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 Des petits voleurs dans la cour des Grands [PV Ydilianda]

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MessageSujet: Des petits voleurs dans la cour des Grands [PV Ydilianda]   Mar 19 Juil 2016 - 11:42



Nirfäel avait toujours considéré que les banquets et les festins des thanes ne se mesuraient pas à la richesse des plats, ni à la réputation de l'hôte, mais bien au soin que l'on portait au caractère ambiant dudit festin, tout autant qu'au lieu qui l'accueillait. Ce soir-là, le ménestrel put constater l'incroyable efficacité de son raisonnement.
Il n'était pas souvent invité aux banquets d'Hypath. La plupart du temps, seuls des nobles très influents en avaient le pouvoir, des personnes qui ne daignaient vraisemblablement pas offrir cette chance à un barde vagabond, qui plus est à un demi-elfe. Eh oui, bien que les elfes et les humains se côtoyaient depuis maintenant plusieurs siècles, il était toujours aussi compliqué pour les uns de se faire accepter des autres, et ce n'était pas le sang mêlé de Nirfäel qui allait lui donner un avantage. Au contraire, il avait remarqué que ses oreilles pointues lui apportaient le discrédit des humains et lui attiraient de nombreux tracas, tandis que certains de ses caractères physiques qui avaient attrait à la race des hommes le faisaient tomber en disgrâce chez les elfes qui lui refusaient également le gîte et le couvert.
Ah... que les disputes entre races étaient compliquées. De ce fait, qu'un éminent duc d'Ortwail ait déclaré voir en lui "l'avenir de la poésie" et l'ait invité au banquet du Grand Conseil d'Hypath l'avait plongé dans la plus profonde stupéfaction. Ce n'était bien entendu pas le premier banquet auquel on l'invitait. En effet il se savait être un excellent ménestrel fort bien connu, et les thanes qui appréciaient écouter les chansons de Dinval de la Haute-Extraordinaire Compagnie étaient, et il était fier de le dire, particulièrement nombreux ! Toutefois, jamais on ne lui avait permis de s'incruster dans ce que le jargon des poètes nommait "la Cour des Grands". Tout en pénétrant dans le domaine du palais où commençait la réception, Nirfäel ne put s'empêcher de se dire que cela aurait pu être là sa chance de devenir l'un des plus illustres artistes de son temps... Quel dommage...

Le demi-elfe traversa les jardins du palais en suivant la foule des nobliaux, des thanes et des ducs qui s'y rendaient. Autour de ces membres de la haute-société, il ne faisait point pâle figure ! Son accoutrement, sa longue veste caractéristique d'un terne mais ravissant violet et ses bottes en cuir trempé noir, le faisaient ressembler à une sorte de mécène distingué venant du Nord, qui cependant ne souhaitait pas trop attirer l'attention sur lui durant les festivités. Seul son collier de perles trahissait peut-être son appartenance à une classe sociale moins élevée. Quant à ses boucles d'oreilles, tout juste pouvaient-elles attirer le regard, voire serait une petite curiosité. Nirfäel n'en demandait pas tant ! Ils arrivèrent enfin tous devant les escaliers en marbre blanc du palais, lesquels partaient de deux côtés différents en arc-de-cercle symétrique, pour rejoindre le hall du palais. Tandis que les nobles, visiblement tous plongés dans de longues et ennuyeuses conversations, pénétraient dans la salle principale, le demi-elfe demeura dans les jardins du palais, et fit mine de s'attarder sur une grande statue, elle aussi en marbre, qui représentaient deux amants en plein ébat. Il vit du coin de l'œil deux gardes armés de hallebardes qui effectuaient leur ronde, imperturbable. Lorsqu'ils disparurent dans le mur d'enceinte, Nirfäel s'autorisa à se retourner et s'adossa tranquillement sur ce qui se trouvait être le sein gauche de l'amante. Il caressa délicatement sa fine barbe taillée, et prit par la suite la flûte qui était attachée à sa ceinture. Celle-ci avait été conçu avec du bois d'orne de grande qualité et de petits motifs avaient été taillés dans le bois. Il vérifia une nouvelle fois que les gardes ne se trouvaient plus dans les parages, et se mit à jouer "la Complainte des Blanches Rives".

Oui, quel dommage. Parce que le duc d'Ortwail ne l'avait pas invité par simple goût pour la musique. Il n'était en réalité que l'un des rouages d'un plan hélas bien plus vile et mesquin. Du moins, c'était là ce qu'il était en droit de penser. Quand il avait rencontré le duc pour le remercier du privilège qui lui était accordé, on lui avait déclaré qu'il aurait une tâche à accomplir quand il arriverait au palais. Tout ce qu'il y avait de plus banale évidemment, il devait accompagner un autre invité qui arriverait un peu après lui, et l'aider à lui faire passer les portes de la forteresse, ainsi que "l'assister" durant la réception. Mais le demi-elfe n'était pas dupe. Si accompagner cet invité était si banale, alors pourquoi le duc ne s'en occupait pas lui-même, et avait besoin de faire rentrer quelqu'un comme lui dans le palais de la haute-cour ? La réponse se fit évidente aux yeux du ménestrel. Le duc ne voudrait certainement pas s'occuper lui-même de cette tâche si cela pouvait l'associer à une quelconque affaire louche ! Il s'était alors violemment exclamé :

"Bigre, bougre ! Je suis Dinval de la Haute-Extraordinaire Compagnie, Ménestrel de Quatorzième rang ! Je ne suis pas un brigand, un freluquet, que dis-je ! Un voleur de bas-étage venu dans la seule et abjecte intention de jeter l'opprobre sur l'honneur qui est le mien !..."


Il était toujours productif d'étayer ses opinions sur d'aussi bas agissements en déclamant fièrement un long monologue. Pour Nirfäel, c'était l'occasion de se remonter le moral, et cela lui donnait même parfois l'impression qu'il était quelqu'un de profondément juste et droit. Du reste, il était opiniâtre et disait toujours ce qu'il pensait au fond de lui. Néanmoins, cela n'eut pas l'effet escompté sur son employeur. A dire vrai, cela lui valut simplement d'être confronté à l'ultimatum si prisé des Grands de ce monde que voici : L'échafaud ou la vie.

Adorant la vie avec ferveur, Nirfäel se trouvait donc là, en cette nuit sans nuage et étoilée, devant un somptueux palais, et jouant une complainte pour calmer l'angoisse grandissante qu'il finirait peut-être dans les prochains jours au bout d'une corde. Cela faisait maintenant une demi-heure et toujours pas un signe de cet invité-surprise. De petits merles aux couleurs vives, allant du bleu azurin au jaune canari, s'étaient posés sur les pieds et la tête des deux amants de marbre et piaillaient à son encontre. Sur les lèvres de Nirfäel, naquit alors un léger sourire. Diable ! Il n'y avait donc que les oiseaux pour apprécier les si jolis phrasés d'une telle musique. Mais il ne se plaignait pas, car ces derniers s'étaient toujours trouvés être des admirateurs passionnés ! Pour faire plaisir aux oiseaux, ainsi qu'à lui-même, il changea lentement le rythme de sa mélodie. Les notes s'adoucirent, comme les eaux d'une mer déchaînée qui retrouveraient la sérénité. Soudain, autour de lui, une agréable odeur de lavande et de sucre se fit sentir. Les campanules et les pensées fléchirent dans sa direction, tel un vent surnaturel qui les pousserait vers le ménestrel. L'atmosphère du jardin, qui jusqu'ici était imprégné du froid mordant de la lassitude, ne fut plus que chaleur et vie comme les rayons du soleil. Enthousiaste, le demi-elfe poursuivait la complainte des Blanches-Rives, et l'un des merles, le plus jeune et le plus rêveur, se posa sur son épaule pour le suivre de son propre chant.
Mais il savait que sa magie attirerait trop l'attention s'il continuait à jouer lorsque les regards indiscrets des gardes se tourneraient vers lui, aussi dut-il cesser très vite sa musique. L'odeur de lavande disparut aussitôt, et les fleurs reprirent leur immobilité de naguère. Quant aux oiseaux, ceux-ci s'envolèrent sans piper mot. Seul le jeune merle sur son épaule ne s'envola pas et l'observa silencieusement. Nirfäel soupira et pensa à voix haute.

-Quelle ennuyeuse soirée cela risque d'être. J'espère que cet autre invité aura au moins quelques références musicales... Ah et espérons aussi qu'ils aient du vin à l'intérieur.

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MessageSujet: Re: Des petits voleurs dans la cour des Grands [PV Ydilianda]   Mer 20 Juil 2016 - 9:28

De l’or, de l’argent, du marbre, des bijoux, des pierres précieuses, toutes ces richesses étalées ainsi aux yeux de tous, s’en était presque indécent. Mais, bien loin de s’offusquer, la voleuse fut parcourue d’un frisson d’excitation et ses mains, cachées sous une paire de gant en satin blanc, se tortillaient pour tenter d’apaiser les picotements de plus en plus insistants.

Sans aucun doute, cette soirée marquerait le plus gros coût qu’elle ait jamais fait jusqu’à présent. Serte, elle s’était déjà invitée dans ce genre de fête à Portangue pour le compte de ses anciens employeurs, mais ces réceptions faisaient pâle figure en comparaison de celle-ci. Tout était plus grand, tout était plus cher et bien sûr, il y avait beaucoup plus de monde. Elle ne put s’empêcher de sourire en pensant à la somme astronomique qu’elle pourrait se faire en une seule soirée. Bien entendu elle s’était préparée, on ne pouvait entrer et sortir de ce palais avec une simple improvisation, il avait tout d’abord fallu trouver une tenue suffisamment coûteuse pour ne pas éveiller les soupçons mais tout de même suffisamment quelconque pour ne pas trop attirer l’attention. Ainsi, s’était-elle discrètement glissée chez une de ces riches personnes pour aller trouver la tenue adéquate, là encore il avait fallu chercher une tenue don la disparition ne serait pas immédiatement remarquée. Elle avait fini par jeter son dévolu sur une robe bleu sombre avant de filer comme un courant d’air par la fenêtre ouverte.

Au moins je passe inaperçue. Pensa-t-elle en roulant légèrement des épaules pour être plus alaise dans sa robe, elle préférait largement les tenues masculines, bien plus pratiques pour se déplacer, mais du point de vue de ces nobles, ce n’était même pas envisageable. Vêtue d’une robe élégante, ses mains glissées dans de longs gants soyeux, ses cheveux bonds attachés en un chignon serré, un collier noué autour du cou: voilà comment elle devait se déguiser ce soir.

La jeune femme s'apprêtait à monter un des grands escaliers de marbre quand elle fut saluée par un jeune couple. Elle leur servit son plus beau sourire d’arnaqueuse avant de les saluer à son tour, comme elle s’était entraînée à le faire.

«- Monsieur, Madame. Belle soirée n’est-ce pas ?»

Il était temps de mettre son personnage à l’épreuve. Son regard de pie fut attirer par une belle bague ornée d’un diamant que son interlocutrice portait à son doigt, elle releva rapidement les yeux vers le visage de la femme avant d’échanger avec eux quelques formules et mondanités.

Je me nomme Ydil de Sanogur.» Affirma-t-elle, empruntant ainsi le nom d’une famille noble de Portangue peu connue de l’extérieur, s’assurant ainsi une porte de sortit au cas où on lui poserait des questions un peu trop précise sur ce pays qu’elle connaissait encore mal. Après tout elle n'avait débarquée que depuis deux semaines. «Mon mari est à Hypat pour affaire et je n’ai pas put m’empêcher de venir visiter le palais.» Quitte à passer pour un de ces idiots autant aller jusqu’au bout ce dit-elle en pensant à quel point il était facile de tromper un noble.
Après plusieurs minutes d’ennuie profond à parler de sujets sans intérêt, le couple se décida à la quitter, prétextant une urgence. Par politesse, Ydilianda prit alors délicatement la main de la femme dans les siennes pour lui souhaiter une bonne soirée avant de se retirer.
De nouveau seule, l’intruse se mit enfin à monter les marches blanches qui menaient au coeur de la fête. S’assurant que personne de la regardait, elle ouvrir sa main gantée pour contempler la belle bague logée au creux de sa paume. La soirée commence bien. Constata-t-elle en glissant son butin dans une petite sacoche, un sourire malicieux aux lèvres.
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MessageSujet: Re: Des petits voleurs dans la cour des Grands [PV Ydilianda]   Jeu 21 Juil 2016 - 12:18



Le demi-elfe tapait maintenant du pied frénétiquement. Les festivités avaient très certainement commencé depuis un moment, et il était là à se pavaner dans les jardins en attendant son "invité". Diantre ! Il avait de la patience, mais il était des limites qu'il ne fallait pas dépasser ! De plus, quelque chose ne tournait clairement pas rond. La lune était haute dans le ciel et l'autre aurait dû arriver depuis longtemps. Avait-il eu des problèmes en route ? Les gardes l'avaient-ils attrapé avant qu'il n'entre dans les jardins ? Si c'était le cas, alors il était sans nul doute en train de le soumettre à la question.

Nirfäel déglutit bruyamment. Il n'avait jamais été dans les geôles du palais, mais la rumeur à Hypath disait que les bourreaux qui s'y trouvaient avaient une imagination hors du commun lorsqu'il s'agissait de faire parler quelqu'un. Certains avaient même présenté le fruit de leur travail aux yeux de la populace ; Des pinces en fer pouvant couper les doigts un à un ou écraser une phalange en seulement une demi-seconde, des tables à écartèlement, et, le plus célèbre, un pot en terre cuite rempli de poix bouillante dans laquelle on plongeait les parties génitales des prisonniers. Son auteur affirmait qu'on pouvait faire parler un homme avant même que ces dernières ne soient dissoutes, chose qui pourtant se faisait en à peine quelques secondes d'après lui. Avec ces instruments, les geôliers pourraient faire chanter son collègue s'ils leur plaisaient, et il ne serait point difficile de trouver réponse à la question des complices qu'il pouvait avoir dans le palais. On remonterait alors certainement jusqu'à lui. A cette pensée, le demi-elfe eut le teint livide. Bien qu'il ne se vante pas si souvent de ses parties génitales, il y tenait énormément, et n'avait pas une envie folle de les voir fondre dans une cellule grise et sinistre.

Des bruits de pas retentirent dans la basse-cour. Le merle qui jusque-là était resté sur son épaule s'envola. Quelqu'un était en train de passer par le jardin. Le demi-elfe tressaillit, mais garda un air impassible. Quel ne fut pas sa surprise quand de derrière une haie vers le portail d'entrée, parut le duc d'Ortwail en personne. Celui-ci portait un pourpoint des plus rocambolesques, si haut en couleur, qu'on eut dit que le vêtement provenait tout droit d'un arc-en-ciel. Quant aux souliers qu'il portait, ceux-ci avaient un aspect étrange, et Nirfäel ne comprit pourquoi que lorsque le duc se fut rapproché de lui. Les souliers étaient faits avec des écailles de dragons. Le duc le toisa avec regard ahuri et le ménestrel l'accosta poliment.

-Saluta...
-Pauvre imbécile (le duc chuchotait) ! Qu'est-ce que vous faites planter là à regarder les pies ?! L'autre invité est déjà en train d'entrer.
-Tudieu ! Je ne l'ai point vu !
-Là, vers les escaliers ! Du nerf, ménestrel ! Pour entrer dans le palais, elle va avoir besoin de son cavalier !
-De son cavalier ?

Le demi-elfe ne comprit les propos du duc que lorsqu'il vit la silhouette de la jeune femme qui montait les escaliers. Ce n'était donc pas un mais une invitée qu'il devait accompagner. Incroyable ! Il ne l'avait jamais vu et aurait pourtant juré avoir remarqué chaque nobliau passant devant lui. Comment avait-elle fait pour arriver sans qu'il ne l'aperçoive ? Tout à coup, il sentit le duc le pousser vers la sortie du jardin. Nirfäel s'élança alors d'un pas mécanique et incertain dans l'intention de rejoindre son... associée ? Le terme serait encore à négocier plus tard, car il sentait de plus en plus qu'il n'était qu'un ridicule petit ménestrel embarqué dans une machination peu traditionnelle. Et ceci ne lui plaisait guère. Il monta les marches en marbre blanc et avança vers la jeune fille. Celle-ci lui tournait le dos, aussi, en arrivant derrière elle, toussota-t-il exagérément pour signifier sa présence.

-Salutations. Hum... Permettez-moi de me présenter, je suis Dinval de la Haute-Extraordinaire Compagnie, et Ménestrel de Quatorzième rang. Et il semblerait... eh bien, il semblerait que nous ayons tout deux été conviés par la même personne.
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MessageSujet: Re: Des petits voleurs dans la cour des Grands [PV Ydilianda]   Ven 22 Juil 2016 - 15:59

Ydilianda se retourna vivement, surprise par cet homme qu'elle n'avait pas entendu arriver. Quand elle vit son interlocuteur sa surprise n'en fut que plus grande: un visage jeune orné d'une barbe de cheveux blancs qui semblait briller sous la lumière de la Lune. Elle n'avait jamais vue un homme aussi étrange, il semblait coincé entre deux âges. Son regard glissa vers deux oreilles pointues qui jaillisaient de la chevelure pale comme deux perces-neiges, et elle comprit: Un elfe. Elle n'avait entrevue que peu d'elfe jusqu'à présent et encore jamais d'aussi près, l'hostilité manifeste que leur avait montré les habitants de Portangue les ayant toujours dissuadé de s'attarder dans la ville ou de réellement débarquer dans le port. Les rares marins elfiques se contentaient donc la plupart du temps de rester sur leur bateau jusqu'à ce qu'ils repartent vers le large, mais elle avait toujours manifestée de la curiosité envers ces êtres qu'on lui avait interdit d'approcher.

Elle se détendit et relâcha un peu sa prise sur sa sacoche qu'elle avait instinctivement resserré. Qu'avait il dit ? Dinval ? Ménestrel ? Elle parvînt seulement à capter la dernière partie de sa phrase: "Il semblerait que nous ayons tout deux été conviés par la même personne." Elle réfléchit au sens de ces paroles avant que ses yeux ne s'écarquillent. Non, il n'a tout de même pas osé ! S'offusqua-t-elle, en repensant à la demande qu'on lui avait faite parvenir. Il n'a jamais parler de travailler avec quelqu'un ! Ou alors c'est lui la fameuse "aide" ? Moi qui pensais qu'il s'agirait uniquement de l'invitation ou d'une diversion. Douteuse, elle examina l'elfe de la tête aux pieds. Il n'était pas vraiment discret avec sa tenue colorée et ses oreilles pointues ne manquerait pas d'attirer l'attention. Bref, elle avait du mal à comprendre comment cette "aide" pourrait s'avérer utile. Mais, sans vraiment savoir pourquoi, elle se mit à sourire: peu importe ces détailles ! Si cet elfe était bien ce qu'elle pensait, c'est à dire un associé, elle avait le sentiment étrange qu'elle ne s'ennuierait pas beaucoup dans cette soirée.
Revenant à son rôle de noble, elle salua à son tour le ménestrel:

- Salutation Dinval, mon nom est Ydil de Sanogur. Puis-je savoir ce qui vous fait penser cela ?
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MessageSujet: Re: Des petits voleurs dans la cour des Grands [PV Ydilianda]   Mar 26 Juil 2016 - 15:37



- Salutation Dinval, mon nom est Ydil de Sanogur. Puis-je savoir ce qui vous fait penser cela ?

Le demi-elfe ne trouva pas tout de suite une réponse à lui fournir. A dire vrai, il était si surpris par la question de la jeune fille qu'il en resta tout d'abord pantois. Il s'était attendu à ce qu'elle le reconnaisse ou qu'au moins elle comprenne de qui il faisait mention. Malheureusement, les choses ne semblaient pas être aussi simples. Le ménestrel était intérieurement perturbé par son ignorance, à tel point que ses doigts se mirent à pianoter instinctivement la rambarde de l'escalier blanc, geste qu'il considérait normalement très dérangeant. Toutefois, il y avait en ce moment tant de questions qui lui démangeaient la langue, tant de soucis qui l'inquiétaient. Il avait espéré qu'en faisant la connaissance de son associé, il pourrait trouver par lui des réponses claires et précises à ses craintes, mais visiblement, on en avait aussi peu dit à cette Ydil de Sanogur qu'à lui. Pour Nirfäel, c'était inquiétant. Très inquiétant. D'une part, cela voulait dire qu'il y avait eu des changements de plan à la dernière minute par rapport à ce dont il avait eu connaissance, car son "associée" n'avait pas l'air d'être au courant du lieu de rendez-vous qu'on lui avait indiqué. Et d'un autre côté, les auteurs de cette affaire saugrenue était prêt à laisser leurs sbires se débrouiller seuls avec les personnes tels que lui qui étaient sensés les assister. Car oui, le demi-elfe l'avait lu dans le regard d'Ydil, il n'était semble-t-il pas prévu qu'il participe à tout ceci. Du moins pas lorsqu'on l'avait engagé.

Le demi-elfe comprit soudain. Peut-être était-ce pour cela qu'elle lui posait de tels questions? La jeune fille se méfiait peut-être de lui. Eh bien ! Il lui fallait trouver une réponse qui lui convienne, et ce, dans les plus brefs délais.

-Ce qui me fait penser cela ? Hum... allez donc le demander au duc d'Ortwail. (Il secoua la tête, l'air agacé) J'imagine que ce nom vous est familier. Quant aux raisons qui ont amené à ma présence dans ce palais, j'imagine que nous ne les connaîtrons sans doute jamais. Permettez-moi cependant de vous dire, en toute honnêteté, que bien que j'apprécie de participer à de tels banquets, je n'étais pas enthousiaste à l'idée de venir ici sous couvert d'une raison aussi farfelue que de...


Le demi-elfe, bien que déterminé à dire à quel point il n'avait aucune envie d'aider la jeune fille à commettre un odieux larcin, se tut à l'instant même où une troupe de garde en armure d'acier épaisse passa devant eux ; le cliquetis singulier de leur barda n'avait pas manqué d'alerter ses sens. En tête, le sergent qui portait un casque décoré de trois plumes rouge pivoine les toisa tout deux d'un œil inquisiteur. La troupe continua sa route silencieusement, et le bruit du métal cessa quand ils furent entrer dans la tour de garde Est. Nirfäel profita alors de cet instant pour jauger la jeune fille de plus près. Elle était habillée d'une robe bleu pastel, légèrement sombre, et un fort joli collier magnifié de cristaux ornait son cou. Cependant, il nota deux détails qui le gênaient. Tout d'abord, elle ne portait aucune trace de maquillage, ce qui à la cour, vous faisait passer pour une bien pauvre Dame. Mais il y avait aussi les manières, la façon de se tenir des nobles. Visiblement, cette jeune fille avait appris à les maîtriser, et cela marchait certainement pour des couples innocents qui ne se méfiaient de rien, quoique son allure était encore un brin trop mécanique. Ce n'était bien évidemment pas de sa faute, puisqu'elle n'était pas né de noble lignage, mais cela, les espions qui se trouveraient à l'intérieur du palais ainsi que certains thanes un peu trop curieux auraient tôt fait de le remarquer. Peste ! Devraient-ils donc tout deux se frotter aux larbins du Conseil ? Et que dire de ce qui leur arriveraient s'ils se faisaient attrapés par les espions royaux ! Rien que d'y penser, le ménestrel en avait la nausée. Nirfäel se rendait maintenant compte de l'envergure de sa tâche. Il jugea bon de ne pas faire trop de vagues et s'inclina respectueusement devant la dénommée Ydil.

-Excusez-moi, Madame. Je me suis... laissé emporter trop vite. Comprenez-moi, je ne suis qu'un simple ménestrel un peu étonné de se retrouver en pareil endroit pour ce soir. (Il présenta son bras à Ydil) Voudriez-vous bien m'accompagner ? Nous pourrions parler en rejoignant la réception.
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MessageSujet: Re: Des petits voleurs dans la cour des Grands [PV Ydilianda]   Sam 30 Juil 2016 - 8:42

"-Ce qui me fait penser cela ? Hum... allez donc le demander au duc d'Ortwail. (Il secoua la tête, l'air agacé) J'imagine que ce nom vous est familier. Quant aux raisons qui ont amené à ma présence dans ce palais, j'imagine que nous ne les connaîtrons sans doute jamais. Permettez-moi cependant de vous dire, en toute honnêteté, que bien que j'apprécie de participer à de tels banquets, je n'étais pas enthousiaste à l'idée de venir ici sous couvert d'une raison aussi farfelue que de..."

L’elfe s’interrompit à l’approche des gardes qui les observèrent avec méfiance, la voleuse tenta de se comporter de la façon la plus naturelle possible pour ne pas attirer leur attention. Elle n’était pas sans savoir que ces gardes royaux n’avaient rien à voir avec la petite police de sa ville natale, cela étaient d’une autre trempe, bien plus suspicieux, bien plus malins et surtout bien mieux armés. Quand elle croisa l’espace d’une seconde le regarde d’un des hommes, elle imagina ce qui ce passerait si elle se faisait prendre. Sans doute serait-elle emprisonnée et interrogée, et sûrement pas d’une manière civilisée, mais elle chassa vite cette idée de sa tête, elle ne se ferait pas prendre, elle ne c’était jamais faite prendre bien que cela se soit déjà joué à un cheveux près, elle était la meilleure, elle en était persuadée et elle sourit intérieurement. Peut-être était-elle trop confiante mais elle n’en avait cure, son assurance à tout épreuve l’empêchait en partie de réaliser l’ampleur des risques qu’elle prenait.

Quand la patrouille disparu elle fixa de nouveau son attention sur le ménestrel. Elle ne doutait plus de la raison de sa présence ici, bien qu’il n’ai pas clairement fait mention de leur «travail» il avait su lui faire comprendre que lui aussi n’était pas venu pour profiter de la fête et de tout évidence ça ne lui plaisait pas. Ils se jaugèrent ainsi pendant quelques secondes avant que le dénommé Dinval ne brise le silence.

"-Excusez-moi, Madame. Je me suis... laissé emporter trop vite. Comprenez-moi, je ne suis qu'un simple ménestrel un peu étonné de se retrouver en pareil endroit pour ce soir. (Il lui présenta son bras) Voudriez-vous bien m'accompagner ? Nous pourrions parler en rejoignant la réception."

Avec un sourire, elle prit son bras et ils se mirent en marche. D’un rapide coup d’oeil elle s’assura que personne n’était à porté de voix avant de serrer son cavalier d’un peu plus près pour lui souffler quelques mots.

"- Maintenant que les présentations sont faites il est grand temps de passer aux choses pratiques. Je n’avais pas prévu l’aide d’un quelconque associer mais il est sans aucun doute qu’un elfe comme vous attirera l’attention, mais après tout peut-être cela nous sera-t-il utile ? Pour commencer dites moi ce que vous savez de notre affaire."

La jeune femme se tut lorsque qu’un homme très bien habillé et, si on en jugeait par sa démarche un peu gauche, légèrement ivre descendit vers eux. Discrètement, elle modifia légèrement leur trajectoire et, comme ils passaient tout près du noble, elle enfonça sa main libre dans une des poches d’un geste rapide pour en saisir le contenu avant de l’en ressortir aussitôt. Lorsque l’inconnu se fut éloigné et jeta un rapide coup d’oeil à son butin avant de le cacher à son tour dans sa sacoche. Remarquant le regarde désapprobateur de son cavalier, elle ajouta en riant.

"- Ne faites pas cette tête Dinval, après tout c’est un art comme un autre. Et il va bien falloir rentabiliser cette soirée."
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MessageSujet: Re: Des petits voleurs dans la cour des Grands [PV Ydilianda]   Mer 3 Aoû 2016 - 11:28



- Maintenant que les présentations sont faites il est grand temps de passer aux choses pratiques. Je n’avais pas prévu l’aide d’un quelconque associé mais il est sans aucun doute qu’un elfe comme vous attirera l’attention, mais après tout peut-être cela nous sera-t-il utile ? Pour commencer dites moi ce que vous savez de notre affaire.

Quel toupet ! Mais quel toupet ! Penser qu'il serait capable, de par son appartenance à la race des elfes, de vendre la mèche ! Certes, il n'y avait probablement pas beaucoup d'elfes qui avaient été invité au banquet, mais enfin tout de même ! Il n'en était pas à sa première réception, et il était capable de se faire petit s'il le fallait ! A dire vrai, il était même certain de pouvoir se faire discret au moins aussi bien que n'importe quel... professionnel de l'art ! Il ne déclara néanmoins aucune de ses pensées, et pour une raison tout à fait simple. Les règles au sein du palais étaient très strictes et nul résident ne pouvait se confronter à ces règles sans passer pour une personne très mal élevée. En l'occurrence, une de ces règles était la suivante : Se disputer entre cavaliers et cavalières étaient considérés comme un agissement des plus vulgaires, surtout à l'approche du hall du banquet. Nirfäel, bien rompu aux manières des gens de la haute, tâcha de mesurer son allure et ses paroles. Et puis, de toute façon, il ne pouvait tout de même pas offenser une femme au si joli minois. Il n'était pas dans ses aises, mais il était ménestrel que diable !
Soudain, sa belle lui fit faire un léger détour qui leur valut de s'interposer devant un noble tout ce qu'il y avait de plus banale. Le demi-elfe ne saisit pas tout de suite la raison de ce brusque changement de direction, jusqu'à ce qu'un petit geste étrange de la main d'Ydil attire son regard. Nirfäel jura entre ses dents. Etait-elle réellement en train de faire les poches des résidents du palais ? En voyant sa mine désabusée, Ydil de Sanogur éclata de rire en essayant de rassurer le pauvre demi-elfe. Le désespoir écrasa le cœur du ménestrel, comme un marteau sur une enclume.

"Nous allons mourir dans ce palais. On nous attrapera pendant le souper, et on nous fera tourner à la broche dans les geôles. Ils exposeront nos entrailles à la vue de tous comme exemple." pensa-t-il sombrement.


De ses yeux perçants d'elfe, il observa les alentours. Il discerna la présence de nombreux couples de nobles, disséminés furtivement dans les bosquets et les fourrés du jardin. La plupart chuchotait entre eux, certains de fort peu paisible façon. C'était effectivement un moyen comme un autre de ne pas passer pour une personne mal élevée.

-Notre affaire, appelons-là ainsi, m'échappe complètement. (Il avait reprit un peu d'assurance, et sa voix le montrait fort bien.) Pour tout dire, j'ai été invité par son Excellence le duc d'Ortwail afin de présenter au monde la génération nouvelle de la musique. Mais vous vous en doutez, ce n'était là qu'un subterfuge. (Il soupira et regretta amèrement de ne pas avoir une pinte entre les mains.) Hum... j'aimerais être honnête avec vous. Quand j'ai compris ce fait, on m'a demandé de faire attention à deux choses. La première, de m'assurer que vous ne commettiez pas d'impairs avec la garde. Ce qui, je vous fait grâce de la réflexion, indique que vos... maîtres n'ont pas entièrement confiance en vous. La deuxième tâche que l'on m'a confié est de vous servir "d'assistant" : Pour vous faire entrer dans le palais tout d'abord, et puis pour le reste. Maintenant, j'imagine que vous comprenez mieux pourquoi mes mains tremblent, et aussi pourquoi j'ai une expression faussement confiante tandis que je vous parle. (Il eut un sourire maladroit malgré le ton sarcastique.) Je ne connais pas du tout la raison qui nous a amené ici, même si je commence à en avoir une idée... Et en réalité, je ne suis même pas sûr de vouloir être tenu au courant.


Ainsi donc, un silence attentif les accueillit quand ils arrivèrent devant le hall. Tout semblait immobile et vigilant. Au-dessus d'eux, les étoiles scintillantes comme des diamants flottaient dans un ciel assombri, et certaines étaient masquées par le rideau ténébreux des nuages. Nirfäel choisit d'emmener Ydil près de la rambarde dirigée vers l'extérieur du palais. Le ménestrel et la voleuse s'y accoudèrent. De là où ils se tenaient, ils avaient une vue imprenable sur l'étendue incroyable de la ville en contrebas. Dans le lointain, ils pouvaient encore entendre les cloches qui sonnaient dans le port, et le brouhaha des habitants. Des lueurs orangées brillaient par milliers dans les différentes maisonnées, comme des tâches luisantes dans l'ombre ouatée de la cité. Plus loin encore, il y avait le fleuve d'Ilion, dont le torrent qui éclaboussait maintes plateformes suivait un courant rapide jusqu'à emplir une grande surface d'eau sombre et tacheté, tel un lit aplani. Au-delà, dans une profonde obscurité, gigantesques, froides et blanches, comme les crocs aiguisées d'un loup, se dressaient une chaîne de montagne couronnée de neiges éternelles. Nirfäel sourit en posant ses yeux sur ce paysage couvert par les ombres de la nuit. Et bien qu'il ne soit pas totalement serein, ses tremblements cessèrent. Il fit remarquer.

-Une vue splendide, ne trouvez-vous pas ? La cité a de quoi attirer le regard, mais cette terre est un véritable monument à la beauté. Une terre riche et merveilleuse au-delà de toute considération. J'en ai le cœur tout frissonnant ! Ah, mais ne vous inquiétez pas Dame Ydil, le palais a également quelques beaux atouts pour lui.



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MessageSujet: Re: Des petits voleurs dans la cour des Grands [PV Ydilianda]   Sam 20 Aoû 2016 - 15:18

-Notre affaire, appelons-là ainsi, m'échappe complètement. (Il avait reprit un peu d'assurance, et sa voix le montrait fort bien.) Pour tout dire, j'ai été invité par son Excellence le duc d'Ortwail afin de présenter au monde la génération nouvelle de la musique. Mais vous vous en doutez, ce n'était là qu'un subterfuge. Hum... j'aimerais être honnête avec vous. Quand j'ai compris ce fait, on m'a demandé de faire attention à deux choses. La première, de m'assurer que vous ne commettiez pas d'impairs avec la garde. Ce qui, je vous fait grâce de la réflexion, indique que vos... maîtres n'ont pas entièrement confiance en vous. La deuxième tâche que l'on m'a confié est de vous servir "d'assistant" : Pour vous faire entrer dans le palais tout d'abord, et puis pour le reste. Maintenant, j'imagine que vous comprenez mieux pourquoi mes mains tremblent, et aussi pourquoi j'ai une expression faussement confiante tandis que je vous parle. (Il eut un sourire maladroit malgré le ton sarcastique.) Je ne connais pas du tout la raison qui nous a amené ici, même si je commence à en avoir une idée... Et en réalité, je ne suis même pas sûr de vouloir être tenu au courant.

Je vois, un débutant. Ce dit elle en entendant les explications de l'elfe. Le fait que son cavalier ait été entraîné dans cette affaire malgré lui ne la gênait pas le moins du monde, au contraire, ce genre d'acolyte était souvent les plus digne de confiance et les plus déterminés à finir le travail (sûrement dû au fait que leur seule autre option était bien souvent la mort). Quoi qu'il en soit, les motivations de Dinval lui importaient peu, tant qu'elles ne le poussaient pas à commettre des impairs.
Elle fut bien plus attentive à la seconde partie de sa réponse, le fait que le duc fasse d'avantage confiance à un elfe qu'à elle la vexait un peu mais elle ne pouvait pas dire qu'elle ne s'y était pas attendu, après tout n'avait-elle pas dû quitter sa ville natale après avoir fait les poches à ses anciens employeurs ? Et serte, il lui était déjà arrivé de se faire repérer par des gardes mais elle s'en était toujours bien sortie non ?
Et après tout ce qui est fait est fait, je ferais avec... cet "assistant".

Toujours au bras de son cavalier, Ydilianda suivit le barde jusqu'à une rambarde de laquelle on pouvait voir toute la ville et les terres alentours. Son impression était la même que lorsqu'elle était arrivée: une ville riche, carrefour du commerce de l'or, de l'argent, des bijoux, du marbre, du bois et des écailles de dragons et le plus important port de l'Est de l'Ocean Intérieur. En bref, la ville la plus riche des terres connues. Elle balaya les montagnes et le fleuve d'un rapide coup d'œil, tout dans cette vue inspirait la richesse et la puissance et elle doutait que ceci soit involontaire, qu'elle meilleure façon pour un homme d'impressionner ses convives qu'en leur offrant un tel tableau à l'entré de sa demeure ? Même les plus riches gouvernants de Portangue de pouvaient se vanter d'un tel atout.

-Une vue splendide, ne trouvez-vous pas ? La cité a de quoi attirer le regard, mais cette terre est un véritable monument à la beauté. Une terre riche et merveilleuse au-delà de toute considération. J'en ai le cœur tout frissonnant ! Ah, mais ne vous inquiétez pas Dame Ydil, le palais a également quelques beaux atouts pour lui.

Ô elle comptait bien profiter des richesses du palais, un paysage c'est joli mais ça ne paye ni le logement, ni l'habit ni la soupe.
D'un geste tout à fait naturel, elle sortit de sa sacoche une lettre pliée en deux et la lui tendit, arrachant le ménestrel à sa contemplation.

-Tenez, je pense que ceci répondra à vos questions. Ce n'est sûrement pas aussi poétique que les ballades que vous devez avoir l'habitude de lire mais c'est sûrement moins risqué que de le dire à haute voix et il est inutile de vous faire paniquer davantage. Vous savez ce que l'on dit: "les murs ont des oreilles".

Lui dit elle moqueusement en agitant le papier coincé entre ses doigts. C'était en réalité la lettre que le duc lui avait fait parvenir pour lui proposer son travail d'un soir, il y était nommer ce qu'ils devaient voler et son paiement: deux sacs d'écailles de dragons plus tout ce qu'elle pourrait voler d'autre durant la soirée (ce qui était un très bon contrat). Un accord si avantageux qu'elle avait gardé la lettre, l'histoire de s'assurer que personne ne lui planterai un couteau dans le dos, après tout le bourreau n'était pas payé au rang de sa victime mais au nombre.

-Et ne soyez pas si attristé par le véritable motif de votre visite, d'une certaine manière c'est le plus beau métier du monde.
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MessageSujet: Re: Des petits voleurs dans la cour des Grands [PV Ydilianda]   Ven 26 Aoû 2016 - 23:21



-Tenez, je pense que ceci répondra à vos questions. Ce n'est sûrement pas aussi poétique que les ballades que vous devez avoir l'habitude de lire mais c'est sûrement moins risqué que de le dire à haute voix et il est inutile de vous faire paniquer davantage. Vous savez ce que l'on dit: "les murs ont des oreilles".


Le demi-elfe était intrigué. Il posa ses yeux sur la lettre et l'examina sans rien dire. Ce n'est que lorsqu'il vit l'impatience dans le regard de sa partenaire qu'il comprit. Il récupéra le papier froissé et quelque peu jauni par le temps d'une main peu confiante. En le tenant près de lui, il eut soudain la désagréable sensation d'avoir franchi le cap de non-retour. Il y a de cela quelques secondes, Nirfäel n'était encore qu'un ménestrel invité par un éminent duc des terres nordiques, et sa présence dans le palais était on ne peut plus banale, voire insignifiante. Il avait par la suite rencontré une jeune femme qui certes semblait venir tout droit de la basse-noblesse, mais n'était néanmoins pas dénuée de charmes. Ils avaient discuté longuement, aux yeux de certains ils auraient même pu être en train de flirter, mais certainement pas de comploter !
Maintenant qu'il était en possession de cette lettre, c'était différent. Une limite venait d'être franchie, et il en avait la preuve entre ses propres mains. Dans son esprit à l'imagination débordante, cela fut comme une petite pierre qui, en dégringolant inopinément la montagne, provoquerait un immense éboulement. Le demi-elfe se frotta la tempe, nauséeux. Il passa sa main libre sur sa barbe taillée en forme de pointe acérée et poussa un long soupir, comme si le collier de perles qu'il portait l'étranglait. Au même moment, il éprouva une profonde colère, mêlée d'un sentiment de révolte. Son premier désir fut de jeter immédiatement la lettre loin de lui, même si ce geste violent pourrait attirer l'attention des gardes.

"Qu'est-ce que tu attends de cette affaire, triple idiot ? Pourquoi ne t'en vas-tu pas dès maintenant loin de toutes ces sinistres intrigues ? Ces sinistres intrigues qui..."


-Et ne soyez pas si attristé par le véritable motif de votre visite, d'une certaine manière c'est le plus beau métier du monde.


Cela n'était pas l'avis du poète. Et pourtant, il se considérait particulièrement ouvert d'esprit sur la vocation de tout un chacun, et il avait déjà croisé sur sa route nombres de voleurs qui vantaient les mérites de leurs actes ! Certains adoraient voler des bijoux, d'autres avaient pris goût à voler non pas par nécessité, mais simplement parce que cela les amusait. Le demi-elfe avait même rencontré un voleur qui avait complètement perdu la raison ! En effet, celui-ci adorait voler les riches, et redonner tout le produit de ses méfaits aux pauvres. Le monde ne tournait décidément pas rond. Malgré tout, jamais Nirfäel n'avait trouvé à redire aux agissements des voyous. Il avait remarqué que les plus professionnels d'entre eux considéraient le vol comme un art, et l'art, sous toutes ses formes, de l'avis du demi-elfe, devait être respecté ! Mais aujourd'hui, voilà qu'il se sentait mêlé à cet art d'un peu trop près...
Son hésitation à lire le contenu de la lettre atteignit son paroxysme. La simple idée de l'ouvrir le rendait malade, et furieux contre lui-même. Il savait qu'il commettait une grave erreur. Il aurait déjà dû mettre fin à cette conversation, avec la complaisance qui lui seyait tant, d'une voix hautaine et arrogante. Alors que faisait-il encore là ? Qu'est-ce qui le poussait tant à rester ? Le regard insistant de la voleuse aux yeux d'un bleu pâle comme l'eau glacée des lacs ? Son envie d'aventure ? Son irrépressible...
Il ouvrit la lettre sans même réfléchir. La lecture fut plus rapide qu'il ne le crut au départ. Si rapide qu'en vérité, aucun garde n'aurait pu deviner une quelconque lettre dans ses mains avant qu'il ne la dissimule dans une poche de son manteau. En revanche, le regard dubitatif que le demi-elfe, au mépris de l'étiquette, lança à la jeune femme aurait pu le trahir car il était parfaitement éloquent. Prodigieusement éloquent. Il murmura pour Ydil de Sanogur.

-Hum... Une épée. Simplement une épée. Nous devons entrer dans une réception, nous confondre avec les convives du palais, c'est-à-dire je vous le rappelle, les hommes les plus puissants que cette terre ait porté ainsi que les ducs et les comtes invités, nous infiltrer dans les couloirs privés des lieux en nous dissimulant aux yeux des grands inquisiteurs et espions d'Hypath, tout ça pour voler... une épée.


Le demi-elfe fit une grimace qui montrait une indubitable incrédulité. Il se redressa aussitôt de son accoudoir et entreprit de relire la lettre à plusieurs reprises, cachées par le couvert de son manteau. Rien n'y faisait. La tâche était pourtant diablement claire. Il dit d'une voix insistante.

-Hum... mais, euh... (Il se rapprocha de la voleuse et jeta des coups d'œil aux alentours pour vérifier qu'on ne les épiait pas.) En quoi cette épée peut-elle nous intéresser au juste ?


Son attention fut alors attirée par un groupe d'une quinzaine de gentilshommes qui progressaient vers le hall. Le ménestrel referma la poche de son manteau violet et se tourna vers la voleuse. C'était l'occasion ou jamais !

-Vous n'avez pas d'invitations, je suppose ? Non, évidemment que vous n'en avez pas, sinon vous n'auriez pas besoin de moi. Suivez-moi !


Il prit sa main en vitesse et marcha d'un pas assuré et pressant en direction du groupe. Quand ils furent si proches qu'ils auraient pu les percuter, Nirfäel ralentit le pas pour s'adapter à celui des nobles et les rejoignit avec sa partenaire en se positionnant discrètement derrière eux. Ils avaient de la chance. Ceux-ci n'étaient pas en pleine conversation, si bien qu'il n'y avait aucune nécessité de trouver un ennuyeux sujet sur lequel disserter. Lentement, mais avec prudence et succès, le ménestrel et la voleuse suivirent la troupe et pénétrèrent les portes du palais. Dans un murmure, le demi-elfe dit à Ydil.

-Les gardes sont hommes à tout faire dans le palais et développent suffisamment de paresses pour ne pas contrôler les grands attroupements. Laissons-nous guider par le courant des Joyeux, comme dirait le barde Eniri de Sola ! Et... vous me ferez la grâce de ne pas détrousser nos guides tant que nous n'aurons pas franchi le hall !

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MessageSujet: Re: Des petits voleurs dans la cour des Grands [PV Ydilianda]   Sam 10 Sep 2016 - 4:08

L’elfe semblait totalement paniqué, à vrai dire il semblait paniquer un peu plus à chaque seconde qui passait au point qu’Ydilianda fini par se demander combien de temps il lui restait avant qu’il ne prenne ses jambes à son cou. Finalement, et contre toutes attentes, il ouvrit enfin la lettre, la lu et la rangea sous son manteau mauve. Le ménestrel lança à la voleuse un regard des plus éloquents alors qu’il semblait chercher les mots pour décrire la conclusion de sa lecture.

-Hum... Une épée. Simplement une épée. (lui murmura-t-il pour ne pas être entendu) Nous devons entrer dans une réception, nous confondre avec les convives du palais, c'est-à-dire je vous le rappelle, les hommes les plus puissants que cette terre ait porté ainsi que les ducs et les comtes invités, nous infiltrer dans les couloirs privés des lieux en nous dissimulant aux yeux des grands inquisiteurs et espions d'Hypat, tout ça pour voler... une épée.

L’elfe grimaça, son incrédulité ainsi que son dégoût envers la tâche à accomplir étaient évidant et la Portangeoise avait réellement du mal à comprendre une telle répulsion. La vie était bien trop courte pour qu’on la restreigne à des occupations inutiles et ennuyeuses simplement parce que c’était la norme. Non, décidément elle ne pouvait pas comprendre l’obstination de certains à suivre la règle. Dinval relit plusieurs fois les mots tracés à l’encre noire comme pour vérifier si le message n’avait pas changé entre temps, le papier soigneusement dissimulé sous son manteau, ce qui rappela à la voleuse qu’il ne lui avait pas rendu la lettre. Elle pinça légèrement les lèvres à cette pensée (ce que le barde, absorbé dans sa relecture ne remarqua pas), elle aurait préférée la récupérer. Mais elle ne dit rien pour le moment, J’aurai toute la soirée pour la reprendre pensa-t-elle.

-Hum... mais, euh... En quoi cette épée peut-elle nous intéresser au juste ? Lui demanda-t-il après un nouveau regard à la commande.

Elle s’apprêta à lui répondre que cela n’avait aucune importance, que cet objet n’était que ce pour quoi on l’avait payé et qu’elle ne demandait jamais le motif du vol à son employeur mais son associé se détourna brusquement d’elle en aplatissant soigneusement son habit avec sa main. Elle comprit pourquoi quand une petite foule de nobles passèrent près d’eux. «-Vous n'avez pas d'invitations, je suppose ? Non, évidemment que vous n'en avez pas, sinon vous n'auriez pas besoin de moi. Suivez-moi !» Elle n’eut pas le temps de comprendre de quoi il parlait que déjà il lui avait prit la main et la tirait vers le groupe. Ne voulant pas attirer l’attention elle le suivit sans fait d’histoire. Quand ils furent presque mêlés aux invités ils ralentirent le pas et passèrent sans encombre les gardes et les portes. Il lui souffla prestement son plan en lui demandant de ne pas risquer leur seule chance de réussite et se tut. Elle fut très déçue de ne pas pouvoir vider quelques poches: ses thanes n’étaient sûrement pas venus les mains vides et, de toute évidence, l’idée qu’ils puissent se faire détrousser dans un tel palais ne leur avait même pas effleuré l’esprit. Cependant malgré la tentation elle se tint tranquille et ils rejoignirent sans problème le coeur de la fête.

Si elle avait un moment crut que l’essentiel des richesses étaient éparpillées dans les jardins et sur les murs extérieurs elle s’était lourdement trompée. La réception n’avait rien à envier au parc: d’immenses lustres de cristal pendaient du plafond recouvert d’or et d’argent, le marbre immaculé qui formait le sol était si pâle que la lumière qui éclairait la pièce semblait en émaner, des statues immenses représentant des dragons grandeurs nature et plusieurs créatures légendaires semblaient scruter les invités de leurs yeux de saphirs, d’émeraudes et de rubis. Une douce musique jouée par quelques musiciens postés au fond de la pièce ajoutait la dernière touche au tableau. Elle oublia un instant ce pour quoi elle était venue, se demandant s’il ne serait pas plus rentable ne rester au coeur de la fête mais elle doutait que l’elfe soit d’accord étant donné que, dans son cas, seul comptait la réussite de la mission.

-Il faudra que je reviennes ici un jour, ce palais cache sûrement plus de merveilles qu’on ne peut en voir en une nuit. (Elle se retourna vers son cavalier) Que diriez-vous de commencer par se servir un verre ? Je pense que vous en avez grand besoin. Quand à moi je me demande combien de femme ici laisse leur affaire sans surveillance. Ajouta-t-elle silencieusement pour elle même.
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