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 Zanzan et Zuzu au pays des albinos - [PV le seul, le grand, (l'unique) Azansol]

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MessageSujet: Re: Zanzan et Zuzu au pays des albinos - [PV le seul, le grand, (l'unique) Azansol]   Dim 15 Mai 2016 - 15:01



Que JE t’ai foncé dessus ? Nan mais tu te fous de moi ?
Je faisais tous les efforts possibles pour obliger mes plumes à ne pas se hérisser. Mais une fois la première vague de colère passée, je me dis que ça ne servait à rien de déblatérer à ce sujet. Ca ne mènerait à rien. Je sentais que ça ne ferais que tourner en rond, et qu’aucun de nous ne finirai par gagner la bataille. Même si c’est moi qui avais raison.
J’avais fini par écouter d’une oreille relativement attentive l’histoire du drôle d’oiseau. Parce qu’il faut dire que je n’avais rien d’autre à faire. Et aussi parce que je devais avouer que je me posais quelques questions à son sujet. Je n’avais pas pu m’empêcher de le fixer avec toute la suspicion du monde : pour changer, son récit semblait complètement farfelu. Pourtant, il en ressortait quelque chose de fort, qui me donnait l’impression que ce n’était pas un comte inventé de toutes pièces.
Ayer. Il me retourne le cerveau.
Des Griffons ? Les Esprits ? Deux pères ? Je n’avais rien connu de la sphère familiale, mais je savais cependant que deux individus mâles ne pouvaient techniquement pas engendrer d’œuf. C’était à n’y rien comprendre. Si ses explications paraissaient couler de source pour lui, ce n’était pas la même chose pour moi. Un nom, cependant, avait retenu mon attention. En fait, le brun l’avait déjà évoqué, mais je venais seulement de me souvenir que ce Kirua ne m’était pas inconnu : un Griffaran haut placé qui dirigeait des missions à l’extérieur du Lavadôme. Le genre de personnage que je n’avais pas vraiment l’occasion de croiser. Mais je m’en fichais complètement. Tous les Griffarans, quels qu’ils soient, ne m’intéressaient pas. Ils étaient sûrement très bien là où ils étaient, et c’était tant mieux pour eux ; le Lavadôme était derrière moi, et je m’en réjouissais.
Même si c’était pour finalement me retrouver en compagnie de ce Griffon. En fait, les seuls membres de mon espèce avec lesquel je finis par avoir un semblant de socialisation se révèlent au final être autre chose que des Griffarans. La vie à vraiment un sens de l’humour pourri.

-Et toi ? C'est quoi, ton histoire?
HHHA ! La bonne blague ! Pourquoi ce piaf anormalement constitué avait-il le chic pour poser les questions brises-noix ? « Toi, qui penses-tu être réellement ? Qu’est-ce que tu fais dans la vie ? Raconte-moi donc ton histoire, petite créature bleue que je fais littéralement chier ».
Je vais te faire manger tes oreilles, tiens.
Oui, allons donc, ces oreilles. Je n’avais toujours pas résolut leur mystère. Même si j’essayais de les ignorer, elles attiraient mon regard comme la lumière attire les insectes, et cette fixette commençait sérieusement à m’inquiéter. Il fallait avoir un gros problème pour que la seule chose qui vous obnubile soit une paire d’excroissances à plumes qui se dressaient de toute leur hauteur sur le haut du crâne d’un drôle d’oiseau. D’ailleurs, en y repensant, la forme de ses oreilles avait très certainement un rapport avec le fait que ce soit un Griffon. Hm. Pendant un moment, j’avais eu le bref espoir d’avoir trouvé quelqu’un avec la même différence physique que moi. Mais je n’étais pas un Griffon.
Mais bon sang, qu’est-ce qu’on s’en fou ! Je les aime mes oreilles, et je bouffe les yeux de ceux que ça dérange. Cet oiseau à les mêmes, à la bonne heure ! Maintenant il faut arrêter de penser à ça. C’est presque ridicule.

J’étais réellement tentée par l’envie de ne pas répondre à cet Azansol. Mais dans mon cerveau, sa question résonnait comme un défi. Aurais-je le cran de m’ouvrir un tant soit peu, ou bien allais-je me terrer une fois de plus dans mon mutisme de désagréabilité ? En temps normal, j’aurai opté pour la seconde option : je détestais déballer ma vie, ou même simplement tenir une discussion normale avec quelqu’un. J’avais rejeté la compagnie des autres et tous les faux semblants qu’ils trainaient avec eux il y a bien longtemps déjà. Tout sonnait faux dans ce qu’ils disaient ; leur vie n’était qu’un foutu spectacle dans lequel ils jouaient leur propre rôle. Ils déguisaient tout : leurs paroles, leurs pensées ; ils enterraient leur vraie nature sous une tonne d’hypocrisie mensongère, si bien qu’ils n’y faisaient même plus attention. C’était triste, parce que j’avais fini par devenir comme eux. Et ça me dégoûtais tellement que je préférais ne plus rien dire de ce qui me semblait faux. C’est pourquoi je détestais faire la conversation à qui que ce soit : il fallait toujours broder, parler d’une certaine façon, respecter des règles que personne ne connaissait mais que tout le monde mettait en pratique. Je trouvais ça tout sauf naturel.
Cependant,  pour une raison qui m’échappait, je me voyais mal refuser une fois de plus de jouer à ce jeu qui n’en était pas vraiment un. Quelque chose me poussait à faire un effort – bordel, un effort !  Je me dis que le griffon s’attendait peut-être à ce que je ne réponde pas. Et je n’avais pas envie de lui donner raison. En plus… On était seuls au fin fond des montagnes. Je n’avais rien à perdre.
Si ce n’est ma fierté personnelle.
-Hum…
Barzûl, je n’étais pas une demeurée, je savais parler quand même ! Je réalisais en fait que je n’avais rien à raconter. Ma vie n’avait rien d’exaltant et, contrairement à Azansol, je n’en connaissais pas les origines. He. Qu’est-ce que j’allais bien pouvoir dire ? Que j’étais un pauvre œuf balancé dans les flots qu’une Hominidée à sauvé ? Qu’un joli poussin en était sorti, qu’elle avait tenté de l’élever, mais qu’elle avait fini sa vie misérablement lorsque les Griffarans l’avaient appris ? Que le petit poussin avait passé ses journées à supporter cette immonde prison qu’était le Lavadôme et tous ceux qui y vivaient ? Qu’il avait grandi sans voir le ciel, rejeté par tous sans aucune raison valable, et poursuivit par une mauvaise blague que la vie lui avait faite, le petit cadeau empoisonné et surnaturel qui l’avait obligée à se couper définitivement de ceux qui l’entouraient – pour peu qu’il y en avait ? Eh bah, oui. C’était ça mon histoire. Par tous les bouffons draconiques de cette terre, c’était pathétique.

-Une esclave du Lavadôme a récupéré mon œuf dans une rivière. Elle a essayé de m’élever mais les Griffarans sont venus me chercher. Ils m’ont… Ah non, ils ne m’ont pas élevée, eux. Ils s’en foutaient totalement.  Je n’étais qu’un futur petit chien à dragon, rien de plus. J’ai vécu toute ma vie sous la terre – imagine-toi vivre dans cette grotte pour les 50 années à venir, et tu verras ce que ça fait. Honnêtement, tu as le don de m’énerver, et je ne devrais pas te donner de conseil, mais là c’est un cas très sérieux : ne met jamais ne serait-ce qu’une plume là-bas. Même toi tu pourrais devenir zinzin.
Enfin… Plus qu’à l’heure actuelle.
-Et puis quand j’en ai eu l’occasion, je me suis tirée. Je me suis envolée par-ci par-là pendant plusieurs années. Et j’étais en route pour les terres enneigées quand tuuuuu, m’es rentré dedans – non, je n’en avais définitivement pas terminé avec cette histoire. Mais ça, ce n’est qu’un petit détail de rien du tout. Oh, et est-ce que j’ai mentionné mon aventure passionnante dans les cavernes des Montagnes Rouges ? Je devrais te la raconter un de ces jours ; un récit extraordinaire, vraiment.
Bon. Voilà. J’avais fini mon histoire. Finalement, ce n’était pas si terrible que ça. Je ne me souvenais pas avoir autant déblatéré de toute ma vie sur ma propre personne. D’habitude, je détestais quand les gens faisaient des monologues à rallonge comme ça. Mais bizarrement, j’avais réussi à en faire autant – enfin, il y avait pire, vraiment. Ma langue semblait même avoir pris goût à la parlote, puisqu’elle ajouta avec fourberie :
-Est-ce que tous les Griffons ont des oreilles comme les tiennes, ou est-ce que c’est juste toi ?
Mais hola, A-ZU-RYA. QU’EST-CE QUE TU FOUS. C’EST DINGUE CA !
-Non pas qu’elles me dérangent ; non, elles sont très bien. Enfin, ce sont des oreilles quoi. Mais je veux dire, c’est commun chez vous ? Ou bien t’es plutôt du genre ‘’le petit différent de la bande’’ ? Parce qu’en fait, elles me…
Non allez, stop, c’était assez ridicule comme ça. J’aurais très bien pu finir par dire « Tes oreilles me dérangent. Oui. Exactement. Tes oreilles. Ces petits bouts de toi qui gigotent mollement au-dessus de ta tête. Elles me perturbent tellement que j’en deviens dingue. Hahaha. »
-Elles me paraissent un peu grande. Mais quand je dis grande, c’est pas péjoratif hein. C’est, hum, joliment grand ? Du genre, grand mais avec style. Hehe.
Si j’avais eu une version miniature de moi à l’intérieur de mon cerveau, je pense qu’elle se serait bien volontairement arraché les plumes de frustration et de désespoir. Soit il y avait un gaz hallucinogène dans cette grotte, soit c’était l’eau de source que j’avais bue qui me rendait malade, mais je perdais complètement les pédales. Pour des oreilles. S’IL VOUS PLAIT. En fait, c’était une très mauvaise idée de m'être lancée dans les grands discours. J’avais réellement l’impression d’être ivre, comme les dragons quand ils se goinfrent trop de leur bouillasse tout pâteuse et immonde. Mon esprit virevoltait alors que j’étais en plein cœur de la montagne, écrasée sous une tonne de rochers. J'avais mal à la tête, et je peinais un peu à respirer aussi ; mais je n’arrivais pas à savoir si cette sensation était réelle, ou si je l’inventais de toutes pièces. Je commençais presque à croire que c’était le Griffon qui m’avait fait quelque chose. Mais au lieu de m'en inquiéter, je préférais rester plantée là comme un rocher, en fixant quelque chose qui n'existait peut-être même pas.
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MessageSujet: Re: Zanzan et Zuzu au pays des albinos - [PV le seul, le grand, (l'unique) Azansol]   Dim 15 Mai 2016 - 16:49

Et bien, elle en mettait du temps à répondre... J'avais continué à inspecter en large et en travers les parois de cette caverne, et la réponse mettait tellement de temps à arriver que j'en vins à me dire que j'allais être capable de mémoriser chaque détail infime de ces murs de pierre et de cristaux luisants. J'avais fouiné chaque petit recoin sombre, pris le temps de m'imprégner de l'atmosphère mystérieuse et calme de ces lieux... Maintenant, je n'avais plus rien d'autre à faire que d'attendre. Mon petit cœur d'aventurier martelait ma poitrine : j'étais impatient. Cette tempête m'avait piégé, j'étais coupé du monde avec pour seule et unique compagnie le plus charmante griffarante qui était d'ailleurs en train de me dévisager, ses yeux toujours fixés et attirés par ce qui semblait être le sommet de mon crâne. Je pouvais sentir son corps bourdonner, percevoir son irritabilité. Non, vraiment, elle était carrément bizarre. Je commençais un peu à cerner sa coquille de dure à cuire à la langue bien pendue. En revanche, je me demandais vraiment s'il y avait quelque chose qui clochait à tête, car son regard devenait de plus en plus intense et insistant à mesure que le temps s'écoulait. Son esprit semblait être en ébullition. Cela se ressentait dans l'air immobile.

N'ayant plus rien d'autre à faire, je me dirigeai vers la petite source qui s'écoulait toujours et inlassablement de ce petit tunnel, bien trop petit pour que je puisse m'y faufiler. Il ne me restait plus qu'à réfléchir sur le monde, puisque Mademoiselle la ronchonne ne voulait pas me répondre et préférait s'obstiner à fixer le haut de ma tête. Je me refroidis en imaginant qu'elle observait peut-être ma collerette, celle qui surmontait mon crâne. Puis je me rappelai le personnage et soufflai doucement du bec, écartant cette possibilité très saugrenue. Nous n'étions même pas encore en été, et même si le printemps était déjà arrivé depuis environ deux lunes, je n'avais toujours pas perdu mon plumage sombre d'hiver. Je soupirai. Cela allait être la catastrophe dans quelques semaines ; j'allais semer du duvet aux quatre coins du monde.

L'ennui était si présent dans cette grotte que j'en vins à me concentrer sur le mince filet d'eau qui s'écoulait du trou. Je me demandai jusqu'où ce petit tunnel menait. Voilà. Cette pensée venait tout juste de me perturber. J'avais envie d'être capable de traverser les murs pour suivre ce petit ruisseau. Il devait bien prendre naissance quelque part dans la montagne. Il s'agissait sûrement de neige fondue qui avait creusé ce petit chemin pour venir se déverser jusqu'ici. Magique, fantastique. En revanche, la couleur, la clarté si pure de cette source me semblait provenir d'une origine différente. Elle n'était pas sans rappeler les contes de Mileniah, la griffonne qui avait découvert la Source du Miroir, passage entre le monde des vivants et l'Univers Miroir. Je m'imaginai plonger la tête la première dans le bassin, retenir ma respiration longtemps, pour en ressortir de l'autre côté et me retrouver dans l'intemporel... Tous ces récits qui avaient forgé ma vision du monde et ma personnalité... Difficile de distinguer les légendes de la réalité. J'avais une patte de chaque côté. Depuis le début.

- Hum...

Je fis pivoter ma tête à un angle assez... Hallucinant, mais je venais d'entendre sa voix et elle allait finalement me répondre. Puis je fronçai des plumes. Rien d'autre n'était sortit du bec d'Azurya. Peut-être que je m'étais trompé, en fin de compte. Cependant, c'était assez amusant de voir un être éprouver des difficultés pour parler. Je la fixai calmement, sans broncher. Au moment où je plongeai une patte dans la source pour tester sa fraîcheur, elle se mit à parler pour de bon. À me raconter son histoire, et je vis très vite qu'elle faisait partie de ceux-là qui crachaient bien fort sur le Lavadôme, ses habitants, et son fonctionnement. Bien que je ne m'y soie jamais rendu, je pouvais comprendre qu'on ne supporte pas d'être forcé à travailler pour des dragons paresseux et profiteurs, et d'avoir à obéir aux ordres d'une bande de chefs, de sous-chefs, de capitaines toujours en train d'aboyer des règles à droite et à gauche. J'avais rencontré cinq visions du Lavadôme. Ceux qui l'adoraient. Ceux qui avait compris ses faiblesses, mais avaient foi en un futur meilleur. Ce qui n'y était jamais allés mais qui connaissaient de loin, comme moi. Ce qui n'en avaient jamais entendu parler. Et ceux qui le détestaient. Comme Azurya. Pour l'instant, je n'avais pas l'intention de me rendre dans cet endroit, sauf si besoin était.

Elle termina son petit récit par sa rencontrer avec un imbécile de griffon qui lui avait rentré dedans dans les Montagnes Rouges. Nan, je ne savais pas de quoi elle parlait, ça ne me disais rien, je me souvenais bien de quelqu'un qui m'avait rentré dedans. Par contre, un petit détail avait retenu mon attention, car elle avait mentionné les terres enneigées, et je supposai qu'il s'agissait de la Forêt de Glace, ou bien de l'Île de Glace... Le Nord Ouest en tout cas. J'affichai une mine sombre. J'allais peut-être devoir la prévenir qu'il n'était pas bien sage de s'y rendre en ces temps de troubles.

- Est-ce que tous les Griffons ont des oreilles comme les tiennes, ou est-ce que c’est juste toi ?

- Pardon ?! eu-je à peine de temps de m'insurger lorsqu'elle enchaîna directement.

- Non pas qu’elles me dérangent ; non, elles sont très bien. Enfin, ce sont des oreilles quoi. Mais je veux dire, c’est commun chez vous ? Ou bien t’es plutôt du genre ‘’le petit différent de la bande’’ ? Parce qu’en fait, elles me…

Elles te...? Avais-je envie de répondre, d'un air franchement vexé. Alors c'est ça qui te dérange ? Vas-y, dis-moi ce qui cloche, te gêne pas surtout. J'avais pris un air renfrogné et enfoncé ma nuque entre mes épaules. J'étais toujours allongé le long de la source, ma patte avant droite trempant dans l'eau claire. Ma queue fouettait l'air avec agacement. J'entrepris de remuer mes oreilles pour essayer de les voir, mais c'était impossible, aucun angle ne me le permettait. À priori, tout allait bien... Enfin, personne ne m'avait jamais fait remarqué quoi que ce soit la-dessus. Quand j'étais petit on les avait souvent trouvées jolies même, elles étaient grandes et belles, des oreilles parfaites. Mes vieux camarades m'avaient inspecté de long en large pendant mon enfance, lorsqu'ils avaient appris que j'avais été conçu différemment, et ils avaient été déçus de se rendre compte qu'à part ma taille relativement plus petite que la leur, j'étais en tous points semblable à un griffon. Nan, je n'étais pas différent des autres sur ce plan. Mes oreilles vont très bien, merci.

- Elles me paraissent un peu grandes. Mais quand je dis grandes, c’est pas péjoratif hein. C’est, hum, joliment grand ? Du genre, grand mais avec style. Hehe.

Aaaah, alors c'est ça qui te fais tant d'effet petite ? La fin de la phrase était nettement plus plaisante d'un coup. Je fis froufrouter mes oreilles pour voir sa réaction. M'am la Générale m'aurait bien remis à ma place pour ce genre de comportement déplacé. Mais M'am la Générale n'était pas là, et pouvais froufrouter autant que je le désirai. Je me hissai sur mes quatre pattes et secouait celle qui avait longtemps trempé dans l'eau tout en lançant un regard malicieux à Azurya.

- Joliment grand, tu dis ? J'aime bien.

J'allais m'asseoir quand un détail retint mon attention. Je cru que je rêvais. Mes yeux se firent gros. Je baissai lentement la tête pour regarder ma patte gauche. Elle était bleue. Oui, bleue. Bleue. Bleue et mouillée. Bleue. Je relevai brusquement la tête en regardant Azurya dans les yeux. Puis je regardai une nouvelle fois ma patte. Puis Azurya. Puis la patte.

- J'ai une patte bleue ! m'exclamais-je, effaré. C'est impossible!!!

Je me ruai vers la source avant de m'arrêter net. Non ! C'est cette eau qui m'a fait ça ! Je bondis vers le mur le plus proche et frottait ma patte contre la pierre tel un forcené. Rien à faire, ça ne partait pas. La couleur semblait avoir imprégné toute la zone qui avait touché l'eau. Non ! Je ne suis pas bleu ! Je continuai à frotter ma patte, mais sur le sol cette fois. À ce rythme, j'allais nettoyer toute la caverne. Mais pourquoi mon bec n'était pas bleu ? Ni celui d'Azurya ? C'était probablement parce qu'elle avait trempé dans l'eau plus longtemps. En tout cas, ça faisait très moche sur-moi. Je m'étalai au sol, déprimé, me demandant si j'allais être comme ça toute ma vie.

- Meeèeëêeuuzr... Suis bleu...

Je fermai les yeux. J'avais une drôle de sensation. Indescriptible. Comme si mes pensées étaient un peu en désordre.

- Faut pas que t’aille dans la Forêt de Glace... En ce moment il y a une malédiction, une entité puissante et dangereuse qui y fait régner terreur. Trop dangereux. grommelai-je, dépité. J'avais une patte bleue.
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MessageSujet: Re: Zanzan et Zuzu au pays des albinos - [PV le seul, le grand, (l'unique) Azansol]   Mar 17 Mai 2016 - 22:33


Une malédiction ? Mais qu’est-ce qu’il racontait encore ? Est-ce qu’il perdait la tête, comme moi ? Ou alors il ne l’avait déjà plus depuis bien longtemps. Et pourquoi est-ce qu’il parlait de la Forêt de Glace ? Ah, oui, c’était là où je voulais aller. Vraiment ? Je ne savais plus. Quoi qu’il en soit, il n’avait pas à s’en faire pour moi. Je gérais.
-Houlala. J’ai peur. T’inquiète le brun – enfin, le brun-bleu, haha –  les monstres gelés, j’en fais mon affaire.
Bah. Bien sûr. J'en avais aucun doute, venant de celle qui s'était faite coincée par une tempête de neige et qui avait failli y reste comme une abrutie. En fait, je pense que j'avais peut-être eu ma dose de monde glacé pour le moment.

Azansol était étendu par terre, et il semblait fortement ennuyé par ce qui venait d’arriver à sa patte.Je l’avais observé se frotter contre la roche comme un attardé, sans broncher. J'étais tellement à l'ouest que je ne comprenais pas ce qui n'allait pas. Il avait la patte bleue, et alors ? Il avait quelque chose contre cette couleur ? Si c’était le cas, je le… Je le… Je le quoi ? Je ne savais pas. Mais il n’y avait pas de quoi se mettre dans cet état. C'était comme si moi je commençais à péter un plomb pour des oreilles. Absurde. Pourtant, je sentais l’anormalité de la situation titiller mes sens engourdis. Quelque chose clochait. Je savais quoi, et en même temps, je n’en savais rien. C’était très étrange.
-Allez, détend-toi ! C'est très bien le bleu. Regarde mes plumes : bleues, comme l'azur. Tiens, d’ailleurs, c'est pour ça que je me suis appelée Azurya. Eh, tu trouves pas que ça ressemble un peu à Azansol ?
Mince alors. D'habitude, je ne balançais pas mon nom comme ça. C'était comme un petit secret que je ne dévoilais qu'occasionnellement, surtout depuis que j'étais loin du Lavadôme. Ça ne me ressemblait pas de parler de cette manière-là non plus ; avec un style presque enfantin, léger et sans une once de méchanceté. Ma langue semblait ne plus obéir à quelque volonté que ce soit. Il n'y avait plus de filtre entre mes pensées désordonnées et ce qui sortait de mon bec. Mais j'étais dans un état trop léthargique pour m'en soucier vraiment.
Je m'approchais d'Azansol et m’arrêtais en face de lui, le dominant de toute ma hauteur de Griffarante. De là-haut, j’avais une vue imprenable sur ses grandes oreilles duveteuses. Ha !, quand je repense à la manière dont il les avait agitées toute à l’heure. Gros frimeur. J’aurais bien voulu lui lancer une remarque méchante pour le remettre à sa place, mais l’idée s’était évanouie dans ma tête avant d’avoir eu le temps d’atteindre mon bec.    
Je résistais à l’idée d’aller jouer avec ces petits morceaux à plumes qui dépassaient de son crâne, et j’approchais ma patte droite de la sienne, qui avait changé de couleur.
-Eh ! T’es même plus bleu que moi.
Ça me faisait rire. Mais ça n’avait pas l’air de le faire rire, lui. Pff, rabat-joie.
Hey, c’est moi qui dis ça ?
Je débloquais complètement. Mais qu’est-ce qui me rendait comme ça bon sang ? Mes pensées étaient sans dessus-dessous, et j’avais l’impression que tous les points d’ancrage qui faisaient ma personnalité se brisaient. Je me demandais vraiment d’où venait le problème et, dans un ultime effort de concentration, je me souvins de la réaction du Griffon quand il avait voulu aller jusqu’à la source. C’était comme s’il avait eu peur de l’eau.
L’eau ? C’est l’eau qui nous rend bizarres ?
Depuis quand l’eau rendait fou ? Et surtout, depuis quand est-ce qu’elle changeait la couleur des plumes des pauvres Griffons qui osaient la toucher ? Cette source en plein cœur de la montagne avait été une des meilleures eaux que j’avais eu l’occasion de goûter. M’enfin, quand on repense à ce à quoi on avait le droit au Lavadôme… Mais même, je ne voyais pas en quoi ça pouvait être la source de nos problèmes respectifs. Et oui d'ailleurs, pourquoi est-ce que moi je n'avais pas changé de couleur en touchant l'eau, si c'était bien elle qui était responsable de tout ça ? Peut-être qu'il fallait avoir un contact prolongé avec elle, comme l'avait fait Azansol.
-Dis, tu penses que si je fais comme toi, ma patte deviendra verte ? Ou orange ?
Oh non, pas orange. Ça me rappellerai trop la lave bouillonnante qui rampait partout dans les souterrains draconiques. Et aussi le feu brûlant que les gros lézards crachaient quand ils étaient en colère, ou qu’ils voulaient juste épater la galerie. En fait, je n’avais pas trop envie de tenter l’expérience. En fait, plus j'y pensais, et plus je me disais qu'il fallait faire quelque chose. Cette situation me dérangeait beaucoup. Mais j'étais bien trop dans le flou pour tenter quoi que ce soit. Et puis de toute façon, ça finirai par passer, non ? Quand j'aurai évacuer toute l'eau que j'avais bue. Et puis, je m'en moquais, je n'avais pas changé de couleur, moi. Le Griffon se débrouillerait avec sa patte bleue. C'était bien fait pour lui, tiens.
Je ressentis soudain une grande vague de fatigue. Sans trop pouvoir lutter, je m'allongeais par terre en face d'Azansol. J'avais curieusement envie de dormir, alors que je ne voulais pas fermer les yeux et être vulnérable. Qui sait, peut-être que la patte du brun était devenue maléfique, ou quelque chose dans le genre ?
N'importe quoi...
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MessageSujet: Re: Zanzan et Zuzu au pays des albinos - [PV le seul, le grand, (l'unique) Azansol]   Mer 18 Mai 2016 - 15:38

Mais oui, c'est ça, t'en fais ton affaire. Tu viens de sortir du Lavadôme petite, si j'ai bien compris. Et t'as beau avoir l'esprit critique et ne pas pouvoir tenir ta langue, on verra si tu tiendras ne serait-ce que deux petites, minuscules secondes face à cette Ombre qui rôde dans la forêt. Je me remémorai la petite conversation que j'avais eue avec les soldats de l'Armée Aérienne. Il avait parlé d'une entité maléfique, une Créature de l'Ombre tout droit sortie de nulle part, dotée de noirs pouvoirs, d'une puissance sans égal. Je me demandais ce qu'en pensait Kirua. En avait-il entendu parler au moins ? Probablement. Il faisait partie des griffarans les plus haut-placés. Sûrement était-il au courant de quoi que ce soit. J'espère juste qu'il n'est pas en danger.

J'étais toujours affalé sur ventre. Mes plumes s'étaient ébouriffées tout autour de mon cou, ce qui devait me donner un air de gros tas vautré par terre. Je m'efforçai d'ignorer le regard d'Azurya. Non, je pensais plutôt à ma patte bleue, qui semblait fortement réjouir l'emplumée qui me servait de compagnie. Mais oui, mais oui c'est ça, c'est beau le bleue... Ça se marie vachement bien avec mon brun-noir. Et encore, j'ai toujours mon duvet d'hiver, tu vas voir, tu seras épatée quand tu verras le contraste immonde du bleu avec le brun-roux. Non, sérieusement, j'espère que cette horrible couleur allait disparaître de ma patte. J'aime bien le bleu, je n'ai rien contre. Sauf dans ces conditions.

-Eh ! T’es même plus bleu que moi.

Mais tais-toi... Avais-je envie de lui dire une bonne fois pour toute. Je croyais que c'était une sauvage, dans le genre méchante et pas bavarde. D'où tu te mets à me parler là. Laisse-moi dans mon mal. Mon mal incompréhensible. Pourquoi je suis comme ça. J'ai l'impression d'être un moi différent... Je me demandai si c'était pour ça qu'elle devenait un peu bizarre, la griffarante. J'ouvris le bec pour mettre au point ne théorie... Et puis je restai comme ça, le bec ouvert, à regarder dans le vide. Non, la flemme en fait. Je n'avais plus envie de rien faire. J voulais rester avachi ici, comme un vieux tas. C'était moi ou... J'avais sommeil ? Bon sang ! C'est quoi le problème avec cette caverne ? Un coup j'étais lucide, un coup j'étais dans les vapes. Un peu comme la fois où j'avais fait le pari d'avaler de champignons hallucinogènes, quand j'étais encore avec Ma'am la Générale. Et voilà, je recommence.

- Dis, tu penses que si je fais comme toi, ma patte deviendra verte ? Ou orange ?

J'essayai de lui dire de fermer son bec une bonne fois pour toute, mais un faible « Teouah tu as trop. » fut la seule chose que je réussi à souffler alors que je cessai de lutter contre l'endormissement. Mes paupières se firent lourde, et j’eu le temps d'apercevoir Azurya s'allonger devant moi avant de sombrer dans un sommeil de plomb.

* * *

J'ouvris les yeux. La première chose que je vis fut le plafond et ses superbes stalactites. J'avais l'esprit complètement embrumé. Ah oui, c'est vrai. La grotte. La tempête. L'emplumée. Je pris une profonde inspiration : ma tête me tournait encore un peu, pourtant je ne me souvenais pas avoir rêvé de quoi que ce soit. J'avais perdu la notion d'espace. Je roulais sur le côté pour m'étirer de tout mon long en poussant un couinement digne d'un poussin mal léché.

La notion d'espace me revient très vite lorsque je tombai dans le bassin. Je soulevai une gerbe d'eau qui alla s'écraser sur le sol dans la grotte. Ça y est, j'étais bien réveillé. Je me jetai contre un rebord y grimpai tant bien que mal, les yeux exorbités et dégoulinant de partout. Je ne ressemblais plus à rien maintenant, avec ma patte bleue, mon corps trempé, et le plumage qui me collait et me rendait tout maigre. Je me mis à grelotter. Je vais être tout bleu. Il faut que je sorte de cette caverne. Sans me retourner, je trottai jusqu'à l'abri de pierre où nous étions tombés, Azurya et moi. Ce ne fut qu'à ce moment que je réussi à me calmer et à reprendre mes esprits.




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MessageSujet: Re: Zanzan et Zuzu au pays des albinos - [PV le seul, le grand, (l'unique) Azansol]   Jeu 19 Mai 2016 - 20:55


J’étais à mi-chemin entre le rêve et la réalité. C’était une sensation extrêmement désagréable, mais je n’avais pas la force nécessaire pour faire pencher la balance d’un côté en particulier. J’avais très envie de sombrer pour de bon, mais en même temps, une part de moi luttait pour se réveiller. En fait, je voulais vraiment dormir. Dormir pour de vrai. Je me sentais terriblement mollassonne et épuisée.
Dodo…
Je commençais à partir lentement dans le vide de l’immatériel quand mon enveloppe physique sursauta. Un frisson parcouru ma peau sous mes plumes, qui paraissaient humides. Humides ? J’ouvris un œil avec difficulté.  Une furie brune sembla disparaître dans un coin, mais je n’étais pas sûre d’avoir bien vu.
-Mmrrrgggr.
J’étais réveillée. J’aurais voulu me rendormir. Mais la partie encore un minimum sensée en moi profita de mon inattention pour me secouer de toutes ses forces et m’obliger à me relever. Mon cerveau était tout embrumé, et j’aurais tout donné pour le laisser se reposer tranquillement. J’observais mes plumes mouillées, et je me souvins alors avoir entendu un énorme bruit d’éclaboussures avant d'émerger. Je tentais de remettre les pièces du puzzle en ordre pour comprendre ce qui venait de passer, et je fis très vite le lien avec le brun. L’emplumé. Celui qui m’était rentré dedans. Et qui m’avait réveillée.
J’avais envie de grogner. Il était parti comme un gros peureux et m’avait laissée en plan. Pourquoi avait-il fuit ? Hein. Il avait sûrement eu peur de l’eau, ou bien d’une bestiole qui lui grimpait dessus. Ou alors, la vue de sa patte bleue lui était définitivement insupportable, et il avait décidé de mettre fin à ses jours.  De toute façon, je m’en moquais. Qu’il foute le camp ! Il pouvait bien aller se faire emporter par la tempête. Il m’avait réveillée. Hmgn.
Bizarrement, je n’avais pas envie qu’il s’envole. Je voulais lui faire payer. J’étais à cran, et dans une humeur bien différente de celle de toute à l’heure. J’avais l’impression que j’en faisais des tonnes pour rien, mais je m’en foutais. Je ne fonctionnais toujours pas comme il fallait. Je m’avançais vers la source, les idées pas très claires. Sans réfléchir, je plongeais mon bec dans l’eau, grand ouvert pour prendre un maximum de liquide à l’intérieur. Je me redressais pour faire demi-tour et partir rapidement à la suite du piaf dans le tunnel. Direction : la sortie. L’idée de retrouver l’air libre me plaisait énormément. J’espérais pourtant que le brun n’avait pas quitté la montagne. Et s’il l’avait fait, je l’aurais suivi. On se débarrassait pas de moi comme ça. Ha !
J’arrivais rapidement à la plateforme qui nous avait vus nous écraser il y a, quoi, des minutes ? des heures ? Je ne savais pas très bien. Azansol était là. J’avais l’impression que la brume qui couvrait mes pensées commençait à s’éparpiller un peu, mais je continuais de me laisser guider par la force invisible qui me forçait à agir. Je me dépêchais de m’approcher de lui avant qu’il ne s’en aille définitivement ; je ne faisais attention à rien autour de moi. Une fois que j’eu sa joli petite tête d’emplumé en face de moi, mon corps agit de lui-même : j’ouvris le bec avec un mouvement synchronisé de ma tête et de ma langue, et toute l’eau que j’avais gardée à l'intérieur vola jusqu’à atterrir sur la tronche de l’oiseau.
-Tu m’as mouillée. Et tu m’as réveillée.
Je commençais à réaliser que ma réaction était stupide. C’était un peu ridicule aussi. Moi, on m’aurais fait ça, j’aurai pété un plomb. Je reprenais peu à peu mes esprits, et je me rendais compte de ce qu’il s’était passé. Eh, et si ma langue allait devenir bleue elle aussi ? Oui, tiens, cette histoire de couleur, c’était quand même bizarre non ? Il y avait quelque chose de pas très clair dans cette montagne. Mmmm… Je n’aimais pas trop tous ces trucs paranormaux. J’avais déjà donné niveau sortilège !
Peut-être qu’il fallait que je m’excuse auprès d’Azansol ? J’avais agis sous l’effet de ce qui se cachait là-bas. Eh, non. Je m’excusais pas moi. Et puis, il m’avait quand même réveillée, alors que je voulais rester somnoler tranquillement dans mon coin - OK, j'étais pas complètement endormie, mais quand même. Et puis d’abord, pourquoi il était parti ? A l’extérieur, l’orage semblait toujours battre son plein, mais les vents paraissaient moins violents. Ce n’était quand même pas le bon plan de tenter une envolée sur un coup de tête.
En parlant de tête. Celle du Griffon était toute mouillée. Est-ce qu’il allait mal réagir ? Je comprendrais si c’était le cas. Si j’avais été à sa place, je me serais traînée par les oreilles jusqu’à la source pour m’y noyer. Il avait le droit d’essayer.
Mais mônsieur le Griffon, sache que la Griffarante que je suis a les mêmes serres que toi. Et je n’hésiterais pas à m’en servir ! Même pour tes beaux yeux jaunes, ou tes jolies oreilles de mâle qui se la pète grave.
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MessageSujet: Re: Zanzan et Zuzu au pays des albinos - [PV le seul, le grand, (l'unique) Azansol]   Ven 20 Mai 2016 - 21:12

Je me calmai, tandis que la raison me revenait petit à petit. Le nuage de pensées floues se dissipa, lentement mais sûrement, dans mon esprit. Je m'efforçai de respirer profondément et régulièrement : j'avais beau me trouver au cœur d'une montagne froide, j'éprouvais une chaleur épouvantable, à en croire que l'eau dan laquelle j'étais tombé m’avait brûlé tout le corps, à l'extérieur et à l'intérieur. Quand je sentis que mon cœur ralentissait et que les battements se faisaient moins forts, je m'allongeai à nouveau, tout doucement, sur la couche de neige durcie qui tapissait l'entrée de la caverne, en étirant mes pattes avant de toute longueur, traçant des des sillons sur le sol. Calme, je suis calme, tout va bien, je ne suis plus dans cette caverne maudite. J'avais envie d'y retourner, et dans le même temps, je voulais sortir d'ici à tout prix. Je ne comprenais pas ce qui clochait avec cette grotte, mais j'avais raison de penser que les Grands Esprits, les Esprits des Dragons, ceux des hommes où bien n'importe quelle entité créatrice en était à l'origine. C'est pourquoi je pensais qu'il fallait mieux que je m'en aille.

J'avais laissé la griffarante, Azurya, dans la caverne. Tant mieux : nous avons largement eu le temps de faire connaissance vu le peu de choses que nous avions à nos dire, et j'étais prêt à m'éloigner d'elle et des mauvaises énergies qu'elle dégageait. Traîner avec des gens aussi exécrables, ce n'est pas bon pour le moral, ni pour la santé. Je jetai un œil dehors. C'était moi ou bien le blizzard s'était calmé ? J'entendais toujours le vent siffler entre les crocs de pierre qui formaient l'entrée de la caverne, mais le son semblait moins violent que lorsque je m'étais retrouvé ici pour la première fois, avec l'autre mal léchée. Je me relevai : mes membres ne tremblaient plus, mais j'avais toujours la patte bleue. Je soupirai en espérant que l'effet s'en irait aussi vite qu'il était arrivé, ou bien j'irai trouver quelqu'un qui saurait me débarrasser de cette couleur. Pas question de me promener au beau milieu du Royaume avec une patte bleue !

Sans hésitation, je me dirigeai vers la sortie de l'abri et m'arrêtai. Sur le point de pencher ma tête pour sentir la fraîcheur de l'eau et jauger la force et la direction du vent, j'entendis un mouvement derrière-moi et me retournai pour voir Azurya émerger de la grotte. Tiens, elle aussi, elle ne supporte plus cet endroit. Je lui trouvais un drôle d'air ; c'est alors qu'elle ouvris le bec, et que je reçu un jet d'eau dans la figure. Par réflexe, je mis mes oreilles en arrière, fermai les yeux et retins ma respiration, tout en espérant qu'aucune goutte d'eau ne rentrerai par ma narine. J'attendis qu'elle finisse de m'asperger de son eau -et de sa mauvaise foi- pour me retrouver debout, la nuque rentrée dans mes épaules, la tête dégoulinante. Je sentis le froid commencer à geler mes oreilles et les gouttelettes autour de mes yeux que je rouvris très vite.

- Tu m’as mouillée. Et tu m’as réveillée.

Sur l'instant, je restai immobile, ressentant la chaleur de la colère se diffuser depuis ma poitrine et remontant jusqu'à ma tête. Je savais que crier et s'énerver n'était pas ne bonne chose et que cela ne servit à rien, mais cette griffarante me tapait sur les nerfs. Je maudis sa jeunesse revêche qui à n'en pas douter lui coûterai bons nombres de problèmes à l'avenir. Elle ne pensait qu'à elle, elle n'avait pas réfléchis une seule seconde en faisant cela. Finalement, je laissai mon agacement éclater au grand jour.

- Espèce d'abrutie ! Ça t'arrive de réfléchir ? J'étais en train de sécher, et toi, la meilleure chose que tu trouves faire c'est m'asperger de l'eau au visage, quitte à humidifier les endroits les plus sensibles sans que je puisse empêcher le froid de me geler les yeux, les oreilles et le bec, tout ça parce que oh, pauvre petite a été réveillée dans son sommeil. Tu sais que ça peut-être dangereux de faire ça ? Et après ça clames haut et fort que ça veux parcourir le monde et que tous les habitants du Lavadôme sont des vauriens, et ben tu sais quoi, apparemment tu ne vaux pas mieux que. Vu comme comment tu te comportes ça m'étonnerai que tu arrives à trouver ta place dans les monde des Libres. Regarde-toi, tu es à peine sortie du Lavadôme et tu fonces tout droit dans un blizzard. Tu te prends pour qui, la reine du monde peut-être ? Oui, je me permets de te faire la morale, parce que contrairement à toi, j'ai toujours vécu libre et sauvage, et contrairement à l'illusion que tu sembles t'en faire, la vie n'est pas plus rose qu’autre part, pas même plus que dans les tunnels froids où tu as vécu toute ta vie. C'est la loi du plus fort ici, la jungle, nous sommes tous des vautours, et c'est à qui s'en sortira le mieux. Je veux bien croire que tu n'aies pas supporté de vivre plus longtemps dans des grottes et des cavernes, mais si tu t'es échappée en pensant que tout serait mieux et plus facile dehors, tu t'es trompée.

Je repris ma respiration. Ça ne m'étais pas arrivé souvent de me montrer aussi méchant et froid dans mes propos : d'habitude, j'y allais avec plus de tact. J'en éprouvais un certain remord, même si en soi je n'avais rien fait de mal. Je ne désirais qu'une seule chose : reprendre ma route en direction de l'Océan Intérieur. Je tournai le dos à la griffarante bleue, mais lui lançai un dernier regard.

- Jusqu'ici, j'avais toujours fais des rencontres courtoises avec des inconnus solitaires. Mais je n'ai jamais rencontré quelqu'un d'aussi désagréable que toi. Quand on croise un étranger dans la nature, la moindre de choses, c'est de se montrer poli. Continues comme ça, et tu vas te retrouver avec tout le Royaume sur le dos en un rien de temps. Ravi de t'avoir connue, Azurya.

L'instant d'après, je décollai du sol d'un bond puissant et me retrouvai dans les airs. Je décidai de prendre de la hauteur et constatai que je volais sans trop de difficultés. Au dessus de moi, j’aperçus un trou bleu. Parfait. Ça doit mener au-dessus des nuages. J'empruntai ce passage, contraint de battre des ailes, et finis par me retrouver sous le soleil qui réchauffa instantanément mon plumage. La sensation était délicieuse, et je trouvai même un courant d'air chaud qui menait tout droit dans la direction de l'Océan Intérieur. Je cessai de battre des ailes et me laissai planer au-dessus des nuages. Avec un peu de temps, ma mauvaise humeur se dissiperait.
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MessageSujet: Re: Zanzan et Zuzu au pays des albinos - [PV le seul, le grand, (l'unique) Azansol]   Dim 22 Mai 2016 - 17:40



Je sentais mes plumes se hérisser et se rabaisser à l’infini sur tout mon corps. Mais quel…quel… Houuuu ! J’étais en train de subir un cocktail explosif de frustration, de colère, de vexation, et de… Je ne savais même pas de quoi. De tout. J’avais envie d’exploser en un trilliard de petits morceaux, de m’éparpiller aux quatre coins du monde, et de brûler chaque parcelle de terre que je rencontrerais. Et si je pouvais tomber sur cet oiseau de malheur, j’en serais quadruplement satisfaite. J’espérais qu’il se fasse emporter par le vent et que son petit corps d’emplumé se fracasse contre les rochers. Mais quand il prit son envole, il réussit à s’extirper de là et à rejoindre les hauteurs sans encombres.
Il s’était pris pour qui ? Mon père ? Ha ! Je n’en avais rien à faire de ce qu’il pensait. Qu’il aille au diable. Je n’étais pas du genre à accorder de l’importance à ce qu’on pensait de moi.
Alors pourquoi ça te met dans un tel état, grosse maline ?

Je commençais à tourner en rond en piaffant, donnant au sol blanc une allure de terre retournée. Je n’avais qu’une envie : suivre l’exemple d’Azansol et gagner le ciel, avec ses courants d’airs légers et son infinité à perte de vue. Sans trop réfléchir, je m’extirpais d’ici puis me projetais vers le haut en battant des ailes. J’eu un peu de mal à prendre de la hauteur, et même si une bourrasque me fit une petite frayeur, je réussis à percer les nuages sombres qui couvraient la montagne.
C’était un vrai bonheur de retrouver le calme des cieux, l’air pur et frais, la couleur azure qui enveloppait le monde. Toujours à cran, je laissais mes ailes m’emporter dans une cascade de pirouettes aériennes et de plongés en piquet. Au bout de quelques minutes, je me sentais beaucoup plus détendue. J’avais l’impression que mon cerveau était lavé de toutes les interférences qui m’avaient envahie dans cette maudite grotte, et ma colère s’était un peu calmée.

Je reprenais un vol régulier, en planant à moitié, et je me rendis compte que je prenais la direction que le brun avait prise.
Ah non !
J'aurais voulu faire demi-tour, mais ma conscience, cette sale fourbe, m’en empêcha. C’était vrai, ce qu’Azansol avait dit. J’avais été stupide, depuis le moment où je m’étais jetée tête baissée dans cette traversée des montagnes. Mais il fallait dire ce qui est : tout ce que j’avais fait dans cette caverne, je ne l’avais pas fait consciemment. Il y avait une force bizarre qui y régnait, et je n’étais pas du tout dans mon état normal. En somme, ce n’était pas vraiment tout à fait uniquement et complètement de ma faute. Mais il est vrai que le Griffon aurait pu faire bien pire qu’essayer de me remonter les bretelles avant de s’en aller. Même si, bizarrement, j’aurais préféré qu’il fasse toute autre chose, sauf ça. Parce que même si je trouvais qu'une bonne partie de ce qu’il avait dit était fausse et infondée, il y avait quand même une part de vrai dans tout ce qu’il disait, et ça me restait en travers de la gorge.

Alors que je filais dans le ciel à un rythme régulier, mon regard se posa sur une tâche brune au loin, un peu en-dessous de moi. Je ralentis mon allure, et je levais les yeux au ciel en pensant à ce que j’étais sur le point de faire.
Tu te ramollis, bleuette.
J’inclinais légèrement les ailes pour me rapprocher du Griffon qui planait nonchalamment à la surface des nuages. J’en profitais pour observer son apparence un peu plus en détails : ses larges ailes recouvertes de plumes s’étendaient de tout leur long au-dessus du vide, et sa longue queue duveteuse traînait derrière lui. Je faillis presque sourire d’ironie en voyant ses oreilles flotter au vent. Je perçu ensuite la petite teinte bleutée qui avait recouvert le sombre de sa patte avant.
-Eh ! Hum…
Barzûl, qu’est-ce que je foutais… J’aurais dû m’en aller très loin, à l’opposé, laisser toute cette histoire loin derrière. J’étais quand même pas venue jusqu’ici pour m’excuser, si ? Non. Du moins, pas comme on pourrait le penser.
-Je sais que je suis une méchante fille qui ne pense qu’à moi et tout ça, mais je peux peut-être faire un truc pour ta patte.
Hmn. Trop de gentillesse. En plus, j’étais même pas sûre que ça marche. Tant pis. On verra bien.
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MessageSujet: Re: Zanzan et Zuzu au pays des albinos - [PV le seul, le grand, (l'unique) Azansol]   Dim 22 Mai 2016 - 18:55

J'étais plus détendu que quelques minutes auparavant. La chaleur du soleil avait fait son effet sur moi : j'étais calme, j'avais remis de l'ordre dans ma tête. J'avais le loisir de me perdre dans mes songes, vu que les courant d'air chaud qui me poussait plein est m'autorisait à survoler les nuages sous fournir de gros efforts. Les ailes grandes ouvertes, captant les rayons solaires, je traçais tout droit en direction de l'Océan Intérieur. À moi la liberté. Mes pensées dérivèrent sur ce que j'allais faire une fois arrivé près de la côte sauvage. Traverser la grande étendue d'eau salée une nouvelle fois ? Ou longer les falaises en direction du nord ou du sud ? Quoi qu'il en soit, je comptais bien m'arrêter et profiter de la plage et des marées pendant plusieurs jours voir semaines. J'adorais cet environnement : le bruit des vagues, la vie au rythme des marées et des plats délicieux -ou affreusement immondes- qu'elles offraient. Il y avait plein de petites choses à découvrir sur les plage de l'Océan Intérieur, et je savais que je n'en avait vu que la face visible de l'iceberg. Je pestai de ne pas posséder la vision sous-marine et les excellentes capacités respiratoires dont les dragons étaient dotés ; j'aurais adoré explorer les fonds marins. Rien qu'à voir ce qu'il y avait à la surface, le dessous n'en était que plus attirant.

J'avais le choix entre continuer à rêvasser d'une vie idyllique au bord de la mer, ou piquer un somme. Si la chaleur des rayons du soleil avait réussi à faire disparaître ma mauvaise humeur, elle avait également un effet soporifique sur mon corps. Ma tête commençait déjà à dodeliner à gauche et à droite, et mes paupières se faisaient très lourdes. J'allais probablement opter pour la seconde option ; je n'avais qu'à câler ma tête entre mes épaules, à m'assurer que le ciel était sans danger, et à me laisser sombrer dans le sommeil. Comme ça, voilà. Voilààà...

Allez, endors-toi... Allez... Voilà que je n'arrivais pas à m'endormir, alors que j'étais mort de fatigue. Je me demandai ce qui clochait et d'où venait ce caprice de Monsieur Corps. Peut-être que c'était la patte qui faisait travailler mon inconscient. J'y jetai un coup d'oeil rapide : toujours aussi bleu. Je poussai un soupir de lassitude. J'étais là dans le ciel, aux dessus des nuages, à des centaines de longueurs de queue au-dessus du sol, avec une patte teinte en bleu et un cerveau qui faisait des siennes semblait catégoriquement refuser m'accorder ne serait-ce que le moindre instant de répit -alors que je mourrais d'envie de dormir.

Je sentis le vent changer derrière moi ; il se faisait plus faible. Un petit bruit sec me fit comprendre que j'étais suivi, alors je tournai la tête, et Ô quelle ne fut pas ma surprise de voir les yeux vairons d'Azurya posé sur moi. Enfin, sur mes oreilles.

- Eh ! Hum...

Oui ? Qu'est-ce que tu veux? Et bien vas-y, crache ton morceau. Je n'aurais pas pu tomber plus bas. Voilà que la griffarante la plus aimable du monde s'ajoutait à mes petits soucis personnels. Pitié, je ne veux plus avoir affaire à ses piques et ses commentaires cinglants. J'avais envie de lui dire : Laisse-moi tranquille, va embêter quelqu'un d'autre avec ta méchanceté ! Mais au lieu de cela je continuai à la fixer. Je commençai d'ailleurs à avoir mal au cou, à force de voler dans cette position inconfortable.

- Je sais que je suis une méchante fille qui ne pense qu’à moi et tout ça, mais je peux peut-être faire un truc pour ta patte.

Aha. Oho. En voilà, une chose intéressante. Mais je commençai à douter d'elle. Sûrement attendait-elle quelque chose en retour ? Je n'avais en rien envie d'avoir une dette envers elle. Quoique c'était plutôt elle qui avait une dette envers moi, en fin de compte, après la manière dont elle s'était comporté au sol. Je détournai la tête, fixant quelques instants mon regard sur l'horizon et le soleil dont les rayons n'allaient pas tarder à embraser l'atmosphère vu sa position dans le ciel encore azur. Je réfléchis un peu avant de lui répondre.

- Très bien. Que ce soit clair, je ne sais pas ce qui me vaut cette soudaine proposition de m'aider, mais j'espère que tu n'as aucune arrière pensée dans le crâne. Rien ne m'oblige à te croire, mais je vais essayer, parce que je n'ai pas envie de passer pour la risée de mon clan, et surtout des griffons de mon âge. Maintenant, j'espère que tu ne me racontes pas n'importe quoi. Et si on doit cheminer ensemble pendant une durée indéterminée... Et bien soit tu te montres polie, soit tu fermes ton bec.

J'espérais que le message était clair.

- Maintenant, dis m'en plus. En quoi est-ce que tu peux m'aider à me débarasser de cette couleur?
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MessageSujet: Re: Zanzan et Zuzu au pays des albinos - [PV le seul, le grand, (l'unique) Azansol]   Lun 23 Mai 2016 - 2:13



Au début, je pensais qu’il n’allait même pas me répondre. Qu’il allait continuer à voler en m’ignorant, ou en boudant, on pouvait le prendre comme on veut. Eh bah, ce serait temps pis pour lui ! Ce n’était pas moi qui avais un problème pigmentaire. Il aurait qu’à se débrouiller tout seul, comme le grand Griffon expérimenté de la vie qu’il était.
Mais il me répondit tout de même. Pas avec la plus grande joie du monde, certes, mais il fallait s’en douter. Ma fierté fut un peu piquée au vif quand il me soupçonna de comploter dans le but de pouvoir lui demander quelque chose en retour. Non, ce n’était pas du tout mon genre. Je détestais autant qu’on me soit redevable que moi-même je le sois. Ca impliquait trop d’attaches entre les gens, et je n’aimais pas ça. La seule raison pour laquelle j’avais décidé de l’aider, c’était… Heu. Je ne savais pas trop. Demandez à ma Marraine la Bonne Conscience, qui adore me jouer des petits tours de temps en temps.
Azansol paraissait encore énervé, et je n’aimais pas trop la manière dont il me parlait, comme si j’étais un poussin qui n’en faisait qu’à sa tête. Je n’étais pas du tout comme ça. Si ? J’avais quand même un minimum de raison, et ce n’était pas ma faute si des fois je ne réagissais pas comme je le devrais – surtout dans cette grotte là-bas, par exemple. Je ne voulais faire ma victime, mais la seule chose qu’on m’avait enseigné en terme d’éducation, c’était « Redresse-toi et écoute bien. Soit une bonne Griffarante pour les Dragons ». J’avais toutes les raisons du monde de vouloir profiter de ma liberté et de faire un peu comme je voulais. J’avais le droit de vivre l’adolescence que je n’avais pas eue.

-C’est bon Monsieur Rancunier, ça ne prendra qu’une minute. Tu ne seras pas obligé de me supporter bien longtemps. On peut même faire ça en volant si tu veux.
Enfin, si ça fonctionnait. Je n’étais même pas sûre de moi. Déjà, je n’avais jamais utilisé mon petit côté magique de mon plein grès. Et du coup, encore moins pour ce genre de choses. Est-ce que ça, ce serait considéré comme une quelconque blessure ? Après tout, ça réagirait peut-être comme une anomalie physique, et donc, ça pourrait marcher. Honnêtement, Anzansol avait de la chance d’être tombé sur cette couleur bleue. Si ça avait été autre chose, je n’en aurais pas voulu.  Mais là, ça passerait presque inaperçu sur moi. Et si ça se voyait trop… Bah, je n’étais plus à ça près.
Générosité, maître mot du moment.
Maintenant que j’avais dit au Griffon que je pouvais faire quelque chose, j’avais l’impression que je n’avais pas le droit d’échouer. J’aurais l’air bien bête si ça ne fonctionnait pas, tiens. Je réfléchissais rapidement à des alternatives à lui donner, histoire de ne pas être trop ridicule.
-D’abord, je dois te dire que je ne suis sûre de rien, alors si c’est un échec, beh… Désolée. Tu pourras toujours chercher un mage ou quelque chose dans le genre. Ou bien… Aller voir les médecins du Lavadôme, ajoutais-je en serrant le bec. Ensuite, non, je n’essaye pas de te jouer un mauvais tour pour pouvoir profiter de toi ensuite. Je ne suis pas fourbe à ce point. Et dernière chose. Je ne peux pas trop t’expliquer mon projet, parce que tu risques de me prendre pour une folle – si c’est pas déjà fait – et de t’enfuir très loin.
C'était vrai. Déjà que moi j'avais du mal à le croire à propos de ses histoires d'Esprits ou je ne sais quoi, alors pourquoi lui me croirait-il ? « Coucou, en fait, j’ai des pouvoirs magique, et si je te touche, eh bah toutes tes blessures, c’est pour ma pomme ! » Moi, si on me racontais ça, je partirais dans un grand fous-rire moqueur comme je sais si bien les faire.
-Et donc, tu veux qu'on descende, ou pas ?
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MessageSujet: Re: Zanzan et Zuzu au pays des albinos - [PV le seul, le grand, (l'unique) Azansol]   Lun 23 Mai 2016 - 12:49

Pas plus d'une minute ? C'était très intéressant, et à la fois surprenant. J'acceptai cette offre. C'était la moindre des choses venant de sa part. Et puis, le plus tôt je me serai débarrassé de ma patte bleue et de cette petite choses capricieuse, le mieux ce serait. Je continuai de l'observer pendant quelques instants, d'abord sans rien lui dire. Elle semblait réfléchir. Pour une fois. À nouveau, je me demandais comment elle allait s'y prendre pour chasser cette horrible couleur bleue. Elle n'allait quand même pas me frotter comme une forcenée, elle avait bien vu que c'était inutile, vu la petite scène dans la caverne. En y repensant, j'avais du agir comme un pauvre griffon retardé. Pas de doute là-dessus, j'étais extrêmement heureux d'avoir quitté ce vilain endroit, et de m'être éloigné de cette source maudite. Pourquoi l'eau m'avait coloré ? D'ailleurs tout compte fait, est-ce que c'était l'eau qui avait fait ça, ou était-ce autre chose ? J'avais beau y réfléchir intensément, je ne voyais aucune explication logique à tout cela. C'est pour cela que j'étais sûr d'ne chose : seuls les Grands Esprits, ou quelconque entité s'y rapprochant, en était à l'origine. Oui, j'en étais sûr et certain.

Azurya reprit la parole. Cette fois, elle affichait un air un peu plus différent, dans une genre quelqu'un qui explique tranquillement quelque chose à quelqu'un d'autre. Autrement dit un air NORMAL. Enfin presque. Il y avait toujours cet espèce de brume de mauvaises énergies qui flottait tout autour d'elle. Même en vol, je la sentais. Mais je la laissai s'expliquer, et j'écoutai d'une oreille attentive. Apparemment, son... Truc, je ne savais pas encore comment elle comptait m'aider, avait de forts risques de ne ma réussir. Super. Pourquoi elle m'avait proposé son aide dans ce cas ? Autant me rendre directement chez un spécialiste au lieu de perdre ne serait-ce qu'une seule minutes avec la plus ingrates des griffarantes du monde. En revanche, je ne doutai plus de sa sincérité : apparemment, elle voulait simplement m'aider, et j'avais décidé de la croire. Et puis de toute façon, à quoi bon refuser ? Il y avait une chance que je perde cette couleur et que je puisse continuer mon voyage tranquille, en solitaire. En revanche, son idée était vachement... Déroutante. Vu que je ne savais pas du tout ce qu'elle avait en tête, et le simple fait de me dire qu'elle allait peut-être passer pour une folle piqua ma curiosité.

- Et donc, tu veux qu'on descende, ou pas ?

La réponse s'avéra comme une évidence à mes yeux mais j'évitai de lui rappeler qu'en bas, il y avait une tempête froide, des montagnes glaciales, et que c'était l'idée la moins logique du monde, puisqu'elle avait affirmé qu'elle pouvait tout faire en volant. Je gardai la remarque pour moi, sinon il était fort possible qu'elle se vexe et qu'elle change d'avis sur la situation... Alors je levai à peine l'aile gauche, effectuai un petit dôme au-dessus d'elle et vint me placer sur son flanc pour lui présenter ma patte droite.

- On va faire ça ici, ça caille en bas. Je suis curieux de savoir comment tu comptes m'aider... Si tu pouvais m'en dire un peu plus. Et peut-être faire ça très vite, ajoutai-je plus sèchement. Je ne sais pas ce que tu comptes me faire, mais je préfère que ça se fasse... Vite. C'est trop bizarre.
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