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 Le vent du changement [Privé Dana]

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MessageSujet: Re: Le vent du changement [Privé Dana]   Ven 5 Oct 2018 - 15:28

Percebrise observait, inquiet, la pauvre Dana se tordre de douleur sur le sol en gémissant. Il y avait quelque chose de malsain à la voir dans cet état-là mais même s’il en avait envie, il était incapable de détourner les yeux. L’humaine se recroquevilla sur elle-même, à tel point qu’elle paraissait minuscule maintenant, de la taille d’une petite enfant. Ses muscles étaient contractés pour lutter contre la douleur qui l’avait envahie.
Elle se serra un peu plus fort contre le museau d’un Percebrise, pris au dépourvu, mais qui ne recula pas pour autant. Simplement, il ouvrit de grands yeux bleus et les posa sur Danalhéa, en guerre contre le mal dans son corps et son esprit.
L’elfe s’approcha d’eux d’un pas déterminé. Percebrise étouffa un doux grondement : il savait qu’elle n’était pas une mauvaise personne, mais après cette terrible séance, il n’était pas très enthousiaste à l’idée de la laisser continuer ses expériences désastreuses sur Danalhéa. Elle brandit un petit calice en terre cuite contenant une drôle de liquide d’un vert pâteux que Percebrise ne se serait jamais aventuré à goûter. D’un geste brutal, elle retourna Dana afin de la placer dos au sol et déversa le contenu du récipient dans la bouche de l’humaine -ce n’était certainement pas la meilleur position pour avaler quelque chose, or le temps pressait. Méfiant, Percebrise recula sa grosse tête cornue et laissa l’elfe faire son travail, scrutant le moindre de ses mouvements. Il n’avait jamais eu confiance en ces gens qui utilisaient la magie et les sortilèges, et cela ne fit qu’accentuer sa suspicion.
Le calice en main, l’elfe recula et tous les deux attendirent que la potion fasse effet. Pour Percebrise, c’était simple : soit l’état de Danalhéa empirait, et il n’hésiterait pas à montrer les crocs ; soit Dana se rétablissait, auquel cas il quitterait cet endroit sur le champ, et Dana avec lui. Il attendit, sur le qui-vive. L’humaine à la chevelure immaculée remuait de moins en moins, et Percebrise ne savait pas comment l’interpréter : était-elle en train de sombrer dans l’inconscience, ou la douleur commençait juste à s’estomper et elle reprenait ses esprits petit à petit ? Il la renifla : une odeur étrange et indescriptible, qui lui était inconnue, caressa ses narines. Il avait également cette propre odeur sur lui. Il était confus, car tout ce qu’il pouvait associer à cette odeur n’était qu’une couleur, un doré très doux, chaleureux, un peu pâle. Les avait-on drogué ?
Il revint sur ses pensées précédentes et les images qu’il avait vues pendant sa transe. Non, ce n’était pas anodin : dans ces visions étonnamment familières, il avait l’impression d’avoir retrouvé des souvenirs, des souvenirs qui  de prime abord paraissaient dérisoires mais qui en réalité ne l’étaient pas tant que ça.

Dana était en train de reprendre ses forces, très lentement. Elle s’était ramassée sur elle-même, un peu comme un hérisson, et maintenant voilà qu’elle cherchait à prendre appuis sur le sol, résolue à se mettre debout. Elle posa ses mains par terre et se redressa, un processus long et éprouvant, toujours repliée sur elle-même. Elle se cramponnait à ses propres bras, mais elle était toujours agitée de spasmes certes moins violents que ceux qui l’avaient secouée plusieurs minutes plus tôt, mais tout aussi incommodants. Des gouttes de sueur perlaient sur son front plissé et elle dû s’appuyer contre l’encadrement de la porte pour ne pas s’effondrer à nouveau. Il crut qu’elle allait vomir. Une haine profonde brûlait dans ses yeux, et elle dévisagea Percebrise un court instant, avant de planter son regard hostile sur l’elfe qui se tenait à une distance respectable. Cette dernière se doutait bien que même si elle n’avait pas voulu leur nuire, ses invités risquaient de se montrer agressifs. Elle s’était retranchée derrière le comptoir, se fondant parfaitement avec le décor.

« Tu nous as fait quoi, salope ? »
« Je… Vous… Des… Euh. Visions ? Hrm. Je vous ai donné des visions. Vous avez tous les deux vu la vérité sur… Tes origines. »


Percebrise pouvait sentir la rage déborder tout autour de Dana. Il crut qu’elle allait lui sauter à la gorge et lui arracher les boyaux.
Attend ! Arrête, ne fais rien !
Cela lui fit bizarre, de communiquer par la pensée. Il avait tellement perdu l’habitude. Malheureusement, l’état d’esprit de Dana ne lui permettait pas de se faire comprendre ni entendre et son entreprise ne servit à rien. L’humaine épanchait d’une pure colère et un sourire tordait son visage, sourire qui se défit très vite lorsque la silhouette de l’humaine s’affaissa un peu. Une onde de choc avait chassé toute cette fureur en laissant place au vide. Un vide las. Percebrise attendit quelques secondes.

« Allons-nous en. » décida-t-il en poussant doucement une Dana oisive contre son poitrail. Nous ne devons pas rester ici Dana. Il se surprit à se montrer aussi familier avec elle -mais justement, qu’est-ce qui pouvait bien l’en empêcher... Il la guida gentiment à l’extérieur du bâtiment et les rayons du soleil vinrent caresser sa peau d’albâtre mais elle n’y fit pas attention, perdue qu’elle était dans les recoins les plus reculés de ses pensées. Percebrise s’adressa une dernière fois à l’elfe et la gratifia d’un « Au revoir » qui relevait plus du « À jamais », avant de quitter définitivement les lieux. L’elfe, gênée, les suivit du regard jusqu’à-ce que la dernière écaille de Percebrise disparaisse de son champ de vision.
Dehors, rien n’avait changé et la foule poursuivait ses occupations. Dana n’avançait plus toute seule ; visiblement, elle n’était plus de ce monde et Percebrise devait la pousser du museau pour la faire avancer. Ils ne firent que quelques mètres, histoire de s’éloigner du peuple pour avoir un peu plus d’espace.
Grimpe sur mon dos s'il-te-plaît. Nous allons trouver un coin plus tranquille.
Percebrise lui présenta une sii et son aile pour l’aider à grimper. Elle coopéra sans broncher et se laissa hisser, docile, sur le creux entre la nuque et les épaules de Percebrise.
Ce dernier se faufila parmi les hominidés et redescendit le long de la rue qu’ils avaient empruntée en sens inverse. Il passa sous les innombrables arches fleuries, traversa la cité jusqu’à arriver à la rivière où il avait rencontré Dana une fois sur les ponts, et regarda autour de lui pour trouver un endroit un peu plus sympathique -non pas que cette ville avait l’air désagréable, à première vue, elle était réellement splendide- mais il fallait un lieu plus calme pour que l’humaine puisse se reposer, se ressourcer.
Il aperçut un pont en pierre un peu plus loin qui menait de l’autre côté de la rivière dans la forêt avoisinante, et l’emprunta. Une fois de l’autre côté, il se mit en quête du petit recoin parfait. Ce ne fut pas long : ces bois étaient remplis de petites clairières agréables et baignées d’une douce lumière. Il en trouva une à son goût, tapissée de mousse réchauffée par le soleil, avec deux petits rochers sur lesquels il ne pouvait certainement pas se percher car il y avait tout juste de la place pour son corps entier -et encore, il devait replier la queue ou la laisser traîner parmi les arbres tout autour afin de s’installer. Il fit attention à ne pas piétiner toute la mousse, et déposa délicatement Danalhéa tout près des rochers. Pas très loin d’eux, un groupe d’enfants était en train de s’amuser : on ne les voyait pas, mais leurs cris excités résonnaient à travers la forêt. Rien de trop dérangeant cependant, car ils se trouvaient relativement loin.
Dana regardait toujours dans le vide. Percebrise s’allongea comme il le put : se coucher sur la mousse était agréable, et le soleil réchauffait ses écailles blanches -un plaisir bienvenu, après ce qu’il venait de vivre. Il se sentait encore tout retourné, mais pas autant que l’humaine. Il ne la quittait pas du regard, et il repensait à toutes ces visions. Peu à peu, certaines choses se faisaient plus claires. D’autres en revanche… Il soupira, un certain malaise toujours présent chez lui. Effectivement, il était certain qu’une partie des images qu’il avait vues concernait Dana. Mais d’autres… Il s’agissait d’endroits qu’il ne connaissait pas. D’endroits où il ne s’était jamais rendu mais qui existaient car il en avait entendu parler. Y avait-il une part d’hallucination dans ce qu’il avait vu ? Ou bien avait-il vraiment eu une vision du désert d’Anklamère ?
Soudain, Dana esquissa un mouvement. Percebrise redressa la tête.
« Dana ! Tu es bien là ? Comment te sens-tu ? »
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MessageSujet: Re: Le vent du changement [Privé Dana]   Jeu 11 Oct 2018 - 23:05




« Allons-nous-en. »

C’était une très bonne idée. Toute son énergie avait disparue. Dana se sentais las, prête à tomber au moindre mouvement. Elle sentait ses jambes bouger toutes seules. Comment tenait-elle debout ? Elle ne savait pas. Et l’idée de questionner ce fait lui paraissait bien trop épuisant. Ses jambes fonctionnaient seules. Mais elle n’avançait pas. Avançait-elle ? elle sentait le soleil sur son visage. Tout paraissait flou. Quelque chose poussait dans son dos pour qu’elle avance. La foule lui paraissait lourde. Lourde ? Peut-être relevait-elle plus de l’amer ? Ou simplement faisait-elle un brouhaha assourdissant. Elle ne savait pas. Ses yeux étaient si bien quand ils étaient fermés. Elle rêvait d’un lit douillet, sous une grosse couverture de laine et de peaux, et de son homme. Où était-il, d’ailleurs ? Son Tybalt.
Une idée lui suggéra de monter sur le dragon derrière elle. Pourquoi un dragon la laisserait-elle monter sur lui ? RaÏnvir n’aurait jamais accepté. Il trouvait que l’odeur des humains était fétide, de toute façon. Il était toujours de mauvaise humeur. Elle le comprenait. Elle aussi serait de mauvaise humeur si elle devait toujours partager sa chambre… sa tête, avec son frère. Même si elle n’avait pas de frère. L’idée de partager quelque chose toutes les heures du jour et de la nuit avec une personne que l’on appréciait sans vraiment avoir eu le choix de l’aimer n’était sincèrement pas réjouissant.

Néanmoins, Danalhéa grimpa sur le dos sur dragon. Il était douillet. Elle aurait pu s’endormir. Ses yeux étaient toujours aussi lourds, comme si un petit lutin s’amusait à tirer sur ses paupières. Au loin, elle entendait la ville s’agiter. Ou était-ce les fourmillements dans ses doigts qui faisaient autant de bruit ? Elle ne vit rien de la ville, même si les odeurs étaient magnifiquement colorées. Les couleurs se calmaient quand ils arrivèrent dans un petit bois. Ses yeux s’ouvraient, et toutes les odeurs lui montaient à la tête. Le parfum des pins et de la mousse la calmait. Elle avait l’impression de se réapproprier son corps. Elle glissait jusqu’à terre, assise contre une pierre lissée ; et sa tête roula contre cette dernière. Dana fixait le ciel. Ses mains étaient profondément enfouies sous la mousse du sol. Le soleil réchauffait tout son corps. Ses sensations retrouvaient leurs états normaux. Ses yeux voyaient enfin des couleurs, sa langue goûtait une saveur acre presque acide comme de la bile, ses mains fourmillaient toujours, mais le bruit de ce fourmillement n’était plus, et ses oreilles entendaient au loin des enfants, mais aussi la respiration du dragon, et le bruit des oiseaux autours d’eux. Elle se sentait engourdie, mais elle revenait à elle. Si la décoction avait réussi à faire halluciner un dragon, imaginez un peu les conséquences que ça avait sur une humaine lambda. Enfin, lambda…

La jeune femme se redressait dans un effort monstre, avant de s’allonger de tout son long dans la mousse, ses bras au-dessus d’elle. Il faisait si bon. Les arbres étaient si haut. Le soleil si chaud. Tout paraissait doux, d’un coup. Elle prit une grande inspiration. L’air était humide, salé. Elle fermait ses grands yeux bleus. Tout allait bien. Elle n’avait plus à s’inquiéter de rien. C’était comme si tous ses problèmes et angoisses étaient partis. Il n’y avait plus de peur à savoir où ils allaient dormir. Plus d’angoisse par rapport à l’argent, à son ours, a Œilfantôme. Il y avait juste la mousse sous son corps, et le soleil au-dessus, embrassant sa peau de mille baisers réconfortants.

« Dana ! Tu es bien là ? Comment te sens-tu ?
- Bien, Percebrise. Si bien. » Un long soupir passait ses lèvres. « Ma mère n’a pu avoir qu’un enfant. C’était moi. Elle a eu recourt a tellement de choses pour m’avoir. Elle m’a donné les cheveux blancs. Et elle me déteste tellement. »

Aucune émotion n’affectait Dana quand elle avouait que sa mère la détestait. C’était un fait qu’elle avait accepté. Elle disait cela comme elle pouvait dire que l’herbe était verte. C’était factuel. Elle se demandait pourquoi elle avait dévoilé ce détail au dragon. Elle n’avait plus de filtre pour le moment. C’était peut-être une aubaine pour le dragon. Il pourrait en apprendre plus. En comprendre plus.

« Ou est-on ? Tybalt est-il ici ? Krakenoor est-il loin ? »

Elle était convaincue qu’il était là. Qu’elle était dans une forêt, sur l’ancien continent, non loin de chez elle. Elle avait toujours sa chevalière à son annulaire. Qu’avait-il pu arriver de si grave ? Dana avait de vagues souvenirs d’une fuite et d’un long voyage en bateau… Un rêve certainement.
La jeune femme ferma les yeux un moment pour se concentrer. Ted… Ted, Ted, Ted… Ce nom lui disait quelque chose. Il lui donnait une étrange sensation de chaleur dans le torse. Ce nom lui rappelait un câlin, une caresse dans les cheveux. Ce nom lui faisait également penser à un ours ? Elle connaissait un ours ? Oui, oui ! Ça lui revenait. Elle connaissait bien un ours. Il parlait même ! C’était son meilleur ami. Dana l’avait rencontré à Portangue, pour sûr ! Ils avaient voyagé ensemble… Pourquoi avaient-ils voyagé ensemble alors qu’elle allait se marier ? Et pourquoi était-elle allée à Portangue sans Tybalt… Confuse, elle fronça les sourcils, continuant son petit questionnement solitaire. Elle connaissait aussi une elfe, Œilfantôme avec qui… avec qui… elle avait… traversé l’océan… Peut-être avait-elle réfléchi à voix haute, et le dragon avait entendu tout son monologue intérieur.

« Pourquoi est-ce qu’on est ici, Percebrise ? Que s’est-il passé ? »

Ce n’était pas le moment de paniquer, mais Dana paniquait. Son cerveau se remettait en marche.
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MessageSujet: Re: Le vent du changement [Privé Dana]   Mer 24 Oct 2018 - 23:00

« Elle m’a donné les cheveux blancs. Et elle me déteste tellement. »

Le blanc, le blanc, la couleur blanc : des liens commençaient peu à peu à se tisser entre les nombreuses pièces du puzzle. Les fragments de visions dont il avait été le témoin, il les revoyait, les revivait et les assemblaient dans son palais mental. Malgré le flou qui demeurait sur certaines de ces images et le fait qu’il était incapable de mettre des mots sur ce qu’il avait vu, il sentait que le mystère qui les concernait tous les deux était en train de se résoudre. Son regard n’avait pas quitté la jeune femme qui sortait peu à peu de sa torpeur.

« Où est-on ? Tybalt est-il ici ? Krakenoor est-il loin ? Pourquoi est-ce qu’on est ici Percebrise ? Que s’est-il passé ? »

Krakenoor ?
Percebrise cligna plusieurs fois des yeux, interloqué. Est-ce que j’ai rêvé ? Non, bien sûr que non. Krakenoor était une province humaine dont il avait déjà entendu parler à défaut de ne jamais y avoir mis les pattes : c’était autrefois une châtellerie verdoyante et prospère, à présent sous le joug de Leth et son champion Mortiferus, le Sans- me… dans l’ancien royaume. Le dragon blanc comprit que les visions avaient chamboulé la pauvre fille à tel point que celle-ci mélangeait des éléments du passé et du présent.
Dana était seulement en train de reprendre ses esprits : la confusion se lisait toujours sur son visage d’opale et le stress commençait à la faire paniquer. Sa respiration était rapide et saccadée, sa poitrine se soulevant et s’abaissant à un rythme alarmant. Percebrise devait agir vite car elle risquait de s’affoler et lui allait probablement perdre ses moyens si cela venait à se produire. Il était impératif qu’elle reste calme : sa première pensée fut de s’enrouler autour d’elle, ou du moins faire barrière avec son corps pour l’isoler de la forêt et être sûr qu’elle ne bougerait pas d’ici -les humains avaient des réactions surprenantes, Percebrise le savait, et il craignait qu’elle prenne la fuite sans jamais retourner en arrière. Trop de questions l’encombraient et il fallait que Dana reste avec lui.
Cependant en faisant cela il risquait d’empirer la situation et obtenir l’inverse de l’effet escompté. Il prit rapidement sa décision et choisit de rester stoïque.
L’albinos était toujours allongé en demi-cercle. Il se redressa légèrement en ramenant ses sii sous sa poitrine, rajusta la position de ses ailes dans son dos et jaugea la jeune femme.

« Tu ne te rappelles de rien ?»

Elle l’observa d’un air interdit. Il aurait plutôt dû lui demander de quoi elle se rappelait exactement. Le concernant, la mémoire lui revenait de mieux en mieux et le casse-tête était en train de se démêler. La femme et cette… Sorcière, le dragon blanc e l’enfant à la chevelure d’ivoire. Tout fait sens ! Des souvenirs qui n’étaient pas les siens s’abattaient sur lui comme des révélations et il avait l’impression d’avoir vécu plusieurs vies. L’excitation prit le dessus de son trouble et des dizaines d’hypothèses emergeaient aux quatre coins de son cerveau reptilien. Il fallut qu’il prenne sur lui afin de concentrer son attention sur Danalhéa. Cette dernière semblait plus perdue que jamais et elle fixait un point invisible sur le dragon avec une expression indéchiffrable. Percebrise espéra que la magie de l’elfe n’avait pas endommagé l’esprit de Dana. Il pesta intérieurement contre tous les sortilèges du monde avant de se reprendre lui-même. La magie fait partie de ce monde. Elle n’est ni bonne ni mauvaise. Il faut l’accepter, Percebrise...
Il pensa à Nirfaël.

« Dana… Nous sommes toujours là, à Abyre. Krakenoor n’est plus… et je ne sais pas qui est ce Tybalt. »

Son père, un frère ? Un ami?
Il ne savait pas comment lui expliquer qu’elle confondait le passé et le présent. Tout ce qu’il pouvait faire, c’était la rassurer du mieux qu’il pouvait. Pour le moment, ça ne se passait pas trop mal.

« Mais n’aie crainte. Je nous ai éloigné de la foule pour être plus tranquilles. Tout va bien, je te l’assure. »

Il lui sembla que Danalhéa commençait à reprendre le contrôle de ses émotions. Après s’être assuré que tout se passait bien et qu’elle n’allait pas s’enfuir ou l’attaquer -avec quoi, il n’en avait aucune idée, mais elle avait un tempérament si farouche que tout était possible- il se laissa guider par une curiosité grandissante et éleva sa queue, en approchant la pointe sinueuse tout près du visage de la jeune femme et sans pour autant la toucher. Cette phrase est putain de connotée. Le blanc entreprit ensuite de racler le sol de la clairière pour ramener une couche d’herbes douces sous son corps, en délogeant une multitude de cloportes de leur nid douillet -il était si lourd que le matelas de mousse s’était très vite aplati, et il sentait l’humidité remonter sur ses écailles ventrales. Puis il pencha sa grande tête cornue sur le côté en dévisageant sans réserve la face blanche de Danalhéa. Ses prunelles d’azur inspectèrent chaque trait de son visage, à la recherche de similitudes entre elle et lui.

« Ainsi… Nous sommes liés... » marmonna-t-il.

Il n’en revenait pas : elle devait son existence à ses écailles. Des dizaines de questions l’assaillaient et il ne savait plus où donner de la tête. Y avait-t-il véritablement quelque chose qui les unissait ? Est-ce qu’on pouvait considérer qu’il faisait partie de la même famille ?
Est-ce que Danalhéa était vraiment humaine ?

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