Forum de RPG basé sur l'univers de l'Âge de Feu par E.E. Knight
 

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  ⊰ La Bataille de Laevord ⊱

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MessageSujet: ⊰ La Bataille de Laevord ⊱   Jeu 2 Aoû 2018 - 14:00






« Capitaine quels sont vos ordres ? »

« Nos défenses sont-elles prêtes ? »

« Oui mon Capitaine, nos meilleures Sentinelles sont en formation de Contre. L'artillerie est prête et les archers sont aux tours. Mais les forces ennemies sont... »

« Déjà mortes. »

« Capitaine c'est... c'est de la folie... »
baffouilla l'elfe.

« Veille-Chagrin n'est jamais tombé. J'ai vécu des batailles au moins moitié plus exotiques que celles-ci ! Ce fort ne tombera pas. »

« Vous avez lu comme moi la missive de Svarteldur. Ravròn nous... »

« Je me fiche de ce que dit Ravròn, aux dernières nouvelles ce n'est pas lui le Capitaine de Laevord, et qui plus est, il est mort désormais, ce qui prouve son incompétence. Ce n'est pas par ce qu'un avant poste tombe en territoire ennemi que nos frontières sont menaçées. Ravròn était un faible et un lâche. Je ne recevrai pas d'ordres de cet avorton. »

« Votre fierté nous ménera tous au trépas. »

« Vos bavardages nous ménerons au trépas. Degagez de là, archiviste, ce ne sont pas des gens de lettres qui nous sauverons, et encore moins des fragiles de votre espèce ! »

« Je ne changerai pas vos préjugés, Hrognar. Qu'en dit le Seigneur Skirfir ? Il est resté terriblement silencieux sur la question. »

« Le nain est vieux et fatigué. Il me fait confiance pour cette bataille. Ce qui signifie que mon pouvoir est l'extension du sien. Si ma manière de faire ne vous plaît pas, Anmar, c'est Skirfir que vous trahissez. Maintenant retournez dans la cour, avec le reste des troupes. Vous ne tiendrez probablement pas longtemps au combat, mais une épée en plus est toujours utile. »


L'elfe ne pris pas la peine de répondre. Hrognar était un humain, un humain borné et belliqueux qui avait été faire la guerre aux quatres coins du monde. Il pensait avoir tout vu, tout fait. Mais il n'avait encore rien vu de ce qui allait arriver. L'elfe le savait, car c'était son frère, son frère Ravròn qui avait écrit cette lettre. Et son frère n'était pas un menteur. Mais Hrognar avait toujours détesté Ravròn – il détestait, de manière générale, tout ce qui n'était pas humain, mais la haine qu'il nourrissait envers Ravròn était purement personnelle.

Anmar quitta la tour ou siégeait Hrognar. Il allait lui falloir convaincre le Seigneur Skirfir de convoquer le Leida. Rassembler toutes les forces de l'Aurvangar, ici à Laevord. C'était une entreprise désespérée – quel poids aurait la voix d'un Archiviste face à celle d'un Capitaine ? Mais il devait essayer. Personne ne s'était présenté à Laevord pour se joindre au combat. Il y avait bine eu une poignée de mercenaires, mais ces gaillards là étaient des voleurs de grand chemins, qui n'avaient probablement jamais vu ne serait-ce qu'un dragon de leur vie. Alors affronter les Nepprandir ? Quel humour. Un bon guerrier aurait pu remplacer ces charlatans.
Ils avaient besoin de plus que ça. Une poignée de héros, un dragon peut-être ? Voilà qui aurait fait une véritable différence, redoré le courage des troupes qui elles-même doutaient déjà de cette bataille.

Leurs défenses étaient trop maigres. Il ne restait que deux jours avant que l'ennemi ne soit à leurs portes. Si il ne parvenait pas à convaincre le Seigneur Skirfir, et si personne ne rejoignait le combat d'ici là, l'issue en serait dramatique.


Dernière édition par Esprit Solaire le Sam 4 Aoû 2018 - 21:26, édité 5 fois
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MessageSujet: Re: ⊰ La Bataille de Laevord ⊱   Ven 3 Aoû 2018 - 21:45



La bataille de Laevord n'avait pas encore débuté. Mais en revanche, les préparatifs pour le carnage duraient depuis déjà une journée et rien ne disait qu'ils étaient près de s'achever. Derrière les murets de pierre et les palissades qui s'élevaient lentement pour former le poste d'avant-garde, Nirfäel, barde de profession et chroniqueur à ses heures perdues, ne manquait pas une miette de la construction du barrage. Les soldats s'activaient dans un mélange de voix, de bruits d'échafaudages ressemblant aux plaintes du mât d'un bateau et de la caillasse qui roulait sur le sol en de petites pépites, tandis que les humains s'afférer à combler les failles dans le vieux mur d'enceinte. Les routes qui rejoignaient les remparts étaient larges de cinq mètres, ce qui permettaient à deux chariots de transporter du matériel entre tous les postes. Les chevaux tirant le convoi étaient plus qu'opiniâtres. Ils allaient à une allure endiablée, forcée par le cocher qui hurlait en même temps des ordres autour de lui. Les deux chariots descendaient ainsi depuis la longue avenue bordée de cailloux pour rejoindre les avant-postes puis remontaient reprendre des fournitures.
Et ainsi de suite.
Le barde ne s'ennuyait pas. Il notait tout avec soin, ses yeux ne quittaient pas les travaux des yeux tandis que sa plume grattait avec un son crispé sur le papier jauni et froissé qu'il avait sorti de sa poche. Après tout, c'était bien que quelqu'un raconte comment tout cela s'était passé. Bien sûr, il supprimerait tout ce passage lorsque viendrait pour lui le moment de chanter les vers de ce qui allait sûrement s'appeler "Campagne des Hommes Libres de Laevord contre l'envahisseur Nepprandir ", qui marquerait sans nul doute les esprits. Il n'était pas devenu barde pour expliquer combien des hominidés s'étaient afférés à construire des palissades crasseuses et des murets de seconde main, aux formes grossières et rapiécées !

Plus d'une heure passa ainsi, avant qu'un jeune homme ne lui porte un message. Lorsqu'il le lut, Nirfäel foudroya le messager du regard avant de refermer la lettre.
-Convoqué par l'archiviste ? Voilà qui est cocasse ! On me refuse les honneurs lorsque je demande gentiment audience pour parler affaire et c'est maintenant en temps de grande guerre qu'on me fait mander...
-Pardonnez, monseigneur. C'est que l'affaire est urg...
-Oui, oui. Ce n'est pas difficile à deviner de toute façon. Ce n'est pas comme si la situation ici était discrètement recouverte d'une couche de fête de joie et de gais évènements. Et tu sais quoi, petit ? Ca manque par ici.
-Veille-Chagrin est un fort militaire, monseigneur.
-Plaît-il ? Oui peut-être. Allez, presse-toi de me conduire à ton maître. Oui, pourquoi me regardes-tu avec ces grands yeux ? Tu penses que j'ai eu le temps en deux jours de savoir où se trouve chaque sommité de ton fort militaire ?

Il l'emmena sans risquer d'argumenter, de crainte sans doute que la future tirade du demi-elfe soit remarquablement longue et pittoresque, et ils furent très vite sur les remparts du fort. Les fantassins et travailleurs s'activaient avec force. Ragaillardis par leur succès d'avoir monté une nouvelle baliste sur le flanc ouest, ils avaient hissé sur les remparts un étendard avec une croix blanche décorée de petits points ancrés de bleu mélèze sur ses quatre branches. Jusque-là, Nirfäel n'avait vu aucun étendard, et il avait pourtant observé avec beaucoup de minutie. Sans doute, ce signe sans importance et qui manifestement ne correspondait à aucun royaume ni région existante était ressorti tous les mois pour féliciter une bonne opération des bâtisseurs du fort.

Ils arrivèrent enfin devant le bureau de l'archiviste Anmar. La pièce était plongée dans une demi-obscurité que combattaient quatre faibles bougies sur une table en bois dur. L'elfe, qui s'affairait sur plusieurs documents à ces lueurs, leva un œil fatigué sur les deux arrivants :
-C'est bon Brien. Laisse-nous maintenant.

Le garçon partit sans se retourner et plus précipitamment que ne s'était attendu le barde.
-Bienvenue, Monsieur, dans mon humble bureau, déclara Anmar.

-Archiviste Anmar. (Nirfäel s'inclina très bas, trop bas). Ah ! Veuillez excuser cette erreur de ma part. Devrais-je plutôt dire : Son Altesse éclairée ? Son Eminence Toute-Puissante ? C'est que, le ciel m'en soit témoin, Excellence, le seigneur Skirfir vous a sans doute donné des pouvoirs immenses pour me faire mander comme un vulgaire palefrenier. J'espère ne pas enfreindre trop l'étiquette en venant ici sans une bouteille de vin à la main !
-Le mieux sera "Archiviste", répondit simplement Anmar. Vous n'ignorez pas, Maître Barde, que c'est la cour qui fait son Altesse. Or, la cour ici se fait légère et je me désengage de toutes les perceptions que vous vous faites de mes messages se transformant en prompts ordres. Pardonnez Veille-Chagrin d'être encore lente en cérémonie aristocrate.

Le demi-elfe s'inclina à nouveau, plus simplement et plus vivement. Visiblement, il n'avait pas à faire à un rustre borgne qui passait son temps dans les caves et les livres. Sa proposition allait donc être entendue avec telle importance que si l'Archiviste avait été un général d'armée, moins peut-être de part la décision militaire. De plus, la richesse et le succès de Nirfäel lui était visiblement parvenu aux oreilles et avec belles descriptions. De fait, il aurait pu sans mal obtenir toutes les dignités qu'il désirait, ce qui lui plu, même s'il s'en désengagea bien après.
-Maître Archiviste, je m'excuse à nouveau. Eut égard à la convocation que vous m'avez faites, je sais également de quelle nature elle vient. (Il savait que l'archiviste n'avait pas pour habitude de parler en se donnant de grands airs.) Vous attendez de mes "gars" un renfort imminent et apportant une aide considérable à l'infanterie de Veille-Chagrin. Je suis prêt à accepter cette demande, moyennant une finance adéquate évidemment. Les temps sont durs comme vous le savez. Toutefois, il est à déplorer que vous considériez l'affectation de mes "gars" comme une aide primordiale à votre force armée. Je me permets de vous rappeler que ces gens sont des anciens nordiques des steppes de fer, des berserkers redoutables qui se sont battus pour une terre qu'ils ont perdu à cause des dragons et des démons de la Malédiction de Leth. En me voyant préparer un monde de demain, ils ont accepté de suivre mon entreprise pour devenir de nouveaux serviteurs de Laevord.
Le barde et également chef d'une Compagnie de taverniers tous forts de leur expérience guerrière et de leur force combative, avait déjà bien parlé. Il s'empara d'une gourde d'eau qu'il vit sur le bureau et la but d'une traite.
-Quod Attinet de cette bataille, poursuivit Nirfäel, je ne suis pas un guerrier. Le danger et la mort qu'apporte les Nepprandir éveille malgré tout en moi une vive exécration. Je suis... peut-être capable de vous aider. J'aime cette terre, au moins autant que vous. Il y a un mal ici qui ne dors jamais et qui attend que la terre qui nous est chère s'écroule au-dessous de nous. La bataille risque d'être rude, elle réveillera, je le conçois, le meilleur et le pire en chacun de nous. Et, mes gars et moi, sommes prêts, à défendre Veille-Chagrin face à ce qui risque d'être la menace nouvelle de notre temps sur Aurvangar. Alors, Archiviste ? Nous ne sommes sûrement pas les renforts que vous attendiez, et j'imagine, pas la demande que vous attendiez de moi. Néanmoins, qu'en pensez-vous ?


Dernière édition par Nirfäel le Lun 13 Aoû 2018 - 12:34, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: ⊰ La Bataille de Laevord ⊱   Sam 4 Aoû 2018 - 21:25




« En arrivant ici, avez-vous regardé autour de vous, mestre Barde ? Les soldats que vous avez vu dans la cour en arrivant sont l'intégralité des forces de Laevord. Cela représente, quoi, deux-cent épées ? Le reste de nos Sentinelles était installé dans les avant-postes, au-delà du mur. Leurs cendres se sont mêlées au désert désormais.»

Anmar se leva, referma les ouvrages qui étaient disposés sur son bureau. Il les rangea, avec son plumier et quelques rouleaux de parchemin, dans un havresac déjà bien rempli.

« Ce que je veux dire par là, mon ami, c'est que nous ne sommes pas en mesure de refuser qui que ce soit. Je ne vous ai pas demandé de venir me faire une offre. Je vous ai fait une demande. Vos hommes représentent à eux seuls presque la moitié de nos effectifs actuels. C'est un atout non négligeable. Pour ce qui est du paiement, croyez-moi, nos seigneurs nains sauront satisfaire vos hommes. Avez-vous déjà mis les pieds à Gullvirki, Nirfäel ? Or, nourriture, et autres... divertissements, tous les fastes s'y trouvent. C'est là que vous serez accueillis et grassement récompensés une fois cette bataille terminée. En tout cas, je m'arrangerai pour que cela soit le cas. »

Agrafant sur son dos un épais manteau de fourrure, l'elfe moucha les chandelles qui entouraient son bureau, à l'exception de l'une d'entre elles, qu'il déposa dans une lanterne. Faisant signe à son invité de le suivre, il verrouilla les derniers coffres ; ceux ou étaient rangés les parchemins de valeur, dont il fallait espérer qu'ils endureraient les combats. L'ennemi n'était pas du genre à piller les savoir, mais il avait une fâcheuse tendance à mettre le feu autour de lui. Anmar jeta son sac sur son épaule, se dirigea vers l'accès aux tunnels de service. Il s'arrêta à l'entrée de ceux-ci, décrocha du mur une torche imbibée d'huile qu'il embrasa sans difficulté. Il se tourna vers Nirfäel qui semblait se questionner sur la direction empruntée.

« Je pars dès aujourd'hui pour Gullvirki, mestre barde. Je suis tenu de me battre ici, mais mon piètre maniement des armes n'apportera rien à cette bataille ; aussi vous serais-je gré de ne dire mot de mon départ au Capitaine Hrognar si il vous arrivait de le croiser. Je serais probablement considéré comme déserteur quoiqu'il en soit.
Non, je ne sauverai pas Laevord par la lame. Je ne suis pas l'honorable guerrier qu'était mon frère, mais je sais manier les mots et les rouages de notre royaume. Il me faut obtenir que l'on regroupe le Leida, le conseil des Seigneurs Nains d'Aurvangar. Peut-être pourrais-je obtenir l'attention des Hommes de Tir Newydd également, mais j'en doute. Il leur faut comprendre que cette situation ne doit pas être prise à la légère. Qui plus est je... »


Une secousse ébranla l'édifice, résonnant gravement dans l'ombre, effritant la voute de pierre sombre.

« Vos hommes sont-ils venus avec vous mestre Barde ? Il vaudrait mieux, car quelque chose me dit que l'on est en train de frapper à notre porte, et ce avec une certaine insistance. Rejoignez-moi à Gullvirki si vous le souhaitez, j'y serais dans quelques jours. Cette bataille ne sera pas terminée. Ils vont tenter d'épuiser l'ennemi au pied du mur, jusqu'à ce que celui-ci ne se replie... ou ne trouve un moyen d'entrer. Autrement, soyez prudent. Cette bataille fera de belles chansons, mais si tôt les bêtes de cendres auront-elle franchit nos défenses que le moindre moment d'incertitude pourrait vous coûter la vie. Bonne chance. »

Anmar donna sa lanterne à Nirfäel, avant de s'enfoncer dans l'ombre du boyau.


« Haha, vous entendez-ça ? Ils ont tellement peur de nous attaquer eux-même qu'ils nous envoient des boules de feu ! »

Le rire des soldats éclata dans la cour.

« Mais ils ont raison d'avoir peur, quand je vois les fières Sentinelles qui se tiennent devant moi ! Ils ont raison ! Nous, nous ne sommes pas des lâches ! Nous, nous n'avons pas peur ! Qu'ils viennent ! Qu'ils sortent de leur ombre ! Qu'ils viennent goûter à l'acier des nains... Nous les avons écrasé des centaines de fois, et nous les écraseront encore ! Nous les écraseront, comme nous avons écrasé leur créateur ! Jamais plus personne ne nous arrachera nos terres. Mes frères ! Mes sœurs ! Faites-leur entendre notre colère ! Faites-les trembler ! Faites-leur savoir que nous les attendons, et à bras ouverts ! »

Deux-cent nains et naines, une poignée d'humains et d'elfes, rugirent tous en chœur, galvanisés par le discours de Njòra. La chef des armées avait un tempérament de feu, un main de fer, et un cœur d'or. Elle était aimée de ses troupes, avait leur confiance et leur dévotion. Elle connaissait ses Sentinelles et savait les motiver ; et pourtant... pourtant quelque chose n'allait pas. Elle détestait mentir à ses troupes, et c'était ce qu'elle faisait. Njòra n'était pas si confiante qu'elle ne le laissait paraître. Il fallait que ses frères et sœurs d'armes soient prêts à se battre, l'âme pleine de courage, alors elle leur disait ces mots qu'elle maitrisait si bien. Mais elle-même craignait pour Laevord.

Perchée au sommet du Mur, Njòra observait l'horizon. D'épais nuages de cendres tapissaient le sol du désert depuis quelques jours, flottant telle la brume, et l'ennemi avançait sous leur sombre couvert. Seulement, l'heure était venue pour eux d'en sortir. Les bêtes mugissaient, terribles et grotesques. Certaines étaient grandes, d'autres petites. Parfois humanoïdes, parfois animales, ou sans forme distincte. Un bras par-ci, un bras par là ; tiens, celle-ci avait deux têtes ! Ces abominations n'avaient même pas lieu d'être. Pourtant, elles étaient curieusement bien organisées cette fois-ci. Les nuages se dissipaient lentement, alors que quelques boules de feu continuaient de venir s'écraser contre le mur, rugissantes et abasourdissantes, mais sans véritable impact. L'architecture naine résistait à bien pire.

Les nuages se dissipèrent enfin, et Njòra se figea. C'étaient au moins six-cents de ces monstres qui se tenaient là. Elle ferma ses yeux, souffla lentement, vidant tout l'air de ses poumons, et avec lui, toutes ses peurs. Elle inspira alors, et cet air là était l'air du feu, l'air des cendres, l'air de la sueur et de la guerre. Elle était prête.

« CHARGEZ BALISTES ET TRÉBUCHETS ! TIREZ AVEC LES ARCHERS. » rugit la naine.

« ARCHERS, EN POSITION. »


Elle attendit quelques instants, que la masse monstrueuse se rapproche encore.

« ENCOCHEZ. EN JOUE... TIREZ ! TIREZ A VOLONTÉ ! RENDEZ CES VERMINES DIFORMES A LA CENDRE ! A MORT ! A MORT ! »
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MessageSujet: Re: ⊰ La Bataille de Laevord ⊱   Dim 12 Aoû 2018 - 23:48




C'était à n'y rien comprendre. D'abord les combats avaient fait rage pendant deux jours, deux jours de sang et de flammes. La bataille aurait pu s'équilibrer, si seulement leur monstrueux ennemi avait été sensible à la fatigue. C'était ce qui avait joué en la défaveur des Sentinelles, qui, à l'issu du premier jour de défense, commençaient à sentir le poids de leur armure. Les Nepprandir n'avaient eu de cesse d'attaquer le Mur, et la nuit n'était pas un moment d'exception. Il fallait se relayer constamment aux défenses, tant et si bien que les troupes de Laevord, déjà peu nombreuses, n'étaient jamais au complet lors des affrontements.

Les bêtes étaient sur le point de franchir la première enceinte du Mur lorsque leur plan d'attaque changea radicalement. Les Nepprandir se mirent à fuir le combat, remontant quelques centaines de mètres plus loin dans le désert, formant là une ligne compacte, hideuse et mugissante. Cela durait depuis près d'une semaine, et Njòra était plus qu'indécise.

« Que devons-nous faire Hrognar ? »

« N'êtes-vous pas stratège ici, Capitaine Njòra ? »
résonna la lourde voix du nordique dans la salle des stratèges.

« Vous conviendrez que la situation est pour le moins étrange, Commandant. »

« Je ne vous le fait pas dire... Qu'avons-nous pu observer quant au comportement des troupes ennemies ? »

« Pas grand chose. Comme vous le savez, cela fait cinq jours que les nuages de cendres couvrent de nouveau le désert derrière elles. Impossible d'y voir quoique ce soit. Comme vous le savez Commandant, mon lieutenant est notre Parle-Cendre. Vana est jeune mais ses aptitudes en matière de prédictions ne sont plus à prouver. Elle comprends le désert et ses bêtes mieux que quiconque ici. Mais même elle est perplexe quant au comportement de notre ennemi. C'est du jamais vu, Commandant. »

Hrognar se leva de son fauteuil, déplaçant sa carrure massive jusqu'au balcon qui surplombait la cour.

« Quel est l'état de nos Sentinelles ? »

« L'état de nos Sentinelles ? Ha, Commandant, vous voulez rire ? Cela fait six jours que nous attendons en nous tournant les pouces. Tout le monde est requinqué et impatient de retourner au combat. Nos effectifs ont diminué, mais mes soldats ont l'ardente envie de venger leurs camarades tombés. »

« Oui, bien-sûr. Excusez-moi Njòra, cette situation me déroute autant que vous. »

« C'est la meilleure ! Le Commandant n'a pas à s'excuser au près de ses Capitaines, voyons, Hrognar ! »


Avec un petit rire, le Commandant s'approcha de Njòra. Ses traits étaient las et fatigués, tout comme le laissaient présager les larges cernes sous ses yeux. On ne voyait que peu le Commandant Hrognar. C'était un homme impulsif, sévère, et souvent aveuglé par sa fierté. Ses torts étaient nombreux, et sa réputation en souffrait. Mais Njòra savait que le Commandant n'avait pas le fond mauvais, et admirait grandement le courage dont il savait faire preuve au combat.

« Envoyez un détachement au plus près des lignes ennemies. Tentez d'obtenir un maximum de renseignement et de voir si les troupes réagissent à la présence de nos Sentinelles. Nous devons savoir ce qui se trame. »

« C'est chose faite Hrognar. Et j'irais avec eux. »

« Njòra nous avons besoin de... »

« Je ne raterait pour rien au monde une occasion de flâner au nez des bêtes de cendres, Commandant. Si mes soldats y sont, je veux y être aussi. Les Nepprandir ne me font pas peur. Ils ne saignent pas, mais comme vous et moi, ils sont mortels. Regardez leurs os s'entasser dans le désert. »

« Bien. J'imagine que vous savez ce que vous faite. »


Sur un bref salut de confirmation, Njòra tourna les talons, se dirigeant vers la large porte de bois clouté.

« Njòra? »

« Oui Commandant ? »

« Une dernière chose. Soyez prudents. »

« Dites-ça aux Nepprandir. »


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MessageSujet: Re: ⊰ La Bataille de Laevord ⊱   Lun 13 Aoû 2018 - 8:13

Spoiler:
 


Si un jour on proposait à UruBuzol d’échanger une de ses pattes contre une aile valide il accepterait sûrement.
Il pourrait même sacrifier deux pattes au besoin.
Sans hésiter.
Jamais au grand jamais il n’avait imaginé le calvaire que pouvait représenter une aile blessée. Pire, il savait que cette blessure ne guérirait jamais.
Mais après tout à quoi cela pouvait bien lui servir de se plaindre ? Il avait reçu cette blessure en protégeant le Lavadôme, sa patrie, il avait accompli son devoir...
(Pour rien)
... envers son Tyr. Le reste n’était que malchance.
Mais la douleur était toujours là, constant rappel de cet ennemi qui l’avait fait chuter au milieu des décombres, qui ne s’était même pas donné la peine de le suivre dans sa chute pour l’achever une fois tétanisé par le choc de l’impact. Il était tombé en même temps que la pluie de corps et de sang qui tapissaient peu à peu les collines du Dôme, mais il avait survécu, lui.
Quand deux dragons se battent à mort en plein vol, la première règle est d’attaquer les ailes: je n’ai pas été assez vigilant, voilà tout.

Et encore ! Il pouvait s’estimer chanceux que cette blessure ne lui ait pas rendu le vol tout simplement impossible ! Mais pour un combattant dont le principal atout résidait dans son habilité et son endurance au vol, sentir son épaule d’aile le tirailler après seulement quelques heures était un coup dur.

« - Eh ! Réveille toi l’Anklène ! »

Le dragon en question battit des paupières quelques secondes. Volant à quelques longueurs de queue devant lui, l’imposant dragon rouge le fixait sévèrement de ses yeux jaunes.

« - Est-ce qu’on est toujours sur le bon cap ? Je ne peux pas à la fois couper le vent et gérer l’orientation. Ne nous fait pas perdre plus de temps que tu ne le fais déjà ! Gronda-t-il mécontent du manque d’attention de son congénère.

- Ne dis pas ça OgoRoth, répliqua, gêné, un jeune doré qui progressait sur l’autre aile de la formation.

- Non il a raison ZuRal, sans moi vous seriez sans doute déjà arrivé depuis longtemps.

- Sans toi on ne serait pas partis du tout de toute façon, insista-t-il comme pour le rassurer. De toute façon les humains sont résistants une fois dissimulés derrière leurs murs de pierre, je suis sûr qu’ils tiennent encore.

- Alors UruBuzol il vient ce rapport où vous voulez continuer à pruumer comme des dragonnelles ? Rugit l’écarlate avec un regard furieux en direction du doré qui détourna immédiatement les yeux. »

Les iris mauves d’UruBuzol se levèrent vers le ciel, non pas par manque le respect envers son frère d’arme, ça c’est bien ce que le rouge était pour lui, mais pour observer les étoiles qui disparaissaient une par une dans la lumière violette du début du jour.

« - Si les cartes étaient justes, il faut dévier de 20° sur la droite. Nous y seront bientôt. 

- Dans combien de temps ? 

- Difficile à dire, le ciel est différent aussi loin dans le Nord. »

Le dragon de tête laissa échapper un grognement mais ne dit rien. Le bleu en fut presque déçu, les réprimandes du guerrier l’aidaient à se détourner de la douleur qui persistait à mordre son articulation.
ZuRal lui lança un regard compatissant mais UruBuzol lui fit comprendre d’un geste que c’était inutile. Il connaissait OgoRoth depuis qu’il était entré dans la garde draque et, encore plus que tout autre pur Sotl, il était impensable de le voir renoncer à son éternel air colérique et à sa brusquerie habituelle. A vrai dire il préférait même cette brusquerie à la constante compassion du doré car il savait que c’était ainsi que le rouge lui faisait savoir qu’il le considérait encore comme un membre utile de l’armée aérienne, en attendant de lui la même chose qu’autrefois et ce malgré sa blessure.
Ironique quand on savait qu’à l’époque c’était lui qui était chargé d’une unité, bien que le puissant écailleux n’en fasse pas parti.

L’Anklène fixa l’horizon qui s’éclaircissait peu à peu en se demandant s’ils arriveraient à temps pour la bataille. La missive qui avait circulé jusqu’à Ceannad stipulait que la bataille aurait lieu dans deux jours mais il avait fallu déjà sept jours entiers à la nouvelle pour parvenir à la cité du bord de mer et cela faisait à présent cinq jours que les trois dragons volaient vers le Nord sans avoir aperçu aucun autre renfort. Sans aucun doute n’auraient-ils pas fallu plus de trois jours aux dragons pour atteindre l’avant poste en temps normal, mais la profonde cicatrice du bleu, en plus de le ralentir, le contraignait à de nombreuses pauses ce qui ralentissait l’ensemble des écailleux.
Il était reconnaissant à ces deux dragons d’avoir bien voulu le suivre dans son entreprise de reconquête de l’Empire Draconique. Il s’était rendu à Ceannad dans le but de convaincre d’anciens frères d’arme que tout n’était pas perdu, que l’on pouvait encore unifier les troupes du Rocher en réformant l’Armée Aérienne et les Sœurs du Feu ! Mais sa tentative s’était soldée par un échec. On avait tenté de le raisonner ou on l’avait ignoré quand on ne lui avait tout simplement pas rit au nez ! Seuls OgoRoth et ZuRal, deux dragons entièrement dévoués au Lavadome, l’avait suivi dans son projet fou.

Le reptile observa tour à tour ses compagnons, de son point de vu, c’était une grave erreur tactique d’avoir attendu aussi longtemps pour demander des troupes supplémentaires, mais surtout le pire était d’avoir confié la missive à un seul oiseau: non seulement les risques étaient énormes mais surtout cela augmentait considérablement le temps de propagation de l’information ! Non, il ne pensait pas qu’il y aurait d’autre renfort, ils devront donc compter uniquement sur eux et les quelques humains qui tiendront encore debout.

Son regard s’attarda sur le Sotl qui le précédait toujours, ouvrant la voie à coup d’ailes puissantes et créant ainsi des courants d’air favorables à ceux qui le suivaient. Il ne s’inquiétait pas pour lui, il avait connu de nombreuses batailles dont la chute du Royaume Draconique et avait eu la chance de se remettre totalement de ses blessures, ne lui restait que ses nombreuses marques et doigts en moins pour témoigner de sa vie de guerrier.

En revanche il s’inquiétait beaucoup plus du sort de ZuRal. C’était un dragon dont les ailes venaient tout juste de lui sortir du dos et ses écailles dorées, salies par les nuages de cendres, n’avaient même pas encore fini d’y repousser. Il avait encore la taille d’un draque mais rêvait déjà de reconquérir le royaume qu’il n’avait que trop peu connu et c’était quelque chose que le bleu appréciait.

« - Nous sommes arrivés, gronda le rouge.

En effet, loin en dessous d’eux, une large bande d’ennemis aussi immobile que des statues maintenaient de toute évidence un siège.

- Nous ne sommes pas arrivés trop tard, se réconforta le doré.

Les trois dragons, quittant les hautes altitudes pleines de cendres, descendirent alors en grands cercles au-dessus des murs de pierres.

« - Que le chef de cette forteresse se présente ! Car trois membres de l’armée aérienne viennent à sa rencontre !»
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MessageSujet: Re: ⊰ La Bataille de Laevord ⊱   Lun 13 Aoû 2018 - 13:59




Anmar ne cessait de s'émerveiller de la prouesse que représentait cet endroit. C'était la fine fleur de l'artisanat nain, quelque chose que le monde leur avait toujours envié. Les rues de Gullvirki portaient en elles cet étrange sentiment, celui d'être à la fois en intérieur et à la fois en extérieur. Les allées de pavés sombres étaient bordées de demeures au toit de cuivre. Les tuiles de bronze, bien au dessus de tout ça, celles qui formaient la « montagne d'or » que l'on voyait au loin, bougeaient en fonction du soleil, s'entrouvrant pour laisser filtrer la lumière, qui était ensuite dirigée, par un ingénieux système de miroirs, vers de larges orbes et panneaux qui répartissaient celle-ci à travers la ville. Des arbres poussaient même, au milieu du cliquetis des engrenages, du ronronnement des nombreuses machines qui animaient la ville, entre deux nuages de fumée et quelques flaques d'huile. Toute cette fumée, d'ailleurs, était évacuée de l'édifice par un complexe système d’aération ; le même qui permettait à la ville d'avoir toujours une température appréciable. La montagne de bronze qui couvrait Gullvirki avait de nombreux avantages, tant au niveau du confort que de la défense de l'endroit. Quand toutes les portes étaient fermées, la ville n'était qu'une succession de pentes métalliques, un pic impraticable. Mais les tuiles étaient doublées de fins tuyaux, dans lesquels la garde pouvait envoyer divers liquides ou gaz, qui auraient bien rapidement eu raison d'un quelconque envahisseur. On pouvait également moduler la température extérieure des tuiles, les rendant glaciales ou brûlantes.

Au sommet de la ville était le palais de Fjalltind, ses jardins et sa grande esplanade. C'était là que siégeait Yngvi, le plus puissant de tous les Seigneurs Nains d'Aurvangar. C'était aussi à Fjalltind que se tenait le Leida. Et c'est ce qui intéressait tout particulièrement Anmar.

« Halte ! Qu'est-ce qui vous amène au Palais ? Déclinez votre identité. » lança un garde que l'elfe eut à peine le temps de voir arriver, lui barrant le passage d'une large hallebarde.

« Ravròn Anmar, Sentinelle, Maître-Archiviste de Laevord. Je souhaiterait accéder au Bureau des Audiences. La situation de Laevord est critique et... »

« Mon gamin est là-bas, sur le Mur. »
coupa le garde. « Rùnbad, ça vous dit quelque chose ? Un artilleur. »

« Je suis désolé mestre Nain, je ne connais malheureusement pas le nom de toutes nos recrues. Mais les artilleurs ont la meilleure place dans cette bataille. C'est un combat défensif que nous sommes en train de mener. Il est probablement perché sur la muraille, avec un trébuchet ou une baliste. Les choses devraient bien se passer pour lui. »

Anmar doutait un tant soit peu de la vérité de ces propos.

« Je l'espère » répondit le nain.

« Écoutez. Cette bataille n'est pas un petit combat au pied du Mur. Nous n'avons jamais rien vu de tel. Je suis ici pour tenter d'obtenir une réunion du Leida, et envoyer des forces supplémentaires à Laevord. La plus part des cités n'ont même pas pris la peine de répondre à notre missive. »

« Alors dans ce cas, faites, Archiviste. Pour nous tous et pour mon fiston. »

Le nain releva sa hallebarde, libérant le passage à Anmar.

« Merci. »

« Merci à vous. »


Avec un signe de tête, l'elfe repris sa route. Il repensa à ce nain, qui avait vu son fils partir sur le Mur et qui était confronté à l’indifférence de l'Aurvangar. Combien étaient-ils dans cette situation ? Obtenir une audience avec le Seigneur Yngvi nécessiterait plusieurs heures d'attente ; plus probablement plusieurs jours, en vérité. Cela lui laissait juste le temps dont il avait besoin, pour réunir les témoignages de nains indignés.
Anmar remercia une nouvelle fois, intérieurement, ce nain dont il ignorait même le nom. Il venait de lui donner une idée, une idée qui sauverait peut-être tout l'Aurvangar.


Njòra fut à peine sortie qu'elle fit aussi-tôt volte-face.

« Commandant Hrognar ! Des... des... »

« Des dragons ! »
rugit l'humain, à mi chemin entre la surprise et le soulagement.

« Que le chef de cette forteresse se présente ! Car trois membres de l’armée aérienne viennent à sa rencontre ! »

« C'est un honneur, seigneurs ailés ! »
répondit Hrognar. « Je suis le Commandant de ces soldats. Venez, il sera plus simple pour nous de parler ainsi ! »

« Faites place en bas ! »
cria Njòra à ses troupes.

La naine, suivie du Commandant, eut vite fait de rejoindre la cour, ou les trois dragons vinrent se poser une fois les Sentinelles à l'écart. Le premier d'entre eux était d'un rouge profond, ses yeux semblaient des braises et son regard était dur. Ses muscles saillants évoquaient puissance et férocité. Le suivant était d'un bleu céleste, et semblait fatigué. C'était probablement le plus vieux de la bande, et une certaine expérience se dégageait de lui. Le dernier était au contraire bien plus jeune que les deux autres. Petit, ses écailles étaient d'un doré à peine terni, et la membrane de ses ailes étaient fines.
Njòra avait toujours été fascinée par les dragons. Son oncle, qui était marchand au sein d'un Confrérie, avait eu l'occasion d'en rencontrer plusieurs, et d'en abattre quelques uns ; une pratique qui ne plaisait guère à l'enfant qu'elle était. Cela datait du jour ou elle avait entendu deux dragons échanger en parl. Leurs discussions étaient à mille lieues de ce que véhiculait l'image qu'on lui avait dépeinte des seigneurs ailés, celle de créatures féroces, sanguinaires, et mentalement limitées.
Et puis il y avait eu la guerre, à l'ouest, la chute d'un empire dont on ne lui avait jamais vraiment parlé, un empire dirigé par des dragons. Depuis l'ors, les réfugiés ne faisaient qu'affluer. Se pouvaient-ils que ces dragons en fassent partie ?
Comme si il avait-lu ses pensées, Hrognar lança :

« Bienvenue à Laevord, plus précisément, au fort de Veille-Chagrin, au pied du Grand Mur, seul rempart entre nous... Et ces saloperies dehors. Vous avez probablement reçu la missive qui à traversé le royaume. Mais permettez-moi de vous demander... Quelle est cette armée aérienne dont vous nous parlez ? Nous n'avons rien de semblable ici. Serait-ce un Ordre de l'Empire Draconique ? Qui êtes-vous, sieurs ? »

Cette histoire était folle. L'Empire Draconique. Comment avait-elle pu vivre tant d'années dans l'ignorance d'un Empire Draconique ? Tout le monde semblait bien au courant de son existence, ce n'était pas quelque chose qui passait inaperçu. Les dragons étaient rares par ici ; un peu moins désormais. Et si... Il y avait tant de questions qu'elle aurait aimé poser aux trois dragons qui venaient d'arriver en sauveurs. Mais elle avait une mission. Si le but des écailleux était d'aider Laevord, c'était un indéniable atout, et Hrognar ne s'y tromperait pas. Le Commandant aurait rapidement la situation bien en main. Elle pouvait partir l'esprit tranquille, et aurait l'occasion de poser ses questions à son retour.

« Eclaireurs ! Fantassins ! Formation de Poursuite ! Avec moi. »

Une vingtaine de Sentinelles se mirent en place, et vinrent rejoindre Njòra sans broncher, au pied de la Grand' Porte. De pierre et de bois, celle-ci était réputée pour être impénétrable. C'était le seul passage vers le désert. On souleva d'abord la sombre herse, dont les pointes menaçantes se dressaient bientôt au dessus de leurs têtes. Puis avec un grondement caverneux, l'un des pans de la porte coulissa, juste assez pour laisser passer un soldat à la fois. Njòra avait toujours beaucoup de mal à saisir pourquoi il n'existait pas au sein de la porte une seconde porte, plus petite, comme on en trouvait souvent sur les ponts levis des châteaux. Il était fort rare que l'on aie besoin de l’entièreté du passage, et l'ouverture de celui-ci prenait toujours un temps précieux, temps de vulnérabilité dans les défenses de Veille-Chagrin. Une fois elle et sa troupe sortis, il fallu quelques minutes supplémentaires pour clore le chemin. C'était comme si la muraille s'était refermée derrière eux.

« En avant, Sentinelles. »
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