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 Zanzan et Zuzu au pays des albinos - [PV le seul, le grand, (l'unique) Azansol]

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MessageSujet: Zanzan et Zuzu au pays des albinos - [PV le seul, le grand, (l'unique) Azansol]   Mer 13 Avr 2016 - 18:41

#AMBIANCE-TOI (##c'est long à charger)


Barzûl, je ne suis qu'une pauvre idiote !

Ce n’était pas possible d’être aussi stupide. Moi qui pensais pouvoir toujours m’en sortir, je venais de me jeter la tête la première dans un évènement perturbateur contre lequel je ne pouvais rien. Je lutais de toutes mes forces contre le vent qui me heurtait de plein fouet, hurlant entre les rochers de la montagne comme une bête enragée. J’avais presque l’impression de l’entendre crier dans mes oreilles, de sa voix à la fois stridente et grave : tu ne passeras pas ! Oh que si j’allais passer, et vite ! Sinon, j’étais bonne pour finir déchiquetée par les pointes saillantes des pics de roche qui s’élevaient juste en dessous de moi.

Depuis que j’avais laissé le Lavadôme et ses lézards balourds derrière moi, j’avais fait voile vers l’Est, sans me poser de questions.  J’avais exploré cette région du monde à mon gré, allant et venant à des endroits que j’avais déjà vu ou bien que je découvrais, m’arrêtant quelques temps pour repartir plus longtemps encore. Mais j’avais fini par me lasser des plaines et des vallées séparées les unes des autres par de ridicules amas de roche que ceux qui vivaient là osaient appeler montagnes. Je m’étais même entêtée à suivre une ligne droite vers le sud pendant un temps, jusqu’à atteindre une chaîne rocheuse de laquelle jaillissaient d’immenses gerbes de lave par période, mais la beauté des lieux s’était effritée dans mon cerveau lorsqu’elle avait rencontré le souvenir du Lavadôme et de son dôme de feu. Cet épisode avait fait naître en moi une nouvelle soif de découverte : je voulais voir le froid. La neige, le vent, la glace. Je voulais survoler des montagnes dignes de ce nom jusqu’à sentir mes ailes geler ; m’enfoncer dans des déserts blancs et mortels ; marcher sur des lacs si gelés que même mille dragons tombant du ciel seraient incapable de briser sa carapace de glace.
J’avais donc mis le cap plein Nord-Ouest, sans faire de pauses longues de plus d’une journée, avec la seule idée en tête de braver le plus mordant des froids. J’avais eu l’occasion de voir plusieurs cartes quand j’étais encore au Lavadôme, et je me souvenais très bien de la région glacée qui se cachait au nord de l’Océan Intérieur, loin au-delà des Montagnes Rouges. Je n’avais encore pas prit le temps de traverser ces dernières – bah non, j’étais trop occupée avec les tas de cailloux à l’Est. Mais aujourd’hui, le moment était arrivé. Malheureusement, je n’avais peut-être pas choisi le bon jour.

Je venais à peine de m’engager dans un col – sans prendre la moindre précaution bien sûr – qu’un vent furieux s’était levé subitement. J’avais bien failli me retrouver écrasée contre une paroi rocheuse. J’étais ballotée dans tous les sens, je ne savais plus d’où je venais, et si par malheur j’arrêtais de battre des ailes, je finirais écrasée sur les parois de la montagne, ou bien empalée sur les pointes rocheuses qui s’élevaient du sol. Chaque fois que je repairais un endroit susceptible de m’héberger – n’importe quoi, une saillie, un trou dans la roche, et même le grâle : une grotte ! – le vent m’emportait au loin. J’essayais de lutter en espérant que la tempête finirait par se calmer. Mais elle avait l’air d’avoir besoin de se dépenser aujourd’hui. Et je récoltais le trop plein de son énergie en pleine poire.
J’arrivais au bout de mes forces, et je commençais à me demander comment tout ça allait finir. Allait-on retrouver mon cadavre avec ou sans ailes ? J’en voulais à la montagne et à ma tête brûlée qui ne réfléchit jamais assez. Je n’avais quand même pas attendu des années sous un bloc de caillou à moitié fondu pour finir brisée en deux contre des rochers !
J’avais fini par fermer les yeux, brûlés par le froid et la puissance du vent. J’avais l’impression que mes ailes allaient se détacher tellement la pression qu’il exerçait sur elles était forte. Je n’aurais même pas été étonnée de découvrir qu’il me manquait la moitié de mes plumes et de retrouver le reste trois kilomètres plus loin. C’était difficile pour moi de l’admettre, mais j’avais presque perdu espoir.

S’il te plaît, Dieu du vent, de la tempête, de la montagne, même des fourmis si tu veux. Ne me prive pas de ma vraie vie si vite !


Dernière édition par Azurya le Jeu 14 Avr 2016 - 2:46, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Zanzan et Zuzu au pays des albinos - [PV le seul, le grand, (l'unique) Azansol]   Jeu 14 Avr 2016 - 0:33

Je me souviens qu'étant petit, je m'étais toujours demandé ce que l'on pouvait trouver sur les hauteurs enneigées. Celles balayées par les vents les plus violents, frappées par la foudre, dans le froid le plus glacial. Les histoires que l'on comptait aux jeunes griffons, ces histoires de héros légendaires aux mille exploits... Certains récits les évoquaient. Il y avait la Nuit de Nume, où les Grands Esprits venaient se rencontrer tout en haut de la montagne la plus haute du plus haut des mondes. Dans Myre, le griffon Nazaïm devait se rendre au repère de la Lune, sur le Pic le plus dangereux au monde. Et Amazur, Swyn et Mahara, les trois héros du Temps d'Avant, avaient cheminé jusqu'au au sommet d'Elwandil, et s'étaient rendus dans le Miroir. Le Miroir... Cette histoire faisait partie d celles qui me fascinaient le plus. Elle n'était pas la plus connue, mais faisait partie des plus longs récits connus. C'était les genre de récit qui pouvait me transformer complètement ; me plonger dans un état d'écoute et d'analyse profonde. Aujourd'hui encore, il m'arrivait de méditer sur cette légende, et les autres. Je m'étais toujours efforcé de voir le monde avec un œil jeune ; et même si, en conséquence de cause, j'avais grandit et murît, et mon esprit s'était développé, je conservais en moi ces sensations, ces émotions précieuses de mon enfance. Je les conservais en plus profond de mon cœur et j'en prenais soin comme une mère et son œuf.

Ces pics recouverts de neige dure, à présent dressés devant moi, s'élançaient à l'assaut du ciel d'un air de défiance. Leurs griffes de roche, saillantes, cauchemardesques, prêtes à attraper les pauvres malheureux qui ne faisaient que passer, se tendaient à travers les vents, à l'affut. Pour atteindre l'Océan Intérieur par le chemin le plus court, je me devais de franchir les Montagnes Rouges par le Col d'Iwensi. Rien ne m'aurait empêché d'effectuer un détour, si seulement l'intuition, le besoin presque de voir le col et ses vents déchaînés. Plus je m'étais approché, plus l'air s'était fait imprévisible. Au début, il s'agissait de petits coups de vent surprise par-ci, par-là. Mais à présent, tout devenait déjà plus violent et dès lors que je franchissais le flanc de la première montagne et dépassait le premier pic, je me retrouvai secoué dans tous les sens. Même en connaissant cette sensation de malmènement, il me fallut plusieurs minutes avant de m'habituer à nouveau aux bourrasques violents qui surgissaient de tous les côtés. Je savais que plus haut, il faisait bon et calme. Mais je n'aurais pas pu respirer bien longtemps. J'étais obligé de progresser au cœur du chaos. Mais peu à peu et malgré les circonstances, je rentrai dans mon petit monde. Le bruit insupportable de la tempête s'amenuisa pour ne plus devenir qu'un fond sonore lointain, et le temps sembla ralentir. Mon cœur s'emballa, tandis que je me sentai faire corps avec les éléments. Je glissai dans l'air, m'adaptant à la mélodie de temps.

Je clignai des yeux et mettai fin à ce petit instant magique, me faisant la réflexion qui je m'adonnais un peu trop souvent à ce genre de pratiques dangereuse. Mais soudain, il rafale surgie de nulle part me fit perdre l'équilibre, et je me retrouvai avec une aile repliée. La puissance du vent était telle qu'il m'était impossible de la rouvrir. Par réflexe, je fis les gros yeux. Cosmos m'entende, je vais m'écraser dans les montagnes et mon corps disloqué va nourrir les vers et la terre. Je me demandai ce qu'il allait se passer lorsque je mourrais... Peut-être que je retournerai ne faire plus qu'un avec les Esprits qui m'avaient créé ? Peut-être pas. Après tout, je saigne du sang, pas de la poussière magique. J'attendis le moment où je me cognerai contre la roche et sentirai mon échine se briser en deux.

Pouf.

Je ne compris absolument rien de ce qui m'arriva dans ma vie pendant un temps indéterminé. J'étais en train de rouler, rouler, encore et encore, au corps à corps avec un... Truc mou, chaud et moelleux, mais pas un rocher. Je tentai de bouger un membre crispé, mais mes pattes semblaient emmêlées à ce qui ressemblait à des membres. Je pouvais à peine respirer, j'étais écrasé par la vitesse, et le paysage défilait à toute aullure autour de moi. C'est lorsque je m'écrasai sur le dos et la tête vers le bas contre un rocher plat que la chute s'arrêta enfin. Le choc me fit expulser tout l'air emmagaziné dans mes poumons malmenés, et j'inspirai bruyamment, la langue pendante. Puis je soufflai. Inspirai. Soufflai. J'ouvris les yeux. Pas de flocons. Où étaient les flocons ? Je baissai la tête vers le bas de mon corps, soit vers le haut, le ciel. Enfin la corniche... J'étais entouré d'une multitude de crocs de pierre, sur les côtés, en haut, et en bas, à travers lesquels le vent s'infiltrait, comme s'il cherchait à me mettre la main dessus. J'avais roulé jusqu'ici... Je remarquai la chose qui était tombée avec moi et Ô surprise ! C'était emplumé. Une griffonne ? Puis je remarquai les écailles et les deux queues. Griffaran. Petite donc femelle. Était-elle... Je tendis une patte avec hésitation.

- Eh... Oh ? Vous êtes...  
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MessageSujet: Re: Zanzan et Zuzu au pays des albinos - [PV le seul, le grand, (l'unique) Azansol]   Jeu 14 Avr 2016 - 2:38


#tiens : #8593AF #jte love

Je ne comprenais absolument rien à ce qui venait de se passer. Les dernières secondes venaient de s’écouler à la fois plus vite et plus lentement qu’elles ne l’auraient dû. Alors que je contrais une nouvelle attaque du vent, un objet volant non identifié m’avait percuté de plein fouet. Mes ailes et mes pattes s’était emmêlés dans je ne sais quels autres membres, et mon propre corps s'était changé en une boule de plumes ballotée par le vent comme un simple grain de pollen. Puis ce fut le choc. Violent, brutal. Je n’avais même pas eu le temps de m’énerver contre la chose qui m’étais rentrée dedans, et rien que ça, ça me mettait en rogne.

J’avais atterrit lamentablement à plat ventre, l’arrière-train en l’air, et les ailes étalées sur le sol. Tiens, un sol. Je n’étais plus dans les airs, c’était déjà ça. J'avais mal à une aile, mais je n'avais apparemment rien de très grave. Magie. Je me dépêchais de retrouver une position un peu moins ridicule quand mon regard accrocha le corps affalé à mes côtés.
Trop prêt.
Mais je n’avais pas la place de prendre des distances. La chute nous avait menés moi et le boulet de canon dans une prison de roche qui nous entourait de toute part. C’était un pur miracle qu’on ait atterrit ici, et non sur un des nombreux rochers qui se dressaient autour de nous. J’étais en vie, bon sang.
Haha. C’est le Dieu des fourmis. C’est sûr.

Bon, finalement, je n’avais peut-être pas de quoi exprimer ma fureur légendaire sur la pauvre âme qui m’était rentré dedans. Sa maladresse était sûrement ce qui m’avait sauvée. Mon sauveur, donc – non, non, n’allons pas trop loin non plus – la catastrophe aérienne se trouvait lui aussi dans une position inconfortable. Il était imposant – ce n’était pas un pigeon, quoi – et il arborait des plumes dont la couleur oscillait entre le brun foncé et le roux. Il ressemblait à un Griffaran, mais… Je ne sais pas. Il y avait quelque chose de louche. J’étais en train de chercher quoi, allongée comme je le pouvais sur le côté, les yeux plissés par le froid, quand il avança une patte vers moi.
-Eh… Oh ? Vous êtes…
J’eus un mouvement de recul et je lui lançai un regard à la Azurya, qui pouvait se traduire par : un centimètre de plus, et je te crève les yeux. Je pouvais déjà entendre la fin de sa phrase virevolter dans mes grandes oreilles.
-Morte ? Non, mais ça a bien failli. Franchement, tu devrais être interdit de vol !

J’aurai peut-être juste pu le remercier de m’avoir tiré d’une mauvaise passe, mais ce serait avoué que j’avais eu besoin de lui, et ça c’était trop me demander. J'avais mes limites. D’autant plus que notre survie n’était due qu’à un pur hasard – j’avais beau remercier le dieu des fourmis, je n’y croyais pas une seule seconde. Il aurait pu nous tuer tous les deux.
Je levai la tête pour observer ce qui se passait au-dessus de nous. La tempête faisait toujours rage. Il m’était impossible de reprendre les airs tout de suite. Bon, après tout, c’était ce que je voulais… Mais je me serais bien passée du bonus à plumes qui se tenait à mes côtés. Bon. J’étais apparemment condamnée. Il fallait voir les choses en face : j’étais coincée avec le Roi de la Voltige pour une durée indéterminée.

-Ta mère ne t’a jamais appris que voler à deux, c’était pas physiquement possible ?
Sauf pour les dragons. Hehe. Mais ces lézards démesurés ne volaient même pas pendant qu’ils faisaient leurs petites affaires perverses : ils tombaient simplement comme les gros lourdauds qu’ils étaient.
Je savais que ce n'était pas très gentil de dire ça. Surtout que j'étais la moins bien placée pour parler d'éducation parentale. Mais j'étais à cran : j'avais fait une boulette, j'avais failli y rester, je devais ma vie à la chance et à un parfait inconnu, avec lequel j'étais coincée pour couronner le tout. Ça suffisait à me mettre de mauvaise humeur. Et quand j'étais de mauvaise humeur, j'avais besoin de faire ma mauvaise, ou d'emmerder quelqu'un. Ou les deux en même temps, ce n'était pas incompatible, au contraire.
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MessageSujet: Re: Zanzan et Zuzu au pays des albinos - [PV le seul, le grand, (l'unique) Azansol]   Jeu 14 Avr 2016 - 12:31

Je me sentis instantanément froissé par sa remarque purement méchante. Interdit de vol... Elle n'avait pas vraiment conscience de ce qu'elle me disait... J'étais tombé sur un griffaran de mauvaise plume, et les Esprits savent à quel point ces créatures peuvent être hargneuses quand elles le veulent. Pas étonnant que les dragons du Lavadôme travaillent et cohabitent avec eux ; ils devaient tirer profit de cette symbiose. Je n'étais jamais allé au Lavadôme, pourtant j'en connaissais à peu près bien le fonctionnement grâce à Kirua, qui faisait partie d'une équipe au service du Tyr. Le Lavadôme... J'imaginai un instant une immense caverne, remplie d'ailes, de plumes, d'hominidés, de toutes les espèces possibles. L'idée de me rendre dans cet endroit dont j'avais pourtant beaucoup entendu parler ne me tentait guère, mais j'aurai apprécié pouvoir observer l'édifice de loin, histoire de savoir de quoi on me parlait. Dommage, je me dirigeais dans le sens opposé, vers le Terres Gelées, et j'avais en face de moi un griffaran en colère. Je pouvais la sentir me lacérer le visage rien qu'avec son regard de braise. Je remarquai que ses yeux n'étaient pas du tout de la même couleur : l'un était aussi noir que l'ébène, l'autre bleu très clair, ce qui lui donnait un drôle d'air. Mais vu comment elle avait réagis, je me retins de faire une quelconque remarque. Ce dont elle ne se priva pas.

- Ta mère ne t’a jamais appris que voler à deux, c’était pas physiquement possible ?

Parbleu, j'étais tombée sur une petite sauvageonne ! Cette fois, je ne pu retenir un sourire du coin du bec, de part le fait qu'elle m'avait tutoyé, secondement à cause de sa remarque un peu... Hors contexte. Mais ce n'était pas la première fois qu'on me la faisait, celle-là. Elle l'avait dit avec tant de sincérité que j'avais du mal cacher mon amusement. À cet instant, je remarquai que j'étais toujours la tête à l'envers, la patte tendue. J'hésitai à me remettre d'aplomb ; j'étais bien comme ça. Je n'avais pas mal, et si jamais je bougeais et que je sentais une douleur quelque part, je le regretterai. Mais il fallait bien que je voie si tout fonctionnait. Ni une, ni deux, je roulai sur le côté et me redressai. Rien de cassé, seulement quelques muscles endoloris. J'avais... Nous, avions eu de la chance. Chose que mon interlocutrice semblait avoir totalement oublié. Je rentrai dans son jeu.

- Déjà, c'est à cause du vent que je suis tombé. Va pas me dire que tu voles facilement à travers cette tempête. Et deuxièmement... Non, en fait, ma mère ne me l'a jamais appris, vu que je n'en ai pas, à la place, j'ai eu un papa, et malheureusement il était trop occupé pour se charger de mon éducation.

J'arborai un rictus étrange, à mi-chemin entre l'abrutissement et la malice. J'avais eu deux papas, mais pas longtemps. C'était comme ça. Je jetai un oeil en direction des ouvertures entre les griffes de pierres qui nous surplombaient : fallait-il attendre que le blizzard se calme avant de reprendre envol ?

- Et pas la peine de t'énerver comme ça, joli coeur. Tu es vivante, profites-en pour aimer la vie au lieu de t'énerver. Même si ça te rend chou, pour un griffaran, ajouta-t-il, avec un petit air de provocation délibéré.
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MessageSujet: Re: Zanzan et Zuzu au pays des albinos - [PV le seul, le grand, (l'unique) Azansol]   Jeu 14 Avr 2016 - 16:59



Oh, pauvre petite chose ! Il n’avait pas eu de maman, et son papa avait été plutôt du genre absent. Il n’avait jamais dû connaître la chaleur réconfortante de maman oiseau au coin du nid, ni la présence forte et rassurante de super papa qui pourvoyait aux besoins de la famille. J’aurai pu compatir, vraiment – ce n’était pas comme si je le jalousais ; en fait, il correspondait plutôt au type contraire du Griffaran qui m’insupportait par son enfance facile et doucereuse. Mais dans mon état actuel, j’étais disposée à peu de choses, et prendre les pauvres âmes en pitié n’en faisait pas partie.
Pourtant, j’avais décidé dans un coin de ma tête d’envisager la possibilité de peut-être essayer d’éventuellement me montrer un chouïa plus diplomate avec cet inconnu… tombé du ciel. Ha ! Parfois, mon sens de l’humour me surprenait… Bon d’accord, c’était totalement faux. Mais bref, pour en revenir à nos fourmis ; j’étais disposée à calmer un tantinet mes ardeurs. D’autant plus que – aïe, je sentais déjà les veines de mon cerveau implosé face à cette aveu – il fallait bien le dire, le drôle d’oiseau n’avait pas tout à fait tort sur les circonstances de notre collision.  Mais bon, est-ce que j’étais rentrée la tête la première dans un piaf qui passait par là moi ? Non !

-Et pas la peine de t'énerver comme ça, joli cœur. Tu es vivante, profites-en pour aimer la vie au lieu de t'énerver. Même si ça te rend chou, pour un griffaran.

Ok. Mon gars, tu viens de perdre tout espoir de compassion à ton égard. Je sentis les plumes de mon cou se hérisser, pendant que j’étais prise d’une brusque envie de lui arracher la langue et de la lui coller dans un endroit bien précis. Mais en apercevant son petit air provocateur si irritant, je me forçais à me calmer. Il avait l’air de très bien savoir ce qu’il faisait, et j’aurais même pu parier que me voir dans cet état le satisfesait. Ma hargne décupla d’au moins 98513, et j’eus un mal fou à la contenir. Je n’avais pas l’habitude qu’on me cherche comme moi je cherchais les autres. En même temps, j’avais pris l’habitude de lancer mes piques en silence pendant que j’étais au Lavadôme – sauf avec ce Griffanix assommant ; tiens, je l’avais sorti de ma tête celui-là – et depuis que j’étais libre, je n’avais rencontré que très peu d’esprits supérieurs à celui d’un moineau attardé. Or, cette description n’avait malheureusement pas l’air de correspondre à celui qui se tenait devant moi. Je devais admettre que ça me déstabilisait un peu. Hrrrrrrr, qu’est-ce que ça pouvait m’énerver !
Calme calme calme. Pense à des choses zenifiantes. Regarde, un dragon se fait écaillé par un castor juste devant toi.

Je ne savais pas comment réagir. Je me contentais de fixer l’emplumé brun en lui lançant fictivement des boules de feu explosives comme j’en avais vu dans les Montagnes Ardentes. Soudain, je l’imaginais plonger en piquet vers l’un des cratères bouillants qu’on trouvait là-bas et en ressortir plus cuit qu’une dinde grillée au feu de  bois. Tous mes pores criaient de leurs petites voix qu’ils le détestaient. Il avait réussi à me déstabiliser.   Et ça me foutais en rogne. Il avait l’air de s’en contrebalancer de mes remarques, il avait raison, il rentrait dans mon jeu, et je ne savais plus trop quoi faire. J’avais du mal à contrôler mon corps, qui avait simplement envie d’exploser – remarque, ça aurait pu être utile. C’est dans ces moments comme ça qu’on aurait bien besoin de faire un tour au-delà des nuages et de se jeter dans le vide. Ah, mais je ne pouvais pas, PUISQUE J’ÉTAIS COINCÉE ENTRE UN BLIZZARD MEURTRIER ET UN OISEAU CALAMITEUX.

Je n’en revenais pas. Il me mettait hors de moi sans rien faire. Je me décevais moi-même ; j’étais tout à fait capable de lutter contre ça ! Il fallait que je lui réponde, ne serait-ce que pour avoir le dernier mot. J’essayais de ma calmer, et je priais pour que ma voix ne soit pas trop hargneuse – bon, dans le fond, je m'en foutais un peu.
-J’aime assez ma vie pour savoir qu’elle est plus heureuse loin des volatiles empotés, mon chou.
Toute l’animosité du monde était condensée dans ces deux derniers mots. Mes queues fouettèrent légèrement le sol dans un soubresaut de colère. J’avais vraiment envie de m’envoler, et j’étais prête à oublier le blizzard qui soufflait toujours au-dessus de nos têtes – ce dernier ne semblait pas vouloir se calmer, et j’avais même l’impression qu’il empirait (si c’était encore possible). Je déviai mon regard vers le bas. Peut-être qu’il y avait plus d’échappatoires dans ce sens. Je ne comprenais pas vraiment ou nous avions atterrit ; mais apparemment, il restait de la marge en-dessous de nous. On devait avoir eu la chance de se retrouver dans un creux de la montagne, protégé par des rochers. Le vent continuait de souffler, mais il n’était pas assez fort ici pour nous arracher à notre refuge de fortune. Se jeter dans le vide pour tenter d’atterrir plus bas serait néanmoins une mission suicide. Je laissais échapper un grognement en me contorsionnant pour pouvoir observer la paroi rocheuse derrière moi. Elle semblait bien lisse, sans aucune fissure. Par contre… Il me sembla apercevoir, plus loin sur la gauche, un peu en contre bas, un enfoncement qui pourrait bien cacher une sorte de grotte. Ou bien rien du tout. J’étais bien tentée d’essayer de m’y rendre, mais la folie de l’idée se mit à courir dans ma tête en hurlant à tue-tête que chevreuils savaient voler.

J’essayais d’ignorer complètement la présence de l’oiseau, mais je ne pouvais m’empêcher de penser qu’il était là, avec son air d’oiseau malin et son corps pas normal. Je me demandais ce qu’il avait de différents des autres Griffarans que j’avais déjà croisés. Non pas que je me moquerais – je n’étais personne pour juger les différences – mais je devais avouer que ma curiosité venait de se réveiller d’un long sommeil. Hoooon. Lui porter tant d’intérêt me cassait légèrement la houppette.
Alors que, jusqu'à maintenant, seul le vent faisait rage, un coup de tonnerre retendit soudain. Je sursautais, surprise. Et je m’en voulu aussitôt de me montrer aussi faible. Ce n’était pas dans mon habitude d’avoir peur, mais je n’étais pas habituée aux caprices du monde extérieur, et, même si je trouvais chez les éclairs quelque chose de surnaturel et de merveilleux, le bruit du tonnerre sonnait douloureux à mon ouïe sensible. Je grimaçais tandis qu’un nouveau roulement de tambour raisonnait entre les rochers de la montagne toute entière. L’orage était juste au-dessus de nos têtes. Je le vis frapper au loin un pan de roche qui explosa et se déchira en une foule de gravats qui se précipitèrent dans le vide.
Bon. Il n’y a plus qu’à prier pour qu’on ne subisse pas le même sort. Bizarrement, c’est à l’exact moment où je finissais cette phrase dans ma tête que le foudre frappa à quelques mètres à peine de notre abri de fortune. Je lâchai un cri alors que le son puissant du tonnerre s’infiltrait avec force dans mes tympans fragiles. La lumière de l'éclair nous illumina pendant une fraction de seconde, et ce fut comme si le monde se déchirait. J'étais trop concentrée sur la douleur qui me vrillait les oreilles, et je ne savais pas si c'était une simple impression ou la triste vérité, mais il me sembla que la montagne toute entière se mettait à trembler sous mes pattes.
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MessageSujet: Re: Zanzan et Zuzu au pays des albinos - [PV le seul, le grand, (l'unique) Azansol]   Jeu 14 Avr 2016 - 21:09

La foudre retentit une première fois et déchira le ciel de la tempête. En jetant un coup d'oeil furtif à travers les crocs de pierre qui nous abritaient, je remarquai que les flocons laissaient peu à peu place à la pluie -une bonne grosse pluie, pas un petit crachin insignifiant, mais des gouttes énormes, du genre celles qui alourdissaient les ailes en moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire. Le coup de tonnerre avait fait sursauter la petite juste à côté, et j'avais pouffé, pas assez fort pour qu'elle l'entende cependant. J'avais l'impression qu'elle allait se jeter sur moi... Son petit air défiant ne la quitta que lorsqu'elle ne pu contenir un petit glapissement lorsque que la foudre frappa une nouvelle fois et brisa un pic qui s'écroula en formant une petite avalanche de pierre. De mon côté, je n'avais pas bougé d'une plume. Malgré les circonstances quelque peu incommodantes, j'adorai les ambiances qu'il y avait pendant les orages. Leur apparition me rendais sage, quand j'étais petit. Je me revois encore assis dans le nid de la caverne, écoutant le son de la tempête et de la pluie, hypnotisé par le rythme régulier des goutelettes qui perlaient le long des parois de roches puis tombaient dans la fosse plus bas. Je ris.

Et ben alors ! On a peur de l'orage? susurrai-je, un sourire narquois étirant le bout de mes lippes.

Je commençais à me remettre de mes émotions. En inspectant une nouvelle fois le ciel chargé de nuages noirs qui n'annonçaient rien de bon, je me décidai à explorer le recoin où nous étions tombés. Nous avions roulé jusqu'à un petit abri surmonté de crocs de pierre formant une voûte au-dessus de nous. De part et d'autre se trouvait... Et bien, de la pierre et des cailloux. Et des graviers, et même des gravillons et des petits cailloux, des gravillonets et des gravillonaux. Super. Je commençai à croire qu'il ne nous restait plus qu'à attendre que la tempête se dissipe, soit des heures, et des heures, looongues en ennuyeuses. Puis je remarquai un trou dans la paroi. Un grand trou, assez grand pour que je puisse m'y faufiler. J'y passai la tête, mais l'ouverture donnait sur un tunnel noir dont il m'était impossible de distinguer le fond. Je me redressai et me retournai vers la griffarante.

Eh, ronchonne ! l'apostrophai-je, l'air malicieux. Ça de dirait qu'on entre dans ce tunnel ? Comme ça plus d'orage pour toi, et moi, je serai plus au chaud qu'ici.

La différence de température entre mon corps et l'air ambiant était si différente que des nuages de vapeur géants s'échappaient de mon bec à chaque expiration. Puis j'ajoutai :

- Et tu pourrais arrêter de me regarder comme ça, c'est un peu gênant... J'ai un truc qui cloche? Si ça se trouve, je m'étais blessé au visage sans que je m'en sois rendu compte... Non, j'aurai du saigner. Trop bizarre, celle-là.


Dernière édition par Azansol le Jeu 26 Mai 2016 - 12:51, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Zanzan et Zuzu au pays des albinos - [PV le seul, le grand, (l'unique) Azansol]   Jeu 14 Avr 2016 - 23:36



Je vais le tuer. Je vous jure que je vais le tuer.
Je voulais lui casser le bec en deux ; et accessoirement, me servi de la moitié restante pour boire l’eau de pluie qui dégoulinait de partout. Je. N’avais. Pas. Peur. J’avais envie de rétablir la vérité, de lui hurler qu’il se trompait, que j’avais simplement horriblement mal aux oreilles. Mais en y réfléchissant un peu, ça revenait au même. Je passais pour une faible. Et ça me faisait littéralement chier. Dans les deux cas donc, j’étais perdante. Je préférais le laisser mariner dans ses fausses certitudes.

-Eh, ronchonne ! Ça de dirait qu'on entre dans ce tunnel ? Comme ça plus d'orage pour toi, et moi, je serai plus au chaud qu'ici.
Bien sûr, entrons dans ce tunnel, ce boyau de roche, ce merveilleux endroit exigu ; avec la créature qu’on supporte le moins au monde actuellement. Mais je devais reconnaître que sous les rochers, le son du tonnerre serait atténué. Je n’avais jamais été aussi proche d’un orage, et mes tympans commençaient à bourdonné. Je n’étais même plus sûr de bien entendre. Malheureusement pour moi, finalement, j’entendais encore assez pour que la mélodieuse voix du piaf brun raisonne dans mes conduits auditifs :
-Et tu pourrais arrêter de me regarder comme ça, c'est un peu gênant... J'ai un truc qui cloche?

Perche. Grosse, GROSSE perche. Je ne pouvais pas résister. J’avais la possibilité de rire un peu. Je me redressais sur mes quatre pattes et m’avançais vers lui – toujours un peu méfiante, mais bon, il avait beau avoir le don de m’énerver, il n’avait pas l’air méchant pour autant.
-Oui, juste là, ici, dis-je en pointant une aile en direction de son front. Tu devrais faire attention, je crois que c’est ta cervelle qui essaye de se faire la malle.

Bon, ce n’était peut-être pas si drôle que ça en fait. Barzûl, même mon sens de l’humour s’envolait. J’avais l’impression de perdre complètement le contrôle, et je n’aimais pas ça. Pour me redonner un peu contenance, je me dirigeais vers l’espace par lequel M.Pirouetteaérienne avait glissé la tête. Alors que je passais à côté de lui, je ne pouvais m’empêcher de l’observer un peu plus en détail. Ça me surprit un peu, mais il n’avait qu’une queue, et pas d’écailles. C’est presque un Griffaran. Mais ce n’en est pas un.
Soudain, un détail attira mon attention. Toute trace de mauvaise humeur disparut de mon cerveau pour laisser place à une sorte de béatitude dubitative. Mes muscles s’affaissèrent d’eux-mêmes, et tout mon esprit se riva sur cet unique élément. Il avait de grandes oreilles. Des oreilles comme les miennes. Quelque chose céda en moi, et je me sentis soudain submergée par une vague de souvenirs que je pensais avoir laissés derrière moi. Je revoyais la petite Griffarante bleue assise seule dans son coin, tentant d’ignorer les remarques acérées que ses compagnons lui lançaient. Ce petit détail, ce simple détail physique avait suffi à permettre aux autres de la juger, et l’avaient conduite à s’isoler dans son propre monde. Ce n’était rien, c’était ridicule, des adultes ne se seraient peut-être pas arrêtés à cette différence. Mais pour des individus aussi jeunes, c’était tout le contraire.

Je secouais la tête, tentant de chasser tous ces souvenirs. J’avais beau essayer, je n’arrivais pas à retrouver ma colère pourtant si vive quelques instants plus tôt. Je restais un peu sous le choc, et je m’en voulais à moi-même d’être aussi mollassonne. Je me mis un petit coup de bec mental et me redressais, tentant d’afficher un air un peu moins affligé. Mais mon regard semblait perdu quelque part.
Je voulais fuir la présence du brun, aussi je m’empressais de pénétrer dans le fameux tunnel. C’était assez étroit, mais je réussissais à avancer sans trop toucher les parois. Au moins, ici, il n’y avait plus de vent, ni de neige, de pluie, et surtout plus d’orage. J’appréciais vraiment les éclairs. Mais je les préférais de loin. Je ne savais pas si le Griffaran-qui-n’en-étais-pas-un me suivais, et sur le coup, ça m’importait peu. Je me sentais bizarrement vide. Je ne savais pas non plus s’il y avait quelque chose à trouver au bout du tunnel. Honnêtement, je l’espérais, parce que je commençais à me sentir oppressée sous cette masse de roche, qui de plus me faisait penser à mon ancienne prison. Ah, et voilà ! Les souvenirs remontèrent une fois de plus à la surface. J’en avais marre. Je m’arrêtais d’un coup. Je n’en pouvais plus. Depuis que j’avais posé les yeux sur ces oreilles, j’étais mal. Il fallait que je me ressaisisse.
Je ne pouvais pas me retourner, mais quelque chose me disait qu’il y avait de grandes chances pour que l’oiseau soit derrière moi – après tout, c’était son idée de venir ici. Là, je m'en fichait moins qu'il soit là ou pas. J’aurai préféré que ce soit le cas, sinon je commencerais à parler seule comme une idiote.

-Dis. Tu es quoi, toi ?

C'était étrange d'entendre ma voix de cette manière. D'abord, elle était modifiée par l'étroitesse du tunnel ; mais surtout, elle était dépourvue de toute animosité, ce qui était inhabituel. Vraiment, je détestais cette journée.
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MessageSujet: Re: Zanzan et Zuzu au pays des albinos - [PV le seul, le grand, (l'unique) Azansol]   Dim 17 Avr 2016 - 23:09

Je levai les yeux aux ciel à la remarque cinglante de la griffarante. Olalah, excusez-moi, mademoiselle bonne humeur ! Dire que j'avais cru qu'elle s'était calmée avec le tonnerre. Je n'allais pas la changer en deux secondes et, au lieu de lui répondre. Je m’asseyais juste en face d'elle, à une distance respectable de son bec et de ses griffes, et j'entrepris de retirer les plume mortes, qui s'étaient décrochées de mes rémiges quand j'étais dans la tempête et pendant notre belle dégringolade au milieu de la montagne. Mais je sentais son regard m'étudier de long en large. À croire que j'avais quelque chose qui clochait. Je commençais sérieusement à me demander si j'avais une grosse bosse, une balafre, mais je n'avais mal nulle part, je ne sentais pas de grosseur anormale, et mes plumes étaient désordonnées mais propres, aucune trace de sang ni de blessure visible. Je finis par ignorer son regard perçant pour me concentrer sur ma petite toilette.

Elle avait vite (au début j'avais écrit bite au lieu de vite et j'ai ris voilà starfoullah) intérêt à se décider si elle avait peut pour ses pauvres oreilles fragile de griffaran : le temps n'était pas prêt de s'arranger, et vu ce qui tombait au loin, l'orage qui se trouvait au-dessus de nous n'était que le prémisse d'une tempête bien, bien plus importante. Puis madame se décida eeeenfin à pénétrer dans le tunnel. J'y entrai à sa suite, et je fus surpris par la sensation de pesanteur qui s'abattit sur nous deux. Il me fallut deux bonne bouffées d'air avant de m'habituer à cet endroit pour le moins singulier, qui ne ressemblait en rien à ce que j'avais connu auparavant. La pierre de la montagne, de cette montagne, était d'une noirceur ténébreuse, rien de semblable aux grottes dans lesquelles j'avais vécu, avec leur jolies parois de granit si rassurante et bienveillante. J’eus l'impression de m'engouffrer tête baissée dans la gorge de quelque créature gigantesque. Je repensai à notre petit abris, juste derrière-nous, semblable à une mâchoire hérissée de dents.

- Dis, tu es quoi, toi?

Pardon ? J'avais failli lui rentrer dedans, et il s'est était fallut de peu ; mais sa question m'avait surpris. Pendant un instant, je cru qu'elle plaisantait, mais en croisant son regard de tueuse en série que je m'empressai d'éviter que je compris qu'elle était vraiment sérieuse, et, sur le coup, je me mis à flipper un peu. Non mais sur qui j'étais tombé ? Je me résonnai. Ça va, c'est bon, c'est juste une petite griffarante un peu méchante.

- Alors il y a plusieurs possibilités. Tout d'abord, je ne suis qu'un simple corps assemblé et animé, un griffon banal, avec mon corps et son tempérament, mon caractère, mes envies, mes besoins. Ensuite, je suis également Azansol, le fils de Kirua, le griffon-griffaran au service du Lavadôme. Mais je suis aussi le moi avec mon histoire, mon évolution, mon destin à accomplir... Ou bien mon libre-arbitre, c'est selon ta façon de voir les choses, personnellement je penche pour la destinée. Mais je suis aussi peut-être une forme floue, un amas de particules énergiques, un nuage spirituel envoyé dans le monde des vivants par les Grands Esprits. Même si en réalité je ne sais pas ce que je suis, ni qui je suis, je me plais à penser que je un mélange d'ondes et d'énergies qui suit sa destinée. Donc un... Mélange entre les réponses trois et quatre, si je ne m'abuse hmf ! Maintenant, ma question est et toi, qu'est-ce que tu penses que tu es ?

Par la suite, je me glissai entre elle et le mur pour continuer mon chemin. J'espérai pouvoir la faire réfléchir un peu ; ça ferait quelques secondes de répliques méchantes épargnées... J'effectuai encore quelques pas puis je vis que le tunnel bifurquait à droite. Sans hésitation, je continuai d'avancer, jusqu'à ce que je débouche sur une caverne un peu plus spacieuse. En son centre coulait une source d'eau pure et transparente. Fasciné par son éclat et les ondulations produites par le petit jet d'eau #lacantatricechauve, je m'approchai avec précautions de la petite mare et plongeait mon bec dedans pour goûter le liquide. Je fus frappé par sa douceur et sa tiédeur agréable.

- Eh, miss bonne humeur, viens goûter cette eau ! Ça devrait te décoincer la pelote.
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MessageSujet: Re: Zanzan et Zuzu au pays des albinos - [PV le seul, le grand, (l'unique) Azansol]   Sam 30 Avr 2016 - 23:09

#Exactement 6x24H plus tard.


Je devais avoir l’air d’une belle idiote, avec le bec béant et les yeux grands ouverts malgré la noirceur du tunnel. Par le Grand Dieu des Emplumés, mais sur qui j’étais tombée bon sang ? La réponse qu’il m’avait donnée correspondait exactement à tout sauf à ce à quoi je m’attendais. Je suis  un nuage spirituel envoyé dans le monde des vivants par les Grands Esprits. Et puis quoi encore ? Il s’était un peu trop cogner la tête en tombant ou quoi ? Le brun était parti dans un de ces délires absurde…
Il n’aurait pas pu répondre un truc normale du genre, je sais pas moi « Bonjour, je suis M.Chelou, fils de monsieur et madame Chelous ; je suis un truc qui ressemble un peu à un Griffaran, mais en fait non, c’est drôle hein ? Regarde mes belles oreilles. Ah, et je suis un peu tordu aussi. Viens, on va s’amuser dans la jolie grotte ! »
Là, je l’aurais cru sur parole. J’aurais peut-être même fini par en rire. Mais non, il avait fallu qu’il balance une flopée de paroles trop philosophiques pour avoir du sens – ou bien je m’étais absentée du monde civilisé trop longtemps. Et comme si ça ne suffisait pas, il m’avait retourné ma propre question en pleine figure. J’aurai pu le remercier, parce que grâce à ça, ma mauvaise humeur était revenue au grand galop. Qui je suis, moi ? Ha ! Grande question existentielle à laquelle personne n’a été fichu de me répondre, pas même Mïa ! Ma propre vie se résumait à une masse de plumes bleues ambulante en quête de liberté que les dragons révulsaient et qui ne faisait que de tomber sur des êtres bizarres partout où elle allait. En fait, je devais être un aiment à anormalités. Voilà. Ca expliquerait tout.

Je ne pris même pas la peine de lui répondre et le laissa prendre la tête de notre petit cortège marginal à travers le tunnel. Plus on avançait, et plus je n’avais qu’une envie : faire demi-tour et fuir cette grotte étouffante et le piaf qu’elle abritait. Non non, une seconde… Le Griffon, voilà. Je n’étais pas plus avancée parce que je n’avais aucune idée très précise de ce que c’était. Bah. Tant pis.
Heureusement, le boyau rocheux finit par débouché sur un espace beaucoup plus large, une sorte de caverne. Une source d’eau s’y écoulait en plein centre, et le brun l’attendait là, tranquillement.
-Eh, miss bonne humeur, viens goûter cette eau ! Ça devrait te décoincer la pelote.
Gné gné gné, je t’en foutrais moi des pelotes. Pwaaah ; et dire que j’allais, de toute évidence, restée coincée ici avec lui pour un bon bout de temps. Je ne savais même pas si je devais m’inquiéter ou pas. Pour ma santé mentale, je veux dire. Est-ce que j’allais finir par devenir aussi barjot que lui ? En fait, ça pourrait peut-être être drôle.
Mis à part ça, je devais avouer que l’idée de boire un peu me tentait énormément. Mon corps était épuisé, et je l’avais tellement sollicité qu’il avait besoin de se réhydrater. Je m’approchais donc du point d’eau et y plongeais le bec, avalant une grande gorgée d’eau. Le liquide légèrement tiède glissa le long de ma gorge et fit le plus grand bien aux endroits qui avaient souffert à cause du vent glacial des montagnes. Je repris trois lapées avant de finalement y plonger la tête toute entière. En émergeant, je m’ébrouais pour faire couler l’eau le long de mon cou – et peut-être pour arroser un peu l’oiseau brun au passage. Comment avait-il dit qu’il s’appelait déjà… Ah, oui. Azansol. Je ne pouvais même pas dire que c’était moche, parce que ça commençait comme mon nom à moi.
Copieur.

Bien. Bien bien bien. Qu’est-ce qu’on était censés faire maintenant ? Attendre comme deux idiots que l’orage daigne s’en aller ? Je n’avais pas l’intention de m’endormir pour me reposer alors que le piaf était là, tout prêt. Et il était hors de question que je poursuive mon chemin plus loin sous la roche. Là, vraiment, situation de merde. Il ne me restait qu’une seule et unique solution : me sociabiliser.
BAH ! Rien que le mot me donnait de l’urticaire. Ca me donnait même envie de me gratter partout – ce que je fis, même si je devais ressembler à un canidé galeux sur le coup. Ca me faisais rire que le brun puisse penser ça de moi. Peut-être qu’il me prendrait pour une folle de son côté aussi.
-Alors comme ça… Azansol, dis-je en m’efforçant de prendre un ton neutre dépourvu d’agressivité.  Ton père vit au Lavadôme – paix à son âme. Et toi, tu vol par-ci par-là, à la rencontre des tempêtes montagneuses, telle la boule d’énergie en quête de destinée que tu es ?
Je m’approchais de lui lentement et je baissais la tête après avoir regardé de tous les côtés, comme si je craignais que quelqu’un ne nous observe dans ce trou perdu au fin fond des rochers. Puis je pris ma voix la plus basse, en chuchotant comme si j’étais sur le point de révéler un énorme secret.
-C’est assez drôle que tu dises ça, parce que moi aussi, je suis une créature aux origines inconnues, balancée dans ce monde par les Grands Esprits tel un nuage abandonné aux effluves de la vie. Je ne suis que poussières et particules formant un corps articulé qui arpente les territoires de l’inconnu.
OK, je me foutais clairement de sa tronche. Même moi je ne comprenais qu’à moitié ce que je venais de dire. Mais il fallait avouer qu’il y avait peut-être une toute mini riquiqui part de vérité là-dedans.
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MessageSujet: Re: Zanzan et Zuzu au pays des albinos - [PV le seul, le grand, (l'unique) Azansol]   Ven 13 Mai 2016 - 13:12

Je savais pertinemment qu'elle se moquait de moi et de ce que je lui avais dit précédemment... Mais, les Grands Esprits me pardonnent, je la trouvais si rebelle, le genre de pince-sans-rire inaccessible qui devait faire craquer tous les mâles. Même moi, je devais l'avouer, elle me faisait un petit effet même si elle m'énervait pas mal. Je la voyais bien regarder tous ses congénères de haut au Lavadôme, être la petite revèche écervelée de son groupe. Parce que... Sûrement qu'elle venait du Lavadôme non ? Un griffaran sauvage ça n'existe pas. Ou presque pas. Je ne me rappelle pas en avoir vu des masses, et vu qu'elle paraissait si jeune, je me demandais... Peut-être qu'elle connaissait mon père. Mais cette fois je ne dis rien. Vu qu'il n'y avait que des méchancetés qui sortaient de sa bouche, raison de plus pour ne pas lui parler de Kirua. En fait, je n'avais pas du tout envie qu'elle dise du mal de lui. Non, la meilleure des choses à faire était que j'évite totalement le sujet. Le sujet du Lavadôme tout court. Peut-être qu'elle était sauvage après tout. Beuh... Je ne savais plus quoi penser, entre son allure élégante et sa langue bien pendue. Je me rendis compte que je l'observais depuis tout à l'heure avec les yeux plissés. Je devais sûrement afficher cet air nonchalent qui m'allait bien puisqu'elle me rendit la pareil en me dévisageant de haut en bas sous tous les angles possibles. Peut-être que je l'intriguais, héhé. Si c'était le cas, je le prendrais comme une victoire personnelle.

- Pas mal petite, pas mal... Je serai curieux de connaître ton histoire cependant... Mais si tu préfères, et puisqu'on a le temps, je vais te raconter la mienne ? Parce qu'on est coincé ici, et que même si tu ne m'aimes pas parce que TU m'as rentré dedans je ne compte pas passer le reste de la tempête à attendre en silence sans rien faire. Donc je suis né dans une province assez éloignée d'ici, que tu ne dois pas connaître étant-donné que tu n'es pas un griffon, donc je te dirai juste que ça se situe entre les anciennes colonies Hypates et le Lact Vert. J'ai pas de maman, simplement deux papas, enfin plus qu'un puisque le premier -Breen, le griffon- je ne l'ai jamais connu, il est mort le jour où j'ai éclos. Et il y a Kirua, le griffaran. Les esprits m'ont fait plus griffon que griffaran cependant, je suis plutôt petit. J'ai été éduqué sous la tutelle de la bonne vieille M'am la Générale. Elle m'a apprit à me battre, à chasser, à défendre et à me débrouiller. Puis je suis parti, parce que les jeunes griffons aiment l'aventure autant que les jeunes griffarans, mais différemment. J'ai voyagé par-ci, par-là et là je comptait traverser l'Océan Intérieur pour me rendre là où mon instinct me le dicte. Et puis tu m'as foncé dessus. Fin. Simple comme bonjour.

Je m'étais relevé et j'avais fait les cent pas dans la caverne tout en parlant.

- Et toi ? C'est quoi, ton histoire? m'enquis-je.

En même temps, j'examinai les stalactites et les stalagmites qui s'étaient formées sur les abords de la grotte. Elles n'étaient pas très grandes, mais atteignaient déjà la taille d'une rémige primaire. Je me plu à observer les petites gouttes perler le long de la roche, venant s'écraser sur le sol partiellement humide. L'endroit était certes mouillé mais pas si mal, plutôt joli. Si l'endroit dans lequel il se trouvait -les Montagnes Rouges, et le Col d'Iwensi, en l'occurrence- n'avait pas été si inhospitalier, j'y aurais peut-être fais halte plusieurs jours. En analysant les parois de plus près, je me rendis compte qu'une multitudes de cristaux rouges et ternes mais très jolis y étaient incrustés. Je me demandais de quelles pierres il s'agissait : un dragon aurait pu me donner la réponse, ceux-là étaient des spécialistes.
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MessageSujet: Re: Zanzan et Zuzu au pays des albinos - [PV le seul, le grand, (l'unique) Azansol]   

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