L'Age de Feu

Hypat et l'Empire Draconique sont désormais en paix. Mais de nouvelles ombres planent sur ce monde. Rejoins-nous pour les combattre à nos côtés.
 

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 The Beauty of Dead Cities [PV Azurya]

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Leptonaz
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MessageSujet: Re: The Beauty of Dead Cities [PV Azurya]   Ven 23 Déc 2016 - 13:10




Les flammes volaient dans la cohue, jaillissant du plumage ardent de Leptonaz, toujours aux prises avec ses agresseurs. Son aile traînait lourdement à son côté, et il s’efforçait d'ignorer les pics de douleur lancinante qui perçaient ses articulations. A vrai dire, seul le griffaran doré était un véritable problème. Les os du vert venaient de céder, le noir se traînait à l'écart, la chair à vif et le souffle court, mais le jaune, lui, ne montrait pas le moindre signe de faiblesse, et foncait vers lui à toute allure. L'orangé se préparait à l'impact lorsqu'un cri strident déchira l'air. En moins de temps qu'il n'en fallut pour le dire, une boule de plumes bleues fondit du ciel, et écrasa le doré au sol.
Tout se passa à une vitesse folle. Leptonaz crut d'abord pouvoir se réjouir, mais sa joie ne fut que de courte durée.

C’est MON futur cadavre !

Lança Azurya. Son bec aiguisé plongea dans le plumage du griffaran d'or, déchiquetant follement le corps du malheureux, qui était déjà tout en sang. Leptonaz, lui, nageait dans le vide.
Évidemment. Évidemment, tu n'allais pas leur laisser ce plaisir. Voilà donc comment ça se finira. Par ta mort ou par la mienne.
La lune, de sa lueur candide, éclairait tout à peine la scène. Mais assez cependant, pour que le Pixievi puisse voir la lueur de folie au fond des yeux de la bleue. Tu n'es plus toi-même, pensa-t-il d'abord. Mais il fut prompt à revoir son jugement. Azurya était sans doute plus « elle-même » qu'elle ne l'avait jamais été, et c'est en réalisant cela qu'il trouva quelque chose en lui qui ressemblait de plus en plus à de la colère. Il s'était trompé. Il s'était trompé du début à la fin, sur le compte de la bleue, sur ce qu'il pensait d'elle, sur tout. Tu as été aveugle Leptonaz, tu as été aveugle et tu n'as vu que ce que tu aurais voulu voir. Qu'on en finisse, maintenant que tu as ouvert les yeux. Qu'on en finisse.

Il se redressa, ramenant contre lui son aile blessée, et observa la scène d'un œil pensif, attendant que la bleue en aie fini, avec cette prise qui était sans doute déjà morte. Des lambeaux de chair et de plumes dansaient sur la musique des os que l'on brisait ; et Leptonaz observait. Si ses pensées se clarifiaient peu à peu, son esprit, lui, était toujours en suspens, quelque part ailleurs. Il se sentait spectateur de sa propre existence. Un spectateur incapable de jugement, qui ne faisait que voir sans rien dire. Le vent se leva, et l'orangé, parcouru d'un frisson, gonfla son plumage. Quelques goûtes commencèrent à tomber, alors qu'un orage grondait au loin.
De la pluie. De la pluie voyez-vous ça. Comme ci les choses n'étaient pas déjà assez dramatiques. Qui donc à mis en scène cette merveilleuse tragédie ? Le phénix sous la flotte. Bien. Très bien.
Il ricana, sans vraiment savoir pourquoi. Il avait pitié de lui-même, dans le fond, lui qui venait de s'étouffer sur sa fierté, et sur toutes ces certitudes désormais vides de sens et de couleur.
Azurya s'était redressée, écumante.
L'orangé s'avança sans tarder. C'aurait été tout de même dommage de faire attendre Plume Bleue.
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Azurya
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MessageSujet: Re: The Beauty of Dead Cities [PV Azurya]   Dim 25 Déc 2016 - 3:08


Pauvre, pauvre petit poussin.
Un plumage si impeccablement jaune terni par des traces de sang sombres et gluantes ; c’était presque un gâchis. Si on appréciait le jaune – ce qui n’était évidemment pas mon cas. C’était une teinte trop éblouissante pour l’être réellement. Trop criarde. Trop m’as-tu-vu.
Bien sûr que je t’ai vu ; ta sale couleur te fait luire comme un pauvre soleil sur pattes piteusement tombé du ciel.
Le sang du Griffaran m’éclaboussait la figure et venait s’écraser sur mon poitrail en fines giclées. Mon bec était empêtré dans un méli-mélo de plumes et de liquide poisseux assez désagréable sous la langue. Il me semblait même voir passer quelques morceaux de chair devant mes yeux exorbités de folie, comme de petits moucherons traversant la scène en un battement de paupières. Mais où couraient-ils donc comme ça ? Etaient-ils en retard à une réception organisée par les fourmis ? Allez savoir.
La vie secrète des insectes. Holà, Azurya… Tu peux lâcher le poussin. C’est fini pour lui.
En fait, c’en était fini depuis bien longtemps déjà. C’était à peine s’il ressemblait encore à un quelconque oiseau, sans ses ailes pour porter son corps, et avec cette tête contorsionnée à un angle impossible d’où s’échappaient des gerbes de sang. Son bec avait été arraché, et les moignons sanguinolents qu’avaient laissées ses ailes sectionnées noircissaient lentement son corps d’hémoglobine. Ce n’était pas très beau à voir.
En réalité, si ; c’est magnifique. Seulement, c’est plus drôle de faire semblant du contraire.
Alors que je m’étais toujours juré de ne jamais toucher aux ailes de mes ennemis, voilà que je déchiquetais celles du premier venu sans le moindre remord. Je venais clairement de tirer un trait sur mon éthique ; et Seigneur, qu’est-ce que ça faisait du bien ! Je m’abandonnais tellement à ma folie, à mon moi intérieur, que je m’affranchissais même de mes propres règles. Voilà. C’était ça, la réelle liberté : se délier de tout, même des codes moraux qui dorment au fond de nous sans qu’on s’en aperçoive vraiment. J’avais désormais pour seule loi celle d’obéir ma démence. J’étais entièrement libre et soumise à la fois, mais j’aimais cette sensation à tel point que je n’espérais ni ne désirais même plus retrouver mon état normal.
Cet état était bien plus amusant et libérateur.

J’abandonnais donc ma proie jaunâtre lorsque le ciel se mit à pleuvoir sur moi. D’abord par quelques gouttelettes légères, puis par de lourdes larmes glaciales. Loin au-dessus des nuages, l’air se mit à gronder d’une voix profonde et gutturale. Peut-être riait-il devant la mine pitoyable qu’avait pris le Jaune sous mes coups.
Lentement, je me retournais pour cacher la dépouille du Griffaran à mes yeux aliénés. Et mon regard rencontra alors celui de Leptonaz, qui se tenait presque honteusement au milieu des cadavres de ses adversaires. Ses plumes d’habitudes si vives et orangées étaient devenues ternes sous la couche de pluie qui les recouvrait. Son regard semblait tanguer au bord du vide, comme si l’orage avait éteint en même temps sa vigueur et son feu intérieur.
Mais d’ailleurs, en parlant de feu…
Je levais les yeux aux ciels, plissant les paupières pour les protéger pendant que j’observais les cordes de pluie qui s’abattaient sur nous. Puis je reposais le regard sur Leptonaz. Le Pixievi. Le semi Griffaran semi Phénix. Détenteur d’un puissant pouvoir tout feu tout flamme. Noyé sous les trombes d’eau.
Et j’explosais de rire.
D’un rire hilare, qui transcrivait toute la folie dans laquelle je baignais, ainsi que l’immense ironie de la situation.
Puis je cessais subitement, décidant que je n’avais plus envie de m’esclaffer.  

Je m’ébrouais un instant pour chasser la pluie et le sang qui maculaient mon plumage, et je m’approchais lentement du Griffanix. Pendant un instant, il me semble que mes yeux reprirent une allure normale. En apparence du moins.
-Tu ressembles à l’un de ces chiens que les Humains abandonnent sous la flotte au bout d’une corde.
Le brouhaha de l’averse masquait un peu le son de ma voix, mais j’étais persuadée que Leptonaz m’entendait clairement. Je continuais de m’avancer vers lui, m’efforçant de ne pas paraître agressive. Car aussi pitoyable qu’il pouvait paraître, le Griffaran semblait sur ses gardes. Et il pouvait très bien se montrer imprévisible.
Je parvins néanmoins à sa hauteur, déambulant le plus naturellement possible, aussi inoffensive qu’un oisillon. Comme si j’allais à la rencontre d’un vieil ami. Comme j’aurai dû recevoir Leptonaz au moment où nous nous étions croisés dans les ruines. Comme si rien, absolument rien, ne s’était passé depuis.
Je me plaçais nonchalamment à ses côtés, puis j’approchais doucement mon bec de sa tête, comme pour couvrir le vacarme de la pluie :
-Grosse averse dis-moi. Tu devrais faire attention à ne pas…
Et d’un geste brusque, je lui fauchais les pattes avant et le faisais basculer à la renverse.
-Glisser.


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MessageSujet: Re: The Beauty of Dead Cities [PV Azurya]   Mer 28 Déc 2016 - 4:34




Ses pattes se dérobèrent sous son poids, et l'orangé tomba au sol. Il se redressa, couvert de boue, de sang et de poussière. Même les rivières qui coulaient des nuages ne parvenaient pas à nettoyer toute cette crasse, tant son plumage était poisseux. Avec son aile brisée, il devait avoir l'air d'un fou, lui aussi. Le genre de fou dont on rit lors des fêtes, et sur lequel on jette tout un tas de fruits rancis pour s'amuser. Une bête de foire. Il se sentait humilié et humiliable ; et il avait horreur de ça.
Leptonaz, retrouvant le givre des yeux d'Azurya, y planta son regard.

Ce serait dommage en effet.

A défaut, comme elle, de faucher ses antérieures, il étendit son aile brisée jusqu'à l'épaule de la bleue. Perdue dans l'océan de sa folie, était-elle toujours capable de maintenir les défenses de son esprit ? L'orangé espérait lui transmettre toute la souffrance que lui faisaient endurer ses os fendus. Et sans prévenir, il déplia totalement son aile, frappant de plein fouet le crane d'Azurya - et achevant de broyer sa propre articulation. La douleur lui arracha un croassement rauque. Il ne pourrait plus voler, c'était définitif. Pas dans cette vie en tout cas.
Si je me sors de là, j'attendrais d'être au sec, et je ferrais un joli feu de camp avec ton cadavre. Je me baignerai dans les flammes et je renaîtrait sur les cendres fumantes de tes jolies plumes de saphir. As-t-on jamais vu pareil plumage dites-moi ? Pareil plumage sur une telle décérébrée.
Le griffaran s'éloigna d'un pas lourd, son aile pendante creusant de longs sillons à son côté.

Tu es folle ma pauvre. J'aurais mieux fait de te laisser à croupir au fond du Lavadôme, plutôt que de te donner ta liberté. Tu serais sans doute morte avec les autres, lorsqu'ils ont fait sauter la montagne, et fin de l'histoire. Mais non. L'histoire se termine cinquante ans plus tard dans les ruines d'Uldam. Alors qui de nous deux va crever dis-moi ?

Leptonaz fit volte-face, bondit vers Azurya, et déploya son aile valide, dont il avait gardé l'intérieur au sec, repliée contre son flanc. Une salve de flammes s'en échappa. C'étaient sans doute les seules qui lui viendraient en aide pour ce combat, car bientôt, la pluie aurait raison de ses pouvoirs. Mais il se battrait - il le fallait bien. Et enivré par la douleur, galvanisé par les flammes, il céda à la rage.
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MessageSujet: Re: The Beauty of Dead Cities [PV Azurya]   Dim 8 Jan 2017 - 15:58



[ J’voulais faire court, mais fallait que je réagisse à tout ton poste avant, dsl. A partir de là, promis, on fait des truc plus short et plus speed ! ]


Une aile orangée et crasseuse s’étendit pitoyablement vers mon épaule. Elle frôla mes plumes sans que j’aie le temps de m’en écarter ; mais son contact ne me procura rien de plus qu’une désagréable sensation de dégoût. Pourtant, je voyais bien dans les yeux de Leptonaz que son intention à ce moment n’était pas de me gratifier d’une petite caresse amicale. Non, ce prétentieux morceau de volaille cramoisi avait voulu m’atteindre de façon vile et mesquine. Mes plumes se hérissèrent de colère le long de ma nuque. Apparemment, je n’étais pas la seule à avoir tiré un trait sur mon honneur.
Dommage pour toi sac à plumes, ça ne marche pas.
D’ailleurs, je me demandais bien pourquoi. Ma délicieuse folie avait-elle réussi à contrer la malédiction ? Ou bien renforçait-elle mon bouclier mental sans que je m’en aperçoive ? Après tout, j’aurais peut-être pu me déchiqueter moi-même quand je m’en étais prise au Jaune. Peut-être que l’état dans lequel je venais d’entrer me défendais mieux que n’importe quel autre moyen de protection. Que laisser libre court à ma nature profonde me délivrait définitivement de toute entrave.

Je n’eus pas réellement le temps de réfléchir vraiment à la question, car le Griffanix prolongea subitement son mouvement d’aile jusqu’à venir me frapper au crâne. Ce fils de kern… N’ayant pas vu le coup venir, je reculais en accusant le choc. Cet emplumé avait presque réussi à me donner le tournis. Le coup me désorienta quelque peu, mais j’eu tout de même la satisfaction d’entendre Leptonaz gémir de douleur.
Pourtant, ça ne le dérangea pas pour ouvrir le bec une fois de plus.
Oh, Leptonaz, toujours fidèle à toi-même… Si tu savais à quel point ton discours perd de sa valeur, avec ta face déconfite, tes plumes dégoutantes, et ton aile désarticulée.

Il restait cependant au Griffaran une seconde aile, bien valide celle-ci. Il la déploya soudain, et une gerbe de flammes s’en échappa pour filer en ma direction. Je bondis sur le côté, mais trop tard néanmoins pour esquiver complètement l’attaque. Le feu se mit à courir le long de mon côté droit, réduisant sur son passage mes plumes bleues en cendre. La morsure de la chaleur se fit très vite sentir, et mes chairs se mirent à fondre au bout de quelques secondes.
D’instinct, je me jetais au sol pour me rouler par terre, espérant que les flaques humides formées par la pluie éteignent les flammes. Cela devait faire mal, Ô oui. Mais intérieurement, je ressentais bien plus de haine que de souffrance. Une haine profonde et virulente, qui était dirigée toute entière vers Leptonaz.
D’ailleurs, le fourbe ne s’était pas gêné pour profiter de mon moment de faiblesse. A peine eu-je eu le temps d’étouffer les flammes que je me retrouvais bloquée sous son poids d’emplumé. Il me maintint au sol de toutes ses forces, et je sentais que les coups n’allaient pas tarder à pleuvoir sur moi.
Du plus profond de mon être, je souhaitais sa mort. Je ne voulais qu’une chose : qu’il explose en un millier de morceaux rougeâtres, que son corps s’éparpille partout dans le vieil Uldam, et que son nom ne devienne plus qu’un murmure emporté par l’orage qui grondait autour de nous. J’aurais souhaité que mes serres éviscèrent son petit ventre duveteux, et que ses tripes se répandent sur moi. Que sa gorge s’ouvre en deux pour laisser gicler son sang sur le sol rocailleux des ruines. Tant de souffrances et de tortures dont je pourrais me délecter, même si je devais y laisser la vie.  
En fait, à ce moment précis, rien n’importait plus que cela. Le combat qui venait de s’engager entre nous ; le besoin de tuer ce fichu piaf ; la colère sourde et la folie qui pulsaient dans chacune de mes veines. Je me fichais bien de ma propre existence. Haine et démence étaient mes maîtres mots.

Avec un sourire mauvais, je m’empressais de frapper l’aile blessée du Griffanix, en y mettant toute la force que ma colère m’insufflait. Cette partie de lui semblait définitivement fichue ; à en croire l’angle anormale qu’elle avait pris et la douleur qui se lisait sur les traits de Leptonaz.
Le voir souffrir me procurait réellement un plaisir fou.
Avant qu’il ne se ressaisisse, je le repoussais prestement et le faisais rouler sur le côté avant de me placer au-dessus de lui. Désormais, les positions étaient inversées.
C’était étrange la manière dont se déroulaient les actions ; aussi rapidement que les éclairs apparaissaient et disparaissaient dans le ciel, mais démontrant en même temps une lenteur spéciale, comme si tout se déroulait au ralentit. Chaque seconde filait à la vitesse de la lumière tout en durant une éternité.

Leptonaz était maintenant à ma merci : je le dominais de toute ma taille, en prenant garde à l’écraser au sol de toutes mes forces. A quel étrange balais notre combat devait ressembler, je me le demandais bien.
Un sourire malsain déforma mon bec.
Doucement, j’approchais ma tête de la sienne dans un geste qui dégageait une certaine sensualité. Puis je plaçais ma gueule à proximité de son oreille droite, avant de lui murmurer d’une voix suave :
-Nous n’avons jamais été aussi proches que maintenant, dis-moi.
Touchant, vraiment.
Je laissais mes mots raisonner quelques secondes dans les tympans de l’ex-Pixievi et, afin de mettre fin à ce petit moment de calme, je saisissais son oreille duveteuse de mon bec acéré et l’arrachais d’un violent coup de tête.

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MessageSujet: Re: The Beauty of Dead Cities [PV Azurya]   Dim 12 Fév 2017 - 20:19




Une strie suraiguë emplit le crâne du griffaran, alors que la souffrance perçait celui-ci de part en part. Qu'il l'eut voulu ou non, son corps malmené se tordi, se contracta, et ses serres, lacérant nerveusement l'air, finirent par trouver leur chemin à travers la peau de la bleue. Elles creusèrent, labourèrent, s’enfoncèrent avec barbarie à travers muscles et os. L'orangée s'extirpa violemment, arrachant avec lui quoique ses griffes acérées aient pu crocheter dans le corps meprisable de son ennemie.
Il se laissa rouler de côté, l'oeil fou, le coeur vide de toute compassion. Le sifflement qui lui emplissait l'esprit ne s'effaçait pas, et prenait la place de tout le reste. Le pixievi n'entendait plus ni l'orage grondant, ni la pluie battante. Le sang – son sang – s'écoulait dans ses yeux, bouillonnait dans le conduit sinueux qui s'enfonçait jusqu'à son tympan. Le monde vacillait autour de lui, alors que la souffrance l'assiégeait avec fureur, et que ses forces s'enfuyaient de par le torrent cramoisi qui semblait ne pas vouloir tarir.

Leptonaz ne pensait ni ne réfléchissait plus. Jamais il n'avait été aussi proche de la mort, et sans-doute celle-ci viendrait le cueillir ce soir même. Il le savait – il savait que la vie fuyait cette plaie béante, sanglant et purulente qu'était devenue son corps, ce corps qui n'en était plus un. Ce cadavre marchant brisé, fendu et déchiqueté, imprégné d'une odeur âcre et maladive.
Seule la rage et la souffrance déplaçaient encore cet amoncellement d’immondices, et il se traîna ainsi, rampant vers Azurya.

Des années semblèrent s'écouler avant qu'il n'arrive à sa hauteur, et la fatigue l'écrasait, lui rendant un soupçon de lucidité – ou étaient-ce la folie des derniers instants qui animaient son être ? Les paroles de la griffarante lui revinrent en tête, à mesure que la stridence s'effaçait.

Tu as bien raison, plume bleue... Quelle joie, que de partager un moment aussi intense tous les deux.

Et il arqua le cou, enfonçant son bec entre les fines côtes du plastron azur, là ou se gonflaient les poumons de la bleue, et ou battait peut-être finalement, un cœur.
Arrivant au bout de ses forces, l'orangé bascula à la renverse, sans même savoir si il avait atteint sa cible. Il ne pouvait rien faire de plus qu'espérer.
La pluie frappait son plumage, et les éclairs zébraient le ciel. Ne restait plus qu'à voir si la vie quiterait son corps de son plein gré, ou si c'était la bleue qui allait l'achever. Quoiqu'il en soit, je mourrais dans un cadre plaisant.  
Il ricana.
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MessageSujet: Re: The Beauty of Dead Cities [PV Azurya]   Hier à 16:21


Je sentais mon corps couler de l’intérieur. Je sentais mes entrailles se faufiler sournoisement à travers les interstices que les serres de Leptonaz avaient laissées sur leur passage. Je sentais le brûlure que mes blessures répandaient en moi. Je sentais la chaleur de mon propre sang glissant sur mon abdomen. Mais plus que tout encore, je sentais la rage qui se décuplait de seconde en seconde dans mes veines. Elle pulsait tellement fort jusqu’à mes tympans que je n’entendais plus qu’elle. J’étais sourde au monde, sourde à la douleur, sourde à la raison.
A travers le voile de colère qui couvrait mes yeux, je vis la source de cette frénésie s’avancer lentement vers moi. Je me délectais de voir Leptonaz aussi mal en point, se mouvant tel un pantin décharné, un corps animé par les Dieux seuls savaient quoi, et dont les appendices n’étaient maintenus au reste de son corps que par de minces cordons fibreux. Un être presque informe, dénudé de force, de couleur, de vie. Mais apparemment non dénudé de parole :
-Tu as bien raison, plume bleue… Quelle joie, que de partager un moment aussi intense tous les deux.

Que cette voix m’insupportait… Ce n’était pas l’oreille que j’aurais dû lui arracher, mais bien la langue. Par une certaine ironie du sort, à peine eu-je le temps de penser ça que son bec cramoisi fonça en direction de mon thorax. Le choc me fit reculer de quelques pas, tandis que le Griffanix s’écroulait au sol. Une formidable envie de tousser me prit alors, et je me rendis compte que mes poumons crachaient du sang.
Désormais à terre, Leptonaz semblait plus vulnérable que jamais. Laissant les rênes à ma rage et à ma folie, je me précipitais sur lui et refermais l’une de mes pattes sur sa gorge. Mes deux membres postérieurs se chargeaient de maintenir son buste et son arrière-main immobiles.
Pour la seconde fois, une quinte de toux me secoua, et je n’hésitais pas à lui asperger le visage du sang qui s’écoulait de ma gueule. Je le fixais ensuite dans les yeux, et prononçait d’une voix enraillée par l’hémoglobine :
-Tu ne verras donc aucun inconvénient à ce que ces plumes bleues soient la dernière chose que tu voies ?
Je n’attendis pas sa réponse. Je n’en attendais pas. Je m’en contrefichais. D’un mouvement rapide, je lui agrippais fermement le bec entre mes serres libres et le plaquais sur le sol pour le maintenir hors d’état de nuire. Une seconde plus tard, j’utilisais mon propre appendice pour lui crever l’œil gauche sans vergogne. Je pris bien le temps d’investiguer son orbite de part en part, et je me permis même d’y insérer délicatement la langue afin de goûter le mélange de sang et de liquide visqueux qui l’emplissait désormais. Ce geste pervers fit battre mon cœur comme jamais il n’avait battu auparavant. Je me sentais revigorée ; même mes blessures n’ombrageaient pas la joie que ma propre perfidie me procurait. Leptonaz se débattait, mais ma soif d'obscénité était plus forte que ses muscles endoloris. Sans me faire prier, je m’attaquais ensuite au second globe oculaire, le séparant d’un coup sec de sa cavité avant de l’avaler tout rond. Le plaisir que j’éprouvais était à son paroxysme. Je me sentais emportée dans un tourbillon d’euphorie et de jouissance qui m’emmenait au-dessus de tout ce que j’avais pu ressentir au cours de ma vie. Un gémissement lubrique s’échappa de ma gorge et m’ébouriffa les plumes d’excitation.
-Mmmh… Tu as de bons yeux, tu sais ?
Ma voix s'était métamorphosée en un son à mi-chemin entre la bestialité et la sensualité. Mélange qui traduisait mieux que tout mes émotions du moment : j'avais une faim presque érotique de chair et de sang. A savoir laquelle j'allais assouvir en premier, c'était là une question dont je me moquais éperdument.
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MessageSujet: Re: The Beauty of Dead Cities [PV Azurya]   

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