Partagez | 
 

 Pauvre âme en perdition. [PV - Danalhéa]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3  Suivant
AuteurMessage
avatar
Réfugié(e)
Messages : 573
Date d'inscription : 08/08/2011
Age : 20
Localisation : Sur les ailes d'un Oiseau Invisible.
MessageSujet: Re: Pauvre âme en perdition. [PV - Danalhéa]   Mer 17 Aoû 2016 - 21:13





INEFFABLE STORY

Amour. Bonté. Compassion. Ces trois émotions jaillissaient de Dana avec une clarté éblouissante, si violente qu’elle venait presque brûler la trame psychique d’Œilfantôme. Elles s’échappaient avec puissance des mots de l’Humaine, de ses gestes ; même son esprit brillait d’une générosité explosive envers elle. Tout cela était si fort, et également si inhabituel pour la jeune Elfe, qu’elle se mit d’abord à se renfermer un peu sur elle-même. C’était trop, trop soudainement. Elle n’avait connu que l’ombre, et d’un seul coup, une unique personne concentrait à elle seule toute la lumière dont elle avait été privée durant des années. Elle était éblouie, et elle ne se sentait pas bien. Mais rejeter sa bienfaitrice ne faisait pas partie de ses ambitions… Car même si elle supportait avec quelques difficultés ce trop-plein d’affection et de générosité, elle devait reconnaître que tout cela lui faisait tout de même un minimum de bien.
Alors, elle laissa Dana s’empêtrer dans des contacts physiques plein de douceur ; des caresses, des accolades, des pressions délicates et imprégnées d’amour. Non pas un amour tel qu’on le caractérisait au sein d’une relation amoureuse ou familiale ; mais un amour naturel et viscéral qui semblait pulser dans les veines de l’Humaine lorsque celle-ci s’adressait à Œilfantôme. Alors qu’elles ne se connaissaient que depuis quelques  minutes, la jeune femme l'avait même déjà affublée d’un surnom. ‘Tom.
Elle ne sut comment accueillir cette nouveauté. Ce sobriquet n’avait encore jamais franchit ses oreilles elfiques, et il lui paraissait étrange. Finalement, elle décida de laisse couler, et de réfléchir à la question plus tard. Car elle avait bien plus important à méditer.

-D’accord, répondit-elle doucement aux conditions de Dana. D’accord… Je mangerais. Je te suivrais. Mais…
Mais si elle vivait cela comme une nouvelle captivité ? Si toutes les attentions de l’Humaine finissaient par l’étouffer ? Serait-elle capable de quitter cette âme charitable sans aucun regret ? C’était ce qui commençait à lui faire peur. Elle sentait que tout basculait de nouveau autour d’elle ; sa vie prenait un nouveau tournant auquel elle ne se serait jamais attendue. Mais avait-elle le choix de rejeter l’offre de Dana ? Pouvait-elle vraiment s’offrir le luxe de continuer seule, dans l’état dans lequel elle était ?
Non. Bien sûr que non…
Elle secoua la tête, pour chasser l’idée qu’elle avait laissée en suspension dans sa voix. Il n’y avait pas de « mais ». Pas pour l’instant. Dana n’en méritait pas.
-Je te suivrais, répéta-t-elle comme pour clarifier ses pensées.  

Puis elle inclina la tête vers l'être imposant qui respirait à ses côtés.
-Et, Ted…
Elle étendit un peu son esprit et frôla de nouveau celui de l’Ours. Comme la première fois qu’elle l’avait fait, elle le sentit se rétracter, méfiant. Il ne semblait pas apprécier son contact psychique.
-Mon histoire ne se partage pas. Elle se vit. Et je ne vous souhaiterais jamais de la vivre à votre tour.
C’était la seule réponse qu’elle pouvait lui offrir. Elle ne se sentait absolument pas capable de raconter ce qui lui était arrivé. Pas seulement pour les malheurs qu’elle avait connus, pour la souffrance qu’elle avait endurée, ou bien les blessures qu’on lui avait infligées à l’intérieur. Mais surtout parce que chaque seconde de sa vie passée, chaque acte qui marquait son histoire, chaque évènement éblouissant ou douloureux de son existence ; tout était teinté de la note chaude et dorée d’Hōnlór. Et cette chaleur couleur or s’était éteinte dans un néant sombre et glacial. Ce serait trop dur de raconter.
Oui, trop dur, bien trop dur…
Son cœur se serra. Elle sentit ses yeux s’embuer de larmes, mais elle les chassa aussitôt pour les cacher à ses sauveurs.

Elle était peut-être incapable de raconter quoi que ce soit ; néanmoins, l’Ours semblait réellement désireux d’en savoir plus, et elle lui était redevable – sûrement autant à lui qu’à Dana. Elle ne pouvait pas le brimer de la sorte.
-Mais si tu veux, peut-être qu’un jour, j’essaierais de te dire.
Un jour, oui. Mais pas tout de suite. Il faudrait du temps. Et avant toute chose, elle désirait réellement cette baignade qu’on lui avait promise… Et peut-être aussi de quoi calmer l’estomac qui commençait à se tordre de faim au creux de son ventre.



Ma couleur : #DC8B69


Dernière édition par Œilfantôme le Jeu 25 Aoû 2016 - 19:28, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Réfugié(e)
Messages : 650
Date d'inscription : 02/09/2011
Age : 18
Localisation : Quelque part vers un lac
MessageSujet: Re: Pauvre âme en perdition. [PV - Danalhéa]   Mer 24 Aoû 2016 - 10:25

BrunuhVille - Northwind



« D’accord, répondit-elle doucement aux conditions de Dana. D’accord… Je mangerais. Je te suivrais. Mais… »
Mais... ?L'elfe attendit un petit moment avant de finir sa phrase, ce qui inquiéta Dana au plus haut point. L'avait-elle brusqué ? C'était la dernière chose qu'elle aurait voulu faire.
« Je te suivrais. »

Dana soupira un grand coup, soulagée. ŒilFantôme parla ensuite a Ted et lui expliqua que c'était certainement beaucoup trop frais dans sa tête. Elle trouvait que l'ours avait était un peu rustre de demander ça si tôt, même si elle savait que ce n'était que pour s'assurer de la sécurité de la jeune humaine. L'elfe eut quand même la bondé de répondre. Son petit corps était toujours contre celui élancé de Dana, elle l'écoutait parler de sa voix éraillée. Elle devait absolument lui trouver du miel. Le mettre dans l'eau bouillante et ensuite le faire refroidir un peu et le boire. Ca faisait beaucoup de bien a la gorge. Et c'était particulièrement bon, en plus. Peut être bien qu'il lui en restait dans un de ses pots au fond du sac. Elle ne l'utilisait que rarement et avait une certaine tendance a... Avoir la mémoire courte pour ce genre de choses
La jeune femme revint vite au moment présent et se contorsionna pour attraper le sac de provisions. Elle l'ouvrit et disposa les petits paquets des différentes viandes devant ŒilFantôme. Ce n'était que de la viande séchée mais c'était déjà ça. Elle irait prendre le temps de chasser plus tard. Où elle demanderait a Ted. Ouais, demander a Ted c'était une bonne idée, la zone devait grouiller de gros gibier en tout genre.
Il y avait donc dans ces sachets de la viande de bœuf, chèvre, mouton, yack, cheval -que Dana avec beaucoup de mal a manger par principe qu'un cheval était un moyen de locomotion, biche, cerf, sanglier, cochon, lapin, lièvre... Le tout en petite quantités, mais en variété. Le tout sentait bon la viande, et elle aurait bien mangé aussi, mais elle préférait laisser 'Tom choisir d'abord par politesse.

« Voilà... Choisis ce que tu veux, elle se mit à énoncer le nom de chaque viandes dans chaque paquets, essayant de décrire au mieux le goût, vu qu'elle n'avait aucune idée du vrai dernier repas de la jeune femme. Tu voudrais du thé avec ça ? Il doit me rester du miel pour ta gorge aussi. »

Sur ces mots elle sortait un paquet d'épices à thé de son sac et fouilla quelques longues secondes avant de trouver son petit pot en verre de miel. Elle l'ouvrit, tendit le sachet ainsi que le pot et les posa dans les mains de sa protégée, lui les faisant tout doucement remonter jusqu'à son nez pour qu'elle respire ces, peut être, nouvelles odeurs. Tout le monde avait le droit à de la douceur. Œilfantôme encore plus que les autres.
Quand le pot de miel fût ouvert, le nez de Ted remua allègrement et il tourna sa grosse tête vers les jeunes femmes. Dana souriait et trempa son doigt dans le pot pour que l'ours lèche un peu de miel. C'était son pêché mignon, avec les pousses de bambou, et Dana ne savait pas vraiment pourquoi pour ce dernier. Les relents d'une vie passée ?

« Mon Teddy, ça te dirait d'aller nous en chercher un peu plus ? Ainsi que du gibier après... Histoire qu'on se remplisse vraiment le ventre ?
- Hmm... Seulement si j'ai le droit à un peu plus de miel. »

Elle rit un peu et en remit sur ses doigts, veillant à bien en laisser pour l'elfe qui tenait entre ses jambes. La jeune humaine, elle, était appuyée contre un grand arbre dont les branches descendaient bas par terre pour caresser le sol. On aurait dit que l'abre avait baissé les bras. Un.... Un... C'était quoi le nom déjà ? Un... Saule pleureur ? Peut être bien oui. Mais un saule pleureur tropical alors.

« Alors 'Tom, tu as fait ton choix ?»

Dana's : #5a9b6b
Ted's : Teal
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Réfugié(e)
Messages : 573
Date d'inscription : 08/08/2011
Age : 20
Localisation : Sur les ailes d'un Oiseau Invisible.
MessageSujet: Re: Pauvre âme en perdition. [PV - Danalhéa]   Jeu 25 Aoû 2016 - 19:42





FORGOTTEN SCENT

Elle entendit Dana s’activer à derrière elle, remuant les bras à la recherche de choses qu’Œilfantôme ne pouvait voir. Très vite, une odeur légèrement familière flotta jusqu’à ses narines, embaumant ses récepteurs de nuances fortes et sèches.
-Voilà... Choisis ce que tu veux, lui dit l’Humaine avant de se lancer dans l’énumération des différents types de viande séchée qu’elle venait apparemment de sortir de ses bagages.
Tandis qu’elle citait un à un les diverses animaux desquels provenaient cette nourriture, Œilfantôme se mit à repenser à ces êtres poilus qu’elle n’avait pas eu l’occasion d’observer depuis tout ce temps. Le bœuf, une large bête forte comme dix hominidés qui vivait au contact des Humains ;  le sanglier, ce porcin sauvage et recouvert de poils durs, armés de longues défenses au niveau du groin ; le lièvre, petit animal à grandes oreilles qui bondissait entre les hautes herbes à ses heures perdues ; … Tant de créatures du Monde Extérieure qui avaient commencé à s’effacer de sa mémoire, malgré tous ses efforts pour garder leur souvenir intact, à l’abri dans sa tête.

-Tu voudrais du thé avec ça ? Il doit me rester du miel pour ta gorge aussi, reprit Dana à la fin de son discours.
Du thé, du miel… Là encore, son cerveau s’étira d’un long sommeil, cherchant à mobiliser les odeurs qu’il avait perçues autrefois. Mais tout était éloigné, et flou.
Sans qu’elle s’y attende, la jeune Humaine s’empara de ses mains et glissa un objet dans chacune d’elle. Dans la gauche, elle placa une sorte de tissu fin et léger. Œilfantôme referma les doigts dessus, et un son crissa à ses oreilles, comme l’écho de pas marchant sur un tapis de feuilles mortes. Dans sa main droite, elle tenait un lourd récipient dur, lisse, et froid. Un petit bruit aigu retentit ensuite, et un mélange parfumé de sucre et de douceur se dispersa dans l’air.
Dana fit remonter ses mains une à une vers le nez de l'Elfe, afin qu’elle puisse mieux sentir ce que ses paumes renfermaient. Comme elle l’avait perçu, une riche odeur pétillante émanait du récipient plus lourd. Elle sentit sa langue suçoter le haut de son palet, dans l’attente de toucher ce délice sucré.
Du miel, reconnut-elle.
Le sachet renfermant les herbes, en revanche, était frais et léger ; un brin sauvage aussi, comme l’odeur laissée par la pluie après un déluge. Elle le reconnut comme étant du thé. Elle n’en avait bu qu’à de très rares occasions dans le passé, préférant les effluves juteuses et sucrées que lui offraient les liquides extraits de fruits.

Plongée dans ses redécouvertes olfactives, la jeune Elfe n’écouta que d’une oreille distraite le dialogue entre Dana et son Ours. Ils parlaient de gibier, et de miel – ce que Ted semblait apprécier. Mais lorsque l’Humaine s’adressa de nouveau à elle, ce fut pour revenir sur le sujet des viandes :
-Alors 'Tom, tu as fait ton choix ?
Œilfantôme se mordilla distraitement la joue, indécise. Elle n’avait plus l’habitude d’avoir le choix, et il y avait tant de possibilités parmi celles que lui offraient Dana. Elle avait beau avoir écouté attentivement la description des goûts qu’elle lui avait faite, elle ne parvenait pas à faire un choix décidé. Elle élimina donc simplement les viandes qu’elle savait ne pas apprécier, puis, après avoir posé le miel et le thé devant elle, elle lança totalement au hasard :
-J’aimerais essayer le lièvre, s’il te plaît.

Lorsqu’elle mordit dans le morceau de viande dur et déshydraté, ses papilles explosèrent. Habituées à la même bouillie insipide chaque jour, ce qu’elles avaient désormais sous la main les enchantaient. Œilfantôme eut presque l’impression de les sentir danser sous sa langue.
Quand sa lamelle de viande eu disparu au fond de son ventre, elle en demanda une seconde à Dana ; au sanglier cette fois. Elle se délecta des saveurs que sa langue redécouvrait puis, après avoir avalé la dernière bouchée, elle se sentit bien plus repue qu’elle ne l’avait été ces dernières années. Son estomac avait été habitué à de petites quantités, et elle avait déjà consommé bien plus que nécessaire.
-Ted est parti ? demanda-t-elle – elle n’avait pas vraiment fait attention à ce que ses oreilles recevaient, trop concentrée sur son goût et son odorat. Je ne sais pas si c’est réellement utile qu’il aille chasser… Je ne peux déjà plus rien avaler.
Elle s’en serait voulu qu’un animal meure pour rien ; sauf si, évidemment, Dana avait faim de gibier.

En attendant la réponse de l’Humaine, elle se pencha en avant et tapota le sol devant elle, où elle avait déposé le thé et le miel. Lorsque ses doigts effilés  rencontrèrent le verre du pot, elle le saisit et le ramena contre elle.
Il me reste peut-être juste un peu de place, pensa-t-elle avec gourmandise.
Alors, revigorée par l’éveil de ses sens, elle se sentit piquée d’un trait de personnalité qui l’avait quitté dès lors qu’on l’avait arrachée à sa liberté. Elle étendit son esprit, et se rendit compte que l’Ours de Dana était un peu plus loin, peut-être déjà en route pour la chasse. Puis elle chuchota, avec une sorte de malice candide dans la voix :
-Tu penses que Ted m’en voudra, si je lui vole un peu de son miel ?
C’était le genre de chose que Hōnlór aurait pu dire, pas elle. A la différence près que, si ça avait réellement été lui, il se serait empressé d’engloutir le contenu du récipient sans attendre de réponse. Puis il aurait tendu le pot vide à l’Ours, son indéfinissable sourire au bord des lèvres.



Ma couleur : #DC8B69
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Réfugié(e)
Messages : 650
Date d'inscription : 02/09/2011
Age : 18
Localisation : Quelque part vers un lac
MessageSujet: Re: Pauvre âme en perdition. [PV - Danalhéa]   Dim 4 Sep 2016 - 1:16

Of Monsters&Men - Empire



La voir manger ainsi mettait du baume au cœur de la jeune femme. Elle la regardait comme si elle était sa petite sœur dont elle prenait soin. Même si réellement... Dana était convaincue qu'Œilfantôme était beaucoup plus vieille qu'elle. Et cela lui faisait bizarre. Elle avait toujours été la plus petite, au château parmi ses frères, avec Ted, avec RaÏn et Sarushzor... Et on s'était toujours occupé d'elle, plus ou moins. Ici c'était elle qui devait donner son attention et "apprendre" à la plus vieille. Et elle aimait bien ce rôle de "protectrice". Elle s'y sentait plutôt à l'aise, à vrai dire. Même si c'était un tantinet stressant.

« Ted est parti ? Je ne sais pas si c’est réellement utile qu’il aille chasser… Je ne peux déjà plus rien avaler.
- Oh, je... Je voudrais manger quelque chose qui n'est pas de la viande séchée, je commence à saturer de la texture, tu vois... »

Dana lui offrait un grand sourire juste après ses paroles, puis se rappela vite que Oui, merde, t'es conne, elle le voit pas. Un soupir s'échappa de ses lèvres et elle fit une moue. Si elle passait du temps avec l'elfe, elle allait devoir apprendre à s'adapter à ça aussi. Et cela n'allait pas être réellement une partie de plaisir. Ce n'était cependant pas du tout le type de choses qui allait la stopper, loin de là. L'elfe la tira de ses pensées en chuchotant avec sa voix cassée.

« Tu penses que Ted m’en voudra, si je lui vole un peu de son miel ?
- Bien sûr que non, voyons... Et de toute façon, il y à un autre pot. Il me reste un tout petit bout de pain qu'un marchand m'a donné contre une pièce... Il est bon et plein de...euh... comment dire... bonnes choses pour ton corps ? »

Le mot que tu cherches Dana est nutriments, mais il lui était inconnu, pour une certaine raison. Œilfantôme avait timidement hoché la tête et la jeune femme c'était précipitée sur son sac, fière de la faire manger un peu plus. Elle prit ensuite doucement le pot des mains de l'elfe et versa le liquide visqueux sur le pain. Dana ramena ensuite les doigts de l'autre jeune femme jusqu'à l'aliment. Le pain était ce que l'on pouvait appeler du pain complet, fait de la façon la plus simple qu'il soit, mais il en restait délicieux. Pendant que la jeune elfe goûtait à cette nouvelle saveur, ou saveur redécouverte, qu'est ce qu'elle en savait après tout, Dana enlevait les boucles de certains de ses habits en prévoyance de la baignade. C'est à dire boucles de ceintures, de fourreaux, de bracelets de forces, de corset, de bottes...

« 'Tom ? Tu as fini ? Lève toi, on va aller se baigner.»

Sur ses mots, elle saisi doucement la main d'Œilfantôme pour l'aider à se relever, enleva ses bottes et la guida jusqu'au grand plan d'eau, où elle resta bouche bée. C'était splendide. La végétation était luxuriante, verte, foisonnante. Nombre de saules pleureurs étaient au pied de la lagune, leurs feuilles trempaient dans l'eau... Des cerisiers perdaient leurs fleurs qui se déposaient sur l'eau pour former un tapis rose à la surface. Des oiseaux chantaient et une légère brise chaude faisait bouger les roseaux et toute la flore autour. Un spectacle à couper le souffle.

« C'est magnifique... Si seulement tu pouvais voir... »


Dana's : #5a9b6b
Ted's : teal
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Réfugié(e)
Messages : 573
Date d'inscription : 08/08/2011
Age : 20
Localisation : Sur les ailes d'un Oiseau Invisible.
MessageSujet: Re: Pauvre âme en perdition. [PV - Danalhéa]   Dim 4 Sep 2016 - 22:57





UNNECESSARY SENSE

-Tom ? Tu as fini ? Lève-toi, on va aller se baigner.
Œilfantôme cessa de mastiquer. De ce que Dana lui avait glissé entre les mains, il ne restait plus qu’un morceau de pain à moitié dévoré. L’Elfe avala sa dernière bouchée puis passa sa langue sur ses lèvres, afin d’en retirer les restes de substance sucrée. Retrouver l’arôme onctueux et pétillant du miel avait été une véritable explosion gustative : le liquide poisseux s’était mêlé à la saveur brute et sauvage du pain, créant dans sa bouche un ballet de sapidité à la fois coloré et invisible.
Cependant, le met préparé par l’Humaine était relativement lourd, et la portion qu’elle lui avait donnée était bien plus volumineuse que ce qu’elle était encore en mesure d’avaler. Elle avait été sur le point de reposer le morceau de pain lorsque Dana lui avait proposé d’aller se baigner ; ce qui acheva de la décider à mettre son encas de côté – qui sait, peut-être que Ted le trouverait en revenant et se ferait un plaisir de l’engloutir ?

Le jeune femme lui prit la main et l’aida à se relever. Cette fois, épaulée par son corps et sa force, Œilfantôme ne s’effondra pas. Elle parvint même à atteindre la berge, où le sol se fit plus dur et plus mobile sous ses pieds bandés ; certainement en raison de l’océan de galet qu’elle entendait crisser sous ses pas.
Avant qu’elles n’aient atteint la limite entre terre et eau, Dana s’arrêta doucement. L’Elfe l’imita, s’attendant à un mot de la part de l’Humaine. Mais cette dernière ne dit rien. Et à force d’attendre qu’un son s’échappe de ses lèvres, Œilfantôme préféra écouter ceux qui vibraient en harmonie tout autour d’elle.
Une brise chaude et légère caressait sa peau et faisait frétiller la végétation alentour. Les feuilles, les fleurs, les tiges, et les branches s’entrechoquaient en un fourmillement végétal doux et mélodieux. Dans les sommets, une myriade d’oiseaux sifflotaient de leurs chants aussi colorés et variés que l’était leur espèce. Un piaillement rapide et continu, un autre nuancé et frappé comme des coups, un cri isolé, … Des volées entières de familles quittant leur perchoir faisaient claquer les ailes et les plumes des animaux en un tonnerre étouffé. L’eau du lac, elle, se contentait d’aller et venir en de petit clapotis timides, se ballotant au grès du vent jusqu’à venir s’échouer sur la rive de galets. D’autres animaux, perdus quelque part dans les bois, s’appelaient, trottinaient, faisaient craquer feuilles et brindilles. Quelques amphibiens coassaient par-ci par-là. Plus loin sur la droite, une minuscule cascade s’écoulait en remuant la surface du lac dans une gerbe d’éclaboussures fuyantes. L’humidité des lieux s’échappait dans l’air en une brume invisible et suave, mélange d’eau, d’humus, et de milles autres effluves rejetées par les arbres,  les fleurs, et les êtres vivant en ces lieux.
Le tout formait une gigantesque spirale de sons et d’odeurs, ondulant sous les caprices de la nature qui foisonnait tout autour. Cette ondée invisible tournoyait en Œilfantôme comme une douce tornade lumineuse, vibrante de sensations et d’émotions. Et à ce moment précis, elle sut qu’elle ne serait plus jamais vide à l’intérieur.

-C’est magnifique… Si seulement tu pouvais voir…
La voix de Dana se fondit parmi les échos de la forêt luxuriante. Mais l’Elfe étudia avec soin ses paroles. Elle se rappela que l’Humaine n’avait émis aucun commentaire vis-à-vis de sa cécité lorsqu’elle lui avait montré ses prunelles pâles. Elle n’avait ni sursauté de peur, ni renifler de pitié, ne s’était pas non plus murée dans un mutisme gêné. Elle comprit à ce moment que la jeune fille éprouvait un certain regret pour elle, comme si elle était triste que ses yeux soient aveugles, que son corps soit si démunis face au monde. Ce n’était ni de la pitié, ni de la compassion ; simplement de l’émotion pure.
Œilfantôme pouvait comprendre cela. Mais au fond d’elle, elle n’accordait pas une telle importance à la vue. Son monde personnel tournait autour des sons, des odeurs, des sensations. Pouvoir se repérer convenablement dans l’espace était la seule utilité qu’elle accordait réellement au mécanisme visuel. Elle n’avait pas besoin de couleurs pour dépeindre ce qu’elle sentait ; pas besoin de formes pour donner vie à ses propres perceptions. En somme, l’univers était plus beau encore sans yeux pour le voir ; car la vue obstrue les autres sens. Elle empêche d’admirer les sons et les fragrances à leurs justes valeurs. Elle fait passer à côté de tant de détails importants et tout aussi merveilleux que l’apparence que prenait tel végétal, ou les teintes arborées par tel animal. Ce qu’Œilfantôme voyait sans voir était tout aussi magnifique que ce que Dana avait sous les yeux ; peut-être même plus.

-Non, je ne peux pas voir, Dana… Mais je peux faire quelque chose de plus intense et plus magnifique encore : je peux percevoir.
Le Monde était certes merveilleux lorsqu’on l’observait depuis les fenêtres qui ornent les visages de chacun. Mais il l’était tout autant lorsqu’on entrouvrait celles qui reposent au fond de l’âme.
Lentement, Œilfantôme se tourna vers la jeune Humaine. Elle tapota timidement sur son corps à l’aide de ses mains, jusqu’à trouver son visage - elles faisaient toutes deux la même taille, à peu de choses près, ce qui lui permit de le trouver rapidement. Puis, avec la même douceur et la même légèreté dont Dana avait fait preuve avec elle quelques instants plus tôt, elle fit courir ses longs doigts effilés sur sa figure. Elle glissa le long de ses mâchoires, remonta sur ses pommettes creuses, puis vint s’arrêter au niveau de ses sourcils. D’une infinie lenteur, elle caressa ensuite la fine peau qui formait ses paupières jusqu’à les refermer au-dessus de ses yeux.
-Laisse la vue se reposer, et vois réellement ce qui t’entoure.
On devinait souvent mieux ce qui se cachait hors de portée des yeux en les gardant eux-mêmes clos. Le lièvre terré derrière les fougères, grignotant quelque plante disséminée sous un arbre ; la cigale cachée sous le feuillage de ce même géant de bois ; l’oiseau exotique qui roucoulait à son sommet. Œilfantôme ne pouvait les voir, mais elle les avait perçus mieux que si elle avait tenté de les chercher du regard. Pour elle, sa cécité n’était pas un handicap : c’était un véritable don. Et si Honlór avait été le seul à comprendre cela, elle éprouvait désormais le besoin de le montrer à l’humaine qui lui avait redonné foi en la beauté du monde. Même si ce dernier brillait sans la lumière apportée par son jumeau aux cheveux d’or. Car il continuait tout de même de briller ; différemment, mais à sa manière.




Ma couleur : #DC8B69
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Réfugié(e)
Messages : 650
Date d'inscription : 02/09/2011
Age : 18
Localisation : Quelque part vers un lac
MessageSujet: Re: Pauvre âme en perdition. [PV - Danalhéa]   Dim 25 Sep 2016 - 18:48

Marian Hill - I know why



« Non, je ne peux pas voir, Dana… Mais je peux faire quelque chose de plus intense et plus magnifique encore : je peux percevoir. »

La jeune femme fronça les sourcils, un peu perdue. Elle ne comprenait visiblement pas la nuance entre voir et percevoir. Mais elle essayait de saisir ce que l'elfe voulait lui dire. En vain, jusqu'à ce qu'elle pose ses doigts squelettiques sur les paupières blanches de l'humaine. Toute la concentration qu'elle avait emmagasiné pour... trouver la simple définition de percevoir disparu et comme... explosa autour d'elle. C'était une sensation extrêmement dérangeante. Elle entendait plus qu'avant. Les yeux clos, elle avait l'impression d'être perdue, minuscule au milieu de tous ces sons. C'était ça, percevoir? Se rendre compte qu'on était si minuscule parmi la nature ? Elle préférait être grande, et avoir les yeux ouverts. Percevoir était intéressant, mais elle n'était pas vraiment friande de cette sensation de "petitesse" qui l'avait soudainement prise.
Dana saisit doucement les poignets d'Œilfantôme et lui tint les mains, un sourire pincé aux lèvres. Elle n'allait pas lui mentir en lui disant qu'elle aimait bien ça. L'humaine avait juste peur de la réaction de l'elfe. Allait-elle se vexer ? Elle aurait voulu tout sauf ça. Mais pourquoi donc se vexerait-elle, on a tous le droit de ne pas apprécier certaines choses...
Encore une fois, Dana pensait trop, et ses lèvres bougeaient toute seule.

« Je... N'aime pas. Te... Hm... Ne te vexe pas. C'est juste que... Je me sens petite. Ca me fait peur. Et j'ai peur d'être juste…toute… toute, toute petite...  et dans le noir. Enfin, sans repère. Je... Bref. Hrm. Dana regarda ailleurs en prononçant ces paroles et gardait juste une des mains d'Œilfantôme dans ses doigts. Les yeux dans le vague, elle soupira un bon coup et se remit à sourire. Bon, ce n’est pas tout ça, mais je t'avais promis d'aller dans l'eau. En lève tes affaires et suis moi., ajouta t-elle en se mettant nue. Elle plongea ses pieds dans l'eau délicieusement tiède. La sensation la fit frissonner. La dernière eau dans laquelle elle s'était plongée était l'eau glaciale d'une grotte dans la Vallée de Cristal, et ce n'était pas plus agréable que ça... Alors qu'ici... C'était divin. « Aller, viens Tom, ça ne peut te faire que du bien. Je te tiens si tu veux? »

Dana’s : #5a9b6b
Ted’s : Teal
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Réfugié(e)
Messages : 573
Date d'inscription : 08/08/2011
Age : 20
Localisation : Sur les ailes d'un Oiseau Invisible.
MessageSujet: Re: Pauvre âme en perdition. [PV - Danalhéa]   Ven 7 Oct 2016 - 17:15





PURIFYING DEPTHS

Une légère pointe de déception saisit Œilfantôme lorsque Dana repoussa doucement les doigts qu'elle avait posés sur ses yeux. Cependant, elle comprenait parfaitement que l’Humaine n’apprécie pas sa façon de voir le monde. Elle pouvait largement concevoir que les personnes aux yeux fonctionnels soient attachées à leurs couleurs, et à la sensation de maîtrise que la vue de ce qui les entoure pouvait leur offrir. Œilfantôme avait eu l’occasion de goûter à ce mode de perception de nombreuses fois et en avait compris le fonctionnement ; mais dans ses première années de vie, elle n’avait connu que la nuit éternelle qui se mouvait derrière ses prunelles pâles. Et elle s’y était habituée ; attachée même. Si Dana ne se sentait pas mentalement à l’aise dans un univers sans lumière, l’Elfe aux cheveux blonds ne l’était pas plus que ça lorsqu’elle arpentait le monde des couleurs.

-Bon, ce n’est pas tout ça, mais je t'avais promis d'aller dans l'eau. Enlève tes affaires et suis moi.
Le bruit de tissu et de cuir que l’on détache s’envola jusqu’à ses oreilles, la replongeant durant quelques secondes dans une dimension où ce n’était pas Dana qui se tenait dévêtue à ses côté ; mais un Homme à l’odeur désagréable d’alcool et de sueur.
Les pieds de la jeune Humaine firent éclater la surface de l’eau en un bruit cristallin. Ce simple son raisonnant de pureté fit remonter en Œilfantôme le désir de se fondre dans les profondeurs du lac. Elle porta les mains à sa poitrine et parcourut des doigts la tunique douce et légère qu’elle portait. Il lui fallut quelques secondes pour trouver les lanières qui la retenaient maintenue sur ses épaules puis, lorsqu’elle tira dessus, le tissu coula contre sa peau et s’effondra par terre dans un murmure étouffé.
L’air froid lui mordilla la peau, mais elle apprécia la sensation des milliers de minuscules aiguilles qui jouaient avec sa chair tendre. Elle porta la main en avant jusqu’à agripper le bras de Dana, puis elle s’avança d’un pas. Avant même que son pied ne rencontre l’eau, elle en ressentit toute la chaleur malgré son bandage. Elle perça doucement la pellicule invisible et laissa ses orteils se fondre dans l’humidité, son pansements s’imbibé de liquide jusqu’à ce que l’eau vienne lécher ses blessure, puis son talon rejoindre le sol toujours composé de galets qui gisaient en bordure du lac. Elle s’empressa de renouveler l’opération avec son second pied et, lorsque ce fut fait, elle lâcha le bras amical que lui offrait la jeune Humaine.
Elle se laissa submergée par l’étonnant contraste entre l’air frais et l’eau tropicale qui venait lécher ses chevilles. Son envie de se plonger toute entière en elle la submergea alors, et elle s’éloigna lentement de la rive. La surface de l’eau gagna ses mollets, ses genoux, ses cuisses. Chaque centimètre de plus plongé dans le liquide transparent était un véritable bonheur. Dans l’eau, elle ne pesait rien, et elle n’avait même pas besoin d’aide pour se déplacer. Elle continua d’avancer, jusqu’à ce que seules ses épaules et sa tête émergent encore. Puis elle s’arrêta et, après avoir pris une grande inspiration, elle replia les jambes et se laissa couler.

Aussitôt, le monde devint sourd. Sa vision auditive s’éteignit, noyée par l’infini silence des profondeurs du lac. L’univers sous-marin dans lequel elle venait de pénétrer grondait sa symphonie incompréhensible, faisait rouler ses notes invisibles à travers les tonnes et les tonnes d’eau que le lac abritait. Œilfantôme pouvait sentir ses cheveux flotter sans but autour d’elle, lui caressant le dos, les bras, ou le ventre selon un schéma indistinct.
Sentant que l’air de ses poumons provoquait la remontée de son corps vers la surface, elle en souffla suffisamment pour pouvoir se laisser entraîner lentement vers le fond ; sans jamais vraiment l’atteindre.
Elle demeurait là, suspendue dans un vide fluide et déphasé, le corps plongé dans les eaux tièdes et l’esprit lavé de toutes parts. Elle oublia Dana et l’ours qui l’accompagnait. Elle oublia le goût retrouvé du miel, les multiples informations que lui avaient offertes le monde libre, les blessures qui vibraient en elle. Les silhouettes des Hommes qui l’avaient côtoyée fondirent dans l’eau comme de vulgaires carrés de sucres ; la Citadelle et ses remparts noirs sombrèrent dans les profondeurs du lac ; et même le visage d’Hōnlór disparu pour s’en aller rayonner à la surface. Les secondes passaient, et son âme se vidait. Petit à petit, elle se délestait de ce qu’Œilfantôme était, pour ne devenir qu’une infime particule au sein de l’immensité aquatique qui l’entourait. Rien de plus ne venait perturber son existence.

Le charme de l’expérience fut rompu lorsque ses poumons réclamèrent de l’air avec insistance. Se reconnectant avec elle-même, elle reprit possession de ses jambes et se redressa pour tendre son corps et sortir la tête de l’eau.
Puis le monde brilla de nouveau. Ses oreilles furent assaillies du chant des oiseaux, du bruissement des feuilles, du clapotis du lac. Les odeurs s’engouffrèrent dans ses narines, et l’air froid caressa sa peau humide avec vivacité. Tout était comme avant ; enfin, semblait l'être du moins. Œilfantôme avait l'impression que quelque chose de subtile avait été modifié, mais elle ne parvenait pas à en saisir l'essence.
-Dana ?
Elle se tourna vers l’Humaine et entreprit de revenir vers elle, une nouvelle idée en tête.
-Tu pourrais… M’aider à nager ? Je ne sais pas jusqu’où s’étend le lac et jusqu’à quelle profondeur il va, mais j’aimerais fendre les eaux sans toucher le fond. Tu peux m’accompagner ?
Elle n’aurait jamais eu la force de nager à la seule force de ses bras et de ses jambes. Cela l’ennuyait car d’une part, elle aurait aimé pouvoir déambuler seule dans les eaux infinies du lac ; et d’autre part, elle ne voulait pas imposer à Dana le fardeau qu’elle pouvait représenter.
Mais elle savait que la jeune fille ne lui refuserait pas son aide ; elle le lui avait déjà prouvé à de nombreuses reprises. Alors qu'elle commençait à tendre son esprit vers elle, afin d’observer une fois de plus sa présence psychique rayonnante de bonté, Œilfantôme se rendit compte d’une chose ; une chose importante. Un détail qui n’apparaissait pas dans le décor avant qu'elle ne refasse surface quelques instants plus tôt.
Lorsqu’elle projetait son esprit vers l’extérieur, aussi loin qu’elle le pouvait, les animaux ne s’enfuyaient pas. Ils demeuraient impassibles, et certains tentaient même de s’approcher de son lien mental. Ils n'avaient plus peur de la peine et de l'incommensurable chagrin qu'elle dégageait. Tout simplement parce qu'ils avaient été apaisés.
L’eau avait lavé son désarroi.



Ma couleur : #DC8B69
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Réfugié(e)
Messages : 650
Date d'inscription : 02/09/2011
Age : 18
Localisation : Quelque part vers un lac
MessageSujet: Re: Pauvre âme en perdition. [PV - Danalhéa]   Mar 25 Oct 2016 - 10:19

Melanie Martinez - Sippy Cup




Il ne fallait pas se mentir, Dana était terrifiée quand la jeune elfe se mit sous l'eau. Elle plongea avec elle, les yeux ouverts pour la regarder, restant proche. A la moindre indication de noyade ou de passage inconscient, Danalhéa la rattraperait. Elle était une personne qui avait tendance à s'inquiéter pour les personnes auxquelles elle s'était attachée. Par exemple, si Ted mettait trop de temps à la chasse, elle s’imaginait tous les scénarios possibles sur ce qu'il lui était arrivé.
Mais là n'était pas la question. Dana était assise sous l'eau, accrochée aux racines de la mangrove qui entourait le lac, fixant Œilfantôme qui paraissait plus calme que jamais. La jeune humaine était fière de s'être arrêtée sur son cas. Elle avait pu sauver quelqu'un, se faire une amie au passage, et avoir toute une histoire a découvrir derrière ce curieux personnage qu'était l'elfe. Elle avait aussi une "excuse" pour retourner aux alentours des grandes villes : elle se devait de trouver des habits corrects pour son amie et se racheter des provisions, ainsi que le nécessaire pour réparer ses armes et peut être se racheter une épée et un arc. Le sien avait rendu l'âme avec les grands gris RaÏnvir et Sarushzor, le troll avait malencontreusement marché dessus en voulant lui… offrir des... fleurs... enfin, de la mousse gluante et puante, mais Dana avait reconnu l'attention, et s'était mignon. Enfin. Plus ou moins parce que ça restait un troll qui avait voulu les tuer tous les deux et qui avait aussi failli les faire tuer a cause des chasseurs qui avaient eu les yeux bien plus gros que le ventre.
Passons, Dana n'avait aucune envie de repenser à ces horreurs qu'elle avait fait à peines quelques semaines plus tôt.
L'elfe avait sorti la tête de l'eau et cheveux blancs avait fait de même, et la vit avancer vers elle, un genre de sourire reposé aux lèvres. C'était beau de la voir sourire, encore une fois.

« Dana ? -elle fit une petite pause- Tu pourrais… M’aider à nager ? Je ne sais pas jusqu’où s’étend le lac et jusqu’à quelle profondeur il va, mais j’aimerais fendre les eaux sans toucher le fond. Tu peux m’accompagner ? » La jeune femme hocha d'abord la tête, par reflexe puis se reprit.
« Bien sur, accroche toi a mon bras... Tu te sens assez forte pour battre des pieds? »

Elle s'était approchée et avait délicatement attrapé les mains de l'elfe pour les poser sur un de ses bras. Elle avançait en regardant tout autour d'elle, sentant le sable sous ses pieds se faire de plus en plus lointain. Elle ne le touchait plus a un moment, et battait un peu des pieds pour maintenir leurs deux corps à la surface. L'elfe s'était accrochée un peu plus à son bras et remuait aussi pour se maintenir a la surface, avec le peu de force qu'elle avait, et c'était déjà vraiment pas mal. Elle n'était même pas au milieu du lac, il s'étendait sur tellement de surface qu'elle voyait la berge d'en face comme juste minuscule. Elle nageait un peu de droite à gauche, la tête vers la berge la plus proche ou Ted était arrivé avec une paire de lapins, qu'il déposa près des braises. Danalhéa allait avoir du travail de dépeçage une fois sèche...

« Je vais sortir ‘Tom… Tu peux rester si tu veux, mais là ou tu as pieds. J’ai pas envie qu’il t’arrive quelque chose, tu sais ? »


Ted's : Teal
Dana's : #5a9b6b
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Réfugié(e)
Messages : 573
Date d'inscription : 08/08/2011
Age : 20
Localisation : Sur les ailes d'un Oiseau Invisible.
MessageSujet: Re: Pauvre âme en perdition. [PV - Danalhéa]   Jeu 27 Oct 2016 - 15:58





DARING BIRD

Lentement, le vide fluide qui se tenait sous elle céda la place à une couche de sable vaseuse. Dana l’avait raccompagnée vers la rive, et même si Œilfantôme regrettait un peu de devoir quitter les profondeurs magiques du lac, elle devait reconnaître que l’effort  qu’elle avait dû fournir pour nager l’avait largement épuisée, même avec l’aide de l’Humaine. Elle laissa donc cette dernière rejoindre la terre ferme, puis elle se dirigea à tâtons vers la berge, jusqu’à ce que le sable se transforme en un tapis de galets noyés sous l’eau. Là, elle s’assit tranquillement, laissant uniquement ses jambes et la base de son dos barboter dans le liquide tiède qui comblait le lac.
Ses cheveux trempés dégoulinaient partout sur elle et, avec la légère brise qui soufflait, elle commençait à avoir froid. Aussi rassembla-t-elle sa longue masse blonde entre ses mains afin de la compresser pour en chasser le restant d’eau. Elle aurait pu s’en tenir à ce simple geste. Mais à ce moment, une idée traversa son esprit. Elle avait envie de…
Elle laissa sa propre surprise de côté et ouvrit son esprit au monde qui l’entourait. De plus en plus, les flammes psychiques des animaux alentours s’activaient, comme si la toile sombre qui abritait leur lumière se réveillait soudain. Œilfantôme s’y perdit un moment, voltigeant de rongeurs en insectes, d’insecte en oiseaux, d’oiseaux en cervidés. Après quelques minutes, elle finit par s’arrêter sur l’esprit d’une jeune pie, qui vagabondait aux pieds d’un arbre non loin de son enveloppe physique. Lentement, elle se fondit en elle, sentant ses bras devenir ailes, ses jambes se changer en patte fines, et tout son corps se modifier en un être différent de l’Elfe qu’elle était. Cette forme la changeait beaucoup des rats auxquels elle était habituée. Et ça faisait réellement du bien.
Avec douceur, elle utilisa le corps de la pie et arracha une liane de lierre coincée entre les racines de l’arbre. Puis elle vint se l’apporter en sautillant de cette manière si caractéristiques aux oiseaux. Enfin, elle relâcha la pie. De retour dans son propre corps, elle tapota doucement la surface de l’eau autour d’elle, jusqu’à ce que ses doigts rencontrent le morceau de lierre. Elle le saisit et le porta à sa bouche, où elle le coinça entre ses dents. Puis elle ramena ses mains dans le fouillis de sa chevelure, les faisant glisser de gauche à droite tandis qu’ils jonglaient entre diverses mèches blondes. Cela faisait tellement longtemps qu’elle n’avait pas pu effectuer ce geste…  La dernière fois remontait à avant la Citadelle, il y a bien des années.
Elle remarqua avec tristesse que les belles fleurs colorées qui ornaient ses cheveux par le passé s’étaient changées en un amas triste et fané de toutes parts. Elle soupira doucement, un air mélancolique au creux de la gorge, puis elle acheva la longue et épaisse natte qu’elle était en train de former, avant d’en nouer l’extrémité avec la liane de lierre.

Désormais, le haut de son corps était presque sec. Mais elle n’avait pas envie de sortir de l’eau tout de suite. Elle voulait rester encore un peu, à ne rien penser, à simplement écouter tandis que le lac envoyait de légères vaguelettes à l’assaut de son corps.
Un animal pataugeant dans l’eau juste derrière elle attira son attention. Elle réalisa avec surprise que la pie dont elle avait utilisé le corps était toujours là, bien qu’elle l’ait libérée de son emprise. Elle frôla une seconde fois son esprit et se concentra sur ce qu’il s’en dégageait. Gaieté. Audace. Curiosité.  
-Tull’, sindarìn, murmura-t-elle doucement.
La curiosité de l’oiseau gonfla pendant quelques secondes, puis Œilfantôme entendit ses plumes froisser l’air tandis qu’il s’envolait vers elle. La pie vint se poser sur sa main tendue, comme si la proximité des hominidés ne la dérangeait pas le moins du monde.
Œilfantôme porta ensuite sa main libre au plumage de l’animal curieux et se mit à le caresser doucement. C’était doux et chaud ; tout le contraire de ce à quoi elle avait été habituée à la Citadelle. Ce contact l’apaisa un peu plus. La pie, elle, se contentait de s’ébrouer après chaque passage de ses doigts, sans pour autant s’envoler ailleurs. Ce comportement étrange aurait presque pu la faire rire.
Presque.
A la place, elle laissa l’oiseau tranquille, et lui emprunta simplement ses yeux afin d’observer une bonne fois pour toute ce lac qui l’obnubilait tant.

Grand. C’était ce qui lui venait en premier à l’esprit. L’eau s’étendait loin devant elle, si bien que la rive opposée n’était percevable que sous la forme d’un fin tracé lointain. L’eau était merveilleusement claire, et sa surface reflétait les milliers de végétaux qui s’étendaient tout autour du lac. C’était beau. Mais Œilfantôme avait du mal à décrire tout ça. Elle préférait s’en tenir aux sons et aux odeurs. Tout comme Dana préférait certainement s’en tenir aux images.
Elle ne savait pas ce que la jeune femme était en train de faire. Elle percevait simplement sa présence derrière elle, ainsi que celle de l’Ours. En repensant à eux, l’Elfe se sentit soudain piquée de la même curiosité que la pie. Se fondant une nouvelle fois dans le corps de cette dernière, elle prit son envol – non sans peine, car elle n’avait pas utilisé les ailes d’un oiseau depuis sa capture – et se dirigea vers sa sauveuse. Elle se posa discrètement sur un tronc mort à quelques mètres d’elle, puis elle l’observa.
L’humaine n’était pas très grande, mais elle paraissait fine et musclée. Ses cheveux étrangement blancs contrastaient avec sa peau bronzée, et elle ne semblait pas très âgée non plus. Œilfantôme se dit qu’elles devaient toutes deux avoir un grand nombre d’années d’écart. Et pourtant, elles s’entendaient relativement bien. D’autant plus que, derrière ses airs de petite fille, il se pouvait très bien que Dana en sache plus sur le monde que ce qu’on pouvait penser. Ce ne serait pas étonnant d’ailleurs, sachant qu’elle voyageait seule avec un ours pour seule compagnie.
L’Elfe porta ensuite son attention sur l’animal en question. Ted était imposant, bien plus que les ursidés normaux. Il aurait pu briser en deux le corps de sa protégée d’un simple coup de patte – bien qu’il était évident qu’il ne le ferait jamais. Plus étrange encore, son pelage arborait la même couleur blanche que les cheveux de son humaine. Œilfantôme n’avait encore jamais rencontré d’ours de la sorte ; d’autant plus que Ted était de surcroît doué de parole. Elle ne manquerait pas de poser quelques questions à Dana au sujet de son ami à poils.

Imprégnée par la curiosité de la pie, Œilfantôme en aurait presque oublié qu’elle n’était pas un oiseau audacieux, mais bien une Elfe en cours de reconstruction psychique. Cependant, elle se plaisait à se mouvoir sous la peau du petit animal à plumes, et elle décida d’y rester un peu plus longtemps. De toute façon, son véritable corps n’était pas en danger.
Elle quitta donc son perchoir actuel et vint se poser à proximité de la jeune femme, qui semblait occupée à dépecer ce qui s’apparentait à des rongeurs. Elle sautilla ensuite au milieu du campement, sans but précis, jusqu’à ce que ses yeux tombent sur le morceau de pain recouvert de miel qu’elle avait été incapable de finir quelques instants plus tôt. Elle s’en approcha et le considéra un instant, sans bouger. Puis elle le saisit dans son bec – non sans difficultés, et elle le ramena vers l’Ours Blanc, avant de le déposer devant lui.
« Cadeau ! » aurait voulu piailler la pie. Et Œilfantôme n’y voyait aucun inconvénient. Après tout, c’était son miel qui reposait sur ce morceau de pain. Et puis, même si elle avait déjà exprimé ses remerciements à Dana pour l’avoir aidée, elle ne se souvenait pas avoir déjà fait de même avec Ted.






Dernière édition par Œilfantôme le Jeu 17 Aoû 2017 - 0:22, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar
Réfugié(e)
Messages : 650
Date d'inscription : 02/09/2011
Age : 18
Localisation : Quelque part vers un lac
MessageSujet: Re: Pauvre âme en perdition. [PV - Danalhéa]   Sam 18 Fév 2017 - 19:23


// - //

Ted avait suivit au loin les faits et gestes de l'elfe se demandant comment les humanoïdes pouvaient se dépatouiller avec des mains. Car, c'était vrai, même si ses grosses griffes ne lui permettait aucunement d'attraper correctement des objets de petite tailles, tel que tous les pots de Dana, elles étaient sincèrement utiles pour ce qui lui était... d'utilité principale. Pour lui. C'est a dire faire ses griffes, creuser, chasser -comprenez: "dans l'objectif de manger".
Pourquoi les humaines avaient une obsession avec leurs poils de tête? Ted n'en avait pas plus que ça lui, et pourtant il vivait très bien.
Les humains sont bizarres, Ted.
Et les humaines le sont encore plus. Je ne t'explique même pas les elfes femelles... Quoique, les elfes mâles sont aussi des spécimens assez intéressants. Mais là n'était pas sa préoccupation, Ted était focus désormais sur une pie qui parcourait le camp. Lui, allongé et sa grosse tête sur ses pattes avant le regardait en soufflant fort. C'était drôle, la façon dont les oiseaux se déplaçaient par sautillements, et a vrai dire peu pratique. L'ours fixait l'oiseau et inversement. D'ailleurs ce dernier avait attrapé un bout de pain que j'avais précédemment tartiné pour ma petite 'Tom. Il ronflait, retroussant un peu le nez et regardait l'oiseau dans les yeux. Enfin. Dans un oeil puis dans l'autre parce que c'est assez compliqué de voir droit dans les yeux d'une pie. Qui a les yeux sur le côté. Hrm. Elle piaillait en posant le bout de pain et Ted ne se gênait pas pour le gober et faire un genre de ronronnement, ou plutôt un grognement tout content. Hmmm. Du miel.

« Merci, petite chose.»

De son côté, loin de la scène peu probable entre l'oiseau et l'ours, Danalhéa était sortie et séchée dans des draps que qu'elle allait ensuite faire sécher sur des arbres a côté. Ses longs cheveux blancs étaient rassemblés dans un chignon dégoulinant alors que, à moitié habillée d'un "pantalon" -comprenez un assemblage de grandes pièces de lins qui ressemblait a un sarouel- et d'une brassière en linge blanc, elle "s'amusait" à dépecer le gibier abattu par son cher ours qui engloutissait le morceau de pain a moitié sec tartiné de miel. Qui venait de quelque part, mais d'où, aucune idée. C'était peut être le pain qu'elle avait donné à Tom et qu'elle avait laissé car son estomac ne pouvait pas en prendre plus. Ce n'était qu'un détail, de toute façon, et puis ses mains étaient trop occupées pour penser à la fameuse question de "Mais d'où venait ce bout de pain?!".
Passionant.
On aurait pu en écrire un bouquin.
Elle soufflait sur les mèches qui tombaient devant ses yeux alors qu'elle effectuait le travail un peu sanglant et un peu puant qui était de découper les animaux en deux, les vider, jeter les morceaux du système digestifs et autres choses que ni Dana Ni Tom ne mangerais à Ted, puis les accrocher a un fil après les avoir salés. Ah, et n'oublions pas la grande partie du dépouillement du lapin. C'était plutôt gore, plutôt pas sympathique. Et le bruit de l'arrachement de la peau du lapin était simplement beurk. Elle l'accomplissait sans trop regarder, et disposait les fourrures sur le côté. Une fois tout cela fini, elle vint se rincer les mains et nettoyer les peaux légèrement tachées de sang près d' Œilfantôme. Elle avait déjà l'air un peu en meilleure forme et souriait, et elle dégageait une... genre d'ambiance plus saine, plus reposée. Dana aimait beaucoup ça, un sourire se collait a son visage.

« Tom ? Tout va bien? »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé
MessageSujet: Re: Pauvre âme en perdition. [PV - Danalhéa]   

Revenir en haut Aller en bas
 
Pauvre âme en perdition. [PV - Danalhéa]
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 2 sur 3Aller à la page : Précédent  1, 2, 3  Suivant
 Sujets similaires
-
» Pourquoi Haiti est-elle si pauvre ?
» Chavez traite Obama de « pauvre ignorant »
» Pourquoi les Haitiens forment-ils la classe la plus pauvre au Québec???
» Une pauvre petite SDF en Lorraine
» MDR La Pauvre Ptiite Fille

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
L'Age de Feu (RPG) ::  :: Baie d'Ambre-
Sauter vers: