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 Elle fait une sieste dans la mer, vous ne devinerez jamais ce qui lui arrive ! [Zathiir et SaViravel] [MJ]

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MessageSujet: Elle fait une sieste dans la mer, vous ne devinerez jamais ce qui lui arrive ! [Zathiir et SaViravel] [MJ]   Sam 13 Jan 2018 - 12:46




Zathiir n’avait jamais réellement porté l’Empire draconique dans ses coeurs, c’est pourquoi elle n’avait été nullement affectée par le franchissement de ses frontières.

Elle avait vécu la première partie de son enfance dans la grotte parentale perdue sous la roche des Montagnes Rouges, élevée à la dure comme un dragon sauvage. Puis rapidement elle s’était vue quitter ce semblant de foyer pour un marécage lugubre infesté de crocodiles.

Lugubre mais ô combien plus accueillant.

Puis ne sachant trop comment, l’envie lui vint de quitter ce semblant de territoire. De plus en plus loin des eaux, de plus en plus loin de père. Le Lavadôme lui ouvrit ses portes, la ramenant parmi ses semblables. Elle avait haït cette vie et pourtant, si la voix de sa mère ne s’était pas de nouveau fait entendre à travers l'abîme de sa mémoire, elle sentait qu’elle aurait put y rester une éternité et peut être même s’en satisfaire.

Elle se demanda si le caractère solitaire des caïmans ne l’avait pas imprégnée au point de l’empêcher de retourner vivre parmi les siens. A moins que ce ne soit le caractère disfonctionnel de sa famille qui l’ait condamnée à une vie recluse, incapable de supporter longtemps la compagnie d’autres dragons.

Ou alors elle avait juste un très mauvais caractère doublé d’une certaine paranoïa par rapport au jugement des autres sur son apparence physique.

Ouais... Zathiir serait toujours surprise par l’étonnante capacité de l’apnée à la plonger dans un état de méditation qui la poussait à s’interroger sur des questions plus que troublantes.

Depuis combien de temps était-elle là ainsi accrochée au récif corallien ? En tenant compte de son immobilité et de ses capacités respiratoires elle se dit que cela ne devait pas faire plus de trente minutes. Des poissons multicolores nageaient paisiblement autour d’elle sans même la remarquer tendit que d’autres, plus petits, s’affairaient à débarrasser la draque des derniers parasites et impuretés que ce bain salé n’avait pas encore éliminés. Ils doivent me prendre pour une pierre eux qui ont si vite fui à mon arrivée. Combien de temps une information peut elle rester dans leur si petit cerveau ? C’était une question intéressante à laquelle elle n’avait pas la réponse. Cependant cette idée lui rappela qu’elle avait faim et, avec la lenteur propre aux animaux amphibies, elle releva son corps alléger par l’eau et se mit à marcher sur le fond sablonneux faisant déguerpir au passage les petits animaux nettoyeurs à l'exemption de quelques téméraires, qui l’avaient sans doute prise pour une curieuse tortue marine, et la suivaient dans ses déplacements.

Elle qui avait toujours évolué dans les eaux troubles des marais et des fleuves, la claireté de la Mer Ensoleillée était pour elle une expérience nouvelle et tout en admirant la beauté des coraux bleus, rouges ou jaunes, auréolés de vie et de lumière et en se laissant bercer par le sourd grondement des vagues se brisant sur les récifs plus lointains, elle se dit que le Monde Bleu n’avait rien à envier au Monde d’Au-Haut.
Quoi que... Un petit détail manquait à ce tableau pour en faire un parfait lieu de vie.

Les odeurs.

Les odeurs qui permettaient de sentir arriver le danger.

Les odeurs qui permettaient de débusquer des proies cachées.

Oui, c’était bien la seule chose qui manquait à ce monde car Zathiir aurait été toute aussi incapable de sentir un fumet sous-marin que de respirer.

En contrepartie, son sens auditif était largement décuplé par le milieu liquide. Comme en témoignait les battements agités qu’elle venait d’entendre.

A quelques queues de dragon de là, un combat faisait rage: un espèce d’énorme serpent mais bien plus denté tentait de maintenir en place une étrange créature dotée de huit queues anormalement souples. Queue que maintenait fermement le serpent à l’aide de sa gueule.

Non, ce n’est pas un serpent. On dirait plutôt une anguille. Et je crois qu’elle tient une pieuvre. Se dit-elle en rappelant à son esprit les rares images mentales qu’elle avait de l’océan.

L’eau autour des deux créatures se fonça subitement et Zathiir en profita pour se propulser dans la mêlée et, en enfonçant profondément ses crocs dans le corps mou de l’octopus l’arracha à son premier prédateur avant de remonter vers la surface, laissant dernière elle une murène emportant dans sa tanière l’extrémité d’un tentacule encore tremblant.

Pour une draque qui avait toujours profité des eaux stagnantes pour attendre, immobile, qu’une proie passe à sa portée, une mer limpide représentait une défi nouveau pour elle.

De chasseuse embusquée elle était devenue opportuniste.

Ignorant au possible les tentacules collants qui lui encerclaient le museau et lui tâtaient les narines et les yeux, l’un d’eux c’était même comiquement enroulé autour d’une de ses cornes noires, elle émergea de presque toute la longueur de son cou des eaux scintillantes du nouveau monde. A une distance très respectable de là se dressaient, fières et solides, les hautes murailles de la cité de Ceannad où de grands bateaux de bois, simples petits morceaux de tissu blancs du point de vue la verte, entraient par dizaine pour accoster dans la baie protégée.

Libérant ses narines des petites virgules de chairs qui permettaient leurs étanchéités, elle prit une grande bouffée d’air marin, gonflant au maximum ses immenses poumons et bascula sur le dos pour se laisser flotter malgré ses lourdes écailles. La houle n’était pas bien forte ce qui lui permit d’entamer goulûment son repas. Une fois hors de l’eau, la pieuvre semblait avoir beaucoup de mal à agiter ses nombreuses «queues» et les centaines de petites ventouses ne firent que lui chatouiller légèrement le ventre. Elle fut surprise de ne sentir sous ses griffes et ses crocs aucun os ou résistance quelconque mais une fois la moitié de son énorme tête dans son estomac la proie cessa de gesticuler et elle put sans problème continuer à manger.

Lorsque Percebrise l’avait portée sur son dos des Steppes des Pieds de Fer jusqu’ici elle ne pensait pas qu’elle apprécierait autant la vie en bord de mer (sans compter que cela lui avait sans doute sauvé la vie, mais cela elle l’ignorait encore) et bien qu’elle vive déjà depuis quelques semaines dans les environs de Ceannad, la ville fortifiée ne l’avait jamais vraiment attirée. Mais force est de constater qu’elle devrait un jour s’en approcher pour trouver du métal. Cependant la draque ne pensait pas à cela, elle savourait le bercement des vagues et la sensation agréable de se remplir le ventre sans avoir à être affamée, plus par gourmandise que par réel besoin.

Le mollusque était délicieux et le soleil lui réchauffait le ventre si bien que, peu de temps après avoir aspiré le dernier tentacule, elle s’approcha d’un état très semblable à un assoupissement, ses griffs battant légèrement le long de ses mâchoires, portée par l’eau salée et un curieux karma.

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MessageSujet: Re: Elle fait une sieste dans la mer, vous ne devinerez jamais ce qui lui arrive ! [Zathiir et SaViravel] [MJ]   Hier à 2:22




Nouveau !


e roulis léger des vagues faisait grincer les navires, dont l’oscillation des mâts semblait bercer quelques mouettes fatiguées de crier à travers le port comme le faisaient inlassablement leurs semblables. On entendait celles-ci dans toute la ville, se répondant les unes aux autres dans un langage que le Mauve ne comprenait pas – on racontait que celui qui buvait de le sang d'un dragon pouvait parler la langue des oiseaux, mais il semblait qu'avoir ce sang dans les veines n'était pas suffisant pour devenir polyglotte.

Viravel marchait le long de la promenade qui longeait les docks de Ceannad, l'oreille attentive aux sons, et le nez aux odeurs, qui emplissaient l'atmosphère de ce lieu fort curieux. L'endroit n'était jamais vide, il y avait toujours un humain pour pratiquer quelque activité que le noble sire ne comprenait pas plus que le rire des oiseaux marins. Le bruissement des flots venant s'écraser contre les pontons était ponctué par les cris des travailleurs, des matelots et des vendeurs, mais surtout, par le tintement des cloches des navires. SaViravel affectionnait particulièrement celui-ci. Il n'aurait su dire pourquoi, mais entendre ce son métallique, tantôt grave, tantôt aigu, tantôt lourd, tantôt léger, totalement imprévisible lui plaisait. Résonnait aussi le fracas des marteaux sur les chantiers navals, le sifflement du vent dans les cordages, les aboiement des chiens ou les craquement des treuils qui chargeaient et déchargeaient les lourdes cargaisons qui s'échangeaient ici.

Le soleil baignait la baie, et la baie était calme. Ceannad s'y nichait comme un oisillon dans son nid, et notre aimable sieur profitait d'un repos qu'il estimait bien mérité. Que nos bons lecteurs n'aillent pas s'imaginer le Mauve Viravel comme un fainéant – son voyage aux côtés de Limace s'était montré long et esquintant, et même les plus braves hérauts ont besoin de repos ! Cette accalmie, qui plus est, était vouée à n'être que de courte durée. Si le Protecteur d'Astal s'était rendu en le royaume de Tyshar, ce n'était pas pour flâner le long de la côte Ceannoise, quoique cette activité lui plaisait grandement et qu'il envisageait sérieusement d'y retourner prochainement. Il devait retrouver ses amis Rinaï et NalMevor, dont il comptait acheter la liberté. L'orangé et le bleu, respectivement, avait été menés par les aléas de la vie à servir de bêtes de labeur au service de la Compagnie du Vol-d'Ecume, dans des conditions qui ne plaisaient guère à notre bon seigneur. Celui-ci, dans sa bonté, avait donc décidé qu'il anoblirait ces dragons et les inviterait à venir s'installer sur son île. Il lui fallait retrouver les entrepôts de la compagnie, et le mestre de celle-ci, un nain joufflu à la barbe rousse dont il avait eu à faire lors de sa rencontre avec Limace.
La tâche ne fut pas compliquée. Les entrepôts étaient immenses, divisés en une dizaine de nefs, certaines abritant les marchandises, d'autres, les navires, et d'autres encore, les nombreux dragons servant la compagnie. Aussi grande eusse été la générosité de SaViravel, il n'aurait pu se permettre de tous les libérer, et cette pensée le rendit triste.
Trouver Hölti, le capitaine nain, ne fut pas plus compliqué. Tout le monde sur les quais le connaissait, et on le guida rapidement à lui.

« Mestre Hölti ! C'est un plaisir de vous revoir. »

« Protecteur ! Tout le plaisir est pour moi. Bon sang, qu'est-ce qui amène vos écailles sous le vent de Ceannad ? Suivez-moi donc, entrons ! »

Emboîtant le pas au capitaine, Viravel se réjouit de cet accueil chaleureux. L'or et l'alcool gagnaient toujours le cœur des marins, et le nain en avait été gâté lors de la dernière fête organisée par le dracosire. Cette fois, pour libérer ses frères, le Mauve avait trouvé de nouveaux cadeaux. Un autre genre de présents, des trésors qui rendaient stupides les plus sages, et attisaient la convoitise des plus raisonnables.


Vendu aux elfes de Byleuc. Cela ne faisait pas du tout rire le Mauve. Bonne nouvelle, Holti avait accepté son offre, et NalMevor, désormais libre, était déjà en route pour Calepp. Mais Rinaï ? Nenni ! Mauvaise nouvelle, il avait été vendu Vendu ! Comme on vendrait une tête de bétail. Le monde avait changé, et les dragons n'en étaient plus les maîtres, mais mordiable, ne valaient-ils pas plus qu'un esclave garne ? SaViravel avait besoin de s'éloigner des quais.
Il lui fallait marcher, se vider les esprits, profiter de sa halte avant de repartir pour Astal. Pour Byleuc, qui plus est ! Il allait devoir racheter Rinaï à des marchands de Byleuc, et c'étaient eux les plus durs en affaires. Il lui faudrait d'abord gagner leurs amitiés et... fichtre.

SaViravel entra dans la ville. Ses pensées furent aussi-tôt absorbées par l'imposant mécanisme de bronze qui se dressait en haut d'une tour blanche comme neige. Ces roues crantées activaient une sorte de pendule dont la rotation entraînait une suite de contrepoids, dans un ensemble totalement improbable et incompréhensible qui semblait se terminer par la rotation d'une sphère verdâtre dont les deux hémisphères tournaient dans des directions différentes, s'ouvrant à intervalle régulier, et attirant alors d'autres sphères qui semblaient flotter dans les airs pour... pour quoi au juste ? Le génie des Hommes était remarquable. Le sire laissa ses pattes le porter à travers les rues, de curiosité en curiosité, jusqu'à ce qu'une odeur vienne lui chatouiller les narines. Non pas une odeur d'ailleurs, mais deux, trois, dix, vingt ! Il tourna au coin de la rue, et se retrouva dans un océan de couleur.
La place du marché.
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