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 Des petits voleurs dans la cour des Grands [PV Ydilianda]

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MessageSujet: Re: Des petits voleurs dans la cour des Grands [PV Ydilianda]   Sam 15 Juil 2017 - 0:25



Quand la voleuse eut passée les portes, le barde s'élança avec enthousiasme dans l'entrebâillement et la referma en prenant bien soin de glisser délicatement le loquet à bascule pour la verrouiller. Puis il se retourna et rejoignit Ydilianda au niveau d'un couloir qui étendait sur ses deux côtés une foule d'immenses rideaux cachant les fenêtres à grands vitraux. Il avançait avec allure, fier comme un paon, attendant une remarque d'admiration de la part de sa cavalière. Toutefois, quand ses yeux croisèrent les siens, ces derniers le percèrent comme deux crocs crochus. Avant même de recevoir toute l'étendue de sa furie, une pensée se fit dans son esprit :

"Hum... elle n'a pas l'air très admirative..."

-Ne refaites plus jamais ça ! Qu’est-ce que vous lui avez dit ? Vous l’avez soudoyé ? Vous l’avez fait chanter ? Il est peut être en train de prévenir d’autres gardes.

Ah oui, c'était donc ça. Le demi-elfe se sentit bête sur le coup. Cela paraissait évident pour lui, mais pas forcément pour ses interlocuteurs. Désireux de paraître présentable, il coiffa sa longue chevelure blanche avant de raffermir l'équilibre de son manteau sur ses épaules. Cela lui donna l'apparence d'un grand seigneur et cela lui plut.

- Certes non merde ! Si j'avais dû soudoyer ce grand nigaud, j'en aurais eu pour au moins quatre mois de recettes de représentation... en y ajoutant les pourboires ! Par le diable, ses épaulières doivent valoir un bras ! Non, j'ai...

Il songea soudainement que ses quelques Dons en matière de sorcellerie, même s'ils lui avaient toujours paru prodigieux et charmants, n'était peut-être pas du goût de Ydilianda. A vrai dire, il comprit à son regard qu'une explication tel que "j'ai ensorcelé l'esprit de cette homme afin de le plier à ma volonté" serait en réalité considérée comme une vulgaire farce de sa part. Il joua donc la carte de l'assurance, simple et efficace.

-Hum... eh bien vous savez, par ici, les gens me connaissent un peu. J'ai déjà été au palais dans ma vie, même si c'est bien la première fois que j'y viens pour accomplir un tel méfait ! Non pas que cela me chagrine, ça non ! Diantre, si il y a bien une bande de cloportes qui n'obtiendra jamais ma compassion, c'est bien les résidents de ces lieux. En outre, ce grand gaillard me connaissait bien, et j'avoue pouvoir dire avec fierté que je ne suis pas désuet question diplomatie !

Voilà un mensonge aussi désuet que ses talents de diplomate en vérité. Peut-être aurait-il dû effectivement expliquer son plan avant de jeter son amie et lui dans une glorieuse charge contre la garde royale. Cela lui rappela avec espièglerie les maximes bien sentis du Général Pern de Guindron, qui avait l'habitude de parler de stratégie aussi facilement qu'un poète disserterait sur l'art romantique : "Faire la guerre est facile, commander est difficile. Du plus prestigieux lieutenant au plus petit troufion, chacun doit savoir où il se trouve ! Si on ne prévient pas le cheval qu'il doit se rendre à la 3e centurie, ce n'est pas son cavalier qui le portera sur ses épaules !"
Nirfäel se maudit intérieurement. Venait-il vraiment de comparer sa belle dame si fringante et élégante à un canasson de basse fortune ? Ses réflexions avaient visiblement dépassé le stade du bon sens. Heureusement que ses idées n'avaient pas été transposées directement jusqu'au timbre suave de sa parole. Cela aurait été doublement catastrophique, surtout par rapport à l'état d'inquiétude dans lequel il avait mis sa chère amie.

-Bon écoutez, faites-moi confiance. Voyez comme nous avons facilement passé le plus dur ! J'ai quelques tours dans mon sac et nous voilà maintenant loin des yeux indiscrets. (Le demi-elfe eut un sourire fervent.) Je dois avouer ne pas être peu fier de notre petit duo. Pour une première, ça démarre sur les chapeaux de roues !

Tout en parlant, il s'était dirigé au fond du couloir, et vit que ce dernier donnait vers une bifurcation dans trois directions différentes. L'une était un escalier qui menait vers le troisième étage, et qui n'avait visiblement pas grand intérêt aux dires de son nouvel ami "le garde". Une autre menait vers un corridor sombre et la dernière était un couloir amenant vers une pièce qui semblait assez bruyante. Etait-ce des remous de la fête qui se passait plus loin ? Rien n'était moins sûr. Il parut soudain fort peu à propos pour le barde de porter une tenue aussi présentable et qui ne lui laissait pas prendre ses aises. Il aurait préféré se déplacer avec une leste chemise de lin. Après quelques instants de réflexions, il déboutonna les deux premiers boutons du col de son manteau et détruisit les immenses efforts qu'il avait employé pour se rendre conforme au protocole quelques minutes auparavant. Ils étaient des voleurs après tout !

-Mmh... je pense que c'est là le moment où votre expertise va nous être incroyablement profitable. Eh, bon... l'aile Est étant assez grande, par où on commence ?
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MessageSujet: Re: Des petits voleurs dans la cour des Grands [PV Ydilianda]   Mar 15 Aoû 2017 - 2:53




Le sourire du ménestrel se crispa légèrement alors qu’il sembla se rendre compte qu’il n’obtiendrait pas de félicitation de la part de la voleuse. Cependant, ce n’est pas pour autant qu’il se pressa de répondre à l’interrogatoire car il prit le temps de se recoiffer et de remettre en place ses vêtements avant de dénier donner une réponse.
C’est pas vrai ! Il est pire qu’une bourgeoise ma parole ! S'exclama-t-elle intérieurement.

«- Certes non merde ! Si j'avais dû soudoyer ce grand nigaud, j'en aurais eu pour au moins quatre mois de recettes de représentation... en y ajoutant les pourboires ! Par le diable, ses épaulières doivent valoir un bras ! Non, j'ai... Il pris le temps de réfléchir, ce qui eut pour conséquence de mettre sa partenaire sur ses gardes. Hum... eh bien vous savez, par ici, les gens me connaissent un peu. J'ai déjà été au palais dans ma vie, même si c'est bien la première fois que j'y viens pour accomplir un tel méfait ! Non pas que cela me chagrine, ça non ! Diantre, si il y a bien une bande de cloportes qui n'obtiendra jamais ma compassion, c'est bien les résidents de ces lieux. En outre, ce grand gaillard me connaissait bien, et j'avoue pouvoir dire avec fierté que je ne suis pas désuet question diplomatie !

Les yeux d’Ydilianda se plissèrent, montrant sa suspicion, et alors que Dinval, ou Nirfaël peu importe son nom, lui récitait un petit discours sur la confiance tout en s’éloignant (quelle bêtise de tenir de tels propos face à une femme qui vivait de malhonnêteté) elle choisit finalement de l’interrompre.

- Je ne te crois pas, le coupa-t-elle au moment où il lui demandait la direction à prendre. Reprenant peu à peu un vocabulaire plus sec où son accent portangeois ne tarda pas à poindre.

Si les regards pouvaient piquer, la jeune femme aurait sûrement pris l’apparence d’un essaim d’abeilles.

- Si tu es déjà venu ici suffisamment de fois pour que les gardes te reconnaissent, alors tu dois bien savoir s’il y a une salle d’exposition et où la trouver. Elle ôta ses gants de soie qui, décidément, finiraient par la gêner. Tu passes devant, lança-t-elle.

Son ton ne laissait aucune place aux protestations alors que sa main se glissait de nouveau dans sa sacoche, empoignant un objet quelconque.

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MessageSujet: Re: Des petits voleurs dans la cour des Grands [PV Ydilianda]   Mer 30 Aoû 2017 - 19:53



Aïe ! Le voilà dans de beaux draps ! Il se trouvait dans un palais rempli à craquer d'ennui, et il mentait à la seule personne qui était dans la même situation que lui. Des bruits accueillirent ses pensées ressassées et Nirfäel sentit que pendant que lui se morfondait, la réunion battait son plein. Ils entendirent rapidement des voix dans le lointain et Nirfäel pensa que la réunion au deuxième étage allait bon train, au vu de la jouissance évidente de ses pensionnaires. Du moins, il le crût. Alors qu'il allait essayer de rétorquer quelque chose à la voleuse, elle lui somma :

-Tu passes devant.

Elle mit la main dans sa poche. Le cœur de Nrfäel s'emballa en imaginant la dague ou le couteau de boucher que cette femme pouvait sortir. Il agita les bras en signe d'acceptation.

Au nom du ciel, oui oui ! Il est inutile de s'énerver ! Je vais de ce pas nous engager sur la bonne voie.

Il mentait évidemment. Il n'avait aucune idée de l'endroit où se trouvait l'épée, mais ce n'est qu'en ressentant l'agressivité de Ydilianda qu'il s'était rendu compte du danger de son entreprise. Il errait non loin des gardes et ces derniers pouvaient à tout moment apparaître dans la chambre de l'Aile Est et les capturer pour les soumettre à la question. Là-bas, les tortionnaires faisaient vinaigre et ne s'embarrassaient pas de promesses en l'air et de paroles bienveillantes d'un innocent. Tout ce qu'ils cherchaient étaient la torture et le mal, aussi le barde oublia toute règle de bienséance et entreprit d'obéir à la voleuse.
Ils avancèrent à tâtons entre les différentes salles. Dans la nuit, les flambeaux émettaient de pâles lueurs et seul un œil acéré aurait pu voir dans les recoins sombres du palais.
La nuit, celui-ci était tel un joyau étincelant. Mais, condamné à errer dans les couloirs à cause de la voleuse, le barde était insensible à cette beauté. Il avait le cœur battant jusqu'à ses tempes et attendait qu'Ydil ne découvre ses mensonges. Un vilain mal de tête s'empara soudain de Dinval, et il se sentit légèrement malade. Il pensa avoir recours à ses pouvoirs pour charmer la voleuse mais n'en eut pas le courage. De la sueur lui coula sur le front et son estomac se noua. Il ne comprit que bien plus tard que ses mystérieux talents étaient justement en train de l'avertir du danger qui couvait. Des images luisirent dan son esprit, des choses qu'il n'aurait jamais dû voir. Et ceux qui n'avaient pas le Pouvoir comme lui ne pourraient jamais comprendre la panique qui s'empara de lui ce jour-là, lorsque la citée fut prise d'assaut : Il avait vécu avec des gens vivants tout autour de lui, et bientôt, tous seraient à l'agonie, il les avait regardé rire et sourire, tout en sachant maintenant au plus profond de lui-même que malgré tous ses désirs et sa volonté, ces gens étaient condamnés à mourir. Avoir le sentiment que dans quelques heures, tous hurleraient à l'agonie, leur vie arrachée. Avoir des pouvoirs, et être malgré tout impuissant.

Soudain, Nirfäel se rebella contre le destin. Consumé par l'envie de courir, de s'enfuir, de disparaître loin de ce qui allait arriver, il s'exclama :

-Non. Il nous faut partir, dame Ydilianda. (Il eut un regard implorant) S'il vous plaît, je sais que la situation ne s'y prête pas, mais nous devons partir.

Soudain, les cris au sein de la réunion s'amplifièrent. Nirfäel comprit que ces cris n'avaient rien de réjouissant. Ils n'étaient pas propices à la fête mais au désespoir. Continuant vers une fenêtre, il en écarta les rideaux et contempla le paysage. Toute ombre avait disparu, remplacée par des teintes rouges orangées, là où les flammes s'étaient accrochées au palais et à la cité. Tout n'était en réalité plus que cauchemar. Car des dragons par dizaines surgissaient dans la nuit noire d'Hypath. Nirfäel fut le premier à réagir. Il agita la voleuse humaine avec ses bras et s'écria.

-Au diable le vol et l'Epée, Dame Ydil. Je crois que nous avons un problème beaucoup plus urgent. La mort descend pour nous !

Il prit la main d'Ydil et courut en descendant les escalier deux par deux. Tout autour de lui, nobles et barons vinrent bientôt les rejoindre. Dans la panique générale, les jardins du palais furent vite envahis par les nobliaux qui tentaient de s'enfuir. Au dessus d'eux, la Mort pleuvait sous forme de flammes et de ténèbres. Des ailes noires grinçaient comme des scies, rejoignant les quartiers de chaque cité et les couvrant de feux et de cendres, tant et si bien que Nirfäel et Ydil furent témoins de l'horrible spectacle. Le demi-elfe s'agita. Il ne pouvait croire à ce qu'il voyait. Perturbé par la mort certaine et le monde qui se brisait tout autour de lui, il trembla.

-Par le quartier portuaire. Là-bas, nous prendrons un bateau,... Allons-nous en Ydil.
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