L'Age de Feu

Hypat et l'Empire Draconique sont désormais en paix. Mais de nouvelles ombres planent sur ce monde. Rejoins-nous pour les combattre à nos côtés.
 

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 Des petits voleurs dans la cour des Grands [PV Ydilianda]

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Nirfäel
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MessageSujet: Re: Des petits voleurs dans la cour des Grands [PV Ydilianda]   Lun 19 Sep 2016 - 20:50



Alors qu'ils auraient pu s'attendre au pire, tout se passa finalement pour le mieux. Le cortège coloré des nobles qu'ils avaient entrepris de suivre se joignit sans mal à une escorte encore plus importante. Ils pénétrèrent donc dans la grande salle du palais, où le banquet devait avoir lieu. Et maintenant qu'il y était, Nirfäel, qui pensait à juste titre être impressionné par l'ampleur de ce qui allait se dérouler, ne fut point déçu. Sans cacher ni son admiration ni son étonnement, il contempla les lieux.
Ils se trouvaient dans l'aile Sud-ouest du palais. La gigantesque salle prenait la forme d'un long rectangle et était construite sur un rez-de-chaussée et un étage. Le rez-de-chaussée comportait des fenêtres énormes aux vitraux teintés qui devaient valoir une véritable fortune. La plupart représentait des scènes de guerre ou de chasse, dans lesquelles de beaux chevaliers vêtus d'armures étincelantes se battaient contre de terrifiants monstres de noirceur, pour l'honneur de belle jeune fille aux cheveux d'or. Quand le ménestrel et la voleuse entrèrent dans l'aile Sud-ouest du palais, quelque deux cents personnes étaient déjà en train de se divertir, mais au grand daim du demi-elfe, il comprit en regardant les vides dans la salle, que celle-ci était capable d'en accueillir encore quatre fois le nombre déjà présents, notamment grâce à la présence de l'étage supérieur. Celui-ci reliait le rez-de-chaussée à l'aide de deux escaliers en marbre symétriquement opposés, qui ressemblaient singulièrement à l'escalier dans le hall. L'étage, également de forme rectangulaire et d'une hauteur de trois mètres, s'étendait sur toute la périphérie du rez-de-chaussée, de tel sorte que l'on pouvait observer l'entièreté de la réception en se tenant simplement derrière la balustrade.

Que ce soit en haut ou en bas, le long des murs était décoré d'épaisses et riches tapisseries, et les piliers qui soutenaient le plafond et ses immenses lustres de cristal portaient de nombreuses guirlandes multicolores à la composition propre et nette ainsi que de grandes bannières au symbole de quelque évènement glorieux. C'était évidemment au rez-de-chaussée que tout le monde passait le plus clair de son temps. En effet, de longues rangées de tables agencées dans la forme d'un U faisaient la part belle aux gibiers sous toutes ses formes possibles. Sur la gauche, il y avait des morceaux de viandes rôties ou rosées saupoudrées de feuilles vertes, de longues tranches d'élan cuit, des quartiers énormes de sangliers, des cuissots de lapin, du cerf, des volailles de saison ainsi que des perdrix et des grives entières. Sur la droite, l'on pouvait également trouver des bols à la taille phénoménale contenant des salades composées, des assortiments d'écrevisses, de poulpes et de fruits de mers, et une liste incroyablement longue de tout ce qui se trouvait être des mets raffinés s'amoncelaient encore sur d'autres tablées.

Nirfäel n'était en effet pas du tout déçu. Et toute la tension qui le faisait encore trembler s'évapora en l'espace d'une seconde, happé comme il était par les senteurs succulentes et par les parfums des convives.

-Il faudra que je revienne ici un jour, ce palais cache sûrement plus de merveilles qu’on ne peut en voir en une nuit. (Elle se retourna vers lui) Que diriez-vous de commencer par se servir un verre ? Je pense que vous en avez grand besoin.


Le demi-elfe se tourna brusquement vers sa cavalière et un sourire plus large que les mâchoires d'un dragon naquit sur ses lèvres. Il prit soin de lustrer sa fine barbe, de remettre en ordre ses cheveux et sa moustache. En quelques secondes, il redevint Dinval de la Haute-Extraordinaire Compagnie. Il était l'invité-surprise du duc d'Ortwail et le digne représentant des derniers ménestrels qui naissaient avec la poésie et le lyrisme dans le cœur !

-Par ma foi Ydil, c'est là les paroles les plus belles et les plus sensées que j'ai pu entendre de votre part ! Où se trouve donc le bar ? Ah, laissez-moi vous conduire ! N'oubliez pas, je suis votre cavalier, et vous êtes ma cavalière. Oh... Diantre ! Regardez-moi ces branches de gui, une ornementation florale incontestablement des plus délicates ! Ah mais,... Impossible ! Pas de couverts, pas même de fourchettes ! Il semblerait que nous ayons à manger tous les plats à la main. Quelle étrange coutume, laquelle me semble avoir un petit arrière-goût de culture elfique si vous voulez mon avis...


Il continua à parler à tords et à travers tout en dirigeant sa cavalière à travers les vastes recoins de la réception. Ses élucubrations rejoignirent le brouhaha incessant qui régnait dans l'opulence et la richesse des lieux. Au bout d'un moment, il comprit qu'il n'arriverait jamais à se faire comprendre sans parler à Ydil face à face. Il cessa donc de faire l'éloge de la fresque illustrant un aigle aux ailes déployées qui se tenait dans une posture royale. Il regardait attentivement autour de lui, essayant d'identifier tant bien que mal certains visages qui pouvaient lui paraître familiers. Il reconnut quelques thanes ça et là, et se rappela avoir déjà croisé les musiciens occupés à jouer un morceau du "Chant de la Douce Irienne". Quoiqu'interprété avec de modestes instruments, la musique détenait une sonorité qui avait de quoi être entêtante. Le demi-elfe aurait même pu l'apprécier si l'un des musiciens ne jouait pas faux, son instrument, une cithare en bois d'orne remarqua-t-il, étant désaccordée de presque un demi-ton. Un détail peut-être pour les non-initiés, mais pour Nirfäel, c'était une véritable insulte à l'œuvre originelle ! Il tâcha de boucher ses oreilles à cette ignominie, et traversa une autre congrégation de nobles. Non loin d'une tablée, deux pages distribuaient des coupes de vin sur des plateaux d'argent. Le demi-elfe sourit et choisit deux coupes avec soin. Il en tendit une doucement à sa chère cavalière tout en déclarant.

-Du Linòr. Celui-là doit avoir dix ans si j'en crois mon expérience. Ah, ce vin et moi avons une longue histoire ! Il faut dire qu'il a su me rendre célèbre auprès de certains de mes admirateurs (son sourire trembla par deux fois.) Mais enfin, ne discutons pas de souvenirs excessivement ennuyeux. (Il leva son verre.) Je propose que nous buvions à la santé... à la santé des Petits qui ont réussi à se faire une place dans la Cour des Grands. Santé !


Il vida son verre d'un trait.

-Merveilles et délices, comme s'exclamerait un dragon ! Et assurément, il va maintenant nous falloir nous fondre dans la masse. Cela veut dire circuler dans la salle, saluer et faire un brin de causette avec près d'un tier des convives suivant le protocole. Mais pas plus, car ce même protocole nous identifierait alors comme des personnes manquant d'attention et de politesse. (Le demi-elfe s'accouda à une table.) Tiens, en parlant de politesse et de protocole... à combien de boucles d'oreilles et de bagues en êtes-vous ?


Son sourire éclata à nouveau. Le ménestrel connaissait déjà trop bien la voleuse...
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Ydilianda
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MessageSujet: Re: Des petits voleurs dans la cour des Grands [PV Ydilianda]   Lun 3 Oct 2016 - 10:27

De toute évidence la perspective de vider quelques verres plu beaucoup à l’elfe qui se lança dans un long discours enjoué sur les différentes traditions et cultures représentées durant le banquet. Ydilianda perdit vite le file des paroles de son cavalier et se mit à rechercher des «opportunités». Contrairement à ce qu’elle pensait ce ne fut pas chose aisée, la plupart des objets de valeur étaient soit trop volumineux pour être voler discrètement soit trop bien fixés pour être dérobés le temps de son passage (ce qui était notamment le cas des pierres précieuses qui semblaient la narguer, bien accrochées à leurs statues et à leurs chandeliers dorés), quant aux autres convives s’ils étaient parés d’atours de la tête aux pieds ils étaient encore peu nombreux et restaient bien souvent hors de porté de ses mains farfouilleuses.

Ce n’est qu’à l’approche des tables qu’elle eut enfin l’occasion de mettre en pratique ses longues années d'expérience. Alors que le ménestrel s’éloignait rapidement de l’orchestre, ils rencontrèrent deux couples en grande conversation qui marchaient dans le sens opposé. Le passage qu’ils avaient tous les six empreinté était suffisamment large pour qu’ils puissent se croiser sans difficulté mais il n’en fallu pas plus à la voleuse pour profiter de se soudain rapprochement. Il lui suffit d’effleurer le poignet d’une de ces dames pour que le ravissant (et sûrement excessivement cher) bracelet qu’elle portait ne s’ouvre et ne tombe entre ses doigts. Elle ne put répéter son geste avec l’autre femme car déjà le duo était arrivé aux verres. Elle laissa Dinval choisir deux coupes puis lui en donner une.

-Du Linòr. Celui-là doit avoir dix ans si j'en crois mon expérience. Ah, ce vin et moi avons une longue histoire ! Il faut dire qu'il a su me rendre célèbre auprès de certains de mes admirateurs. Mais enfin, ne discutons pas de souvenirs excessivement ennuyeux. (Il leva son verre.) Je propose que nous buvions à la santé... à la santé des Petits qui ont réussi à se faire une place dans la Cour des Grands. Santé !

Il vida son verre d’un trait. Elle s'apprêta à faire de même puis se ravisa en apercevant du coin de l’oeil une comtesse boire à petites gorgés, ce qui ne l’empêcha pas de finir le sien en trois coup. C’était peut être un peu rapide pour une «noble» mais c’était déjà plus discret. Elle put tout de même apprécier le goût légèrement sucré de la boisson avant que son partenaire lui rappelle les inconvénients des soirées bourgeoises.

-Merveilles et délices, comme s'exclamerait un dragon ! Et assurément, il va maintenant nous falloir nous fondre dans la masse. Cela veut dire circuler dans la salle, saluer et faire un brin de causette avec près d'un tiers des convives suivant le protocole. Mais pas plus, car ce même protocole nous identifierait alors comme des personnes manquant d'attention et de politesse.

Elle faillit avaler sa dernière gorgé de travers, un tiers des convives ? Ils allaient y passer la nuit ! Et d’après ce qu’elle avait entendu dire un «brin de causette» signifiait ici de longues minutes à débattre de sujets ennuyeux et inutiles. S’il existait un dieu de l’Ennuie ce palais avait sûrement été bâti sur les ruines de son temple.
L’elfe s'accouda à une table, une soudaine lueur de malice dans les yeux.

-Tiens, en parlant de politesse et de protocole... à combien de boucles d'oreilles et de bagues en êtes-vous ?

La voleuse prit un faux air indigné qui n’aurait trompé personne.

-Comment voulez vous que j’attrape quelque chose dans cette salle ? Je m’attendais à une foule et voilà qu’il y a à peine assez de personne pour qu’un ivrogne cloti-clotant ne frôle ne serait-ce qu’une traine ! Alors pour s’approcher suffisamment près d’une personne sans se faire remarquer pour... faire quelque chose... c’est assez délicat. Et avez vous déjà tenté de retirer des boucles d’oreilles ? Je vois que vous en portez, mais croyez moi s’il y a bien une chose plus difficile qu’une autre à décrocher c’est bien ces bijoux là.

Elle laissa voir un léger sourire alors qu’elle prenait une expression toute innocente. Dans sa main gauche elle jouait avec le bracelet chapardé plus tôt.

-Mais malgré cela je dirais une bague, un bracelet et quelques autres bricoles... Pour l’instant.

Ajouta t-elle, il ne fallait pas non plus qu’il s’imagine avoir affaire à une débutante tout juste bonne à voler une pomme sur un étalage (même si les pommes en questions étaient parées de diamants et de pierres précieuses).
Ydilianda regarda une nouvelle fois la salle, la nuit était déjà bien avancée il ne faudrait pas perdre trop de temps avec les invités. Elle posa son verre et se retourna vers Dinval.

-Bon, si nous devons vraiment saluer un tiers des personnes présentes dans cette pièce autant commencer tout de suite. Rassurez moi une femme ne doit pas obligatoirement rester accrochée au bras de son cavalier pendant toute la durée des festivités ? Non pas que vous soyez désagréable mais de toute évidence vous ne me facilitez pas la tâche. (Elle lui tendit sa main, le bijou toujours dans sa paume) vous m’aidez à le mettre ?
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Nirfäel
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MessageSujet: Re: Des petits voleurs dans la cour des Grands [PV Ydilianda]   Jeu 13 Oct 2016 - 22:50



-Bon, si nous devons vraiment saluer un tiers des personnes présentes dans cette pièce autant commencer tout de suite. Rassurez-moi une femme ne doit pas obligatoirement rester accrochée au bras de son cavalier pendant toute la durée des festivités ? Non pas que vous soyez désagréable mais de toute évidence vous ne me facilitez pas la tâche. (Elle lui tendit sa main, le bijou toujours dans sa paume) vous m’aidez à le mettre ?


Nirfäel savait à quoi s'attendre, et c'est donc avec un calme réjoui qu'il récupéra le bracelet damasquiné d'or et d'argent. Patiemment, il déverrouilla le simple mécanisme d'ouverture du bijou et de ses deux mains, décora le poignet d'Ydil de sa présence. Lorsqu'il eut réenclenché le mécanisme, il s'éloigna d'un pas et admira la jeune fille ostensiblement exposée à son regard. Décidément, plus la soirée avançait, plus elle devenait séduisante. Et plus il tombait sous le charme. Sapristi ! Avait-il trop bu ? Non, le verre était à moitié plein, et il avait déjà résisté à pareil alcool plusieurs fois dans sa vie. Non, il n'y avait qu'une seule réponse possible : La jeune fille était tout simplement d'une rare, d'une exquise, d'une sublime beauté. Son attitude et sa posture paraissaient maintenant si authentiques qu'on aurait cru affaire à une princesse. A sa plus grande satisfaction. Il déclara doucement.

-Allons donc, la lune n'est qu'à peine montée au sommet du ciel que vous vous ennuyez déjà de moi, gente dame ?


Il sourit et d'un geste, l'invita à se joindre à lui. Ensemble, ils marchèrent au travers de l'assemblée bruyante. Nirfäel était pensif. Evidemment, il avait désormais accompli la majeure partie de sa tâche, à savoir instaurer Ydil au sein de l'assemblée juste après l'avoir amenée à l'intérieur du palais. Désormais, la voleuse cherchait à s'acquitter de sa propre part du travail, et sûrement ne souhaitait-elle pas d'un ménestrel dans ses pattes. Mais enfin ! ll ne serait pas facile de réussir son coup si elle essayait déjà de s'éclipser en douce pendant les festivités. C'était à ce moment-là que les gardes du palais étaient le plus suspicieux. Envers les gens qui pénétraient dans l'Aile Ouest autant que ceux qui souhaitaient en sortir. Elle devrait donc attendre de trouver une bonne occasion de partir. Tout en arrivant près d'un grand vitrail représentant un griffaran en plein vol, leurs yeux se croisèrent à nouveau. Envouté, le demi-elfe réprima tout signe pouvant le trahir.

"Ah diantre ! Il ne sera pas dit que Dinval de la Haute-Extraordinaire Compagnie aura laissé tombé une damoiselle dans le besoin !"


-Vous savez, s'il est une chose qui me navrerait, c'est que cette soirée se déroule sous les auspices de l'ennui. Et nous n'avons même pas eu l'occasion d'apprendre à mieux nous connaître. C'est de ma faute, et c'est une chose que je déplore...


Il s'interrompit dans son petit monologue, sentant soudain sur lui des regards inquisiteurs. Il leva la tête et vit que la musique s'était arrêtée, les artistes commençant déjà à ranger leurs instruments pour laisser place aux suivants. L'un d'eux le fixait avec un drôle de regard, il leva la main dans sa direction en signe de salut. Le demi-elfe garda le sourire et fit un geste lui aussi. Quand il reprit la parole, il conservait toujours son sourire.

-Puisse ce nuisible serpent s'étouffer dans sa propre vilénie pendant mille jours et mille nuits. Ce petit hypocrite que vous voyez là se nomme Luther de Cornoy. Vous vous rendez compte ? Oser me saluer comme une vieille connaissance, alors que ce maudit gredin m'a volé "Etude de l'orimancie" et "De la mélodie jusqu'à la poésie" ! Si cracher sur le pourpoint d'un artiste si médiocre soit-il n'était pas considéré comme un manque de politesse, je serais déjà allé m'occuper de son cas.(D'une main habile, il prit une olive dans une coupe en argent qu'il avala.) N'oubliez jamais, ma douce, que le manque de politesse est une affaire grave dans ce milieu. Ici plus encore. S'asseoir à une table est considéré comme un manque de politesse ; Rester seul pendant plus de cinq minutes est considéré comme un manque de politesse léger mais réel. De même, manger sans modération dans les plats sans être accompagné d'au moins une dizaines de convives est aussi considéré comme un grand manque de politesse. Sachez également que fuir une conversation est considéré comme un manquement impardonnable à l'étiquette. (Il poussa un long soupir.) Ah, il est vrai que les règles des Grands sont plus fastidieuses à suivre qu'un mulet somnolent.


De manière digne et en respectant les convenances, le ménestrel et la voleuse avancèrent le long des vitraux. Nirfäel s'obligeait à garder un rythme constant. En effet, demeurer au même endroit plus de quelques minutes était aussi un manque de politesse.

-Je crois cependant que je peux remédier à ce problème. Faisons un marché tous les deux. Disons que je parlerai à toutes ces ennuyeuses petites personnes inintéressantes au possible et, pendant ce temps, vous, vous me conterez votre histoire ! Cela nous permettra de réfléchir plus posément à la marche à suivre quant à la réussite de notre travail. Nous sommes à la réception la plus célèbre de tout le royaume d'Hypath. Vous ne vous en rendez pas compte, mais nous pourrions bien être témoin de nouvelles alliances... ou de nouvelles ruptures. Peut-être qu'en cette soirée, des barons s'autoproclameront roi, des chevaliers prêteront serment devant le héron, l'aigle ou encore leur belle dame et des comtes se déclareront une haine éternelle qui durera plusieurs centaines d'années, jusqu'à ce qu'après des siècles de glorieuses boucheries, les deux parties décident finalement que cette guerre n'avait servi à rien. Voyons, acceptez !... Rien ne presse. Et puis, j'ai grande envie de faire votre connaissance...

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Ydilianda
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MessageSujet: Re: Des petits voleurs dans la cour des Grands [PV Ydilianda]   Sam 19 Nov 2016 - 0:53

Marchant d’un pas tranquille au bras de son cavalier, la voleuse réfléchissait à la meilleure façon de commettre son larcin. Pour commencer il fallait qu’elle trouve le moyen de quitter la partie publique du palais pour ce rendre dans les salons privés sans attirer l’attention, ensuite elle devait trouver la fameuse épée avant d’entrer dans les appartements du maître des lieux, ce serait sûrement la partie la plus délicate de la soirée, avant de finalement sortir en douce de la demeure la mieux gardée d’Hypat. Elle espérait juste que la majorité des gardes soient aussi fainéants que ceux qui contrôlaient le halle.

Son cavalier la guida jusqu’à une grande fenêtre aux vitres colorées représentant un étrange animal mi-lézard mi-oiseau. Elle s’amusa à se demander qui pouvait avoir eu l’idée d’imaginer un être aussi improbable qu’un dragon-perroquet sans se douter un seul instant de la réelle existence de ces rapaces. Sentant l’elfe ralentir, elle se retourna pour l’interroger du regard.

-Vous savez, dit-il après une seconde de réflexion, s'il est une chose qui me navrerait, c'est que cette soirée se déroule sous les auspices de l'ennui. Et nous n'avons même pas eu l'occasion d'apprendre à mieux nous connaître. C'est de ma faute, et c'est une chose que je déplore...

Elle mit un moment à réagir aux paroles de Dinval, était-il en train de lui faire la cour ? Non certainement pas, sans doutes le ménestrel avait-il abusé des tournures poétiques que lui inspiraient ses textes. Malgré cela Ydil ne put se défaire une certaine gêne, ce qui lui valu de manquer une bonne partie du récit du poète sur les fourberies de son rival. Et depuis quand ce genre de chose la préoccupait d’ailleurs ? Légèrement agacée elle mit fin à ses réflexions pour prêter une oreille plus attentive aux propos de l’artiste, ce qu’elle regretta en entendant l’impressionnante liste des interdits s'allonger d’encore plusieurs chapitres. A-t-on seulement le droit d’aller aux commodités sans être accompagné par une quinzaine de personnes ? Se moqua-t-elle intérieurement.

L’elfe aux cheveux blancs la mena le long des grands vitraux dépeignants des animaux majestueux et des personnages illustres dont elle n’avait jamais entendu parler. Elle vit du coin de l’oeil certains invités se retourner sur leur passage et elle soupçonnait les oreilles pointues de son cavalier d’y être pour quelque chose mais cela ne semblait pas déranger Dinval qui continuait d’avancer d’un pas lent et régulier.

-Je crois cependant que je peux remédier à ce problème. Faisons un marché tous les deux. Disons que je parlerai à toutes ces ennuyeuses petites personnes inintéressantes au possible et, pendant ce temps, vous, vous me conterez votre histoire ! Cela nous permettra de réfléchir plus posément à la marche à suivre quant à la réussite de notre travail. Nous sommes à la réception la plus célèbre de tout le royaume d'Hypat. Vous ne vous en rendez pas compte, mais nous pourrions bien être témoin de nouvelles alliances... ou de nouvelles ruptures. Peut-être qu'en cette soirée, des barons s'autoproclameront roi, des chevaliers prêteront serment devant le héron, l'aigle ou encore leur belle dame et des comtes se déclareront une haine éternelle qui durera plusieurs centaines d'années, jusqu'à ce qu'après des siècles de glorieuses boucheries, les deux parties décident finalement que cette guerre n'avait servi à rien. Voyons, acceptez !... Rien ne presse. Et puis, j'ai grande envie de faire votre connaissance...

Décidément, la tournure que prenait cette conversation surprenait de plus en plus la portangeoise, depuis quand l’énigmatique musicien s’intéressait-il à son histoire ? Etait-ce une mauvaise chose ? Il lui vient alors à l’esprit une idée totalement folle: et si tout ceci n’était qu’un coup monté ? Et si ce soi disant contrat n’était qu’une ruse pour la coincer ? Mais qui voudrait faire ça ? Ses anciens employeurs ? Auraient-ils réellement put traverser l’Océan Intérieur juste pour se venger ? C’était idiot, elle le savait, mais cela ne l'empêcha pas de scruter la foule grossissante des invités par peur de reconnaitre une des mauvaises graines du port. Ne reconnaissant personne, si ce n’est le jeune couple qu’elle avait vu à l’entrée, elle se calma et réfléchit à la meilleure façon de répondre à son interlocuteur: devait-elle tout dire ? Certainement pas.

- Oh, vous savez il n’y a pas grand chose à dire. Commença t-elle en espérant que cela suffirait, elle était plutôt retissante à l’idée de parler de sa vie à un parfait inconnu, elle préférait connaître son interlocuteur que l’inverse, mais la pensée du tiers de personnes à saluer et le silence attentif de l’elfe l’encouragèrent à continuer. Mon vrai nom est Ydilianda, j’ai toujours pensé qu’inventer un nom proche du sien épargnait de nombreux soucis, je suis née à Portangue, j’ai commencé les petits vols vers mes 10 ans avec quelques amis, nous avons été repérés par un clan de la ville vers nos 12 ans et j’ai travaillé pour eux jusqu’à très récemment mais suite à un «petit désaccord» j’ai dû prendre le large l’histoire de me faire un peu oublier. J’ai débarqué dans cette ville il y a déjà quelques semaines et disons que ma bourse commençait à s'alléger, j’ai reçu une proposition d’emploi et la suite vous la connaissez. Vous voyer, rien de bien extravagant. Des questions ?

D’un geste distrait, elle glissa dernière son oreille une mèche de cheveux que son chignon n’avait pas pu retenir, faute d’une longueur suffisante. Elle avait volontairement réduit les faits au stricte minimum en espérant qu’on ne lui demanderait pas de détails, elle avait également choisi de passer sous silence la partie «orphelinat», la dernière chose qu’elle souhaitait était de passer pour une pauvre fillette victime de la rue.

- Et vous Dinval ? Peut-être qu’entre deux conversations vous pourrez aussi me faire part de votre histoire ? Elle sera certainement plus captivante que la mienne.
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Nirfäel
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MessageSujet: Re: Des petits voleurs dans la cour des Grands [PV Ydilianda]   Lun 26 Déc 2016 - 13:47



-Mon vrai nom est Ydilianda, j’ai toujours pensé qu’inventer un nom proche du sien épargnait de nombreux soucis, je suis née à Portangue, j’ai commencé les petits vols vers mes 10 ans avec quelques amis, nous avons été repérés par un clan de la ville vers nos 12 ans et j’ai travaillé pour eux jusqu’à très récemment mais suite à un «petit désaccord» j’ai dû prendre le large l’histoire de me faire un peu oublier. J’ai débarqué dans cette ville il y a déjà quelques semaines et disons que ma bourse commençait à s'alléger, j’ai reçu une proposition d’emploi et la suite vous la connaissez. Vous voyez, rien de bien extravagant. Des questions ?


Le barde elfe inclina la tête avec amusement. Le discours avait été rafraîchissant. Riche et pourtant simple, Humble et facile à garder en tête. Ainsi donc, Ydil... ou plutôt Ydilianda était une véritable voleuse, non pas une de ces aristocrates chevronnées aux paroles coquines et à l'attitude sournoise qui se prétendait de cette profession. Dommage en réalité, car Nirfäel adorait ce genre de personne narquoise et toujours très divertissante à suivre. Elle n'était donc clairement pas une grande connaisseuse de l'art et de la poésie hypathien, et autant dire que le magnifique Derengla, la représentation symbolique de la mort et de la vie incrustée sur le vitrail qui se trouvait juste sur leur droite, devait lui être parfaitement inconnue. Sans doute même ne le connaissait-elle pas lui-même de sa si grandiose réputation de poète, ce qui le gêna. Mais au moins était-elle honnête sur son histoire. Tout du moins dans la partie personnelle, et non pas professionnelle. Quelque chose le poussa même à penser que...

-Et vous Dinval ? Peut-être qu’entre deux conversations vous pourrez aussi me faire part de votre histoire ? Elle sera certainement plus captivante que la mienne.


-Diiiiiiiiiiiiiiinvaaaaaaaaaaaaaaal !


Le barde elfe sursauta à cette voix si profonde et pourtant teintée du léger aigue typique des voix des courtisanes. Nirfäel se retourna et tout en réprimant un masque d'horreur, reconnut immédiatement son propriétaire. Sylvie de Terensha avait une carrure difficilement oubliable. Une taille moyenne avec un corps énorme, et un ventre rebondi de telle sorte que la comtesse avait l'allure d'un cochon qui aurait enfilé des chaussures en peau de renard, et une blouse de tulle or. Celui-ci d'ailleurs passait outre sa fonction première et ne masquait rien, pas même les boutons sur sa ample poitrine.

-Tiens, tieeeeeeens ! (Elle le gratifia d'un regard langoureux)Le célèbre poète en personne ! Je t'observais depuis un moment et hélas, je me suis creusé la tête en me demandant d'où je te connaissais. Ca m'a tellement tourmenté ! Tu es venu, finalement ? Ah, c'est merveilleux ! Ca fait des siècles que nous ne nous étions pas croisés !


-Sylvie ! (Nirfäel parut tellement se réjouir de façon sincère que tous, hormis Ydil, auraient pu s'y tromper) Ma tendre ! Comme je suis heureux de te revoir !


Le poète et la comtesse s'étreignirent avec réserve. Les courtisanes et dames de la cour, au moment des salutations, s'attendaient bien souvent à ce qu'on leur baise la main, les élevant à un rang qui ne leur était pas forcément destiné : celui de princesse. Mais avec les bardes, et surtout pour d'anciennes connaissances, c'était différent. Ils se firent donc la bise, tout du moins ils effleurèrent chacun d'entre eux oreille et boucle d'oreille de l'autre, de sorte que tous dans la salle considèrent que le protocole avait été rempli à la lettre. Quand ils se séparèrent, le demi-elfe prit bien soin de nettoyer ses lèvres, d'un mouvement infiniment discret de la manche, pour retirer toute la sueur qu'il avait attrapé. Lorsque Sylvie de Terensha se tourna vers sa compagne Ydil, son nez d'apparence un peu crochue frémit imperceptiblement.

-Sylvie, permets-moi de te présenter une camarade d'école, Ydil... de Biran.

-Biiiiiiiiiiiiiiiiiiiran ? (Elle s'exprimait d'une voix criarde et désagréablement aigüe) Je n'avais encore jaaaaaaamais entendu un nom pareil ! Est-ce que cela vient du sous-royaume de Dairuss ? Mais où cela se trouve-t-il ? Est-ce qu'elle est une sauvaaaaaage ?

-A dire vrai, non, très chère. C'est une étrangère, elle vient des régions de l'Est... de très très loin.

-Ooooooooooooooooooooh ! Mais elle ne parle pas. Est-ce que c'est une débile ?

-Non. En fait, pour tout vous dire très chère, elle ne parle pas notre langue. C'est là une des caractéristique propre aux étrangers.


La comtesse porta une main à sa bouche, comme pour exprimer un "oooooh" encore bien indésirable. Le demi-elfe demeura souriant à cette remarque et engagea la conversation pendant encore cinq bonnes minutes durant lesquelles, il vérifia que son amie ne s'éclipsait pas sans prévenir. Finalement, l'appel d'un accord endiablé, signe d'une nouvelle mélodie retentissant dans la salle, stoppa net l'intérêt de leur visiteuse. Celle-ci se tourna vers la voleuse et déclara en riant.

-Etoidi ej sius, jeune fille ! Etoidi ej sius !


Puis elle s'en alla avec une démarche dévergondée. Le poète, fier de lui, se retourna vers Ydil et se sentit comme le petit garçon de ferme ayant trompé un ogre.

-Quoi ?! Je lui ai dis que cela signifiait "Que cette soirée vous soit riche" dans votre langue ! Ah ! si seulement elle savait, cette idiote ! Non mais l'avez-vous vu ? Et elle ne porte même pas de corset ! Comme si ce qu'elle avait à montrer était vraiment très attrayant ! Bah !


D'un geste gracieux de la main, mais néanmoins discret, il attrapa au vol un verre que l'une des courtisanes faisait passer entre les convives. Le verre tinta légèrement vers l'avant, risquant de glisser des mains du poète à tout instant, qui raffermit soudainement sa prise sur le verre quand il le ramena à hauteur d'épaule, un air encore plus arrogant et assuré sur le visage. Il avale deux gorgées du vénérable et faillit en boire une troisième avant de se rappeler que cette maudite Sylvie les avait interrompu dans leur conversation.

-Diantre, oui ! Il est vrai que vous ne savez probablement rien de moi, moi qui suis pourtant bien connu de toute bonne gens qui apprécie un tant soit peu ce qui se fait de plus beau dans l'art. Et l'art, comme vous devez le savoir très chère, peut se manifester sous bien des formes. Par exemple, un garne faisant ses besoins physiologiques sur une feuille d'érable peut y voir, après observation de son acte, un chef d'œuvre spirituel à toute épreuve. Et bien que je n'ai que peu de respect pour les vils malandrins, je considère toutefois la profession des vrais voleurs comme un art parfaitement estimable. Certains, dans cette pièce, en diraient autant... mais je ne pense pas qu'il serait bon de leur parler. Après tout, les affaires sont les affaires n'est-ce pas ? Quant à moi... nous nous connaissons depuis peu mais j'ai beaucoup d'admiration pour vous, ainsi, en première indice de votre enquête pour en apprendre plus sur moi, (il gloussa de sa formule délibérément pompeuse, car il n'aimait pas toujours à subir ce genre de manières) je vous donne mon vrai nom.


Il s'approcha délicatement de sa compagne et murmura à son oreille.

-Je me nomme Nirfäel.


La laissant réfléchir à tout ceci, il entreprit ensuite de la reconduire immédiatement vers le premier étage, sentant que le salut de leur tâche trouverait sa solution d'importance... chez les plus Grands.
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Ydilianda
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MessageSujet: Re: Des petits voleurs dans la cour des Grands [PV Ydilianda]   Jeu 5 Jan 2017 - 18:08

Pendant que l’elfe semblait réfléchir à l’histoire d’Ydilianda, la voleuse se permit de piocher rapidement une queue de crevette dans l’assiette qu’un serveur faisait passer parmi les convives. Elle croqua la virgule rose et blanche avec curiosité, n’ayant jamais mangé ce genre de plat, et fut un peu déçue: pour un met aussi cher elle s’attendait à mieux.

-Diiiiiiiiiiiiiiinvaaaaaaaaaaaaaaal !

Sa dégustation fut interrompue par une voix à la sonorité abominable, elle se demanda quel genre de personne pouvait bien produire un tel cri, elle eut rapidement sa réponse quand une énorme femme à l’allure porcine se planta face au ménestrel. Elle se mit alors à faire les louanges de son interlocuteur qui la salua à son tour avec un sourire légèrement crispé sans accorder le moindre regard à la femme qui l’accompagnait. La voleuse de s’en plaignit pas le moins du monde, bien au contraire, l’idée d’embrasser cette femme la dégoutait au plus haut point et, elle qui avait pourtant vécu une partie de sa vie dans les quartier les plus pauvres de Portangue, avait tout le mal du monde à supporter l’odeur acre du parfum dont la courtisane avait de toute évidence abusé.

-Sylvie, permets-moi de te présenter une camarade d'école, Ydil... de Biran.

De Sanogur ! Pesta-t-elle intérieurement, il aurait au moins put réutiliser le faux nom qu’elle lui avait donné. Et au nom du ciel POURQUOI l’invitait t-il dans la conversation ? On avait un marché !

-Biiiiiiiiiiiiiiiiiiiran ? Je n'avais encore jaaaaaaamais entendu un nom pareil ! Est-ce que cela vient du sous-royaume de Dairuss ? Mais où cela se trouve-t-il ? Est-ce qu'elle est une sauvaaaaaage ?

Le sous-royaume de Dairuss ? Elle n’avait aucune idée de l’endroit où cela se trouvait. A vrai dire elle n’avait pas vu beaucoup de carte durant sa vie et les terres à l’Est de l’Océan Intérieur lui étaient totalement étrangères. En entendant la dénommée Sylvie la traiter de sauvage elle fut tenter de demander bien innocemment à l’elfe si il était courant de voir dans la région des truies ainsi déguisées en personne humaine. Heureusement Dinval reprit rapidement la parole, la coupant dans son élan.

-A dire vrai, non, très chère. C'est une étrangère, elle vient des régions de l'Est... de très très loin

-Ooooooooooooooooooooh ! Mais elle ne parle pas. Est-ce que c'est une débile ?

La plus idiote de nous deux a reçu une invitation officielle pour venir à cette soirée. Je me demande qui s’est...

-Non. En fait, pour tout vous dire très chère, elle ne parle pas notre langue. C'est là une des caractéristique propre aux étrangers.

Bien rattrapé. Pensa-t-elle en se souvenant de leur accord. Donc si je l’insulte pourrais-je dire que je me suis trompée de mot ? Elle se retînt avec peine de tenter l’expérience et se contenta d’attendre tranquillement la fin de la discussion. Elle aurait volontiers essayé de la détrousser de quelques babioles mais elle semblait si gonflée de toute part que les innombrables chaînes qui ornaient son cou et ses poignets rentraient dans sa chair, la faisant ressembler à un grand gigot. Pour empirer les choses son cavalier ne cessait de la surveiller, l’empêchant de profiter de la distraction pour s’éclipser dans la partie interdite du palais où elle devait se rendre pour faire son travail. Quand enfin la conversation prit fin la courtisane se tourna une dernière fois vers la portangeoise avant de lancer une phrase sans queue ni tête et de tourner les talons, soulageant en grande partie les narines d’Ydilianda. A peine Sylvie eut-elle disparue dans la foule que la jeune femme leva un sourcil à l’intention de Dinval, se doutant à son air enjoué qu’il n’était pas étranger à la soudaine inspiration linguistique de son interlocutrice.  

-Quoi ?! Je lui ai dis que cela signifiait "Que cette soirée vous soit riche" dans votre langue ! Ah ! si seulement elle savait, cette idiote ! Non mais l'avez-vous vu ? Et elle ne porte même pas de corset ! Comme si ce qu'elle avait à montrer était vraiment très attrayant ! Bah !

-Si il n’y avait que le corset. Dans son cas un tonneau serait plus utile.

Il sembla amusé par sa remarque et se saisit avec un geste théâtrale d’une coupe qui passait à sa porté. Il avala deux gorgés avant de reprendre le fil de leur conversation interrompue.

-Diantre, oui ! Il est vrai que vous ne savez probablement rien de moi, moi qui suis pourtant bien connu de toute bonne gens qui apprécie un tant soit peu ce qui se fait de plus beau dans l'art. Et l'art, comme vous devez le savoir très chère, peut se manifester sous bien des formes. Par exemple, un garne faisant ses besoins physiologiques sur une feuille d'érable peut y voir, après observation de son acte, un chef d'œuvre spirituel à toute épreuve. Et bien que je n'ai que peu de respect pour les vils malandrins, je considère toutefois la profession des vrais voleurs comme un art parfaitement estimable. Certains, dans cette pièce, en diraient autant... mais je ne pense pas qu'il serait bon de leur parler. Après tout, les affaires sont les affaires n'est-ce pas ? Quant à moi... nous nous connaissons depuis peu mais j'ai beaucoup d'admiration pour vous, ainsi, en première indice de votre enquête pour en apprendre plus sur moi, je vous donne mon vrai nom.

Il s’approcha tout près d’elle, si près qu’elle l’aurait bien repoussé si cela n’avait pas risqué d’attirer l’attention, et murmura à son oreille.

-Je me nomme Nirfäel.

Profitant de la proximité et de l’inattention de l’elfe, Ydilianda glissa prestement sa main sous le manteau du ménestrel et saisit entre ses doigts la lettre qu’elle lui avait donné plus tôt. Prenant bien garde à ne pas se faire sentir, elle déroba le morceau de papier et le rangea dans sa sacoche avec un mouvement discret et rapide alors que Nirfäel reprenait ses distances et la mena vers les escaliers. Ravie d’avoir récupérée son assurance, elle se laissa conduire jusqu’à l’étage supérieur.

- L’ennuie voyez vous c’est que j’ai maintenant deux identités dans cette soirée: de Sanogur et de Biran. Alors serte les chances pour que les trois personnes pour qui j’ai un nom se parlent et parlent le moi sont infimes mais c’est tout de même une chose qui va devoir nous pousser à accélérer les choses.

Ils s’arrêtèrent près d'une rambarde d’où ils pouvaient voir toute la réception.

-Alors ? Est-ce que «Le célèbre poète en personne» va se décider à donner son spectacle ? Demanda t-elle avec une bonne imitation de Mme de Terensha. Si vous avez une aussi bonne réputation ils doivent tous vous attendre avec impatience. Elle prit quelques secondes pour écouter plus attentivement la fin de la mélodie que jouait l’orchestre. J’ai vraiment l’impression que tous les groupes de musiciens ici jouent exactement le même air.
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MessageSujet: Re: Des petits voleurs dans la cour des Grands [PV Ydilianda]   Mer 15 Fév 2017 - 20:35



- L’ennui voyez vous c’est que j’ai maintenant deux identités dans cette soirée: de Sanogur et de Biran. Alors certes les chances pour que les trois personnes pour qui j’ai un nom se parlent et parlent le moi sont infimes mais c’est tout de même une chose qui va devoir nous pousser à accélérer les choses.


Le demi-elfe renifla légèrement et attrapa une langouste qui traînait sur un plateau voisin. Quand il était en pleine réflexion, il avait tendance à avoir un creux à l'estomac. Tout simplement. Mais à dire vrai, ce qu'Ydil lui disait ne l'inquiétait pas réellement. Si elle craignait que Sylvie de Terensha ne reparle de leur conversation en mentionnant son nom, autant se faire du soucis pour la trépidante existence de la langouste qu'il avalait en ce moment même ! Son "amie" n'était pas vraiment du genre à se souvenir de chaque parole qu'elle entendait. En fait, c'était même plutôt l'inverse. Elle ne se souvenait de diablement rien, ce qui ne faisait qu'alimenter la certitude de Nirfäel qu'une tare génétique autour de la mémoire couvait parmi tous les comtes et comtesses de la région Nord d'Hypath. C'en était à ce point incommodant pour les gens hors du commun tel que lui qu'il se devait de forcer le respect auprès de ses pairs, quitte à ravaler les glaviots qu'ils souhaitaient parfois ardemment cracher à la figure des nobles qui en oubliaient jusqu'à sa profession. En des termes plus usuels, il se devait d'ensevelir sous une couche de courtoisie toute la puanteur de son dégoût pour la race des nobliaux inattentifs.

-Alors ? Est-ce que «Le célèbre poète en personne» va se décider à donner son spectacle ?
Si vous avez une aussi bonne réputation ils doivent tous vous attendre avec impatience. J’ai vraiment l’impression que tous les groupes de musiciens ici jouent exactement le même air.


Le jeune barde éclata d'un rire franc en reconnaissant le ton de cette voix nasillarde et sans saveur. Décidément, la voleuse avait du talent pour imiter Sylvie. Elle avait pris l'air, la pose, l'attitude, et même son regard teinté d'enthousiasme quoique saupoudré de sarcasme et d'ironie. Elle aurait pu faire une excellente actrice ! Nirfäel garda cette pensée pour l'occasion. Après tout, peut-être après avoir commis leur larcin pourrait-il la présenter à quelque grand pilier de la culture hypathienne ?

-Oh voyons voyons... n'accélérons pas les choses. Et ce dans les deux sens du termes !


Le jeune barde eut soudain une idée saugrenue et emmena la voleuse loin de l'agglomérat qui caractérisait jusque-là le trop plein d'activité de l'assemblée. Ils quittèrent alors les tables remplies de victuailles et parvinrent tout deux dans un coin du premier étage où ne demeurait que quelques vétillards de la bonne tenue et du sens aguerri de la méfiance. Le demi-elfe prit la main de la voleuse et ils arrivèrent près d'une table qui n'avait qu'à peine été assailli par les bonnes gens.

-Par tous les coqueberts et truandailles ! Du caviar en grande quantité et en ta compagnie ? J'en rêvais ! (Il attrapa du pain cuit du jour et le trempa allègrement dans la coupe pleine. On le sentait dans son élément.) Allons allons, ne t'en fais pas. Nous ne sommes pas là pour ça. Nous sommes là pour nous éloigner de toutes les oreilles indiscrètes. Tiens ! Profitons-en pour observer un peu plus ces étranges personnages.


Il montra d'un signe vif de la tête un homme de maigre stature qui vaquait au beau milieu des convives, montrant néanmoins des signes de grande richesse par le magnifique manteau en poil de loup que soutenait ses épaules. Nirfäel murmura.

-Tu apprendras très vite que ton identité, qu'importe que tu sois noble ou courtisane de basse extraction, importe peu ici. "Vraiment ?!" Me diras-tu. Eh bien, ne jouons pas avec les mots ! Le banquet n'en est qu'à sa petite période agréable d'échanges hypocrites et sans saveurs ; Quelques personnes s'attrapent pour se serrer dans leurs bras avec un enthousiasme forcé, et demeurent modeste sans faire étalage de leur statut. Mais tu apprendras vite que tout le monde a ses propres soucis et intérêts en ce grand palais. Regarde autour de toi. Oh ne te gêne pas pour une fois, vas-y allègrement ! Dévore-les du regard, ma chère. Ils adorent ça... qu'on leur prête attention. (il tapota l'épaule d'Ydil et attira son attention sur un bonhomme d'apparence maigre qui portait une robe verte en velours avec d'amples manchettes) Regarde ! Voici Geren. Nommé par deux fois baron de sa terre, et autrefois grand importateur d'écailles de dragon. Lorsque ces derniers n'étaient encore considérés que comme de vulgaires bestioles sans cervelle ni intelligence, ce bougre paradait dans les salles de son château avec des blouses faites d'écailles solides comme le fer, et des bijoux si gros et si brillants qu'on eut dit qu'un soleil pénétrait la basse-cour quand il approchait des environs. La rumeur prétend même que c'est grâce à lui que l'on doit les célèbres armures des non moins célèbres dragonneurs, tueurs de dragons qui faisaient pâlir jusqu'au dernier de ces sauriens. Eh bien... aujourd'hui il fait bien pâle figure. Les dragonneurs ont tous disparu, les dragons sont devenus des alliés de l'alliance et le commerce des écailles... disons qu'il n'appartient désormais qu'aux humains qui aiment le risque de se voir un jour confronter au feu de l'un d'entre eux. Pour la postérité ! Pour Geren, ce ne fut pas le cas. Le pauvre essaie encore de faire signer des traités auprès du conseil d'Hypath pour pouvoir importer des écailles d'iguanes noirs. Moins impressionnantes, certes, mais très pratiques pour se faire de petits souliers, voire des pantalons.


Le barde soupira et se détourna du baron pour reposer ses yeux sur la voleuse. Il constata avec plaisir que les musiciens, en le voyant disparaître dans l'assemblée, en avaient oublié jusqu'à sa présence. C'était bien ! Très bien même ! Après tout, il était engagé dans une mission de la plus haute importance.

-La mode a bien changé aujourd'hui. Alors dis-moi, très chère, crois-tu que le genre d'individu que nous côtoyons ce soir, déjà afférés à toutes leurs affaires bien ennuyeuses, se soucieraient qu'une inconnue de tous qui s'appelle Ydil de Sanogur prendrait soudain le nom d'Ydil de Biran. Mmh... très peu pour moi !


Le demi-elfe inspecta les plateaux environnants. Il jaugea une pince de crabe plutôt alléchante, mais décida qu'il ne mangerait plus rien pour le moment. Ah... ce bon vieux protocole. Si ordonné et si cruel à la fois.

-Enfin bon, cessons de parler de mode. N'y a-t-il pas de sujet plus grossier et ragoûtant que la cordonnerie en cette soirée ? Au fait, c'était bien tenté toute à l'heure. (Le demi-elfe gloussa.) Essayer de m'éloigner de tes affaires en me proposant de montrer mon art si merveilleux à cette cour d'amateurisme. Je ne suis pas aussi stupide que tu ne pourrais le penser ! Ah,... mais il est vrai que cela aurait fait sensation ! Le brave demi-elfe Dinval de la Haute-Extraordinaire Compagnie, armé de son luth et de sa flûte longue comme l'épée d'Eincher, transformant ces banales petites chansonnettes que l'on appelle "musique" par ici, en un incroyable entrelacement de notes au son plus doux et à la mélodie plus subtile que l'eau d'une rivière s'écoulant au travers des vastes steppes. Car voilà ce qu'est la vraie musique ! Une poésie et un rythme qui dégage une vraie saveur. Dommage... il faut malheureusement être dans les bonnes grâces pour chanter en ces lieux... ah et être humain aussi. Mais ça, c'est bien évidemment rédigé en tout petit caractère sur la charte. (Nirfäel affina sa barbe blanc taillée au couteau.) Enfin... de toute façon, je ne veux pas chanter pour ces vilains ce soir. Je veux vous aider. Ah, je sais ! Pour vous, je ne suis pas un professionnel et je serais sûrement un fardeau. Mais écoutez ! J'ai du talent pour parler et convaincre les gens de ce monde... à dire vrai (le demi-elfe eut un sourire en coin que seul lui-même pouvait remarquer) j'ai énormément de talent pour ça. Je sais aussi me faire très discret quand il le faut. (Il vérifiait par intermittence que personne ne les écoutait) En plus, vous avez de la chance, je suis à moitié elfe et j'ai donc le regard très perçant ! Et je suis sûr d'être très utile dans d'autres choses encore ! Et puis, ça ne doit pas être si compliqué de trouver une épée... non ? Allons... réfléchissez !


Le regard implorant, il fixait Ydil dans les yeux, l'air insistant.
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MessageSujet: Re: Des petits voleurs dans la cour des Grands [PV Ydilianda]   Dim 9 Avr 2017 - 8:55




Le ménestrel passa presque une bonne dizaine de minutes à se moquer de ses craintes d’être découverte et des idioties de la cour. N’était-ce pas lui qui, il y a moins d’une heure, pâlissait à vue d’oeil à l’idée même d’entrer dans le palais avec elle ? Depuis quand était-il si sûr de lui ? Le peu d’attention dont il bénéficiait encore de sa part s’évapora lorsqu’il lui parla de l’exportateur d’écaille de dragon. Peut être avait-il sur lui quelques échantillons pour venter ses affaires ? Même si, d’après les dires de Nirfaël, il avait été contraint de changer de marcher. Elle même n’avait jamais possédé qu’une seule de ces précieuses denrée et encore elle n’avait pas été longtemps en sa possession puisqu’elle l’avait offerte à son meilleur ami. Un choix qu’elle n’avait jamais regretté puisque, de toute façon, les revendeurs avec qui elle échangeait le fruit de ses larcins à cette époque n’auraient jamais pu lui proposer un prix correct.

«- Je veux vous aider.»

Ces paroles la ramenèrent soudain à la réalité, heureusement l’elfe ne semblait pas s’être rendu compte de son absence puisqu’il enchaîna directement.

«- Ah, je sais ! Pour vous, je ne suis pas un professionnel et je serais sûrement un fardeau. Mais écoutez ! J'ai du talent pour parler et convaincre les gens de ce monde... à dire vrai j'ai énormément de talent pour ça. Je sais aussi me faire très discret quand il le faut. En plus, vous avez de la chance, je suis à moitié elfe et j'ai donc le regard très perçant ! Et je suis sûr d'être très utile dans d'autres choses encore ! Et puis, ça ne doit pas être si compliqué de trouver une épée... non ? Allons... réfléchissez !»

Aussi étrange que cela puisse paraître, la première chose qu’Ydilianda avait enregistré dans ce monologue n’était autre que...

«- Vous n’êtes qu’à moitié elfe ?»

Oui, ça pouvait paraître idiot. Mais à sa décharge elle ne savait même pas que de tels croisements étaient possibles. Intérieurement elle en fut presque déçue: le premier elfe à qui elle parlait n’en était même pas un. Mais elle n’en laissa rien paraître et se mit à réfléchir comme le lui avait si gentiment conseillé le barde. Elle voulait sortir le plus vite possible de cet enfer d’or et de cristal et accomplir rapidement son travail. Donc, pour commencer, il fallait qu’ils s’introduisent dans la partie interdite d’accès du palais, l’épée était sûrement gardée dans un salon d’exposition ou une sorte de cabinet, étant de ces objets qu’il est plus intéressant d'exhiber aux yeux des courtisans que de cacher au fond d’un coffre.

«- Avez vous une idée de la salle où se trouve l’objet que nous cherchons ? Si ce n’est pas le cas peut être pourriez vous vous renseigner si vous être réellement un si beau parleur. Pour ma part je pense que nous avons suffisamment profité du buffet.»

Si elle n’avait pas réussi à se soustraire à la présence de son associer, il lui faudrait dans ce cas travailler réellement avec lui. Elle était curieuse de voir les fameux dons de parole du musicien entrer en action dans un but précis, pas seulement pour amuser la galerie.

«- Sauf si vous tenez à visiter l’intégralité du bâtiment, mais j’ai bien peur que nous risquions bien plus en fonçant ainsi à l’aveuglette.»

Allait-il de nouveau paniquer alors que l’heure des risques avait de nouveau sonnée ?

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MessageSujet: Re: Des petits voleurs dans la cour des Grands [PV Ydilianda]   Mer 17 Mai 2017 - 12:13




«- Avez vous une idée de la salle où se trouve l’objet que nous cherchons ? Si ce n’est pas le cas peut être pourriez vous vous renseigner si vous être réellement un si beau parleur. Pour ma part je pense que nous avons suffisamment profité du buffet.»

Ces paroles eurent sur le demi-elfe l'effet d'une cascade d'eau pure et fraîche qui s'écoulerait sur son visage, suivie de la douceur d'une pluie de feuilles d'érables par une délicate journée de printemps. Il avait réussi à la convaincre, enfin ! Curieusement, il ne s'en étonna pas. Il était évident qu'il était plein de moyens et parfaitement à même d'être utile à la voleuse. S'il n'avait pas l'agilité et l'élégance, il avait le charme et l'audace, et c'était à n'en point douter deux qualités qui l'avaient tiré de nombreux faux bonds par le passé. De même, sa réaction quant à sa double origine lui avait tiré un sourire des plus enjoués. Il avait encore du mal à se rendre compte que beaucoup de ses chers semblables s'arrêtaient à ses oreilles pour l'identifier et le catégoriser dans une sorte de parodie de genre. D'autres ne se raccrochaient pas à tant d'ambigües détails. Mais le jeune demi-elfe commençait à avoir l'habitude de ces capricieux caractères. Il avait déjà vu de grands hommes être réduit en poussière et traîner dans la boue pour une simple faute, alors que de belliqueux personnages pouvaient se faire adorer de ses compatriotes en distribuant une maigre partie de leurs biens. Tant d'extrêmes. Tant de mépris...

«- Sauf si vous tenez à visiter l’intégralité du bâtiment, mais j’ai bien peur que nous risquions bien plus en fonçant ainsi à l’aveuglette.»

C'était bien évident ! Ils n'allaient pas continuer à vagabonder dans les recoins sombres de cette assemblée, d'autant plus si elle l'avait maintenant affiliée à la dure tâche de trouver une épée appartenant à la royauté. Ca c'était quelque chose. Etait-il excité ? Probablement. Etait-il apeuré ? Sans l'ombre d'un doute, à la seule différence que cette fois, le simple enthousiasme de l'aventure et du danger contrebalançait ce poids d'infortune qui tentait d'enserrer sa détermination... et sa gorge.
Bien ! Il était de bon ton de commencer par le commencement. Tout comme une musique se doit d'avoir une mélodie, un vol se doit d'être réfléchi et préparé. Ce n'était visiblement pas si compliqué. Tout d'abord, l'épée n'était certainement pas cachée. Si le demi-elfe avait maintes fois visité le palais sans l'avoir vu, c'était probablement parce qu'il n'y avait pas fait attention, mais cette arme, si elle était d'une telle importance, était probablement exposée à la vue de tous. Un trésor comme un autre en somme, les membres du conseil d'Hypath se plaisait effectivement à de telles extrêmes, à la hauteur de leur démesure. En ce cas, le barde savait à peu près où chercher l'épée. Le problème était maintenant de savoir comment accédait rapidement, et surtout discrètement à la fameuse pièce.

-Patience, chère amie. Il faut d'abord peler un fruit avant d'en manger la chair. Ce que j'essaie de te dire, c'est que si trouver l'épée passe d'abord par des renseignements, il nous faut également acquérir la confiance de nos interlocuteurs, lesquels sont rares à connaître l'emplacement exact d'un tel artefact. Si ma mémoire était de même efficacité que ce qu'elle fut jadis, je dirais néanmoins que l'épée se trouve au deuxième étage, côté jardin ! Comme le disent les bons artistes de notre temps. Et... je pense avoir les talents pour nous indiquer la route précise.

Ils arrivèrent près d'une sortie de l'assemblée. Là, deux gardes faisaient face, leur armure étincelant de part la lueur des flambeaux. Le demi-elfe sourit à l'un d'entre eux et lui fit signe de la main sous le regard de la voleuse. D'aucun aurait pu paniquer en voyant le garde s'avancer de façon méfiante, mais Nirfäel demeura impassible malgré la tournure des évènements, ce qui n'allait décidément pas avec le personnage. A moins que... Il y eut soudain un évènement étrange. Le garde se tint droit face au barde, et celui-ci posa une main délicate sur son épaule, tout en lui parlant.

-J'ai besoin que tu gardes l'esprit ouvert, mon ami, et que tu écoutes ce que j'ai à dire sans m'interrompre.

Puis il se rapprocha vivement jusqu'à son oreille et chuchota quelque chose. Personne ne vit rien, pas même les convives près d'eux. Mais à travers ses yeux d'elfe, Nirfäel observa la puissance des Mots faire effet. C'était comme si des filaments fins et étincelants apparaissaient autour du visage du garde, s'infiltraient au sein de ses pensées comme une toile se tissant délicatement dans un réseau de lumière. Peu à peu, l'homme s'agita nerveusement comme s'il avait trop bu, son esprit s'embruma et ses réflexes ralentirent. Satisfait, le demi-elfe s'écarta à nouveau et murmura doucement tout en le regardant droit dans les yeux.

-Il y a un objet que je recherche et qui m'est très précieux. Il est dans ce palais, mais je ne sais pas à quel endroit précisément. Et toi, tu vas m'aider à le trouver.

Les dernières paroles avaient été prononcées non pas comme une question mais comme une affirmation. Un frémissement parcourut le garde, comme s'il venait d'attraper froid. Le demi-elfe faisait en sorte qu'il pense soudainement à une épée aux allures seigneuriales. Lui-même n'avait pas une idée très précise de l'objet en question, mais les pensées avaient une caractéristique qui facilitait la tâche : Elles pouvaient être vagues et transmettre malgré tout une idée. L'homme se passa une main moite sur le visage et toucha son front fiévreux. Deux mots sortirent de sa bouche, et l'on pouvait deviner avec son ton qu'il avait eu tout le mal du monde à les dire :

-L'aile... Est.

Nirfäel se recula. Aussitôt, l'enchantement perdit de son aura, et le garde reprit des couleurs, bien qu'il avait toujours mauvaise mine. Le demi-elfe le jaugea alors avec un air contrit.

-Eh bien ! A vu de votre air, je dirais que vous vous surmenez, mon garçon ! Vous devriez aller prendre votre pause, je suis sûr que vous irez mieux après.

Le garde était abasourdi, et ne répondit rien. A la place, il quitta son poste sans faire attention aux invités qu'il bouscula mollement. Nirfäel espéra qu'il dormirait longtemps quand il irait à la caserne, car quand il se réveillerait, il y avait des chances qu'il commence à se poser des questions. Et il ne lui serait pas difficile de remarquer que quelque chose clochait. Il se tourna vers la voleuse et lui fit un clin d'œil. Il ouvrit la porte en mimant une révérence, et son regard était des plus enjoués lorsqu'il déclara mielleusement.

-Après vous, très chère.
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