Forum de RPG basé sur l'univers de l'Âge de Feu par E.E. Knight
 

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 Elle fait une sieste dans la mer, vous ne devinerez jamais ce qui lui arrive ! [Zathiir et SaViravel] [MJ]

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MessageSujet: Elle fait une sieste dans la mer, vous ne devinerez jamais ce qui lui arrive ! [Zathiir et SaViravel] [MJ]   Sam 13 Jan 2018 - 12:46




Zathiir n’avait jamais réellement porté l’Empire draconique dans ses coeurs, c’est pourquoi elle n’avait été nullement affectée par le franchissement de ses frontières.

Elle avait vécu la première partie de son enfance dans la grotte parentale perdue sous la roche des Montagnes Rouges, élevée à la dure comme un dragon sauvage. Puis rapidement elle s’était vue quitter ce semblant de foyer pour un marécage lugubre infesté de crocodiles.

Lugubre mais ô combien plus accueillant.

Puis ne sachant trop comment, l’envie lui vint de quitter ce semblant de territoire. De plus en plus loin des eaux, de plus en plus loin de père. Le Lavadôme lui ouvrit ses portes, la ramenant parmi ses semblables. Elle avait haït cette vie et pourtant, si la voix de sa mère ne s’était pas de nouveau fait entendre à travers l'abîme de sa mémoire, elle sentait qu’elle aurait put y rester une éternité et peut être même s’en satisfaire.

Elle se demanda si le caractère solitaire des caïmans ne l’avait pas imprégnée au point de l’empêcher de retourner vivre parmi les siens. A moins que ce ne soit le caractère disfonctionnel de sa famille qui l’ait condamnée à une vie recluse, incapable de supporter longtemps la compagnie d’autres dragons.

Ou alors elle avait juste un très mauvais caractère doublé d’une certaine paranoïa par rapport au jugement des autres sur son apparence physique.

Ouais... Zathiir serait toujours surprise par l’étonnante capacité de l’apnée à la plonger dans un état de méditation qui la poussait à s’interroger sur des questions plus que troublantes.

Depuis combien de temps était-elle là ainsi accrochée au récif corallien ? En tenant compte de son immobilité et de ses capacités respiratoires elle se dit que cela ne devait pas faire plus de trente minutes. Des poissons multicolores nageaient paisiblement autour d’elle sans même la remarquer tendit que d’autres, plus petits, s’affairaient à débarrasser la draque des derniers parasites et impuretés que ce bain salé n’avait pas encore éliminés. Ils doivent me prendre pour une pierre eux qui ont si vite fui à mon arrivée. Combien de temps une information peut elle rester dans leur si petit cerveau ? C’était une question intéressante à laquelle elle n’avait pas la réponse. Cependant cette idée lui rappela qu’elle avait faim et, avec la lenteur propre aux animaux amphibies, elle releva son corps alléger par l’eau et se mit à marcher sur le fond sablonneux faisant déguerpir au passage les petits animaux nettoyeurs à l'exemption de quelques téméraires, qui l’avaient sans doute prise pour une curieuse tortue marine, et la suivaient dans ses déplacements.

Elle qui avait toujours évolué dans les eaux troubles des marais et des fleuves, la claireté de la Mer Ensoleillée était pour elle une expérience nouvelle et tout en admirant la beauté des coraux bleus, rouges ou jaunes, auréolés de vie et de lumière et en se laissant bercer par le sourd grondement des vagues se brisant sur les récifs plus lointains, elle se dit que le Monde Bleu n’avait rien à envier au Monde d’Au-Haut.
Quoi que... Un petit détail manquait à ce tableau pour en faire un parfait lieu de vie.

Les odeurs.

Les odeurs qui permettaient de sentir arriver le danger.

Les odeurs qui permettaient de débusquer des proies cachées.

Oui, c’était bien la seule chose qui manquait à ce monde car Zathiir aurait été toute aussi incapable de sentir un fumet sous-marin que de respirer.

En contrepartie, son sens auditif était largement décuplé par le milieu liquide. Comme en témoignait les battements agités qu’elle venait d’entendre.

A quelques queues de dragon de là, un combat faisait rage: un espèce d’énorme serpent mais bien plus denté tentait de maintenir en place une étrange créature dotée de huit queues anormalement souples. Queue que maintenait fermement le serpent à l’aide de sa gueule.

Non, ce n’est pas un serpent. On dirait plutôt une anguille. Et je crois qu’elle tient une pieuvre. Se dit-elle en rappelant à son esprit les rares images mentales qu’elle avait de l’océan.

L’eau autour des deux créatures se fonça subitement et Zathiir en profita pour se propulser dans la mêlée et, en enfonçant profondément ses crocs dans le corps mou de l’octopus l’arracha à son premier prédateur avant de remonter vers la surface, laissant dernière elle une murène emportant dans sa tanière l’extrémité d’un tentacule encore tremblant.

Pour une draque qui avait toujours profité des eaux stagnantes pour attendre, immobile, qu’une proie passe à sa portée, une mer limpide représentait une défi nouveau pour elle.

De chasseuse embusquée elle était devenue opportuniste.

Ignorant au possible les tentacules collants qui lui encerclaient le museau et lui tâtaient les narines et les yeux, l’un d’eux c’était même comiquement enroulé autour d’une de ses cornes noires, elle émergea de presque toute la longueur de son cou des eaux scintillantes du nouveau monde. A une distance très respectable de là se dressaient, fières et solides, les hautes murailles de la cité de Ceannad où de grands bateaux de bois, simples petits morceaux de tissu blancs du point de vue la verte, entraient par dizaine pour accoster dans la baie protégée.

Libérant ses narines des petites virgules de chairs qui permettaient leurs étanchéités, elle prit une grande bouffée d’air marin, gonflant au maximum ses immenses poumons et bascula sur le dos pour se laisser flotter malgré ses lourdes écailles. La houle n’était pas bien forte ce qui lui permit d’entamer goulûment son repas. Une fois hors de l’eau, la pieuvre semblait avoir beaucoup de mal à agiter ses nombreuses «queues» et les centaines de petites ventouses ne firent que lui chatouiller légèrement le ventre. Elle fut surprise de ne sentir sous ses griffes et ses crocs aucun os ou résistance quelconque mais une fois la moitié de son énorme tête dans son estomac la proie cessa de gesticuler et elle put sans problème continuer à manger.

Lorsque Percebrise l’avait portée sur son dos des Steppes des Pieds de Fer jusqu’ici elle ne pensait pas qu’elle apprécierait autant la vie en bord de mer (sans compter que cela lui avait sans doute sauvé la vie, mais cela elle l’ignorait encore) et bien qu’elle vive déjà depuis quelques semaines dans les environs de Ceannad, la ville fortifiée ne l’avait jamais vraiment attirée. Mais force est de constater qu’elle devrait un jour s’en approcher pour trouver du métal. Cependant la draque ne pensait pas à cela, elle savourait le bercement des vagues et la sensation agréable de se remplir le ventre sans avoir à être affamée, plus par gourmandise que par réel besoin.

Le mollusque était délicieux et le soleil lui réchauffait le ventre si bien que, peu de temps après avoir aspiré le dernier tentacule, elle s’approcha d’un état très semblable à un assoupissement, ses griffs battant légèrement le long de ses mâchoires, portée par l’eau salée et un curieux karma.

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MessageSujet: Re: Elle fait une sieste dans la mer, vous ne devinerez jamais ce qui lui arrive ! [Zathiir et SaViravel] [MJ]   Dim 21 Jan 2018 - 2:22




Nouveau !


e roulis léger des vagues faisait grincer les navires, dont l’oscillation des mâts semblait bercer quelques mouettes fatiguées de crier à travers le port comme le faisaient inlassablement leurs semblables. On entendait celles-ci dans toute la ville, se répondant les unes aux autres dans un langage que le Mauve ne comprenait pas – on racontait que celui qui buvait de le sang d'un dragon pouvait parler la langue des oiseaux, mais il semblait qu'avoir ce sang dans les veines n'était pas suffisant pour devenir polyglotte.

Viravel marchait le long de la promenade qui longeait les docks de Ceannad, l'oreille attentive aux sons, et le nez aux odeurs, qui emplissaient l'atmosphère de ce lieu fort curieux. L'endroit n'était jamais vide, il y avait toujours un humain pour pratiquer quelque activité que le noble sire ne comprenait pas plus que le rire des oiseaux marins. Le bruissement des flots venant s'écraser contre les pontons était ponctué par les cris des travailleurs, des matelots et des vendeurs, mais surtout, par le tintement des cloches des navires. SaViravel affectionnait particulièrement celui-ci. Il n'aurait su dire pourquoi, mais entendre ce son métallique, tantôt grave, tantôt aigu, tantôt lourd, tantôt léger, totalement imprévisible lui plaisait. Résonnait aussi le fracas des marteaux sur les chantiers navals, le sifflement du vent dans les cordages, les aboiement des chiens ou les craquement des treuils qui chargeaient et déchargeaient les lourdes cargaisons qui s'échangeaient ici.

Le soleil baignait la baie, et la baie était calme. Ceannad s'y nichait comme un oisillon dans son nid, et notre aimable sieur profitait d'un repos qu'il estimait bien mérité. Que nos bons lecteurs n'aillent pas s'imaginer le Mauve Viravel comme un fainéant – son voyage aux côtés de Limace s'était montré long et esquintant, et même les plus braves hérauts ont besoin de repos ! Cette accalmie, qui plus est, était vouée à n'être que de courte durée. Si le Protecteur d'Astal s'était rendu en le royaume de Tyshar, ce n'était pas pour flâner le long de la côte Ceannoise, quoique cette activité lui plaisait grandement et qu'il envisageait sérieusement d'y retourner prochainement. Il devait retrouver ses amis Rinaï et NalMevor, dont il comptait acheter la liberté. L'orangé et le bleu, respectivement, avait été menés par les aléas de la vie à servir de bêtes de labeur au service de la Compagnie du Vol-d'Ecume, dans des conditions qui ne plaisaient guère à notre bon seigneur. Celui-ci, dans sa bonté, avait donc décidé qu'il anoblirait ces dragons et les inviterait à venir s'installer sur son île. Il lui fallait retrouver les entrepôts de la compagnie, et le mestre de celle-ci, un nain joufflu à la barbe rousse dont il avait eu à faire lors de sa rencontre avec Limace.
La tâche ne fut pas compliquée. Les entrepôts étaient immenses, divisés en une dizaine de nefs, certaines abritant les marchandises, d'autres, les navires, et d'autres encore, les nombreux dragons servant la compagnie. Aussi grande eusse été la générosité de SaViravel, il n'aurait pu se permettre de tous les libérer, et cette pensée le rendit triste.
Trouver Hölti, le capitaine nain, ne fut pas plus compliqué. Tout le monde sur les quais le connaissait, et on le guida rapidement à lui.

« Mestre Hölti ! C'est un plaisir de vous revoir. »

« Protecteur ! Tout le plaisir est pour moi. Bon sang, qu'est-ce qui amène vos écailles sous le vent de Ceannad ? Suivez-moi donc, entrons ! »

Emboîtant le pas au capitaine, Viravel se réjouit de cet accueil chaleureux. L'or et l'alcool gagnaient toujours le cœur des marins, et le nain en avait été gâté lors de la dernière fête organisée par le dracosire. Cette fois, pour libérer ses frères, le Mauve avait trouvé de nouveaux cadeaux. Un autre genre de présents, des trésors qui rendaient stupides les plus sages, et attisaient la convoitise des plus raisonnables.


Vendu aux elfes de Byleuc. Cela ne faisait pas du tout rire le Mauve. Bonne nouvelle, Holti avait accepté son offre, et NalMevor, désormais libre, était déjà en route pour Calepp. Mais Rinaï ? Nenni ! Mauvaise nouvelle, il avait été vendu Vendu ! Comme on vendrait une tête de bétail. Le monde avait changé, et les dragons n'en étaient plus les maîtres, mais mordiable, ne valaient-ils pas plus qu'un esclave garne ? SaViravel avait besoin de s'éloigner des quais.
Il lui fallait marcher, se vider les esprits, profiter de sa halte avant de repartir pour Astal. Pour Byleuc, qui plus est ! Il allait devoir racheter Rinaï à des marchands de Byleuc, et c'étaient eux les plus durs en affaires. Il lui faudrait d'abord gagner leurs amitiés et... fichtre.

SaViravel entra dans la ville. Ses pensées furent aussi-tôt absorbées par l'imposant mécanisme de bronze qui se dressait en haut d'une tour blanche comme neige. Ces roues crantées activaient une sorte de pendule dont la rotation entraînait une suite de contrepoids, dans un ensemble totalement improbable et incompréhensible qui semblait se terminer par la rotation d'une sphère verdâtre dont les deux hémisphères tournaient dans des directions différentes, s'ouvrant à intervalle régulier, et attirant alors d'autres sphères qui semblaient flotter dans les airs pour... pour quoi au juste ? Le génie des Hommes était remarquable. Le sire laissa ses pattes le porter à travers les rues, de curiosité en curiosité, jusqu'à ce qu'une odeur vienne lui chatouiller les narines. Non pas une odeur d'ailleurs, mais deux, trois, dix, vingt ! Il tourna au coin de la rue, et se retrouva dans un océan de couleur.
La place du marché.
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MessageSujet: Re: Elle fait une sieste dans la mer, vous ne devinerez jamais ce qui lui arrive ! [Zathiir et SaViravel] [MJ]   Sam 27 Jan 2018 - 2:36




Elle flottait, écoutant le cri aiguë des oiseaux marins, respirant les vapeurs salées de la baie, sentant sur ses écailles la chaleur du soleil de l’Est.

Puis tout à coup elle eut froid.

Son oeil gauche, rodé par des années de veille attentive, s’ouvrit aussitôt dévoilant la fine fente qui coupait son iris marron. Elle ne voyait plus le ciel, elle ne voyait qu’une masse de bois grisée par le sel qui s’avançait vers son flan.  Par réflexe elle se redressa, basculant de nouveau sur le ventre et, d’un coup de queue, s’écarta de la trajectoire du bateau dont la proue fendit les eaux à quelques pas de la draque. J’ai dû m’endormir, ce dit-elle. C’était la seule explication pour qu’elle n’est entendue ni le bruit des vagues sur la coque ni les voix des marins qui gueulaient sur le pont. Aucun ne semblaient d’ailleurs avoir aperçue l’écailleuse que l’ombre du navire recouvrait entièrement. Mieux vaut ne pas s’attarder trop près des Hommes. Elle avait entendu des histoires horribles sur des équipages prenant en chasse des draques lorsque ceux-ci avaient le malheur de les croiser en mer, utilisant d’imposantes arbalètes pour les harponner et les lester avant de les tirer dans leurs filets à moitié noyés et mort d’épuisement.
Devant cette éventualité Zathiir fit la chose qui lui semblait la plus sensée et la plus naturelle: elle prit une grande inspiration et plongea. Elle avait dû dériver car elle se rendit compte qu’elle était à présent en eau profonde.

Le corps parcouru de longues ondulations, elle partit dans la direction opposée à celle de l’embarcation, pensant ainsi décrire une longue courbe avant de revenir vers la berge et éviter de possibles ennuis. Grave erreur.

Le premier signe fut un énorme limon qui manqua de la percuter en passant juste sous son ventre. Elle fit une demie roulade pour le voir peu à peu disparaitre, la tête en bas. Bizarre. A peine se fut-elle remise en route que ce fut cette fois tout un banc qui la dépassa, elle sentis même l’un des poissons effleurer légèrement sa griff gauche. Mais ce ne fut qu’en distinguant deux larges masses sombres de part et d’autre qu’elle comprit ce qui se passait. Un filet ! Elle se retourna immédiatement à grands coups de pattes et de queue, laissant dans sa précipitation quelques bulles d’oxygène s’échapper de sa gueule. Elle nagea le plus rapidement possible, plus vite que jamais lui semblait-elle. Sa queue plate et puissante battant l’eau dans son sillage avec acharnement, maudissant pour la première fois ses dix milles écailles dont le poids la ralentissait. Quelques poissons plus petits et plus sveltes la dépassèrent tendit que les cordages se resserraient aux coins de sa vision. A l’extrémité de sa queue elle pouvait sentir les centaines bêtes frétillantes qui tentaient aussi d’échapper au piège et ces sales poissons la ralentissaient ! Plus ils remontaient le long de son corps et plus il était difficile d’avancer efficacement. Elle tenta de remonter vers la surface mais les lacs semblait la suivre comme la gueule d’un monstre gigantesque. Elle finit par être totalement engloutie par cette masse grouillante et son dos heurta le fond du filet, ou du moins les centaines de corps qui le recouvrait déjà.

Si on lui avait demandé comment elle risquait de mourir elle aurait sûrement répondu soit par un combat, un accident ou encore étouffée par une trop grosse quantité de nourriture dans un moment de gourmandise mais elle était quasiment sûre que la noyade n’aurait pas figurée dans sa liste. Idiote ! pas besoin d’un harpon pour te tirer dans un filet ! tu y plonges très bien toute seule ! Ecrasée dans la masse compacte des poissons compressés au fond du filet, elle tenta d’atteindre les cordages dans l’espoir d’y déchirer un trou avec ses dents, mais elle ne savait même plus où était le haut et le bas dans cette mer de chair blanche et elle se retrouva vite avec des viscères plein les yeux, les narines et les écailles. Moi qui me trouvait propre il y a encore quelques minutes.
La draque cessa ne se débattre, mieux valait garder son air et ses forces jusqu’à la remonté de la pêche. Là, elle pourrait profiter de l’ouverture du filet pour surprendre les marins et profiter de la confusion pour s’enfuir. Voilà, ça c’est un bon plan. Profiter de son cerveau plutôt que de ses muscles pour une fois.

Non pas que son idée était mauvaise, sans doute cela aurait-elle fonctionner en temps normal, car il est évident qu’un pêcher ne s’attend pas forcément à remonter un jeune dragon quand il lance son filet aux alentours d’une ville fortifiée. Cependant les Esprits, dans leur existence éternelle, devaient particulièrement s’ennuyer ce jour-ci et s’étaient sans doutes amuser un peu trop avec ces étranges concepts que l’on nomme Hasard et Mal-Chance.

Du moins c’était la théorie de Zathiir.

Car lorsque le piège se rouvrit au dessus du pont, une suite d’événements fit que le capitaine, qui d’habitude surveillait toujours attentivement la découverte du fruit de ses longues heures de travail, n’avait eu aucune minute de repos depuis qu’ils étaient partis en mer la veille au matin et avait donc miraculeusement fini par s’endormir assis sur une vieille boite à appâts vide. De même depuis quelques semaines plusieurs matelots avaient pris l’initiative de vider le fruit de la dernière pêche de la journée directement au-dessus des caisses de livraison afin, soutenaient-ils, de gagner du temps mais surtout, en réalité, pour ne pas avoir à trier les derniers thons, rougés, dorades ou carangues qu’ils attrapaient. Ces dernières caisses au contenu incertain étaient vendues un peu moins chères aux poissonniers du marché de Ceannad et rencontraient pour le moment un petit succès. De toute façon les poissons étaient toujours beaucoup moins gros dans la baie qu’à l’extérieur.

Et ainsi, de coïncidences en coïncidences, personne ne vit la verte s’écraser minablement dans une des grandes caisses de bois qui quadrillaient le pont, de toute façon tout le monde s’étaient brusquement retourner à l’entente du cri aiguë d’un jeune homme qui venait de se faire pincer un doigt par un énorme crabe arrivé d’on ne sait où.

A moitié assommée par le choc, elle était mine de rien tombée la tête la première, elle voulu se redresser pour pousser un rugissement digne du plus terrifiant des écailleux. Mais au moment ou elle ouvrit la gueule une nouvelle déferlante de poissons s’abattit sur elle et la polychrome sentis très distinctement l’un d’eux se glisser dans sa gueule presque jusqu’au larynx, la bâillonnant. Je vais peut être bien mourir étouffée par de la nourriture finalement... Au-dessus d’elle, elle entendit très distinctement les quatre coups de marteau qui refermèrent le couvercle de la boîte remplie à ras bord de poissons en tout genre et d’une draque hébétée.

C’est alors que, en ce début d’après midi des plus banal, alors que le navire franchissait les portes de la cité pour déposer sa marchandise sur les docks où ils seront livrés aux différentes poissonneries de Ceannad, Zathiir parvient finalement à formuler une pensée cohérente.

Je déteste le poisson.



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MessageSujet: Re: Elle fait une sieste dans la mer, vous ne devinerez jamais ce qui lui arrive ! [Zathiir et SaViravel] [MJ]   Dim 11 Fév 2018 - 2:16




Nouveau !


a place du marché de Ceannad était immense. Les tentures colorées des échoppes s'alignaient à n'en plus finir, et, lorsqu'elles arrivaient aux confins de cette vaste esplanade, se faufilaient dans les rues et ruelles, s'étendant si loin que l’œil en perdait la trace. Viravel était un tantinet jaloux. Ces humains avaient un don certain pour la grandeur, eux qui étaient si petits. Ce n'était pas le cas de la majorité des dragons, qui semblaient se satisfaire amplement de leur grande taille – et n'affichaient aucun goût pour de telles expositions. Sans doute beaucoup d'entre eux étaient-ils hantés par le souvenir de la Cîme d'Argent. Mais c'était différent. Viravel voyait les choses en grand, non pas aveuglé par le présent comme l'étaient les sires de la Cîme, mais se projetant dans le futur, l'avenir de l'espèce draconique, et le souvenir qu'on se ferait du noble dracosire qu'était le mauve SaViravel, bien évidemment. Mais Viravel n'avait personne avec qui partager son hubris, et celui-ci avait toujours été restreint à son Oasis, ou à sa belle île de Calepp. Du gâchis, pensait-il ! Du gâchis, indéniablement. Le monde avait besoin de sieurs tels que lui. Mais le monde était trop sot pour savoir ce dont il avait besoin.

Ainsi, ce fier dragon se promena dans d'échoppe en échoppe, de senteur en senteur, et de couleur en couleur. Les passants s'arrêtaient souvent pour l'observer, adultes, enfants, et vieillards s'émerveillaient devant la beauté inhérente à ce personnage hors-normes. Le regard que posaient les jouvencelles sur lui auraient rendu jaloux leurs jouvenceaux, à n'en pas douter. Plusieurs fois, des gardes l'interpellèrent, lui demandant à qui il appartenait. C'était toujours un plaisir que de leur répondre « A personne d'autre qu'a moi-même, mon brave ». Souvent sceptiques, les gardes affichaient une mine peu convaincue, face à laquelle le mauve détachait d'un des pics de son cou le sceau de jade de la maison Halitu, indiquant son rang de noblesse et son allégeance à cette famille royale. Pour les plus réticents, Viravel les invitait à consulter leurs registres pour constater qu'il était bel et bien Protecteur d'Astal, ce qui généralement mettait un terme à leur curiosité - ces gens d'armes, sous leur lourde côte de maille et accablés par le soleil, n'avaient que peu de motivation pour s'en aller faire un tour aux archives, et aucun d'entre eux n'avait vraiment envie de se mêler aux histoires de l'une des plus puissantes maisons d'Astal en provoquant l'un des potentiels Protecteurs de la Baie.

Ce fut sans encombre donc, que se déroula cette virée. Le mauve se prenait d'une fascination digne d'un jeune dragonnet pour tout ce que le marché avait à offrir. Épices, étoffes, curiosités, animaux exotiques, artefacts anciens venus du désert d'Anklamère... Au coin d'une allée, on trouvait bien souvent quelque diseuse de bonne aventure, sorcier coloré, ou artistes de rues, dont les jongleries, acrobaties, farces, et mélodies, plaisaient beaucoup au dracosire. Il se laissa porter par le fumet des viandes séchées et des étals maritimes, sur lesquels il observait des poissons dont il se demandait bien de quel océan pouvaient-ils venir, tant leurs formes et couleurs étaient saugrenues.
Non loin de là, on ouvrait des caisses remplies des trouvailles de la pêche du jour. Coquillages nacrés, poissons argentés, draques verdoyants, raies tachetées, algues ondulées...
Attendez.
Draques verdoyants ?
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MessageSujet: Re: Elle fait une sieste dans la mer, vous ne devinerez jamais ce qui lui arrive ! [Zathiir et SaViravel] [MJ]   Dim 25 Fév 2018 - 5:06




Zathiir ne s’était jamais considérée comme une draque particulièrement chanceuse, mais après tout qu’est-ce que la chance ? Le fait qu’elle ait échappé à la noyade ou encore à un hypothétique abattage pouvait sans doute être qualifié de «chance», cependant la posture incongrue dans laquelle elle s’était finalement retrouvée par «chance» n’était pas vraiment des plus enviables.

Enfermée dans une caisse de marchandise, incapable de voir quoi que ce soit, de sentir autre chose que du poisson mort ou même de bouger d’avantage que le bout de ses griffes (à vrai dire elle peinait déjà suffisamment pour respirer) Zathiir priait autant qu’elle le pouvait, malgré son bâillon presque frétillant dans les remous de sa boîte, les quatre Esprits afin qu’ils mettent fin à son calvaire.

Pitié, faites que la caisse tombe et se brise sur le quai ! Que se passera-t-il si je rentre dans la ville ?

Elle avait presque l’impression de pouvoir entendre leurs rires moqueurs dans le bruit mouillé que produisaient le frottement des poissons près de ses oreilles. AH AH AH ! La bonne blague ! Et si on continuait ?

Allez vous faire...

Et c’est sur cette pensée hérétique qu’elle pénétra sans le savoir au coeur du labyrinthe de tentes colorées qui faisait tant la joie du dragon mauve. Au bout de plusieurs longues minutes, peut-être dix, peut-être quinze, alors qu’elle finissait presque par s’ennuyer dans son bain de fruit de mer (elle avait déjà bien mâchouillé son bâillon, incapable de le recracher dans cet endroit exigu mais trop gros pour l’avaler tout rond) elle sentit un violant choc agiter toute la caisse. De surprise elle hoqueta et, ce faisant, fit glisser encore plus profondément le cadavre du poisson au fond de sa gorge ce qui, cette fois, lui coupa l’air.

Merde ! Sale poisson si je meurs à cause de toi, peu importe où tu es, je te retrouverai et je dévorerai ton âme !

L’écailleuse n’eut heureusement ni le loisir de s’attarder sur le ridicule de cette pensée ni de la vérifier puisque, au-dessus d’elle les poissons et le panneau de bois firent place au visage d’un hominidé armé du pied de biche dont il venait sûrement de se servir pour soulever le couvercle. Au loin une voix des plus dissonantes clamait haut et fort dans une langue inconnue: «Il est frais mon poisson !».

La draque se redressa aussi élégamment qu’un scarabée sur le dos, c’est à dire à toute vitesse et avec des mouvements de pattes désordonnés puis s’accrocha au rebord pour finir par recracher dans une crise de toux le poisson assassin dont la tête n’était désormais plus qu’un tas de chair blanche et baveuse. Alors qu’elle toussait, recrachant au passage un oeil détaché qui avait glissé plus profondément ainsi que quelques petites ventouses restées collées entre ses dents, elle ne prêta aucune attention à l’adolescent qui était tombé à la renverse en hurlant ainsi qu’aux quelques poissonniers et clients qui s’étaient soudainement retournés.

Sous son poids la caisse se renversa sur le côté, répandent sur le sol une marée de cadavres de toutes espèces ainsi que la draque. C’est pas vrai je suis où là ?! Se dit elle en se redressant. Certains hominidés s’étaient reculés, d’autres étaient restés pétrifiés de surprise et quelques uns, les plus vifs et les plus méfiants avaient déjà attrapé un outil quelconque pour se protéger en cas de besoin. Tout autour de la verte se dressait des constructions hominidées, l’odeur des épices et des parfums pourtant lointaine lui piquait le museau et le broua broua des mots inconnus et des bruits d’activités associés au soudain regain d’oxygène finissaient le lui faire tourner la tête.

«Ne vous approchez pas.» gronda-t-elle de façon menaçante dans une langue que les humains de Ceannad étaient eux-même incapables de comprendre.

Je vais finir pendue à un crochet et éventrée, on vendra mes boyaux à des médecins et mes os à un sorcier avant de planter ma tête sur un pic et d’utiliser ma peau tannée pour couvrir les pieds difformes d’un seigneur grassouillet.

Dans sa volonté farouche de ne pas finir en mocassin, elle courba le dos, les griffs abaissées pour paraître plus impressionnante, prête à bondir.
Quand elle disait qu’elle n’avait vraiment pas de chance.

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MessageSujet: Re: Elle fait une sieste dans la mer, vous ne devinerez jamais ce qui lui arrive ! [Zathiir et SaViravel] [MJ]   Sam 17 Mar 2018 - 22:20




Nouveau !

on sang ! Viravel reconnut tout de suite le draquine de l'ouest, bien plus rauque et gutural que celui des quelques dragons natifs de la région. Cette draque venait, comme lui, d'un empire de cendres.

« Bien le bonjour ! » lança-t-il par delà la foule. Mais ladite foule, déjà, s'était attroupée autour de cette surprenante apparition. Et bien que laissant une distance respectable entre leurs frêles corps roses et cette masse grondante de chair, de crocs acérés, et d'écailles adamantines, ces citoyens curieux bloquaient le passage au Mauve.

« Braves gens, je vous prierai de ne rien tenter. Faites place, j'ai la situation bien en main. Enfin, en patte plutôt. »

Viravel ignorait en vérité tout de la situation. Mais son devoir de Protecteur le le lui avait appris – mieux valait mentir et garder les événements sous contrôle, que de dévoiler la vérité et céder la place à l'hérésie, à la frénésie, et à la vindicte populaire. C'étaient dans ces moments incongrus que le Mauve était le plus sérieux, ce qui n'était pas chose courante, comme l'auront remarqué nos lecteurs assidus. Si Viravel aimait s'amuser, il aimait surtout s'amuser avec des êtres vivants. Il ignorait tout des motifs de la draque, et, bien qu'il eut fort envie d'aller serrer la patte de cette sœur de pays, il devait avant tout s'assurer que tout allait pour le mieux. Dans l'attente de détails, il devait préserver les citoyens de la colère de la verte, et la verte de la curiosité de ces humains blafards, qui avaient fâcheuse tendance à paniquer dès qu'ils ne comprenaient pas quelque chose. Le cliquetis des armures de camails résonna dans le dos écailleux du Mauve.

« Protecteur, qu'est-ce que tout cela signifie ? » lança une voix lourde d'autorité et sèche de bonne humeur. Viravel se retourna, et reconnut le garde qui l'avait interpellé plus tôt dans la journée. En l'espace d'un instant, une dizaine d'entre eux avaient traversé la foule et entouraient les deux écailleux d'un mur de lances.

« D'abord vous, puis cette draque introduite dans la Cité ? Est-ce-là une attaque à la Couronne ? »

« Fichtre, quel manque cruel de savoir-vivre ! Cette draque dont j'ignore même le nom était enfermée dans une caisse de poissons. Une caisse de poissons vous dis-je ! Je l'ai vue en sortir de mes propres yeux, vue de mes yeux vue ! Carmoussec, pensez-vous que quiconque pourrait volontairement s'enfermer dans une caisse de poissons ? Eh bien ? J'écoute ? Personne ? Vous pourriez au moins vous enquérir de cette tragique situation, qui frôle la limite de l'acceptable ! »


« Cesse tes bavardages, dragon. »
Cracha dédaigneusement un autre garde. Le simple ton employé représentait un affront en soi, mais SaViravel était bien entendu tout à fait capable de rester digne et fier.

« Ces bavardages me permettent de m'assurer d'une chose, et cette chose est la suivante : cette draque n'a sauté sur personne. Je connais suffisamment bien ma propre espèce pour savoir qu'un dragon voulant lancer une attaque n'attends pas patiemment que son entourage aie fini de parler. J'ai reconnu le langage de cette verte, et sa patrie est la mienne. D’où nous venons, les dragons sont maîtres. Qui veut rugir, rugit. Qui veut détruire, détruit. Si cette vert vous voulez du mal, nous ne serions plus en train de discuter, mais vous seriez en train de rôtir à l'étouffée dans votre armure lustrée. Reprenez vos esprits mon brave. Un événement saugrenu s'est produit, mais le danger est effacé. En vertu des droits qui me sont conférés, je place cette draque sous ma protection. Toute charge retenue contre elle devra être entendue par le tribunal de la maison Halitu. »

Le Mauve avait dit les mots magiques. « Maison Halitu ». C'était tellement simple. Personne ne voulait d'ennui avec l'Archipel. Le garde qui avait ouvert la conversation se tourna vers l'un de ses camarades. Ils discutèrent ensemble quelques instants, avant que le premier ne se retourne à nouveau.

« Très bien, mais on garde un œil sur vous... » Siffla-t-il. De nombreuses réponses colorées avait surgi dans l'esprit du vif Viravel, qui refréna son humour vraisemblablement trop noble pour des gens si rustres.

Les gardes s'éloignèrent, et la plèbe, peu à peu, retourna à ses occupations. Bientôt, ce fut comme si rien ne s'était passé. Le dragon se retourna vers la verte.

« Quelle entrée fracassante ! Un don certain pour la théâtralité, vraiment. Quel bon vent vous amène donc, verte belle ? »
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MessageSujet: Re: Elle fait une sieste dans la mer, vous ne devinerez jamais ce qui lui arrive ! [Zathiir et SaViravel] [MJ]   Dim 1 Avr 2018 - 11:00




Dire que la verte craignait la réaction des hominidés était un euphémisme, en réalité, elle était tout bonnement terrifiée.

Ils étaient une vingtaine regroupés autour de la poissonnerie, peut être une trentaine si l’on y ajoutait les curieux qui arrivaient, attirés par le grabuge comme des mouches par un morceau de viande, l’oeil méfiant et les doigts serrés autour des manches de leurs armes, pour Zathiir, ils étaient des centaines. Si celle-ci s’était montrée plutôt hargneuse après sa libération, à présent que la surprise était retombée elle se montrait même incapable de bouger ne serait-ce qu’une écaille.

Feu et sang ! Si seulement j’avais des ailes ! Si seulement j’étais plus grande ! Si seulement j’étais comme... Non, tais-toi. Il doit y avoir un moyen de se tirer de ce mauvais pas. Concentre toi et réfléchis. Ne montre pas ta peur. Cherche un échappatoire. Peut-être qu’en forçant le passage et en courant je pourrai profiter de la surprise pour rejoindre le port et...

Son regard se porta au-delà du mur de peau et de vêtements et elle retînt un gémissement en en voyant les hauts murs de la citée l’encercler. Non loin, on pouvait entendre un cliquetis d’armures se rapprocher rapidement. Je vais mourrir ? Il n’était plus question de flamme grondante et d’un assaut désespéré dans un ultime rugissement glorieux comme on pouvait en entendre chanter tous les jours au Lavadôme et comme sa mère lui en avait si souvent montré à travers les souvenirs ancestraux de ses aïeux. Là, il n’y avait plus que sa tête vide et sa peur qui lui tordait le ventre. Je vais mourir face à des humains sales et puants ? Bouge ! Fais quelque chose ! Tu ne vas pas...

« - Bien le bonjour ! »

La salutation mit quelques secondes à attendre son cerveau tant elle était en contradiction avec son état d’esprit actuel. Qui que quoi ?

Elle identifia finalement la voix singulière comme appartenant à un immense dragon mauve qui, malgré son relatif éloignement, dominait la foule de toute sa hauteur et tentait de se rapprocher. Comment avait-elle fait pour ne pas le voir plus tôt ?

« - Braves gens, je vous prierai de ne rien tenter. Faites place, j'ai la situation bien en main. Enfin, en patte plutôt. » Lança-t-il avec de grand geste du cou dans un langage que la verte fut tout simplement incapable d’identifier.

Des hommes aux protections reluisantes et aux lances menaçantes se frayèrent un chemin jusqu’au grand écailleux avant de se lancer dans un interrogatoire auquel le nouveau venu répondit par de longues tirades toutes aussi incompréhensibles avec des mouvements tout aussi amples et appuyés.
Quelque chose dans l’attitude du dragon et sa façon de s’exprimer semblait tellement incompréhensible et surréaliste, sur-joué en quelques sortes, que la draque ne put rien faire d’autre que de regarder d’un air confus la scène qui se jouait devant-elle. Elle ne pensait plus du tout à son idée de mort imminente et, comme c’est souvent le cas chez les jeunes draques emplis de fierté, elle oublia bien vite cet épisode quelque peu honteux.
En plus, ce dragon avait quelque chose d’étrangement familier et cela lui laissait un arrière goût plutôt désagréable en bouche.

Le dragon s’avança soudain vers elle, une expression radieuse sur le visage, sous le regard méfiant du soldat. La foule commençait déjà à se dissiper et une vieille femme à la peau ignoble s’avança vers le garde, un poisson mort presque écraser dans la main.

« Quelle entrée fracassante ! Un don certain pour la théâtralité, vraiment. »

C’est à ce moment là qu’elle le reconnu. Bien sûr, sa couleur aurait dû la mettre sur la piste, mais c’était tellement improbable de le trouver ici, de l’autre côté du monde !

Ô non... Esprits... Tout mais pas lui...

Elle avait cru que son calvaire allait prendre fin, mais de toute évidence il ne faisait que commencer. Une de ses pattes avants vînt se coller contre ses yeux avec un petit claquement, peut-être pour se réveiller d’un cauchemar beaucoup trop long, peut-être pour profiter encore d’un ultime instant de repos ou peut-être encore dans l’espoir fou qu’il ne la reconnaisse pas à son tour, c’était idiot bien sûr, il n’y avait, à sa connaissance, aucune draque aussi reconnaissable qu’elle.

SaViravel... Le protecteur d’Anéa... l’illuminé du Lavadôme... le casse-pied de la cour... l’obsédé des célébrations et j’en passe ! Vent et Tempête ! Mais qu’est ce qu’il fabrique aussi loin de son oasis celui là ? A ce moment là, elle regrettait encore davantage les extrêmement rares fois où elle l’avait accidentellement entraperçu au détour d’une colline du Royaume souterrain (et s’était dépêchée de faire demi-tour) et la seule et unique fois où elle avait accepté d’être trainée à une de ses «spectaculaires» festivités. Pour célébrer les écureuils borgnes albinos mélomanes ou une bêtise semblable. Avec un peu de chance il a la mémoire courte.

« - Quel bon vent vous amène donc, verte belle ? »

« - Le même qui a permis au bateau de trainer le filet de pêche je suppose. »

Sérieusement ? Elle avait une tête à se faire appeler «verte belle» ? Déjà que, de base, elle ne se trouvait pas belle mais là, avec les restes de poissons, les fragments algues coincés entre ses écailles et son mauvais entretien dû au manque de métal elle ressemblait davantage à une tortue échouée qu’à une dragonnelle.

« - Bon, je suppose que je dois vous remercier pour avoir calmé ces hommes.» Marmonna-t-elle.

Le ton de la draque était des plus maussades, tout ce qu’elle voulait c’était échapper à son mauvais oeil qui, de toute évidence, ne l’avait pas quitté depuis qu’elle s’était endormis.





#006633


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MessageSujet: Re: Elle fait une sieste dans la mer, vous ne devinerez jamais ce qui lui arrive ! [Zathiir et SaViravel] [MJ]   Jeu 7 Juin 2018 - 2:19




Nouveau !

ullement très chère, c'est moi qui vous remercie d'avoir animé cette journée fort ordinaire ! La période séparant la fête des Frondaisons et celle du Crabe Blanc et toujours d'un monotone glaçant – malgré le soleil qui tape ardemment en cette saison. Allons donc nous en abriter un peu, et nous éloigner de tout ces mets ! Cette poisonnaille me donne l'eau à la bouche, mais ce serait un cruel manque de bienséance que de se repaître à une telle heure. Allons donc, allons donc. »

Le mauve étendit – avec courtoisie ! – une aile crépusculaire au dessus de la jeune draque afin de lui offrir un peu d'ombre, et s'avança d'un pas noble parmi la foule.
Chacun de ses amples pas, cependant, s'accompagnait d'un questionnement déchirant au cœur du brave sieur. Qui était donc cette draque ? Le mauve Viravel était bien certain de la connaître, mais qui était-elle au juste ? Cet oubli était intolérable, aussi s'en mordait-il les griffes. Quel manque de respect, que d'oublier ainsi une si aimable verte !

« Vous et moi venons des mêmes contrées. De bien curieux évenements ont eu lieu sur le vieux continent n'est-ce pas ? Ce sont eux qui vous ont fait fuir ? »

Rusé et malin, le mauve essayait, par ses questions, d'obtenir des indices sur l'identité de son amie. Il ne pouvait pas, en effet, lui poser directement une telle question ! Ces choses-là ne se faisaient pas. Quelle atroce torture ! Quelle souffrance ! C'était toute la noblesse de Viravel qui était touchée par ce cruel trait du destin. Que pensait la verte ? Il ne l'avait même pas saluée par son nom ! Celle-ci devait se sentir outrée, oubliée ! Que dame fortune était fourbe. Le mauve devait vite obtenir sa réponse, et se racheter de ce manquement aux bonnes mœurs.

Ils furent bientôt loin de la place du marché, avançant le long de la Promenade Parée, située à l'est de la ville, et pavée d'une pierre blanche, dont le mauve réalisa qu'elle échappait à ses connaissances en matière de géologie. Lui qui avait reçu une si noble éducation  lors de ses années en tant que Protecteur ! Quelle honte. Le mauve enchaînait les catastrophes. Mais il refusa de ployer face à la dureté de ces épreuves, et décida avec bravoure qu'il restaurerait l'équilibre de la vertu.
La promenade, pour revenir à celle-ci – car il est bien malpoli pour le narrateur d'une histoire de s'attarder ainsi sur de telles futilités de l'esprit – s'éloignait des habitations, et longeait le front de mer. Bordée de statues représentant les héros des Hommes du Tyshar, elle menait ultimement à un immense arbre, dont on disait qu'il était plus ancien que les premiers Garnes. Sa fine écorce était blanche, tachetée de noir, ses feuilles arboraient la couleur du bronze, et les Hommes de Ceannad lui donnaient bien des noms – quoique le plus commun d'entre eux soit Ostaroth. Cet arbre était d'une grande beauté, et son vaste ramage tirait une ombre large sur le sol.
Le noble dracosire replia son aile et s'allongea au pied du tronc pâle, repliant ses sii et ses saa sous son corps.

« Reposez-vous donc chère amie. Vous avez vécu de drôles d'aventures, et en avez bien besoin. D'ici quelques heures, le soleil aura tourné et l'ombre de ce vieil arbre n'ombragera que les poissons en contrebas ; et je doute que vous ayez vraiment envie de retourner auprès d'eux ! »

SaViravel était heureux. Les choses allaient sans aucun doute s'arranger désormais.
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MessageSujet: Re: Elle fait une sieste dans la mer, vous ne devinerez jamais ce qui lui arrive ! [Zathiir et SaViravel] [MJ]   Ven 22 Juin 2018 - 12:30




La pauvre Zathiir était littéralement... verte de honte.

Quoi que, cela n’était pas tout à fait exact. En effet, un oeil averti (et habitué à la morphologie draconique de surcroît)  aurait sans doute remarqué le léger changement de teinte au niveau de son museau et de ses oreilles.

Bref, Zathiir était, céans, morte de honte.

La raison ? Ok. Imaginez la scène suivante: imaginez que vous venez à l’instant d’échapper de peu à une mort horrible et, somme toute, des plus ironiques. Bien. Imaginez que, suite à cela, vous vous retrouviez encerclé par d’hideux indigènes prêts à vous étriper alors que vous n’êtes pas, il faut bien l’avouer, au meilleur de votre classe. Parfait. A présent imaginez que le seul être daignant venir à votre secours, la personne à qui vous êtes censé devoir la vie et une reconnaissance éternel soit... un espèce de coq-géant-coloré-aristocrate imbu de lui-même et à qui il manque de toute évidence une case. Que dis-je ! Une grille ! Cependant vous êtes obligé de suivre se volatile, qui se présente comme votre protecteur sous les yeux de tous, sous peine de finir prématurément sur la broche (vous ai-je déjà dit que le sort était ironique ?).

Voilà, si vous parvenez à visualiser cette scène vous devriez avoir un bon aperçu de la situation dans laquelle se trouve actuellement notre pauvre petite draque. Pire ! Le mauve alla même jusqu’à tendre son aile, qui se voulait sûrement protectrice elle aussi, au-dessus du corps de la verte, finissant d’étendre un voile d’ombre sur sa dignité aujourd’hui perdue.

«- Vous et moi venons des mêmes contrées. De bien curieux évènements ont eu lieu sur le vieux continent n'est-ce pas ? Ce sont eux qui vous ont fait fuir ? »

Pas très intéressée par l’éventualité d’une conversation avec un dragon réputé capable de discourir sans interruption durant deux poussées d’écailles si les convenances l'exigeaient. La marbrée se contenta d’un «mmmh» évasif, sachant pertinemment que les «curieux évènements» auxquels se référait SaViravel pouvaient tout aussi bien être l’explosion pure et simple de tous les dragons de l’Ouest que la soudaine hausse de natalité des gargouilles à poils longs.

La tête basse et toujours aussi gênée, Zathiir suivit le mauve hors du marché. Ses coeurs firent un bond d’espoir quand la douce musique de l’eau parvint à ses oreilles. Allait-elle enfin pouvoir quitter cette forteresse de pierre et de fer ? Elle avait bien vu sur les remparts les arbalètes naines prêtent à tirer sur le moindre dragon hostile qui s’aviserait de s’approcher de la ville par la voix des airs.
Ou d’en sortir.
Finalement, mieux valait que ses propres appendices ne soient pas encore mûrs car elle aurait sûrement quitté le sol aussitôt libérée en détruisant les échoppes au passage... et se serait faite descendre quelques secondes plus tard.
Quoi que... si elle avait été une véritable dragonnelle elle ne serait certainement pas passée ainsi inaperçue parmi les poissons.

Ses maigres espérances furent anéanties une fois qu’elle eut foulé les pierres immaculées de la promenade du bord de mer. En effet si celle-ci donnait directement sur la baie, Zathiir constata qu’elle était légèrement surélevée puisque la mer s’étendait UNE VINGTAINE DE PAS EN DESSOUS D’EUX. Et bien entendu il était impensable de tenter un plongeon puisque le bas de la falaise était parsemé de multiples rocs aussi affutés que ses propres crocs.

Ainsi perchée au-dessus du vide, elle envisagea de descendre à la seule force de ses sii et saa mais, comme un rappel à l’ordre, une gigantesque vague vint se fracasser sur la roche dans un nuage d’écume. Dégoutée, la draque saisit un magnifique pavé blanc dont l’attache avait été rendue bancale par les intempéries et le lança dans la flotte dans un «Plouf !» lointain, souhaitant de tous coeurs que l’Esprit de l’Eau l’ait, d’une manière ou d’une autre, senti passé.

Une seconde passa puis, lorsqu’elle se rendit compte de sa bêtise, elle se retourna affolée vers SaViravel qui était sans doute la seule personne capable de la protéger d’une épilation forcée des écailles qui aurait pour but de rembourser ce malheureux projectile qui devait sans aucun doute coûter son pesant d’or.
Heureusement le protecteur, qui semblait de son côté affreusement préoccupé par quelques désagréables pensées, ne semblait pas avoir remarquer sa courte pose et marchait, seul, un peu plus loin sur la promenade, l’aile toujours courtoisement tendue sur du vide.

Après coup elle se fit la réflection qu’elle aurait pu en profiter pour filer discrètement dans la direction opposée, mais dans la panique de s’être faite prendre dans son moment d’égarement spirituel, elle retourna avec une course rapide sous l’aile inutile du reptile adulte. Juste à temps d’ailleurs avant qu’il ne se retourne vers elle pour s'allonger pompeusement entre les racines d’une arbre aussi pompeux que lui.

« Reposez-vous donc chère amie. Vous avez vécu de drôles d'aventures, et en avez bien besoin. D'ici quelques heures, le soleil aura tourné et l'ombre de ce vieil arbre n'ombragera que les poissons en contrebas ; et je doute que vous ayez vraiment envie de retourner auprès d'eux ! »

Légèrement essoufflée, la draque répondit, un peu maladroitement, par un nouveau «mmh mmh» affirmatif avant de s’allonger sur une racine particulièrement épaisse.

Il y eut alors comme un blanc. Le mauve restait là, couché, à la fixer avec un sourire un peu trop grand, comme s’il attendait qu’elle dise quelque chose. La polychrome quant à elle ne trouvait rien de mieux à faire que de se tortiller une hanche sur l’autre sans savoir quoi dire. Ce fut finalement après une longue attente, du moins pour elle, qu’elle retrouvait finalement son draquine:

«Heu... Sinon il s’est passé quoi à l’Ouest ?»

Peut être que ce sujet l’occupera le temps qu’elle trouve une bonne excuse pour fuir sa compagnie, et au passage cette ville.  

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MessageSujet: Re: Elle fait une sieste dans la mer, vous ne devinerez jamais ce qui lui arrive ! [Zathiir et SaViravel] [MJ]   Ven 6 Juil 2018 - 2:27


HRP:
 
HRP2:
 

Viravel marqua un temps d'arrêt. Il ne s'attendait pas à ce que la verte retourne l'initiative à son avantage et n'avait nulement prévu cette question de sa part ! Il se serait plutôt attendu à ce que la mystérieuse verte lui donne quelque éclaircissement à ce sujet. L'identité de la draque restait un mystère, mais le mauve ne pouvait pas se permettre de rester perdu dans ses pensées, dérouté par la tournure des évenements ! Il inclina la tête, remontant le fil de sa mémoire. Il opta pour la franchise, car l'honnêteté était une bien noble vertu, et Viravel était bien noblement vertueux.

« C'est une excellente question que vous me posez-là, Flanc-de-Jade. Je crois que tout a commencé avec cette grande dragonne noire... Singulier personnage. Elle peignait de flammes mon aimé désert. J'eus d'abord quelque compassion pour elle, la prennant pour une artiste. Ah, palsembleu, vous auriez dû voir ce spectacle. Croyez-moi mon amie, vous n'avez jamais rien vu de semblable. Elle déchirait ciel et terre, en une vive toile d'or et de feu. Mais ses propos guerriers auraient dû éveiller mes doutes... Mais dans ma folie, je n'ai rien fait pour l'arrêter. Malheur ! Puissent les Esprits avoir quelque miséricorde à mon égard, si tant est qu'ils puissent encore en avoir. Puisse mon ouvrage me sauver d'une damnation certaine... Enfin. Après le passage de cette peintre de braise, mes sujets ont quitté l'oasis une nuit, sans prévenir. Je suis parti à la recherche de mes amis, horreur ! Quel horrible souvenir que celui de la chair noircie de Fiazara, de son corps mis tout en sang ! Ma colère était grande. Jamais je n'avais connu telle colère que depuis... depuis... enfin, peu vous importe.»

SaViravel chassa de son esprit quelques souvenirs importuns, qui troublaient son récit. C'est une folle chose, cette manière qu'ont les temps passés à venir s'insinuer dans les temps présents. Il reprit.

« Jamais je n'avais connu telle colère que depuis très lontgemps ! J'ai volé bien des jours et des nuits, pour atteindre un Lavadôme abandonné. Un habit violaçé l'habillait. Cela aurait pu me réjouir,car la couleur de mes écailles est bien-sûr la plus noble de toutes - mis à part l'émeraude qui habille les dragonnelles, bien entendu. Mais cette couleur n'avait rien de bon à offrir, quelque chose de profondément dérangeant s'en dégageait. J'ai dormi une nuit dans une caverne abandonné, si tant estque l'on puisse user du verbe « dormir » pour qualifier l'état dans lequel je me trouvais à ce moment
là. Ma fatigue était grande, mais mes questions nombreuses. Je ne leur ai toujours pas trouvé de réponse. J'ai ensuite quité cet endroit malade, avant de me rendre dans la baie d'Astal. »


En vérité, le dracosire n'avait jamais pris le temps de conter son voyage à quiconque. Cela était un tantinet douloureux par moments, mais Viravel était brave. Mais surtout, cela lui faisait plus de bienque de mal ; et ce fut à cet instant qu'il eut l'idée de coucher ce récit sur le papier. Il lui faudrait engager un scribe, sans doute un humain dont les doigts agiles pourraient manier une plume qu'il n'aurait su saisir entre ses serres. Ainsi, une fois de retour il pourrait... bon sang ! C'était maintenant le futur qui venait visiter le présent. Quelle curiosité, que le temps ! Ce qui avait été et ce qui allait
être semblait se mêler à ce qui était, tant et si bien que Viravel se demanda si il y avait quoique ce soit d'autre que le présent. Penser le reste était-il vraiment logique ? Fichtre ! La courtoisie ! Cette réponse, bon dracosire, s'éternise, et tu as déjà trop manqué à la bien-séance.

« Nos anciennes terres n'ont plus rien à nous offrir. Elles ne sont que chagrin et malheur. Un malles ronge. Elles ne nous veulent rien de bon.
Je n'en sais pas plus que vous, quant à la chute de notre monde, mais je sais que quelque chose de très sombre s'y est passé. Quelque chose dont même les Hommes et les Elfes parleront encore pendant des générations. Quelque chose que le monde n'oubliera pas. »

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