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 Qui sommeille apprécie parfois le réveil. [PV Limace]

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MessageSujet: Re: Qui sommeille apprécie parfois le réveil. [PV Limace]   Lun 11 Déc 2017 - 18:22



« J’ai adoré t’entendre conter, RaÏnvir. On ne m’avait encore jamais raconté d’histoire comme cela. Merci… »

Sa gratitude toucha les cœurs du grand dragon gris. Il était rare pour lui de s'exprimer ainsi et il était heureux que Limace ait accueilli ses mots avec autant de joie. Car il ne lui avait été donné l'occasion de conter tel histoire que trois fois dans sa vie. Les deux premiers temps n'avaient pas été instant de bonheur, et ce troisième pouvait bien être le dernier. Alors il accepta et savoura les remerciements de la dragonnelle comme il se doit, en émettant un de ses rares pruum de satisfaction.
Il en avait pourtant entendu de nombreuses en s'aventurant parmi humains et créatures de l'En-bas. A cause de leur longévité et de leur mémoire plus courte, les hominidés avaient pris l'habitude de retranscrire sur des supports physiques les récits contés par leurs ancêtres, afin que souvenirs et légendes perdurent à travers les Âges. Durant ses voyages, RaÏnvir en avait éprouvé une curiosité grandissante, notamment pour celles des elfes, dont il en avait reçu une grande partie par les enseignements de son père adoptif, Numarel. Ce dernier avait toujours comme adage de dire que les histoires forgeaient un individu aussi sûrement que les émotions et les actes. Elles prenaient souvent racines dans une vérité même infime par son importance et apprenaient à la nouvelle génération à vivre sans commettre les erreurs du passé. Sa mémoire s'était ainsi chargée des paroles du chaman.
Mais jamais il n'en avait plus entendu qu'à la cité d'Osseyria, dans laquelle Numarel et lui vinrent pendant quelques temps séjourner. Elle était peuplée par les elfes des montagnes, qui vivaient sous la protection des trois esprits des eaux peuplant le fleuve d'Elerion. RaÏnvir n'avait jamais vu ces esprits et son frère Sarushzor avait maintes fois remis en question leur existence, mais les histoires à leur sujet étaient si répandues et si tenaces que mêmes les humains qui se trouvaient non loin de la cité, en avaient entendu des bribes et, craignant pour leur vie, n'avaient jamais osé s'approcher d'Osseyria. Ainsi Osseyria avait vécu en toute tranquillité, entourée d'une nébuleuse aura de mystère, que mêmes les plus farouches chasseurs n'avaient osé percer le secret.

« Dis-moi, tu as dit que tu m’avais vu mordre le Nephiliss avant qu’il ne tombe… Et ça n’a pas eu l’air de te surprendre. Est-ce que tu sais ce qui se passe avec mes crocs ? Est-ce que tu as déjà vu d’autre dragons comme moi ? Sans feu, mais capable de brûler les autres de l’intérieur ? Je pensais n’être qu’une anomalie isolée… »

Le dragon gris eut un léger frémissement des épaules jusqu'à la queue. Il étrécit les yeux et se détourna vers la gauche, une expression méfiante :

-Ah oui ? Il existe de nombreux dragons avec de nombreux talents. Si je devais être surpris par chacun d'entre eux, alors je me trouverais au fin fond des abysses depuis bien longtemps. Mettons-nous en route ! Le chemin jusqu'aux racines du Lavadôme est encore loin et je n'aime pas trop rester sur ces terres maudites...

Il se détourna complètement ensuite et décolla avec elle en gardant le silence. Il devait reconnaître malgré lui qu'il était surpris. Il avait vu la dragonnelle affronter le Nephiliss, mais n'en avait conservé que le souvenir de l'instant où elle l'avait mordu et s'en était tenu là. Il était vrai qu'une morsure, fut-ce-t-elle de sa part, n'aurait jamais pu venir à bout d'une créature aussi terrible. Le dragon gris baissa le regard en contrebas, observant un petit écureuil qui virevoltait entre les branches des pins.

Assurément, il devait en convenir. Limace était une venimeuse. Mais s'il ne s'attendait pas à cette nouvelle, il n'avait pas prévu non plus que la dragonnelle en sache si peu sur ses capacités, jusqu'à le lui avouer sans aucune suspicion. Comme elle devait avoir confiance en lui pour lui parler d'une telle chose... RaÏnvir en fut perturbé. Il essaya donc de se remémorer ce qu'il savait des venimeux La plupart de ces dragons en avait conscience et savait s'en servir dans leur intérêt. Qui étaient ses parents pour ne pas l'avoir éduqué en ce sens ? L'avaient-ils abandonné, la mettant loin de leur couvée pour écarter tout danger ? RaÏnvir en vint même à se demander : Avaient-ils essayé de la tuer quand elle n'était qu'une dragonnette ?

"Pas étonnant qu'elle ne se sente pas l'effet d'un dragon. Sans écailles, incapable de cracher le feu et emplie d'un poison qui pourrait infliger la mort d'un simple coup, si doux et involontaire soit-il. Il lui faudra sans doute du temps pour s'accepter tel qu'elle est."

Car si le dragon gris était stupéfait, il n'avait pas changé d'opinions sur Limace, bien au contraire. Mais il ne sut pas immédiatement comment lui venir en aide. Il fallait pourtant bien que quelqu'un lui explique ce qu'elle avait en elle... et lui révèle quel danger il en résultait. Au bout d'une heure de vol, il demanda alors à la femelle de descendre et ils se posèrent non loin sur une colline, où le verglas avait envahi les feuilles d'érables, et où la neige recouvrait les terres à perte de vue. Ses prunelles bleu saphir se posèrent sur la dragonnelle, qui lui renvoyait un regard confus et, pensa-t-il, incertain. Il prit soin de réfléchir et de bien peser la portée de ses paroles.

-Il est vrai que j'ai déjà vu d'autres dragons comme toi. Mais tu as eu tord de m'en parler ! Si j'avais été un autre, et si je ne te connaissais pas comme je te connais désormais, je t'aurais tué pour cela. Ce que tu viens de décrire signifie que tes crocs sont différents de ceux des autres dragons. Il y a en eux un venin puissant et mortel qui tue plus sûrement que les griffes et plus cruellement que les flammes. Quand tu as mordu le Nephiliss, ton venin s'est répandu en lui... et c'est ainsi qu'il est mort.

Le dragon gris s'ébroua et se rapprocha de Limace pour poser une aile contre son flanc, voulant par ce geste montrer que nul mauvaise intention, ni aversion n'avait pris ses pensées :

-Il faut que tu comprennes. C'est une arme précieuse, mal exploitée par les dragons qui la détiennent. Souvent, ces êtres deviennent mauvais ou le sont dès la naissance, nés avec une folie qui les ont rendu impitoyables et dangereux. A cause de cela et de la menace qu'ils constituent, les dragons venimeux sont chassés de leur couvée, et bannis des royaumes draconiques. Les autres dragons les craignent, parce qu'ils sont imprévisibles et qu'ils ne veulent pas d'un venimeux près d'eux. J'ai toute confiance en toi. Mais ce venin, tu devras le cacher à ceux du Lavadôme, car ceux-là n'auront aucune pitié pour toi, s'ils apprennent ton don. (Le dragon gris baissa le regard.) J'en sais quelque chose... fut un temps j'aurais pu vivre avec eux. Et puis un jour, je me suis laissé aller à la colère... et mon frère est venu détruire ce que j'avais essayé de bâtir. N'en parle qu'à ceux en qui tu as foi et qui ne te trahiront jamais. Et ne t'en sers pas, sauf si ta vie est en danger. M'as-tu compris, Limace ?

Il espéra que oui. Car sinon, il ne saurait dire quelle danger pouvait survenir si jamais elle se servait mal de cette... aptitude.
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MessageSujet: Re: Qui sommeille apprécie parfois le réveil. [PV Limace]   Ven 6 Juil 2018 - 0:29


Les paroles du Gris lancèrent une vague de froid dans les cœurs de Limace. Ce que RaÏnvir venait de lui livrer sur les venimeux lui glaça le sang et fit courir un grand frisson le long de son échine. Mauvais, impitoyables, dangereux, … Des adjectifs que Limace mettait un point d’honneur à bannir de sa personnalité. Était-ce ce qui définissait tous les dragons comme elle, ceux qui convoquaient la Mort en personne par leur morsure ? Était-elle destinée à devenir ainsi, froide et cruelle ? Peut-être ce venin qui coulait en elle était-il un poison pour son esprit, tout autant qu’il l’était pour l’organisme des autres. Après tout, elle avait déjà commis l’irréparable durant ses premières années de vie, et Crachemousse était morte par sa faute, emportée par une simple morsure qui se voulait amicale mais qui se fit mortelle.
Non, elle refusait de s’imaginer ainsi. Mais en y réfléchissant bien, peut-être le processus avait-il déjà commencé. Après tout, n’était-elle pas continuellement rejetée par ceux qui l’entouraient ? Elle n’avait jamais connu ses géniteurs ; sûrement l’avaient-ils abandonnée. Le Maître n’avait eu de cesse de la délaissée au profit de ses sœurs de cœur, qui elles aussi avaient fini par la quitter d’une façon ou d’une autre, une par une. Sans mentionner le dragon couleur hiver qui l’avait fuie sans se retourner.
Limace ferma tristement les yeux, et même l’aile amicale de RaÏnvir posée contre son flanc ne pouvait la réconforter.
-N’en parle qu’à ceux en qui tu as foi et qui ne te trahiront jamais. Et ne t’en sers pas, sauf si ta vie est en danger. M’as-tu compris, Limace ?
Ceux en qui elle avait foi… La Grise tenta de dresser une liste, sans grand succès. Depuis qu’elle s’était établie au Lavadôme, il n’y avait personne avec qui elle avait forgé un lien aussi fort que celui qui l’unissait aux Vertes avec lesquelles elle avait grandi. Ces dernières étaient évidemment au courant, mais elles ne se côtoyaient désormais plus. Même Poussepierre, restée au Lavadôme auprès de son compagnon, ne venait lui rendre visite que rarement. Les autres Filles du Feu la percevaient plus comme une marginale que comme une amie – et Limace comprenait pourquoi ; elle était la seule à avoir ses ailes, s’était intégrée au groupe plus tardivement que les autres, avait une vision du monde bien différente de la leur, … Les seuls dragons ayant une idée de ce qui se tramait derrière ses crocs laiteux se trouvaient soit face à elle, soit elle ne savait où à parcourir le monde. Peut-être ThaEron, le dracomage du Lavadôme, savait-il lui aussi. Mais ce dernier avait sauvé ses sœurs, et elle lui faisait confiance.
Ce fut avec une voix dans laquelle elle tenta de cacher sa tristesse qu’elle répondit aux recommandations de RaÏnvir :
-Je pourrais compter ceux qui sont au courant sur les griffes d’une sii... Merci de m’avoir prévenue. Je ne me livrerais plus inconsciemment. Et sois rassuré, je n’utilise que rarement cette chose… Elle est bien trop incontrôlable pour moi. J’ai déjà perdu une sœur à cause d’elle. Pas une vraie sœur de sang ni une Sœur du Feu, simplement l’une des Vertes avec qui j’ai grandi. Elles sont comme des sœurs pour moi, et je l’étais pour elles. J’espère toujours l’être…
Elle leva des yeux teintés de désespoir vers le Gris :
-Je ne veux pas devenir comme ces dragons, RaÏnvir. J’ai déjà l’impression qu’on me fuit, je ne veux pas risquer de perdre le peu de personnes qui me côtoient. Je ne veux pas m’avilir et devenir mauvaise. Je ne veux pas ne plus être moi. Enfin, si, c’est un peu ce que je veux… Mais pas comme ça.
Elle soupira tristement. C’était fou comme la présence de RaÏnvir l’inspirait à se livrer. Limace était plutôt de ceux qui intériorisaient tout, et elle ne communiquait que qu'occasionnellement aux autres ce qu’elle ressentait vraiment. Elle vivait dans un monde émotif qui lui était propre, et elle ne verbalisait que rarement ce qu’elle éprouvait. Du temps où elle communiquait essentiellement via langage mental, il lui arrivait de transmettre des blocs de sensations pour rendre les choses plus simples. Mais depuis qu’elle avait rejoint le monde extérieur et quitté ses sœurs, tout cela restait cloisonné en elle à triple tour.
Elle se sentit donc un peu honteuse de se dévoiler ainsi, et de parler autant d'elle. Elle se rendit compte que, depuis qu’elle avait rencontré RaÏnvir, elle ne savait pas grand-chose de lui mis à part son nom. Le reste était caché derrière une brume sombre qu’elle n’osait traverser. Pourtant, après près d’une heure de vol, elle ne se sentait pas prête à mettre fin à cette pause accordée par le Gris et à reprendre la voie des airs. Les blessures infligées par les Nephiliss étaient encore trop récente, et elle se sentait faiblarde. Alors, elle décidé de poursuivre :
-Je suis désolée, je parle trop de moi, excuse-moi… Tu m’as dit que ton frère et toi viviez au Lavadôme. Pourquoi es-tu parti ? Êtes-vous toujours frères ? Enfin, au niveau des cœurs je veux dire ?
Elle balaya le sol de sa queue, peu sûre d’elle, puis s’empressa d’ajouter :
-Si ce n’est pas indiscret bien sûr…
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