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 The Beauty of Dead Cities [PV Azurya]

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MessageSujet: The Beauty of Dead Cities [PV Azurya]   Lun 23 Mai 2016 - 2:59





Un millier de flocons de neige s'élevèrent lorsque le griffaran se posa sur la saillie, mouchetant de glace son plumage de feu. Il s'agrippa fermement à la pierre sombre du piton rocheux et repris son souffle, le regard perdu dans le vague.
Sa rencontre avec le petit homme, à Ghioz, fut fort brève, et il se demandait encore ce qu'il était advenu de celui-ci, car à peine eurent-ils engagé la conversation que l'humain avait disparu en un éclair, coupant à grande enjambés le chemin escarpé, filant en direction de la vallée. Leptonaz avait voulu se lancer à sa poursuite, mais la tête blonde eu si tôt fait de disparaître sous les arbres, et il fut impossible pour l'orangé de suivre le garçon – et il en perdit vite l'envie. A quoi bon chercher à rattraper un prétendu héros qui s'enfuyait alors même qu'il énonçait sa stratégie ? Le Pixievi rit en y repensant. Les idées de l'humain étaient loin d'être inintéressantes, mais encore aurait-il fallut qu'il les mette en application.
Le griffaran avait néanmoins poursuivi son vol au dessus du val, intrigué par les raisons qui avaient précipité un départ si fulgurant. Y'avait-il quelque chose à craindre qu'il n'avait pas perçu ? Ou quelque problème en contrebas ? Il aperçu bien quelques volutes d'une épaisse fumée noire qui grimpaient vers les cieux, et il avait vu et causé bien assez d'incendies pour deviner qu'il ne s'agissait pas là d'un feu volontaire. Il ne s'arrêta pas, néanmoins. Qu'est-ce que cela aurait changé ? Quelques humains en plus, quelques humains en moins, rien n'était éternel, et tous devaient mourir un jour. Il avait appris cela de son immortalité. L'éternelle jeunesse lui avait donné à voir tant des siens périr que la Mort était devenue partie de sa vie. Celle-ci avait bien du mal à l'émouvoir, surtout à l'issue de ce demi siècle d’errance, ou le monde s'était montré à lui sous bien des aspects – et beaucoup d'entre eux étaient sombres et cruels.

Rien n'était éternel, pas même lui, pas même les hautes cités des Hommes, qui s'étendaient en contrebas. Le jour lui même se mourrait. Les dernières lueurs du soleil traçaient au sol de grandes ombres, celles de tours et de murailles en ruine. Uldam était tombée bien des siècles avant sa naissance, et de ce royaume ne restaient plus que quelques tas de pierres, dévorés par les lierres et les lianes. Leptonaz bondit de son promontoire en un bruissement de plumes, et se laissa porter par les courants chauds.
Certains auraient trouvé les plaines sinistres, n'y auraient vu que tristesse et désolation, mais lui y ressentait une sorte de plénitude teintée de mélancolie. La Vie était ici à son apogée. Un empire était tombé, mais quelle était, finalement, la valeur d'un empire ? La grandeur d'une chose se comptait-elle en pierres et en routes pavées ? Tout ici était abandonné, mais, pour qui voulait bien le voir, tout vivait plus que jamais. Les oiseaux avaient niché dans les épaisses murailles de pierre, un arbre crevait le toit d'une vieille bâtisse. Entre les pierres plates alignées sur le sol, des plantes aux parfums oubliés avaient repris leurs droits. Une douce mélodie emplissait l'air, celle des criquets, des cours d'eaux, et du vent dans les branches. La soirée était douce, et l'endroit était d'un calme plat.

Leptonaz était sur le point de se poser au sommet d'un donjon verdoyant, lorsqu'une forme attira son œil. Il fit volte-face, négociant un demi-tour serré. Là, en contrebas, une autre griffarante marchait. Se pourrait-il... Il ne prit même pas la peine d'achever sa pensée. Il n'y en avait pas deux comme la bleue. Après un bref instant d'hésitation, il entama une descente en cercles, et se réceptionna sur un mur de pierre brune, préférant assurer ses arrière. Le doute subsistait toujours en son esprit, tant la situation semblait surréaliste. Et si il s'agissait simplement d'une hallucination ? Ou bien d'un griffaran sauvage, prêt à l'attaquer pour s'être introduit sur son territoire ? Si les choses tournaient mal, il aurait au moins l'avantage de la hauteur.
L'orangé emplit ses poumons d'air.


Salut-là.
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MessageSujet: Re: The Beauty of Dead Cities [PV Azurya]   Lun 23 Mai 2016 - 21:37




J’aimais bien ces ruines. Elles étaient vieilles – comme des ruines en fait – mais à la différence de celles que j’avais déjà parcourues, celles-ci dégageaient quelque chose d'à la fois noble et sauvage qui m’attirait particulièrement. Ce n’était pas la première fois que je revenais me dégourdir un peu l’esprit ici ; je trouvais l’endroit assez agréable – et il en fallait vraiment pour que je pense ça de quelque chose. C’était mon petit refuge à moi, qui pourtant n’appartenait qu’au vaste monde extérieur. Mais c’était l’un des rares points de repères que j’avais décidé de choisir dans ma nouvelle vie.
Mes oreilles frétillèrent quand un froissement d’ailes retentit au-dessus de moi. Je levais la tête ; mais l’intrus avait déjà quitté l’endroit que je fixais des yeux. Je sentis les plumes de ma nuque se soulever légèrement. Même si je savais très bien que ces lieux n’étaient pas miens, je n’aimais pas qu’on me dérange/me nargue/m’attaque/veuille me taper la discute, surtout ici. Je pivotais sur moi-même pour chercher du regard le très supposé fauteur de troubles qui allait bien évidemment gâcher ma journée.
-Salut-là.
Il fallait l’avouer, mon bec manqua de peu de se désintégrer quand j’aperçu le grand Griffaran orangé perché sur le mur de pierre dans mon dos.
Griffanix.
Lui. Ici. Ca faisait quoi, un demi-siècle que je n’avais pas posé les yeux sur ce désagréable plumage vif qui vous brûlait la rétine ? Mais qu’est-ce qu’il foutait là ?
-Qu’est-ce que tu fous là ?
Ah bah tiens, en voilà une bonne entrée en matière. Que me valait cet honneur ? Le Ô combien respecté Pixievi daignait se montrer en ces lieux à la vue de ma petite personne ? Il avait quitté son joli Lavadômounet pour venir jusque-là ? A vrai dire, mon cerveau avait décidé de voiler une bonne partie de mes souvenirs de là-bas. Je me rappelais que Leptonaz – seigneur, ce nom – m’avait aidée autrefois. Mais c’était il y a longtemps. Et ma gratitude ne vieillissait pas aussi bien que moi.
Qu’est-ce qu’il me voulait ? Il avait l’intention de me rembobiner dans sa mission « Sauvons le Lavadôme » ? Il voulait me ramener là-bas ? HA ! Il pouvait toujours se carrer l’aile là où je pense. J’attendais, tous les sens en éveils, mon bouclier mental bien renforcé avec quadruple épaisseur de métal blindé. Je ne pensais pas que l’Enflammé me voudrait vraiment du mal. Mais j’étais parée à toute éventualité. Et puis, le temps avait passé. Et le temps, ça vous change une personne.
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MessageSujet: Re: The Beauty of Dead Cities [PV Azurya]   Mer 25 Mai 2016 - 19:11




Les temps changent et nous changeons avec eux... Je me suis mis à voyager, et j'ai décidé de passer ici, comme toi. Cet endroit est superbe. Mais je te retourne la question, plume bleue. Aux dernières nouvelles tu étais garde du corps pour nos chers seigneurs draconiques. Tu manques tellement au vieux FalWoren qu'il n'ose plus sortir son noble postérieur de sa caverne, le pauvre.

Leptonaz sauta un pied de son promontoire avec un petit rire. Il s'avança à hauteur d'Azurya, et, avec un faux air perturbé, ajouta :

Il voulait envoyer les gardes à ta recherche, mais malheureusement il semblerait que tu aies disparu des registres du Pixievi, alors aucune action n'a pu être engagée. Quel dommage.

L'orangé dévisagea Azurya l'espace d'un instant. Elle avait changé – tout comme lui, en somme – mais plutôt en bien. Il se souvint du premier vol de la bleue, et se dit que le grand air devait lui plaire, à n'en pas douter, et il ne regrettait pas « l'étrange accident des registres ». Il réalisait seulement que la griffarante était bel et bien là, devant lui, après tout ce temps qu'il avait passé à la chercher - et il s'en réjouissait, sans vraiment savoir pourquoi cela avait une quelconque importance à ses yeux. Il appréciait la bleue, bien que les choses n'aient jamais vraiment été réciproques, et alors ? C'était pourtant elle qu'il avait essayé de retrouver durant tout ce temps, et ce n'était que lorsqu'il s’apprêtait à abandonner les recherches qu'il la croisait par le plus grands des hasards.
Il marcha à ses côtés quelques temps, silencieusement, profitant des dernières lueurs du jour.
Son ton se fit plus grave.

Heureux de voir que tu t'en es sortie. Et les autres ?

Hors de question d'évoquer ses tentatives de la retrouver suite à l’effondrement du Lavadôme, pas pour l'instant en tout cas. La bleue était du genre écorchée vive, et quelque chose disait à l'orangé que c'aurait été typiquement le genre de choses qui l'auraient mise sur les nerfs. Peut être avait-il tort ? Il ne prit pas le risque cependant. Une autre leçon qu'il avait apprise au cours de ses errances était que toutes choses n'étaient pas bonnes à dire; et que lorsque l'on ne pouvait en peser l'impact, mieux valait se taire.


Dernière édition par Leptonaz le Dim 29 Mai 2016 - 18:07, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: The Beauty of Dead Cities [PV Azurya]   Dim 29 Mai 2016 - 0:08



Je fronçais les yeux avec suspicion pendant que Leptonaz me parlait de son petit coup monté au Lavadôme, qui apparemment avait visé à me faire disparaître de la circulation. Pourquoi est-ce qu’il avait fait ça ? A quoi ça pouvait bien lui avoir servi ? Il n’y gagnait rien. Est-ce qu’il avait une idée derrière la tête ? Je décidais de rester méfiante vis-à-vis de lui. Le doute me saisissait, et je refusais d’accorder une véritable importance à ce qu’il venait de dire.
Je ne lui répondis rien, parce que je n’en avais pas envie. Et puis, qu’est-ce que j’aurais pu répondre à ça ? Il attendait quoi de moi ? Que je lui saute dessus avec le cœur débordant de tout l’amour du monde ? Peuh. Laissez-moi une minute, que j’aille vomir un peu.
Ne sachant pas trop quoi faire, je décidais de l’ignorer et de reprendre mon chemin tranquillement. Je n’avais rien à lui dire, et sa compagnie de m’était nullement indispensable. Après un demi-siècle, il était retourné à l’état de quasi inconnu pour moi. Je ne connaissais plus ce Griffaran. Et je n’avais pas plus envie que ça de le connaître. Mais alors que je marchais, je le sentis me suivre et m’accompagner, tandis que le soleil descendait lentement vers l’horizon. Je tolérais sa présence, en silence. Je n’avais ni envie qu’il reste, ni envie de m’énerver aujourd’hui. Quand je parcourais ces ruines, j’étais dans un état de zenitude assez inhabituel, et je ne comptais pas laisser ce Griffanix tout gâcher.

-Heureux de voir que tu t’es en sortie. Et les autres ?
Les autres ? Quels aut… Oh. Oui. Je me souvenais que quand je m’étais enfuie, j’avais emmené avec moi Mïa et sa petite troupe d’esclaves, pendant que quelque chose de malsain frappait le Lavadôme. Je me demandais encore comment j’avais réussi à m’extirper de là indemne, en traînant derrière moi le groupe d’humains chétifs et maladroits. Il me semble même que je m’étais perdue à un moment. Mais je m’en étais sortie, et j’avais évité la noirceur qui planait dangereusement au-dessus de la demeure des gros écailleux. Sans demandé mon reste, j’étais partie, et les hominidés m’avaient suivie. Pendant un temps.
-Ça fait 50 ans. Ils sont tous morts.
J’avais parlé avec une indifférence non feinte. C’était la vie. Les choses naissaient et mourraient. J’en avais pris pleinement conscience au fil du temps. Leur mort ne m’attristait nullement : je les avais déjà presque oubliés. Il ne m’avait suivie que pendant quelques jours et avaient refait leur vie ailleurs. Et en plus… Mïa n’avait même pas été fichue de me donner des informations potables sur mon passé.

-Mais sinon, tu comptes me coller encore longtemps comme ça ? C’est pas que ta compagnie me dérange mais ; ta compagnie me dérange.
Je me sentais détachée de tout et un peu morose, et ma voix reflétait tout ça. Et je n’avais pas envie de me battre, ni de m’acharner. Je voulais juste qu’on me laisse tranquille dans ma petite vie, pour que je puisse profiter du soleil mourant à ma guise, sans qu’un oiseau presque aussi brillant que lui ne vienne troubler son repos nocturne.
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MessageSujet: Re: The Beauty of Dead Cities [PV Azurya]   Dim 29 Mai 2016 - 23:22




Évidemment qu'ils sont morts.
Leptonaz se trouva stupide de ne pas y avoir pensé plus tôt. Mais la bleue ne sembla nullement affectée par ses paroles, elle qui avait mis tant d’énergie et de temps à essayer de retrouver l'humaine qui l'avait élevée. L'oragné comprenait cela parfaitement, la mort des humains ne l'aurait pas affectée. Mais Azurya... Sans doute n'avait-elle jamais été du genre à se rouler par terre le cœur plein de tristesse, mais peut-être que lors de leur première rencontre, elle aurait réagi différemment à la mort de Mia. Azurya avait changé, c'était une évidence ; et pourtant, elle restait la même, et elle ne tarda pas de le lui rappeler.

Mais sinon, tu comptes me coller encore longtemps comme ça ? C’est pas que ta compagnie me dérange mais ; ta compagnie me dérange.

« C'est pas que ta compagnie me dérange ; mais ta compagnie me dérange. »... Bah tiens donc. J'avais oublié à quel point tu étais adorable toi. Non, en fait, tu n'as pas tellement changé, plume bleue.
L'amertume mordit le griffaran à la gorge, avec la froideur d'une tombe. Il était en colère, et le frêle réconfort qui avait commencé à s'installer en lui s'estompa quelque peu. Ce n'était pas à la bleue qu'il en voulait ; ce genre de réactions, il les connaissait très bien. Il était en colère contre lui-même. A quoi s'était-il attendu au juste ? Qu'Azurya lui propose d'aller faire une partie de chasse et de déguster un cerf rôti en se racontant des histoires à l'ombre d'une tour en ruine, histoire de fêter leurs retrouvailles ? Elle aurait sans doute préféré se jeter du haut d'un ravin.
Quel avait été le but de toutes ces recherches ? Il savait quelle serait la réaction de la bleue, et il se sentait maintenant idiot, mis devant le fait accompli.

L'orangé fut tenté de lui donner ce qu'elle voulait, et de s'en aller. La laisser là, dans son éternelle solitude, et d'aller se changer les idées au détour de quelque chemin montagnard ; mais dans le fond, il était encore trop en colère contre lui-même pour passer à autre chose, et cela, il le savait. Il sut alors qu'il n'abandonnerait pas de si tôt, car il refusait d’admettre que tous ses espoirs avaient étés vains. Azurya était ce qu'elle était, et cela, il ne pourrait sans doute jamais le changer. Mais il avait envie de retenir quelque chose de ces retrouvailles. De toutes les rencontres qu'il avait fait au fil de ses voyages, chacune lui avait enseigné une nouvelle leçon, et avait changé un tant soi peu le cours de son existence. Et celle-ci était vouée à se terminer après quelques phrases, avec tout le mal qu'il s'était donné pour l'obtenir ?
Non.
Il y avait encore tant à voir, tant à apprendre, tant à savoir, de la griffarante couleur de ciel. Et ce ne serait pas le caractère lunatique de l’intéressée qui le détournerait de son chemin. Et puis de toute manière, il était venu ici par ce qu'il aimait cet endroit, et il n'y avait aucune raison qu'il s'en retourne.

Dommage, il va falloir t'y habituer. J'ai l'intention de passer un peu de temps ici, alors si on pouvait coexister sans effusions de sang, ce serait un bon début.
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MessageSujet: Re: The Beauty of Dead Cities [PV Azurya]   Jeu 2 Juin 2016 - 0:33



Wsh attention, j'ai pas encore écrit la fin de mon RP avec Azansol, et ça en parle un peu; mais tu devrais comprendre. Amen.


-Dommage, il va falloir t'y habituer. J'ai l'intention de passer un peu de temps ici, alors si on pouvait coexister sans effusions de sang, ce serait un bon début.
Qui a parlé d’effusions de sang ? On sait très bien tous les deux que si on venait à se battre, tu me ferais crâmer en une fraction de secondes comme une gros lâche ; et que si j’en avais l’occasion, je pourrais te tordre la nuque d’un seul coup.
Et je commençais sérieusement à envisager cette solution. Pour changer, il commençait à me taper sur les nerfs. De vieux souvenirs refaisaient surface dans ma tête, accompagnés de discours interminables et de plumes orangées. Je levais les yeux au ciel. Si il voulait absolument marcher, il n’était pas obligé de le faire exactement au même endroit que moi, si ? Ces ruines étaient pourtant assez vastes pour deux !
Je continuais à avancer, m’enfonçant de plus en plus dans la forêt de murs écroulés et de pierres fissurées qui jonchaient le sol. Et le Griffanix me suivait toujours. Qu’il pouvait être agaçant ! Môsieur Piexievi avait décidé qu’il ferait sa petite balade nocturne à mes côtés, et je n’avais pas envie de partir à cause de lui – j’avais trop de fierté. Et, honnêtement, malgré mon désir de ne pas m’énerver, j’avais vraiment envie de lui sauter dessus et de lui arracher ses petites ailes de feu qui reposaient nonchalamment sur son dos.
Je sentis mes plumes se hérisser et, à l’endroit où elles rejoignaient mes écailles, une petite pointe fit pression sur ma peau.
Ah bah oui, tiens. Je t’avais oubliée toi.
Je ne savais même pas pourquoi ça m’était passé au-dessus de la tête. J’étais pourtant venue ici pour ça, à l’origine. Cette petite plume de Griffon avait fait plus me gêner qu’autre chose depuis que je l’avais acceptée. J’avais failli la perdre plusieurs fois, et j’avais fini par la coincée entre mes plumes et mes écailles, mais elle me dérangeait toujours un peu. J’avais donc prit la décision de voler vers les ruines, mon petit repère adoré, pour venir la cacher. Bizarrement, je ne me sentais pas de m’en débarrasser comme ça. Quelque chose me soufflait qu’il fallait que je la conserve quelque part. Ma petite plume à moi, dans mon repère à moi, dans une cachette à moi. Seulement voilà. Il y avait l’enflammé.
-Ecoutes, dis-je en m’arrêtant, j’ai un truc à faire, et ça ne regarde que moi. Donc si tu pouvais aller faire ton petit tour un peu plus loin, ça m’arrangerait.
Sur ce, j’arquais le cou pour atteindre l’endroit où j’avais positionné la plume qu’Azansol m’avait donnée. Je le saisissais entre mon bec et m’éloignait de Leptonaz. Je me dirigeais vers ce qui avait été une maison de pierre, mais qui maintenant avait perdu son toit et ne tenait que par quelques pans de murs.
Si tu me suis, je te tue.
Honnêtement. J’espérais qu’il avait assez de bon sens et qu’il comprendrait le sens de « laisse-moi tranquille ». Ce n’était vraiment pas le moment de jouer avec mes nerfs. Car si j’étais dans une période où je me sentais relativement calme et lasse, cela faisait plusieurs semaines que j’oscillais entre zenitude et rage incontrôlée sans que j’y puisse rien n’y faire. J’étais une boule de sensations sans cesse en mouvement, et même moi je ne pouvais pas prévoir ce que j’allais faire. Sur le chemin qui me menait aux ruines, j’avais quand même croqué un merle en deux parce qu’il était décidé à me coller d’un peu trop près. Bizarrement, ce cas de figure me rappelait quelque chose.
Je prenais soin de vérifier d’être seule avant de me mettre à la recherche d’une bonne cachette. Je finis par placer la petite plume sombre derrière une brique que je m’empressais de remettre en place. A peine fait, je commençais déjà à réfléchir à un moyen d’échapper à la glue qui me courait un peu trop sur le haricot. Sans savoir pourquoi, je sentais que cette histoire allait très mal finir.
Pense au merle, Leptonaz. Pense à ce pauvre merle.
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MessageSujet: Re: The Beauty of Dead Cities [PV Azurya]   Ven 3 Juin 2016 - 0:51





Quelque chose -sûrement son instinct de survie- intima à l'orangé de laisser Azurya tranquille, le temps qu'elle règle ses affaires. La plume qu'elle avait tiré d'entre ses écailles semblait avoir de l'importance, et Leptonaz s'en trouvait intrigué ; au point qu'il s'était retrouvé à pencher la tête de côté, comme le faisaient ces petits merles curieux. Parfois un peu trop, d'ailleurs.
Sans demander son reste, il bondit hors du chemin, et trois foulés plus tard, s'envola avec une gerbe d'étincelles. Son œil se posa sur la forme bleue qui évoluait au milieu des débris et des herbes folles ; mais l'ombre de son aile, soudain, s'approcha dangereusement de la griffarante, et il fit volte face, comme brûlé par celle-ci. Si Azurya venait à apprendre qu'il la survolait, il pouvait lui faire ses adieu.

Mais pourquoi veux-tu absolument la survoler ? Qu'est-ce qui cloche chez toi, Leptonaz ? Fous lui un peu la paix.
Un instant plus tard, il était de retour au sol, pensif. Sentant la faim commencer à lui prendre l'estomac, il se faufila au milieu d'un bosquet verdoyant, duquel il tira deux gros lièvres de leurs terriers. Deux gros lièvres qu'il avala goulûment, et deux autres encore, qu'il hésita à ramener à la bleue. Mais ce n'était peut-être pas une bonne idée. Il les épargna, et sortit du bois.

Une fois dehors, Leptonaz suivit l'une des anciennes routes pavées, qui s'avançait au cœur de la ville, pour arriver finalement sur une petite esplanade, juste devant les hautes tours d'un antique palais. La porte n'était plus depuis longtemps, aussi entra-t-il sans difficultés. L'endroit le plus curieux était cette pièce circulaire, couverte d'un dôme. Le temps avait bien fait son travail, mais les hommes avaient bien fait le leur aussi. Après toutes ces années, la peinture qui avait été appliquée sur la pierre avait en partie survécu, et il semblait qu'on avait jadis voulu peindre au plafond le ciel nocturne. Des orbes de métal étaient suspendus juste en dessous, de manière circulaire. Sur le sol fendu et couvert d'herbes, l'orangé trouva quelques objets métalliques – des restes d'objets métalliques plus exactement. Était-il dans la demeure d'un mage ? Il poursuivit sa visite, se demandant comment se pouvait-il que l'endroit n'aie toujours pas été pillé par un groupe de bandits quelconques. Peut-être avaient-ils peur ? Il finit par sortir, à travers l'une des grandes fenêtres à l'arrière du palais, débarquant aux abords d'un jardin, qui tenait aujourd'hui plus du terrain vague qu'autre chose. Il y avait là de nombreuses statues – brisées, pour la plus part – , toutes plus étranges les unes que les autres. Sans s'attarder, il bondit au dessus du muret, et s'en retourna. Un rapide coup d'oeil lui fit constater qu'Azurya n'était toujours pas revenue. Il espérait sincèrement que la bleue ne lui avait pas fait faux-bond, mais fut bientôt assuré du contraire, lorsqu'il entra par hasard dans la maison ou était allé la griffarante.
Celle-ci, occupée à farfouiller entre les briques, ne semblait pas l'avoir remarqué. Il recula, se voulant le plus silencieux possible, et sortit de l'ancienne habitation. Mais sa patte glissa alors sur une pierre lâche, qui, en dégringolant, en fit tomber une autre, dans un vacarme à réveiller tous les morts de la ville.

Et merde.
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MessageSujet: Re: The Beauty of Dead Cities [PV Azurya]   Lun 8 Aoû 2016 - 13:29



Qu’on soit bien d’accord. Il n’existait pas sur cette planète un être plus buté, plus stupide, et plus incommensurablement insupportable que ce fichu Griffanix. Que n’avait-il pas compris dans « Laisse-moi tranquille, je ne veux pas te voir. » ? J’avais pourtant été clair, non ? Est-ce qu’il fallait en plus que je lui fasse un dessin ?
Oh oui, un joli dessin sur ces murs en ruine, tracé avec un peu de sang de Phoenix transgénique. Ce serait parfait.
Mais je doutais que même avec ça, il comprenne. Il ne semblait simplement pas décidé à comprendre. Comme s’il était écrit mot pour mot dans ses veines : EMMERDE TON MONDE, BRISE LES PLUMES À CETTE PAUVRE AZURYA, ET FAIT TOI DEGLINGUÉ COMME IL FAUT EN RETOUR. Ce que j’avais réellement envie de faire. En le voyant là, figé sur place comme un oisillon qui venait de se faire prendre en pleine bêtise, mon sang se mit à bouillonner dans tout mon corps en me hurlant de lui sauter dessus et de l’égorger. Non vraiment. Je ne. Pouvais plus. Le supporter.
-Ok. J’en ai ma claque.
Si je ne m’en allais pas tout de suite, j’allais me faire aspirer par la part de folie qui vivait en moi, et tout allait très vite déraper. J’étais vraiment à bout ; alors, je décidais de prendre la bonne décision. Les plumes hérissées tout le long de mon dos, je m’approchais de l’emplumé Orange, les yeux baignés dans un feu ravageur. J’étais tellement énervée que j’aurais pu tuer une pauvre âme innocente si elle m’était tombée sous la patte à ce moment précis.
-Ecoute-moi bien, LEPTONAZ. Je t’ai dit que je ne voulais pas de ta compagnie, mais toi, qu’est-ce que tu fais ? Tu t’acharnes. Lâche-moi un peu, bon sang ! Je vais partir, là, tout de suite. Je vais m’envoler par là-bas, dis-je en pointant un coin du ciel du bout de mon aile, et tu ne vas pas me suivre. Parce que si tu me suis, je jure sur ma liberté que je ferais tout pour déchiqueter cette nuque duveteuse qui te sers de porte tête. Même si je dois y laisser la vie. Adieu.
Sur ce, je m’extirpais de la maison en ruine dans laquelle je venais de cacher la plume offerte par Azansol – Barzûl, même lui à côté, c’était de la rigolade en ce qui concernait ma tolérance à l’agacement ! J’ouvrais mes grandes ailes bleutées et me propulsais vers les cieux, sans un regard en arrière. Pour rien au monde je n’aurais voulu reposer une dernière fois mes yeux sur cette masse de plumes orange vif qui faisait tâche dans ce paysage morne et sombre.
Bon débarras.

Je m’élevais haut dans le ciel, disparaissant bientôt derrière la couche de nuages gris qui s’étaient amoncelés au-dessus des ruines. Je volais maintenant depuis une bonne dizaine de minutes, priant pour Leptonaz et moi-même qu’il m’ait pour une fois écoutée. Et, alors que je pensais m’être enfin débarrassée d’une plaie, je me retrouvais très vite flanquée d’une seconde.
Alors que d’habitude, je ne rencontrais absolument personne dans les cieux, mon chemin croisa rapidement celui d’une bande de Griffarans.
C’est pas vrai…
En me voyant, ils bifurquèrent vers moi et m’accostèrent sans me demander mon avis.

-Eh, toi, fit l’un d’eux. Viendrais-tu du Lavadôme ?
Un grognement s’échappa de mon bec.
-Nan.
-Dommage. Tu es une Griffarante solitaire, c’est ça ?
-Et toi un petit génie ? Bravo.
Les volatiles se concertèrent du regard tandis que la tension crépitait en silence entre nous tous.
-Nous allons donc te laisser, reprit-il après quelques secondes.
-Bonne idée.
-Mais avant, une dernière chose…
Quoi encore ?
-Aurais-tu par hasard croisé la route d’un Griffaran couleur des flammes durant tes voyages ?
Alors ça. C’était la meilleure. Si j’avais rencontré un jour un emplumé insupportable dont le seul but dans la vie était, semblait-il, de pourrir la mienne ?  Un rire moqueur remonta le long de ma gorge, mais il mourut lorsque mon cerveau se mit enfin à analyser les paroles de l’oiseau. S’il cherchait Leptonaz, ne venait-il pas du Lavadôme ? Et ses amis aussi, par la même occasion ? HA ! S’ils comptaient me ramener avec eux, ils pouvaient bien aller se faire voir.
Mais apparemment, ils ne semblaient pas me reconnaître. Je devais réellement passer pour une Solitaire, sans aucune attache à l’Empire Draconique. Ce qui ne semblait pas être le cas de Leptonaz… De ce que j’avais cru comprendre, il était parti lui aussi, et...
Ça pourrait être terriblement dommage pour lui si on le retrouvait… pensais-je avec mesquinerie.
Très vite, je m’empressais de m’extirper du petit groupe de Griffarans, en leur lançant une réponse à la volée.
-Vous le trouverez près des ruines, à quelques minutes de là. Dépêchez-vous avant qu’il ne s’évapore dans un nuage de fumée. Enfin, si ça se trouve, il est peut-être même en train de voler dans cette direction.
Cet imbécile buté.
Puis je repris ma route, satisfaite. Au fond de moi, j’espérais que le Griffanix aurait bien des embrouilles.
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MessageSujet: Re: The Beauty of Dead Cities [PV Azurya]   Jeu 25 Aoû 2016 - 12:11




Il y eut un éclair bleu, qui, quelques instants plus tard, se noya parmi les nuages. Azurya était partie.
Voilà. Bravo, imbécile heureux. On vas réitérer. Honnêtement, tu t'attendais à quoi ? De la reconnaissance ? De l'amitié peut-être ? Que croyais-tu pouvoir apprendre d'elle ? Tu savais très bien à qui tu avais affaire. Oh, tu as appris des choses. Tu as appris qu'il existe des êtres susceptibles et d'humeur massacrante en toute circonstance, et que tu avais un certain don pour pousser leurs nerfs à bloc – Azurya par exemple. Ah, et que tu étais infoutu de faire preuve de discrétion. Chouette. Dis donc Leptonaz, que de progrès ! Ca valait la peine de faire passer la bleue pour morte et de lui offrir sa liberté. De l'aider à retrouver son passé aussi. Et de risquer ta vie pour elle éventuellement. Et de la suivre comme un idiot au fin fond du vieil Uldam. Bon débarras va.

Après quelques moments, et passé sa petite crise existentielle, l'orangé se mit à marcher sans véritable but parmi les ruines, enflammant quelques herbes sèches au passage. Que pouvait-il bien faire désormais ? Il se rappela ce pourquoi il était venu jusqu'ici en premier lieu : pour se reposer, au calme des vieilles pierres et des arbres millénaires – il n'avait jamais été question qu'une emplumée givrée ne vienne croiser sa route et le mettre en rogne.
Il laissa les vieux chemins pavés l’entraîner, le perdre au milieu de dédale de pierre. Un rien de temps s'était écoulé lorsqu'il crut entendre un battement d'ailes au dessus de sa tête. Alors là, Plume Bleue, si c'est encore toi qui viens me faire une petite démonstration de ton intersidéral culot, ça risque de...

Un voix grave s'éleva derrière lui, bourrue et puissante comme un torrent de montagne.

Bonsoir Iwusiro.


L'orangée se figea sur place. Il ne connaissait pas cette voix, mais il connaissait ce nom. C'était le sien. Il se retourna, dévisagea l'individu – les individus, à vrai dire, puisqu'ils étaient deux. Aucun visage familier.

Je ne vous connais pas.

Bien-sûr que non, tu ne nous connais pas. Mais tu admets donc être celui que nous cherchons.

Je ne vois pas pourquoi je vous mentirait. Si vous connaissez ce nom, c'est que vous avez eu bien assez d'informations pour être en mesure de me trouver sans me demander gentiment de décliner mon identité. Qu'est-ce que vous voulez?

De l'or – mais ce n'est pas toi qui nous le donnera. Disons plutôt que ce sont tes... Arrières-petits neveux ? Ils sont prêt à payer cher pour ta tête d'enflammé, et nous allons la leur apporter, sur un joli plateau d'argent.

En moins de temps qu'il n'en fallut pour le dire, les deux griffarans s'étaient rué sur Leptonaz. L'un était vert sombre, l'autre noir. L'orangé roula au sol, se releva, et d'un battement d'ailes, envoya une salve de flammes à l'encontre du griffaran couleur émeraude, qui l'esquiva néanmoins (ou nez-en-moins, si c'était Voldemort).
Le face-à-face se transforma bientôt en une véritable tempête de plumes, de griffes, de becs et de flammes. Les mercenaires faiblissaient – les avait-on prévenu que leur ennemi était fils de phénix ? Le principal intéressé saignait méchamment derrière la tête et au niveau du poitrail, mais cela n'avait pas d'importance ; sans doute ses ennemis seraient-ils bientôt morts. Le noir fut le premier à tituber, le plumage en cendres. L'orangé en profita pour souffler un peu, et ce fut à ce moment là qu'un jaune fit son entré, rutilant comme un coq de basse-cour. Et Leptonaz reconnut le sang de son sang.

Salut tonton.


Siffla le jaune mielleusement.
Ledit « tonton » s’apprêtait à répondre par un autre jet de flammes, lorsque le vert lui bondit sur le dos, enfonçant ses serres entre ses côtes, perçant la chair de ses flancs – et l'écarlate coula à grandes eaux. Sur son plumage de feu, cela se voyait à peine, eut-il le temps de penser... Puis le jaune referma son bec carnassier sur son aile. Il y eut un craquement, une vive douleur, et un cri rauque qu'il ne put réprimer. Le sang, lui, continuait de couler. Leptonaz se retourna soudain, bloquant son adversaire sous son poids. Le vert n'eut pas vraiment le temps de réagir lorsque l'orangé referma l'étau de son bec sur les vertèbres fragiles de sa nuque.
Et déjà le jaune revenait à la charge.
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MessageSujet: Re: The Beauty of Dead Cities [PV Azurya]   Mer 21 Déc 2016 - 15:52


J’avais reprit mon vol solitaire depuis quelques minutes déjà, mais le tourbillon d’agacement et de confusion qui embrumait mon esprit ne semblait pas décidé à m’abandonner. Pourtant, déambuler dans les airs avait généralement le don de m’apaiser plutôt facilement – ne pas réagir comme je le faisais d’habitude augmenta donc mon énervement.
Pour me calmer, je tentais d’imaginer des scènes plaisantes dans ma tête. Un ciel bleu s’étendant à l’infini, sans personne pour entacher son manteau de pureté. Un océan noir teinté d’étoiles blanches qui tapissait la voûte céleste au-dessus de moi. Une forêt vierge et sauvage éveillée par le chant des animaux qui y vivaient. Leptonaz se faisant allègrement déchiqueter la nuque par une bande de Griffarans.
Mmh, quelle délicieuse vision. J’en frissonnais presque.
J’avais beau devoir être hautement redevable à cet individu orange, le temps écoulé depuis et mon côté immensément garce avaient fait que l’idée même de sa mort me réjouissais.
Je suis exécrable et malsaine.
C’était vrai. Et ça m’était aussi complètement égal. Je me délectais des images d’un Griffanix ensanglanté se battant du mieux qu’il pouvait contre un ennemi plus fort que lui, perdant peu à peu le liquide chaud qui le maintenait en vie, ainsi que le forces qui faisaient de lui un adversaire redoutable. Peut-être même que ses pouvoirs enflammés lui seraient inutiles. Oh, que ce serait agréable à voir.
Quoi que. J’éprouverais peut-être quelques regrets à l’idée que sa mort soit donnée par un autre que moi.
Mais oui, attendez une minute.
C’est à moi d’arracher la trachée à ce fils d’emplumée !

La haine que m’inspirait Leptonaz et la folie qui somnolait en moi s’éveillèrent simultanément.  En quelques secondes à peine, ma langue râpeuse réclamait le goût du sang, et mes serres se contractaient sur elles-mêmes, avides du contact si particulier de la chaire à vif brûlante. Mon cœur se mit à palpiter d’impatience, pulsant un sang impur et mauvais dans la moindre parcelle de mon petit corps bleu.
Vite, il fallait que je rejoigne Griffanix avant que les autres ne le trouvent et ne l’envoient au Lavadôme – ou pire encore, dans le Royaume des Morts. Encore que… Choisir lequel de ces deux endroits étaient le pire restait une réflexion qui méritait qu’on se penche lourdement sur elle.
Aussi lourdement qu’un dragon plein de kern écrabouillant les poumons de Leptonaz d’une simple poussée de la patte.

Rapidement, je faisais demi-tour et m’élançait à toute allure en direction des ruines que j’avais laissées derrière moi. A l’aide de grands battements d’ailes, je rejoignis assez vite les lieux, qui s’étaient couverts de nuages gris et tristes. Pourtant, ce fut relativement aisé de repérer l’endroit où se tenait le groupe de Griffarans : rugissements, grognements, et flammèches orangées parvenaient à percer la couche brumeuse qui masquait le sol.
Alors comme ça, tout ce petit monde était en train de se battre ? J’étais persuadée que c’était l’ex Pixievi contre le reste de la troupe ; cela ne pouvait pas en être autrement. Je comprenais mieux que personne les motivations que pouvaient avoir les Griffarans. Sûrement le demi-phénix avait-il eu le malheur d’ouvrir son bec une fois de trop ?
Mais, quoi qu’il en soit… Il n’était pas question de leur laisser la joie de dépouiller ce piaf à la langue trop pendue.
Sans aucune volonté de rester discrète, je perçais les nuages qui me séparaient de la terre ferme et fonçait vers le combat qui se déroulait sous moi.
Deux des trois Griffarans qui m’avaient accostée plus tôt étaient là, ainsi que Leptonaz, évidemment. Ce dernier maintenait au sol un individu verdâtre, tandis qu’un autre au plumage noir se tenait à l’écart. Je n’aurais su dire lequel des deux partis était en train de gagner, mais une chose était sûre… Il fallait que les autres meurent avant que je m’octroie ce qui m’était dû – plus clairement donc, la tête de Leptonaz.
Mon regard enclin à la folie fut rapidement attiré par un troisième volatile que j’avais manqué jusque-là. Ce qui était pourtant difficile, étant donné la violence avec laquelle ses plumes jaunes reflétaient le peu de lumière qui éclairait la scène.
Le piaf couleur poussin chargea soudain Leptonaz, aux prises avec l’individu vert. Alors, je repliais mes ailes contre mon corps et plongeais en piquet vers lui. Avant qu’il n’atteigne le Griffanix, je le cueilli au passage, l’arrachant avec force au sol, et le propulsant avec moi au loin. J’amortis ma propre chute sur son corps trop clair et profita du choc qu’il venait de subir pour le maintenir au sol à l’aide de mes serres et de mon propre corps.
-C’est MON futur cadavre !
Mon bec s’ouvrit dangereusement dans un cri strident, et mes plumes se hérissèrent à l’extrême. Je sentais déjà mon esprit basculer dans la folie et la soif de mort, et je ne pouvais rien faire pour l’en empêcher. Je ne voulais rien faire. A vrai dire, j’aimais ça. J’aimais perdre totalement le contrôle de mes pensées et de mes envies. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, ça donnait l’impression d’être plus libre que jamais. Et les Dieux seuls savaient à quel point j’aimais courir après la liberté.
Alors, je m’abandonnais sans résister à ma grande amie Folie. Pendant ce temps, j’avais l’occasion de réfléchir à des sujets complètement inappropriés dans cette situation. Comme par exemple, l’avenir des fourmis en ce monde. Allaient-elles finir par révéler leur véritable nature au monde entier ? Parce que, eh ; elles ne m’avaient pas dupée, moi. Je savais bien qu’elles cachaient un grand secret dans les profondeurs de leurs fourmilières. Elles étaient capables de bien plus que ce qu’elles laissaient croire. Je ferais mieux d’aller rendre visite à l’une de leurs reines, un de ces jours, pour leur proposer un plan d’attaque contre le Lavadôme. Qui sait, peut-être qu’elles aussi ont une dent contre les gros lézards volants ? Je suis sûre qu’ils ont dû posé leurs derrières sur bien des leurs, depuis le temps qu'ils existent.
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The Beauty of Dead Cities [PV Azurya]
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