la situation, fait intervenir les quelques citoyens qu'il avait pu réunir, toutes les preuves étaient là. La discussion en revenait toujours au même point. « Seul un seigneur nain peut convoquer le Leida ». Alburi ne voulait rien dire d'autre.

Qu'il en soit ainsi. Deux seigneurs se trouvaient sur la route du retour. Deux chances d'obtenir un salut quasi certain ; si il n'était pas déjà trop tard. Trouverait-il Laevord envahie par les Nepprandir ?
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MessageSujet: Re: ⊰ La Bataille de Laevord ⊱   Ven 14 Sep 2018 - 19:28




Nouveau !

« Soldat, relevez-vous ! Renvoyez-ces saloperies à... » un harpon de roche sombre déchira la poitrine du Capitaine Ulfrar, tachant d'écarlate le sol sur lequel il se tenait.

Le jeune tirailleur étalé dans la cendre se releva, ramassa son arbalète, courut à grandes enjambées, trébucha. Une bête, haute de trois fois sa taille, fit bouillir sa chair d'un souffle brûlant, dénué de flammes. La peau du nain rougit puis noircit, suintant, cuisant sous son armure de métal ; le pauvre hurla, avant de retourner au silence. Le monstre, qui courrait sur quatre pattes épaisses, fit volte-face, plantant son regard ardent dans les yeux de Hrognar. Baissant son improbable crâne, il fonça, mugissant, vers le Commandant.

Cette bataille était un massacre. Hrognar esquiva la bête, bondit sur son dos, y plantant ses haches. Tout autour de lui, les cadavres des Sentinelles se comptaient par dizaines. Il reconnut également certains des hommes de Nirfäel – où était-il d'ailleurs ? La carapace fumante du Nepprandir brûlait les pieds du nordique. Cela faisait des jours que les combats duraient. Le premier mur d'enceinte avait été brisé, et d'après les rapports de ses soldats, le second ne tarderait pas à tomber. Il arracha l'une de ses lames au dos du mastodonte, vint ficher celle-ci à la base de son cou, se laissa tomber sans lâcher son arme, fendant dans un nuage de braises les chairs de bête, qui s'écrasa lourdement contre le sol. Hrognar essuya la cendre de son visage, ramassa ses armes.

Il avait fallu faire évacuer la ville, la menace d'une percée du dernier mur étant trop grande. Le peuple avait emprunté les tunnels menant à Skerlida, et les derniers habitants étaient partis aujourd'hui. On avait scellé les tunnels derrière eux, pour s'assurer qu'aucun ennemi ne les y suivrait si la défense de la ville échouait. A celui du sang se mêlait un autre goût, plus amer, dans la bouche de Hrognar. Pourquoi n'avait-il pas demandé l'aide des seigneurs d'Aurvangar ? La bataille était loin d'être finie, et les Sentinelles tombaient les unes après les autres. Veille-Chagrin pouvait-il, finalement, tomber lui aussi ? L'imprenable forteresse verrait-elle s'écrire la fin de sa légende ?

La monstrueuse bête qui était apparue au début de la bataille n'avait toujours pas bougée. Elle était restée immobile pendant des jours, étendant son ombre sur le champ de bataille, omniprésente, imperturbable. Terrifiante. Tous levaient vers elle un regard inquiet, craignant le moment ou ce monstre s'animerait. Il était désormais clair que les Nepprandir n'attaquaient pas aveuglément, comme ils l'avaient toujours fait. Leurs positions de combat étaient organisées, réfléchies. Leurs déplacements l'étaient tout autant, de sorte qu'on commençait à entendre parler de « stratégie adverse » parmi les capitaines, terme qui, quelques semaines auparavant, en aurait fait rire plus d'un lorsqu'il s'agissait de qualifier les attaques jadis prévisibles et primitives des bêtes des cendres. Les choses avaient changé.

L'un des dragons fendit le ciel, fonçant en piquet sur le champ de bataille. Il laboura les lignes adverses de ses serres puissantes, brisant ses prises en plein vol. Ces seigneurs ailés étaient un atout sans pareille. Bien souvent, Hrognar scrutait les nuages à l'ouest, espérant y voir se dessiner la silhouette du bleu, accompagnée d'une armée de ses semblables. Avait-il réussi à traverser le Cimetière ? Avait-il réussi à convaincre les dragons de Brûlevent ? Le Commandant balaya du regard le champ de bataille. Il y dénombra deux-cent hommes, tout au plus, et autant de Nepprandir. Le ratio était très étroit – trop étroit. Sur les remparts n'étaient plus que deux trébuchets et trois balistes, qui auraient vidé, d'ici un jour ou deux, les dernières munitions du fort. Et lorsque... Une clameur tira Hrognar de sa réflexion. Une figure familière s'était dessinée entre les ruines de la Grand' Porte : Skirfir de Laevord, tout en armure dorée, tenant au poing Sundrár, son légendaire marteau de guerre. Derrière lui suivait sa garde personnelle, ses douze Einherjar – les plus grands  guerriers qu'avait vu naître l'Aurvangar, chacun surpassant par ses faits d'armes les meilleures Sentinelles du fort, provoquant même la jalousie du seigneur Yngvi de Gullvirki. Ils portaient avec eux, battant aux vents, l'Oriflamme d'Aurvangar, symbole du pouvoir des Nains.

« Sentinelles de Laevord ! Vous battrez-vous aujourd'hui aux côtés de votre Seigneur ? » tonna Skirfir, dont la puissance de souffle n'était nullement altérée par son âge avancé. Son appel résonna sur tout le champ de bataille, galvanisant les guerriers encore debout, qui répondirent en chœur malgré la frénésie des combats.

« A MOI ! TOUS A MOI ! FAITES BLOC, TENONS-NOUS TOUS COTE A COTE, BOUCLIER CONTRE BOUCLIER. VOUS N'ETES AUJOURD'HUI PAS MES SOLDATS MAIS MES FRERES ! »

Ces ordres mirent un terme au désordre qui régnait alors. Dispersés au pied du mur, les guerriers abandonnèrent leurs combats, venant former autour de leur Seigneur un mur de boucliers, hérissé de lances. Les Nepprandir, un instant désorientés par la tournure subite des événements, se regroupèrent également, et leurs effectifs semblèrent soudain bien moindres. Était-ce là l'effet de l'espoir ?
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MessageSujet: Re: ⊰ La Bataille de Laevord ⊱   Mer 19 Sep 2018 - 21:42



Il ne faisait aucun doute, comme il se le disait souvent, que le barde avait beaucoup perdu de la naïveté de sa jeunesse. Aujourd'hui âgé de presque quatre-vingts ans, il était fier de pouvoir dire qu'il avait aussi perdu son outrecuidance et impétuosité de jadis. Il était devenu quelqu'un de responsable et parfaitement à même de juger de ses capacités à remplir un rôle. Après tout, il suffisait d'emmener une missive jusqu'au commandant Hrognar qui exprimait le besoin d'une tierce centurie sur le rempart Ouest. Accompagné d'Irvym, son hongre pas moins fier que lui, il s'était dit que non seulement il arriverait sans danger au côté du commandant, mais qu'il serait dans le même temps capable de produire quelques phrasés pour sa nouvelle chanson : "La déferlante de Skirfir Marteau-d'or". Nul doute qu'en arrivant il aurait déjà composé les six premières rimes !

C'est ainsi qu'une fois au galop sur le champ de bataille, Nirfäel apprit une chose : la naïveté ne s'évaporait jamais vraiment, elle demeurait au contraire, ensevelie sous l'imprudence comme un vieux jouet caché sous la commode.

-LE FLANC ! CONTRÔLEZ LE FLANC, MERDE !  

Sur la place située à l'Est de la citadelle de Veille-Chagrin, les cris fusaient à tout va et la bataille faisait rage. Tout n'était que clameur, épées qui s'entrechoquent, peaux qui se découpent, cendres qui s'écroulent et piétinements de bottes. La cacophonie durait depuis plusieurs heures et elle était loin, très loin de s'arrêter.

Le bien heureux et nouveau messager s'élança sur son destrier dans un large escalier. Il arriva dans ce qui lui parut être une vision honnête et précise de l'horreur. Les Nepprandirs hachaient menu des dizaines de nains disséminés, leur capitaine venant d'effectuer une bien mauvaise affaire en la présence d'un harpon rocheux dans son plastron. En passant près du cadavre, le demi-elfe vit ses entrailles badigeonner le sol. Il éperonna son cheval, fit claquer les rênes et se coucha presque sur l'encolure de sa monture, s'assurant d'aller plus vite qu'un épervier avisant une femelle dans le ciel. Le sentiment d'épouvante commençait à lui peser très fort sur les épaules. Il n'avait pas le temps de protester cependant, du reste, ses protestations seraient tombées dans l'oreille des morts ou d'hommes à l'agonie.

Se rappelant qu'il était un messager officiel du fort, il poursuivit sans relâche sa course effrénée. Il oublia le ciel embrasé par le feu et les nains qui appelaient à l'aide dans le carnage grandissant. Il ne fit pas attention à la créature massive qui avait vaporisé Feu la capitaine Njòra. Elle surplombait la terre dans un état figé, comme une statue se dressant et attendant un ordre sinistre qui l'autoriserait à déverser sur les défenseurs toute sa rage et sa puissance. Il se moqua même éperdument des étendards plantés dans le sol, ne se demanda ni ce que signifiait celui où l'on semblait apercevoir un cochon manger une marmotte, ni celui qui représentait un serpent enroulé autour d'une biche. Il n'admira pas même le très glorieux étendard d'Aurvangar et du désormais héros Skirfir Marteau-d'or, où l'on pouvait voir un énorme soleil.

A dire vrai, il remarqua à peine qu'il venait d'atteindre un autre rempart, sur lequel se battait Hrognar. En revanche, lorsque sa vue fut masquée par un gigantesque Nepprandir qui levait une sorte de bras informe et noir au-dessus de lui, il prit très vite conscience du danger. Et il effectua la seule défense qu'un poète digne de ce nom et désireux d'écarter toute violence de son cœur pouvait faire. Il hurla à s'en arracher les poumons. Curieusement, son effroi le sauva, car le hongre eut si peur de ce cri qu'il rua, faisant glisser le demi-elfe de son dos, lui évitant ainsi un coup terrible de la part du cendreux. Entendant sa détresse, un groupe de nains surgit et fendit l'ennemi de leur hache. Nirfäel se releva mollement. Il entendait des bruits sourds et voyaient des silhouettes floues de nain. Puis une voix :

-Onnnnnnnnnnn se relève !  
Le demi-elfe s'exécuta presque inconsciemment.
-Quiiiiiiii es-tu, bordeeeeeeeeeel de merde ?  
-Nirfä...  
-Tooooooooooon grade.  
-Je suis messager... J'ai des ordres pour le commandant Hrognar qui viennent du Seigneur lui-même.  

Le nain lui indiqua le chemin et retourna en courant dans l'enceinte pour rejoindre ses camarades et replonger dans le puissant vacarme de la bataille. Il se tira lui-même avec son hongre jusqu'à un carré de lansquenets qui se démenaient sur le front. Là-bas, l'odeur de feu de bois et les particules de brûlé étaient devenues monnaie courante. Le demi-elfe marcha pendant ce qui lui sembla être des jours. Il n'osait regarder son allure tant il était sûr qu'elle ne seyait guère à un barde renommé. Même son manteau affichait un état lamentable et il se demanda, au milieu de tout ce bazar, où il pourrait en racheter un autre. Ni une, ni deux, il arriva très rapidement devant le commandant. Lui aussi montait un cheval de grande taille et en usait comme poste d'observation au-dessus de ses troupes.

-Commandant Hrognar ?  
-Eh bien, salut à vous maître barde ! On se demandait bien ce qui avait pu vous arriver.  
-J'ai été intercepté par le seigneur Skirfir qui m'a demandé de vous transmettre un message en ces termes : Le front devant la Grand' Porte menace de... (Une explosion assourdissante résonna dans le fort et couvrit ses mots) menace de s'effondrer. Il demande un remaniement du front central pour obtenir du soutien.  
-Mais nous ne sommes déjà pas suffisamment nombreux à défendre sur les murs, bon sang !  
-Vous n'avez pas vu à quoi ça ressemble là dessous. Moi oui, et je vous le dis sans détour : ça ne donne pas envie d'y retourner.  

Le commandant des nains réfléchissait. Il s'entretint avec ses conseillers, montra une plaine au loin. Il y eut beaucoup de disputes avant que Hrognar les fasse finalement tous taire :

-Skirfir a renversé le cours de la bataille, mais il ne peut pas tous nous sauver avec des discours. Il nous faut des renforts, de gros renforts. Il faut que quelqu'un aille porter un message aux autres seigneurs nains pour leur demander de l'aide...  
-Je me porte volontaire !  

Nirfäel avait dit cela avec beaucoup de réactivité, presque instinctivement. Il s'en voulait car il allait les laisser tous ici tandis que lui partirait tranquillement loin du fort. Mais l'occasion était trop belle de se tirer de ce pétrin. Diantre, il n'était pas non plus un soldat ! Il ne fallait pas trop en demander à sa personne en ce qui concernait la guerre ! Les nains le regardèrent comme pour le jauger. Ils se concertèrent encore pendant quelques secondes, durant lesquels le demi-elfe s'en voulut plus encore et se mordit les lèvres. Ensuite, Hrognar vint pour lui serrer la main, l'air solennel.

-Merci, Maître barde. Nous savons à quel point nous vous demandons un grand sacrifice. Vous faites preuve d'un courage que n'aurait pas démérité l'un des nôtres. Je prie pour que vous ne mourriez pas en cours de route.  
-Hein ?  
-Allez ! En avant, les gars ! Protégez l'elfe coûte que coûte ! Par ici, ménestrel. Prend ton cheval, tu vas en avoir besoin.  
-Mais...  

* * *

-"Je vais mourir. La seule composition qui restera de moi sera une oraison funèbre."

-SUS AUX CENDRES ! FAITES CREVER CES FILS DE CHIENNES !
-Gardez le rang ! En formation serrée ! Lanciers devant, arbalétriers derrière ! Le cri de guerre, nains ! Entonnez le cri de guerre ! Pour Skirfir ! A la victoire, Veille-Chagrin ! Houuuuu houuuuuu !
- HOUUUU ! HOUUUU !
 

Les bottes des nains firent trembler le hourd tout entier dans lequel ils se battaient. Le toit en bois se fracassait au-dessus d'eux. Dans l'enceinte, les chevaux hennissaient et ce fut comme entendre la terreur même. Le demi-elfe, accompagné de l'humain, se demanda bien ce qu'il faisait ici. Son hongre aussi se le demandait, il tapait du sabot sur le sol furieusement, souhaitant visiblement partir au galop loin du tumulte de la bataille.
Un instant plus tard, poussant vers l'avant avec une ligne de pavois et des hallebardes tranchantes, les nains réussirent à sortirent du hourd. Ils passèrent tous dans la poivrière, à l'angle de deux remparts et atteignirent la rampe extérieure. Et dès lors, ce ne fut plus qu'un vaste chaos. Ils se retrouvèrent face à un millier de Nepprandir qui effectuait une percée et massacrait sans relâche aucune les sentinelles du fort. Le demi-elfe tremblait, manquait de s'évanouir en voyant les corps s'effondrer, les faces horrifiantes des cendreux et le ciel rougeoyant.

-Serrez les rangs, putain ! Serrez les rangs !  

"C'est de la folie. Tous ces morts, toutes ces pertes pour que je puisse amener un message que des seigneurs assis sur leur trône railleront éperdument. Cette formation ne devrait même pas pouvoir avancer... On est encerclé... Hrognar va nous dire qu'il faut se replier. Nous allons nous replier et puis je pourrai me réinstaller dans la tente de l'hôpital Est."

Ils avancèrent. Encerclée de toute part mais protégée par d'innombrables boucliers levés, la formation demeurait compacte comme un bloc de ciment refroidi. Ils avancèrent et écrasèrent la cendre sous leurs bottes. Un Nepprandir surgit soudain de derrière la formation et se jeta sur les nains, à un mètre du demi-elfe.

-HOUUUU HOUUUU !  

Le cendreux se releva, vit l'elfe et le prit pour le chef de toute cette meute. Il se jeta sur lui, pensant avoir un combat digne de ce nom.

-HOUUUU ! HOUUUU ! HOUUUU !  

Un bouclier en acier lui éclata la tête, brisant son crâne en un millier de particule et l'ennemi s'écroula devant un Nirfäel affolé. Soudain, une tempête de feu s'abattit sur les rangs des Nepprandir comme l'orage, les annihilant comme de petites poupées de chiffon. Le dragon rouge survola les cieux sous les vivats des nains. Hrognar vint relever le noble messager et épousseta son manteau déchiré.

-C'est pas si facile, hein, Maître chanteur. Va maintenant. Quitte ce bordel, rapporte-leur ce que tu as vu et ramène-nous du monde pour en finir. Bonne chance !  

Le demi-elfe monta sur le hongre sans répondre, avec des gestes mécaniques. Le commandant humain tapa sur la croupe et le cheval déjà tendu comme un ressort partit au triple galop. La silhouette du fort disparut peu à peu dans le lointain mais le fracas des combats ne cessa que lorsqu'ils furent à quarante lieues derrière. A ce moment-là, le demi-elfe décida de faire ralentir sa monture. Il ne voulait pas l'essouffler avant même le début du voyage. Nirfäel avisa ensuite les collines au loin et inspira longuement. Puis il talonna son destrier. Sur la route, il ouvrit le sac qui créchait sur la selle et sortit avec réconfort le petit luth de son étui. Il l'accorda fort sobrement, et continua son dur labeur :

-...De milles nuances, fut un chant de sorcier entonné,
Pour tuer, détruire, trahir, ainsi les vœux exaucés,
Mais de résistance et de caractère, pouvoir contre pouvoir,
Marteau-d'or répondit, et les nains reprirent espoir...
 

Il s'arrêta soudain car il ne faisait que de chanter. Où était donc passée la musique ? Il regarda son luth silencieux et comprit que ses doigts tremblaient encore. Frémissant. Paralysés. Au-dessus de lui, le tonnerre gronda.


Dernière édition par Nirfäel le Sam 22 Sep 2018 - 10:44, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: ⊰ La Bataille de Laevord ⊱   Sam 22 Sep 2018 - 8:37




«- Ecoutez, vous n'allez pas m'apprendre ce que recèle ce désert.» Lui répondit l’humain avec agacement. «Les dragons du cratère sont en grande majorité des rescapés de votre empire, qui se sont installés loin des hominidés et de nos villes, là où nous ne pouvons pas les déranger. Nos patrouilles croisent régulièrement certains d'entre eux. Ils seront sans doute difficiles à convaincre, mais c'est notre espoir le plus tangible. Oui, je suis prêt à sacrifier un dragon si cela peut nous permettre d'en retrouver dix. Mes ordres sont clairs, réfléchis et calculés. Ce n'est pas à vous de me poser ces questions, décidez-vous, simplement. Maintenant, si vous voulez bien m'excuser... » Et sur ce, il partit rejoindre ses troupes sans un regard en arrière.

Pour une des rares fois de sa vie (mais cela avait tendance à se produire de façon régulière depuis l’Exode), UruBuzol se sentit... irrité ? Enervé ? Insulté ? Lui qui n’avait jamais vraiment accordé une grande importance aux sentiments d’orgueil ou d’amour propre, le mépris constant de ces hominidés de l’Est commençait à titiller légèrement ses nerfs.

Il avait tenté de comprendre la raison de ce rabaissement il y a de cela plusieurs années, et il pensait l’avoir compris, ils n’étaient que des vagabonds aux yeux des peuples de l’Est. Des voisins en déroute, indésirables, s'immiscent dans les villes et cités déjà bondées, mangeant la viande et le pain d’une terre qui ne les avait jamais attirés auparavant. Les dragons a fortiori, plus grands, plus forts, plus gourmands et plus puissants avaient canalisés cette crainte parfois irrationnelle que l’Est était trop petit pour cette marée de misère et de famine. Il pensait avoir compris la crainte de ce peuple d’être dépassé par cette masse et assouvi par les grands reptiles ailés au souffle ardent.

Mais d’être ainsi traités comme de vulgaires fanfarons à qui on ne prêtait pas la moindre intelligence tactique alors qu’ils venaient de traverser la moitié du continent pour sauver d’une situation désespérée quelques hominidés entassés derrière trois murs de pierres (hominidés dont le sort importait bien peu à leurs propres semblables, UruBuzol aurait pu parier sa prochaine poussée d’écaille dessus). Cela déplaisait forcement au bleu. Il était même certain qu’on avait accordé plus de respect et de considération à cet étrange hybride (et UruBuzol savait très bien le traitement que les races hominidées réservaient aux sang-mêlés) qu’à lui et ses compagnons.

Un long filet de fumée grise s’échappa des narines du dragon azur et il se força à se calmer. Il avait finalement fallu qu’il connaisse l’humiliation de la fuite et de la soumission pour apprendre à faire bouillir son sang. Son mentor, au temps de la garde draque, en aurait pruumé d’amusement.
Le commandant humain qui ne s’était jamais retourné n’avait pas pu voir l’étincelle briller dans les yeux mauves du bleu. Un jeune nain non loin, au contraire, avait préféré s’écarter.
Toujours accroché verticalement aux remparts, l’écailleux se lança d’un bond dans les airs. Inutile de prendre la peine de se faufiler de nouveau parmi les bâtiments. En décrivant un simple arc de cercle, il fut de retour auprès de ses congénères.

«- Alors ? Gronda le rouge qui fixait d’un oeil méfiant le colosse immobile derrière les lignes ennemies. Qu’est ce qu’on fait ?

- Ils veulent que je parte au Nord-Ouest chercher des renforts. Ils prétendent qu’un important groupe de rescapés du Lavadôme s’y cachent et que seul un dragon peut y accéder. J’ignore si c’est vrai mais cela pourrait en valoir le coup.

- Tu es sûr de pouvoir voler encore jusque là ? S’inquiéta ZuRal dont le corps léger lui avait permis de s’enrouler à mi-hauteur d’une tour presque écroulée pour mieux voir la créature. Pour ton aile je veux dire.

- Il n’a pas le choix de toute façon, le coupa sévèrement GooRogot d’un draquine agressif. Tu irais plus vite mais tu ne pourrais pas trouver ton chemin dans ce désert. Quand pars-tu ?

- Sur le champ. Je doute qu’il soit judicieux d’attendre encore la nuit. Je volerai bas en gardant cette forteresse entre moi et cette créature jusqu’à ce que je sois assez loin pour me confondre avec le ciel. J’ignore si cette chose est douée d’une quelconque intelligence mais mieux vaut ne pas prendre de risque.»

Avec méfiance, UruBuzol observa les bipèdes qui les entouraient. Il était peu probable que l’un d’eux comprenne le draquine. Encore plus le draquine légèrement accentué de l’Ouest. Mais il ne voulait pas prendre de risque.
Fermant les yeux pour se concentrer au maximum, il tenta d’établir une connexion mentale avec les deux dragons.

Méfiez-vous des hominidés, nous ne sommes plus dans l’Empire et nous ne pouvons réellement compter que sur nous même. Ne dormez qu’un oeil ouvert, mangez autant de métaux que vous le pouvez pour solidifier vous écailles, n’hésitez pas à en prendre sur les armures des cadavres s’il le faut. J’ai cru comprendre qu’une épidémie se propageait entre les murs, il y a peu de chance qu’elle nous soit transmissible mais soyez tout de même prudents. On m’a informé que nos ennemis ne craignaient pas le feu donc n’hésitez pas à user de votre foua pour brûler les chairs. Il marqua une pause. Restez en vie, si le fort tombe ne vous sacrifiez pas inutilement ça n’en vaudrait pas la peine: nous sommes là pour reprendre le Lavadôme. Zural, ta cuirasse est incomplète alors garde tes distances. Privilégiez les adversaires de petite taille, ce sont les plus nombreux qui posent le plus de problèmes aux hommes et aux nains. Soulevez les ou lancez leur des projectiles. GooRogot, tu prends le commandement.

Il rouvrit les yeux. D’un mouvement de tête le rouge et le doré lui firent signe qu’ils avaient compris son ordre. Il était difficile de communiquer des images mentales avec des dragons sans lien de sang ou qu’on ne connaissait pas depuis longtemps. Mais, pensa le bleu, peut-être que si leur unité persistait ils pourraient un jour communiquer plus facilement entre eux.

Les reptiles tournèrent la tête. Le jeune hominidé qui avait apporté la carte du désert venait de revenir dans la cours avec trois gros morceaux de viande séchée. Face aux regards accusateurs des autres soldats, il semblait peu sûr de lui.

«- Je... j’ai pensé qu’il faudrait mieux que vous ayez mangé... après avoir traversé le désert...»

Zural, qui était sans doute le plus impatient des trois, se jeta sur sa part en le remerciant au nom de tous. UruBuzol fit de même, prit sa part et son envol.


*************

Il regrettait.
Il regrettait grandement.
Il regrettait d’être parti aussi rapidement, sans avoir pris le temps de se reposer.
Mais surtout il regrettait que, alors que le ciel se teintait de nouveau de rose dans son dos, non pas le rose du crépuscule mais bien le rose d’une nouvelle aurore, de ne pas avoir encore rencontré un seul écailleux. Comment penser que, dans ces plaines stériles, puisse survivre des dragons ? Le combattant doutait de plus en plus des propos du commandant.
Cependant il ne pouvait pas encore rentrer. Il avait prédit à l’hominidé qu’il lui faudrait au minimum trois jours pour revenir du désert, avec ou sans dragons, et il comptait bien utiliser tout ce temps pour inspecter la région, dut-il en tomber de fatigue.

Mais, alors qu’il se faisait cette moralité, il lui semblait que, à la limite de sa vision, l’horizon se hérissait d’une certaine irrégularité. Au fil de sa progression, cette irrégularité gonflait et s’élargissait, formant comme un mur aux parois hérissées. Si c’était cela le cratère de Brûlevent alors aucun doute: il n’y avait bien qu’un dragon pour y accéder.
Mais il ne voyait toujours pas l’ombre d’un reptile.




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MessageSujet: Re: ⊰ La Bataille de Laevord ⊱   Dim 23 Sep 2018 - 4:22




Nouveau !

« ...maintenant asseyez-vous mestre barde, vous méritez bien quelques instants de répit. Vous méritez bien plus, d'ailleurs. Si vous n'êtes que la moitié d'un elfe, vous faites à vous seul plus de travail que deux d'entre nous réunis... Le Seigneur Lofarr va nous recevoir sans tarder. Profitez, donc. »

Anmar venait d'écouter le récit d'un massacre. Un cauchemar, que le demi-elfe savait, par quelque enchantement du langage, vêtir d'un noir manteau de poésie. Nirfäel n'avait pas chanté l'heureuse épopée de guerriers triomphants, ni la ballade rêveuse d'un amant à sa belle. Il n'avait pas travaillé le vers, la rythmique et les césures, la diérèse et la métrique. Il n'avait pas échauffé son souffle, pas plus qu'il n'avait accordé les cordes de son luth, dont seul le silence accompagnait ses dires.
Il y avait, dans la voix tremblante du barde, dans le choix hésitant de ses mots, un air que nulle oreille n'aurait pu écrire, un chant plus triste encore que la plus la plus déchirante des monodies.
L'Archiviste était glacé. Si même le porteur de Sundrár et ses Einherjar s'étaient mêlés au combat, si l'on avait déployé l'Oriflamme... L'aide de Skerlida était plus que nécessaire.

Anmar regarda le ciel. Là-haut, une colonne sombre s'élevait, masse monstrueuse qui dévorerait sans tarder le soleil, teintant sa claire lumière d'un orangé crépusculaire. Les cendres, bientôt, tomberaient comme les premiers flocons d'hiver. Les hautes bâtisses qui encadraient la cour du château de Skerlida ne permettaient pas de voir l'horizon, mais l'elfe n'en avait pas besoin pour savoir que sous ce nuage se tenait le fort de Veille-Chagrin.

Au nord de la ville, les réfugiés continuaient d'affluer, s'élevant de sous la terre, émergeant de tunnels qui n'avaient pas été empruntés depuis qu'on en avait posé la dernière pierre. C'étaient surtout des femmes, des enfants et des vieillards, qui jetaient, à peine arrivés, des regards inquiets derrière eux. Fantômes livides et grimaçants, qui traînaient dans un sac ce qu'ils avaient pu sauver de leur vie, ils rejoignaient en un murmure mêlé de pleurs les salles communes de Skerlida.

« Archiviste Anmar ? »

L'elfe sursauta. La porte du château venait de s'ouvrir, et ses gonds étaient aussi grinçants que la voix du vieux nain qui se tentait dans l'embrasure, les yeux enfouis sous d'épais sourcils. Anmar fit signe à Nirfäel.

« Allons-y mon ami. Lofarr ne peut pas ignorer le danger qui gronde au nord. »

En franchissant la porte, ils arrivèrent dans une vaste halle de pierre, comme les nains les aimaient tant. De larges candélabres pendaient des voûtes du plafond, elles-mêmes supportées par d'épais piliers entourés de torches. Aux murs, une enfilade de boucliers dorés surplombait une gigantesque tapisserie contant l'épopée des nains de Brynnheim. De longues tables s’alignaient, jusqu'au fond de la salle, où sur une estrade se dressait le trône du seigneur Lofarr, dont le propriétaire discutait non sans vigueur avec ses conseillers.

« Ah ! Voici donc l'Archiviste Déserteur et l'Homme-Elfe aux Belles Paroles ! La réputation d'un brave est plus rapide que le vent, et la votre vous précède de loin, mes amis. Mais n'ayez crainte, car c'est elle qui nous apprends que de cette fichue forteresse de Veille-Chagrin, vous êtes les plus sensés. Ne perdons pas de temps en négociations. Si je vous ai fait convoquer, ce n'est pas pour débattre, mais bien pour établir un plan d'action. »

« Merci, Seigneur Lofarr. »

« Remerciez votre ami barde également. C'est sa présence qui a déterminé mon choix. Voyez-vous, mes conseillers ont une fâcheuse tendance à laisser traîner leurs... oreilles dans la ville. Le récit de mestre Nirfäel n'a pas manqué d'être entendu, et de m'être ramené. En un sens, vous pouvez donc également remercier mes conseillers. Et comment ignorer ces braves gens qui nous viennent des tunnels ? »

« Vous faites honneur à votre peuple, Lofarr. Yngvi ne s'est pas montré si compréhensif. »

« Ha ! Yngvi ! J'imagine qu'il n'a même pas pris la peine de venir vous voir, n'est-ce pas ? Même à nous, il ne nous accorde plus sa royale présence. Qu'il reste dans sa tour d'or, pompeux vieillard... Allons, bon. Quelle est la marche à suivre ? Vous êtes mieux informés que quiconque ici au sujet de ce qui se passe à Laevord. »


Anmar jeta un bref regard à Nirfäel. Il y avait, finalement, une lueur d'espoir dans toute cette obscurité.

« Nous avons besoin du plus... »

Résonna alors un lourd grondement, un vrombissement métallique, puis le cliquetis d'une centaine d'engrenages. L'air sembla se déformer au milieu de la halle, et un nain, enroulé dans de longs tissus, coiffé d'un casque saugrenu aux larges lunettes s'y dessina. Le nouveau venu toussota.

« Je pense avoir une solution à votre problème. »

Lofarr se leva se son trône, incrédule.

« Que ? Qui êtes-vous donc ? Gardes ! »

L'Archiviste était tout bonnement perdu. Le Barde n'en menait pas plus large.

« Twain, des Enfants de Beiriant. »

« Qu'est-ce que fait votre Compagnie de... d'antiquaires dans mon château ? Qui vous a permis d'entrer ? »

« Nous nous le sommes permis nous-même votre altesse. Veuillez nous en excuser. Il y a d'importantes affaires dont je voudrais tous vous entretenir. »


Un autre nain fit soudain irruption – cette fois-ci, par la porte – haletant, ruisselant de sueur. Il traversa la halle, le pas maladroit et fatigué, trébuchant finalement au pied de l'estrade.

« Se... Seigneur ! Les... les... l... Les f... f... »

« Respire mon garçon, respire. »
Gronda Lofarr.

« Les Feux... de... L... Laevord... ils... ils sont al... allumés. Laevord à... décidé de... sonner l'alerte. »


Un lourd silence envahit la salle. S'y installa quelques instants. Jusqu'à ce que le nain à lunettes fasse un pas vers la petite assemblée.

« Acceptez-vous de m'écouter maintenant ? »
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