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 Un gastéropode, un briseur de caillasse, et un frère très apprécié. [PV Percebrise et ThaEron]

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MessageSujet: Un gastéropode, un briseur de caillasse, et un frère très apprécié. [PV Percebrise et ThaEron]   Lun 11 Avr 2016 - 23:13




ROCK, CAVE, AND LAVA

D’un pas fébrile, Limace s’engouffra dans le tunnel à la suite de Percebrise et de ses amies. C’était, d’après le Blanc, le nom qui les liaient elle et les autres. Percebrise aimait donner des noms à tout. C’était apparemment le cas de tout le monde dans le Dehors. Elle en était venue à se dire que, finalement, elle préférait quand elle pouvait penser à des choses par un ensemble d’image et de sensations, et non pas en les réduisant à un simple mot. Ça lui convenait très bien à elle, puisqu’elle ne communiquait que rarement par la parole. Mais elle devait avouer que les noms étaient bien pratiques quand il fallait définir quelque chose dans une phrase.

Une fois totalement entrée dans le tunnel, elle se sentit rassurée par la présence familière de la roche et de l’obscurité. Ils avaient longtemps marché dans le Dehors, si longtemps qu’elle avait fini par arrêter de compter les renaissances du Soleil. Il ne leur était que très rarement arrivé de trouver refuge dans une grotte, et, même si le Dehors ne paraissait finalement pas si terrible que ce qu’on leur avait dit, l’environnement dans lequel elle avait toujours vécu lui manquait. Quand Percebrise leur avait expliqué où il les emmenait, elle avait été ravie : une immense grotte. Jusqu’à ce qu’elle entende parler de la partie : où vivent ensemble de nombreux dragons et d’autres espèces. Elle ne savait pas trop pourquoi, mais l’idée de rencontrer tout un tas de créatures comme Percebrise et les autres lui faisait peur. En fait, elle avait surtout peur de ne trouver personne comme elle. Et puis, elle était seulement habituée à se retrouver face à au maximum six individus. Qu’elle connaissait. Et qui étaient seulement des dragons. A quoi ressemblaient les autres ? Etaient-ils plus grands ou plus petits ? Seraient-ils gentils avec elles ? Y avait-il des limaces géantes ?

Perdue dans ses pensées, elle rata le moment où un dragon perché en hauteur s’adressa à ceux qui marchaient en tête du groupe. Lorsqu’elle passa devant lui, elle sentit son regard se poser sur elle, et elle pressa le pas pour aller se cacher derrière Mordbois, la queue basse. Ils continuèrent d’avancer pendant un long moment avant qu’elle n’entende les premiers bruits. Des sons lui parvenaient de quelque part devant eux. Un mélange de sons aussi nombreux que différents qui formaient une mélodie qu’elle n’apprécia pas, car elle n’en reconnaissait aucune note. Alors qu’ils s’approchaient de la lumière qui brillait au loin, elle sentit ses cœurs s’emballer. Elle n’était plus vraiment sûre de vouloir y aller. Mais elle se concentra sur ses pattes et les força à avancer. Elle était là pour aider les autres. Les dragons qu’ils allaient rencontrer pourraient les soigner, et faire disparaître la maladie. Et c'était une chose bonne. Parce qu'il ne fallait pas qu’elles deviennent comme Dansenuit. Il ne fallait pas... Tandis qu’elle repensait à son amie, ses cœurs cessèrent de s’affoler et, au contraire, ils ralentirent alors qu’une force invisible les enserrait.

La lumière inondait de plus en plus le tunnel, et les bruits étaient de plus en plus proches. Elle percuta Mordbois quand celle-ci s’arrêta net devant elle. Elle releva la tête pour observer ce qui se passait. Et elle écarquilla les yeux.
De là où ils étaient, ils pouvaient voir nettement tout ce qui se passait en contre-bas. Le tunnel avait débouché sur une gigantesque grotte dont il était impossible de voir la fin. Un chemin longeait la paroi sur leur droite et descendait vers un monde qui lui était totalement nouveau. Alors qu’ils étaient sous terre, il ne faisait même pas sombre. Tout était éclairé par une lumière rouge et chaude qui venait de plusieurs endroits à la fois. La principale source était un immense serpent de feu qui glissait sur le sol et semblait parcourir la totalité de la grotte. Elle le suivit du regard jusqu’à arriver à une large face d’un mur sur leur gauche, où des dizaines de serpents tous plus enflammés les uns que les autres jaillissaient du plafond pour se jeter jusqu’au sol en crachant des boules de feu sur leur passage. Elle se perdit longuement dans les couleurs vives qui firent vibrer une foule de souvenirs en elle. Puis son regard accrocha un objet en mouvement qui traversa les airs. Il lui sembla deviner un oiseau énorme, bien plus gros que tous ceux qu’elle avait découverts dans le Dehors. Elle dériva ensuite sur des formes mouvantes au niveau du sol. Des corps qu’elle n’avait jamais vus se déplaçaient lentement au milieu des rochers et des serpents. Elle aperçut quelques dragons, mais ils semblaient un peu petits de là où elle se trouvait.

Elle failli ne pas remarquer que Percebrise et les autres descendaient le chemin rocheux qui conduisait en bas. Elle les suivit docilement, un peu perdue. Elle ne savait pas si elle craignait cet endroit ou si elle le trouvait joli. Elle se dit qu’elle répondrait à cette question plus tard. Lorsqu’ils atteignirent le sol de la grotte, elle trouva soudain tout beaucoup plus imposant. Inconsciemment, elle chercha à s’insérer au milieu du groupe, et non plus à la traîne derrière. Elle décida alors de fixer les ailes blanches de Percebrise qui marchait devant elle et d’oublier tout le reste. Elle ne voulait pas risquer de prendre peur et de paniquer. Elle voulait rester courageuse, pour ses amies.

Mais il y avait un abysse entre ce qu’elle voulait et ce qu’elle était capable de faire. Elle eut beau se donner tout le mal du monde, elle sentait les regards des corps qu’ils croisaient. Ces regards lui brûlaient la peau, plus fort, se dit-elle, que si elle s’était jetée sous les serpents enflammés. Elle se sentait très mal et, malgré toute la force qu’elle y mit, elle ne put s’empêcher de céder à cette sensation si familière qu’était la peur. Elle se pressa subitement contre Poussepierre et manqua de la faire tomber. Elle sentit que son amie – qui semblait s’en sortir à merveille dans le Dehors, si on ne comptait pas les effets que la maladie avait sur elle – lui lancer un regard de reproche. Honteuse, elle baissa la tête et pressa le pas pour se rapprocher de Percebrise. Elle se sentait perdue dans un monde tout aussi nouveau pour elle que l’était le Dehors. Tout bourdonnait autour d’elle, et elle eut presque l’impression que sa vision se brouillait. Confuse et un peu hébétée, elle se risqua à frôler l’esprit du dragon blanc, qu’elles reconnaissaient toutes comme leur protecteur – et elle peut-être plus que les autres.

-Percebrise... J'ai peur.

Elle ne savait pas en quoi exprimer ça à quelqu’un lui servirait, mais elle ressentait le besoin urgent de se confier, et elle ne voulait pas forcer ses amies à soutenir sa peur en plus des leurs. Percebrise était le seul repère stable auquel elle pouvait se rattacher sans gêner personne. Et elle avait pris l’habitude, quand elle en éprouvait le besoin, de trouver un certain réconfort dans ces écailles immaculées et ces yeux couleur du ciel.
 

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MessageSujet: Re: Un gastéropode, un briseur de caillasse, et un frère très apprécié. [PV Percebrise et ThaEron]   Mar 12 Avr 2016 - 14:34

Même s'il savait pourquoi il était là, Percebrise se demanda pourquoi tout ce qu'il faisait le ramenait automatiquement au Lavadôme. Il connaissait cet endroit, il y était habitué, il y avait mené plusieurs missions à son compte et il y avait passé beaucoup de temps, pourtant rien ne l'attirait ici, si ce n'est les quelques commerces artisanaux qui présentaient des fois certains objets invraisemblables et singulier -de vieilles breloques confectionnées à la main, à la patte. Après s'être assurée que tout le monde le suivait et qu'il n'en avait pas perdu une en chemin -la Grisette là derrière en était bien capable- il se décida à entrer dans le tunnel qui débouchait sur le grand dôme de pierre et de lave. Il essaya d'apprécier la singularité des lieux : sans succès. Il lui était impossible de retrouver la sensation indescriptible de sa première vision de la caverne magistrale, lorsqu'il était venu ici pour la toute première fois. Pour s'émerveiller à nouveau, il aurait eu besoin d'un œil neuf... Or, ses yeux en avaient vu trop d'un coup, toutes ses dernières années. Il se surprit à envier les dragonnelles. Un regard furtif en arrière lui apprit que Mordbois grinçait des dents, à défaut de mâchonner un bout de bois ; Poussepierre, égale à elle même, avançait avec dignité, feignant l'indifférence -même si ses pupilles dilatées et les gigotements du bout de sa queue la trahissaient. Tournequeue progressait tête baissée entre les deux dragonnelles, évitant les regards curieux des autres dragons, et Limace, comme à l'accoutumée, jetait des regards de gibier effrayé à chaque détour du chemin. Percebrise soupira. Quelle bande de brebis galeuses ils devaient former...

La petite troupe progressa tant bien que mal entre les files de draques qui partaient pour l'entraînement et des esclaves affairés qui couraient dans tous les sens. Le Blanc montra les dents à l'un d'entre eux qui avait osé les pointer du doigt en riant. Aussitôt remis à sa place, ce-dernier s'empressa de décamper vers la sortie extérieure. Percebrise leva les yeux et observa silencieusement les dragons qui volaient de part et d'autre de la caverne. Ils venaient de toutes parts. Il aperçut un griffaran -ces oiseaux empotés- émerger d'un petit tunnel en hauteur et prendre son envol, un parchemin précieusement enroulé solidement attaché à sa patte. Si cela n'avait tenu qu'à lui, il aurait pris le chemin le plus rapide, en volant. Mais les dragonnelles étaient encore trop inexpérimentées, et voler dans une caverne pleine de lave, où l'air était un coup stagnant, un coup montant, les aurait déboussolées plus qu'autre chose. Mais marcher au milieu des draques et des esclaves n'était pas non plus une partie de plaisir et il avait plus qu'hâte d'en finir.

-Percebrise... J'ai peur.

Le dragon albinos tourna la tête en arrière tout en continuant de marcher : son regard croisa celui de Limace, affichant une mine misérable qui lui fit de la peine. Il se demanda comment elle allait se débrouiller maintenant qu'elle était libre. Car elle n'était pas malade, contrairement aux autres. Mais il lui semblait impossible de la lâcher dans la nature sans qu'elle ne meure de faim, de soif, ou de peur... Faites qu'elle s'habitue vite à sa nouvelle vie, pria-t-il en silence. Il ralentit un peu et s'arrangea pour se mettre à la hauteur de Limace. Elle avait beau être la plus sensible, impressionnable et maladroite du groupe, elle était toujours la première à lui faire part de ses impressions et à poser les bonnes questions, celles auxquelles le Blanc avait le plus de peine à répondre.

- T'inquiète. Ignore leurs regards curieux, les dragons d'ici sont comme ça, ils se permettent de juger tout le monde. Ils sont comme ça entre eux aussi. Ça va qu'ils ne le sont pas tous. Ceux que nous nous apprêtons à rencontrer ne devraient pas trop t'embêter avec ça. Ils sont si chevronnés qu'ils ne penseront qu'à une chose : vous soigner. Et ça ne saurait trop tarder, vu comme il se battent pour avoir tout le prestige... Il se rappela que Limace avait tendance à tout prendre au pied de la lettre : Enfin, ils ne se battent pas vraiment, pas à coups de griffes et de crocs en tout cas. C'est une sorte de compétition, ils veulent être reconnus pour leur mérite. Se faire un nom...

Il cessa de parler, car il avait cru entrevoir un éclair cuivré du coin de l'oeil. Ne pouvant en déterminer l'origine, il se raidit un peu. Et si ThaEron était là ? Il n'y avait pas pensé... Aller, tu te fais des idées. Il y a plein de cuivrés ici. Des cuivrés qui ne peuvent pas rivaliser avec tes belles écailles immaculées conception, haha. Et au pire, quand bien même il serait là, qu'est-ce que ça me ferait? Pourtant, il appréhendait de tomber à nouveau sur son frère, ce champion si parfait, ce magicien hors-pair, qui avait eu droit à tous les honneurs dès la naissance. Il ne saurait quoi faire s'il venait à le rencontrer là, tout de suite. Il avait une bande de dragonnelles à soigner, il ne fallait pas qu'il pense à autre chose, car il pourrait facilement perdre les pédales. Il reprit son allure posée et se dirigea vers la grande cascade de la lave qui se déversait en contrebas.

- En parlant de nom, est-ce que tu as réfléchi à ce que je vous ai dis l'autre jour, près du lac ? Poussepierre, Mordbois et Tournequeue m'ont fait part de leur décision, elles voudraient changer de nom pour un autre de leur choix, mais pas tout de suite, elles ont dit « quand elles seraient guéries et prêtes ». J'attends toujours de savoir ce que tu en penses... Ah, tiens, on arrive.

Il s'engouffra derrière le rideau immense de lave qui coulait. La chaleur se fit plus oppressante un instant et il se dépêcha d'entrer dans un tunnel où tous se réjouirent devant la fraîcheur des lieux. Devant eux, deux anklènes oranges discutaient, l'un d'entre eux rayé de brun comme un tigre. Percebrise les suivit jusqu'à-ce qu'ils arrivent dans un couloir plus large qui donnait sur plusieurs salles plus au moins grande. Il s'agissait de l'espace réservé aux anklènes à l'intérieur même du Lavadôme. L'albinos connaissait mieux les lieux ici qui sur la colline des anklènes et leur bibliothèque géante. Dans cet endroit, il se repérait plus facilement. Percebrise se dirigea vers une grotte un peu à part où quelques dragons reniflant attendaient à la queue leu-leu.

- Bon ben maintenant on attend notre tour...


Dernière édition par Percebrise le Jeu 14 Avr 2016 - 12:34, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Un gastéropode, un briseur de caillasse, et un frère très apprécié. [PV Percebrise et ThaEron]   Mer 13 Avr 2016 - 23:46




Bonne journée à vous aussi... répondit ThaEron sans grande motivation, en regardant s'éloigner nonchalamment le draque couleur rouille qui était venu en quête de médecine.

Le dracomage ne souhaitait pas être là, à dire vrai. Il était venu récupérer d'anciens documents dont il avait besoin pour rendre vie à sa terre-mère, l'Île de Feu. Seulement, en le voyant arriver, les Anklènes l'avaient assailli de discours et de questions : de plus en plus de malades venaient chercher de l'aide, et ils avaient besoin de plus de soigneurs.
« Je suis mage, pas soigneur. » avait fait noter le cuivré, sous toutes les formes possibles. Ses connaissances en médecine étaient très limitées, mais les illuminés de la colline avaient insisté pour qu'il vienne -lui et sa magie- donner consultation avec eux. Il avait été, d'une certaine manière, forcé d'accepter : participer à la vie des Anklènes était un devoir si il souhaitait avoir accès à la bibliothèque et à ses archives. Et il avait ô combien besoin de celles-ci.

Dragons, hominidés, griffarans... c'était comme si tout l'empire était passé devant lui en deux jours. Tantôt, on venait lui demander remède pour un simple rhume, mais la plus part des dragons savaient se soigner eux-même ce genre de maladies bénignes. De fait, les patients qui voyageaient jusqu'à Lavadôme souffraient souvent de travers plus graves, de la plaie infecté à de terrifiantes gangrènes, et autres causes vraisemblablement désespérées. C'étaient là les limites de la connaissance de ThaEron, qui se contentait donc généralement de répondre des choses comme « Adressez vous à MaaToraz, le grand rouge là bas » ou « Voyez avec Isara, trois cavernes au dessus » . Ce travail était long, ennuyeux, et il n'en comprenait pas l'utilité, sinon de simplifier la vie des autres Anklènes en triant leur malades à leur place. Cela lui déplaisait, car il avait d'autres choses à faire que de participer au bon plaisir de quelques dracosires belliqueux, trop fainéants pour renseigner leurs patients eux mêmes. Il semblait que c'était cependant la façon de faire du Lavadôme, et il n'était pas le seul à en être ennuyé, d'après ce que lui avait raconté un griffaran qui était passé dans l'après-midi. Un grand orangé, sans doute important -il n'avait aucune idée de la hiérarchie de ces drôles d'oiseaux- qui s'était blessé à la patte en cherchant une de ses semblables dans les tunnels. Il voulait « changer les choses » et « se réjouissait de voir un dragon différent des empotés qui vivait ici ». Le cuivré soupira en y repensant. Conflits, duels d'opinions, esclavagisme... Rien n'allait bien en ce royaume souterrain dont on avait tant conté les merveilles. Il se reprit à penser à son île, et de ce qu'elle pourrait devenir plus tard, espérant sincèrement qu'il n'en adviendrait rien de semblable. Mais le fil de ses pensées fut troublé par un curieux cortège un peu au dessus dans la file, un groupe de dragonnes à la mine fort misérables que ThaEron avait aperçu du coin de l'oeil un peu plus tôt, lorsqu'il était aller aller chercher de l'eau à la source. Cette fois ci cependant, son attention fut retenue par ce détail bien particulier qu'était le dragon à la tête de la petite troupe. La neige de ses écailles et la glace de ses yeux ne se trouvaient nul égal : c'était son frère qui était là. L'était-il volontairement ?

La curiosité avait mordu le dracomage, et son travail de médecin était soudain devenu bien plus interessant. Qu'est-ce qui pouvait amener le fier Percebrise à venir chercher médication aux fins fonds du Lavadôme ? Il n'avait pas l'air mal en point, ce qui n'était cependant pas le cas des dragonnelles autour de lui – à part peut-être une grise, qui n'affichait pour tout syndrome qu'un visage affligé sur lequel se peignait une grande peine, mélée de peur et de curiosité. La situation se faisait plus absurde. « Qu'est-ce qui pouvait amener le fier Percebrise à guider un groupe de dragonnelles désespérées trouver médication aux fin fonds du Lavadôme ? » était une question bien plus surréaliste que la précédente.
Deux patients le séparaient du burlesque cortège. Le premier était un dragon, porteur d'une infecte boule de chair purulente au niveau du cou, et ThaEron l'expedia à RedAgol sans réflechir. Le second, un draque, toussotait, et le cuivré lui donna un sachet d'herbes médicinales. Et ce fut alors que son regard se posa droit dans celui de son frère.

Voici donc mon vieux frère, qui se fait meneur d'une triste troupe. Qu'est-ce vous amène dites moi ?

Le cuivré, à vrai dire, savait bien que ses interlocuteurs venaient chercher de l'aide, mais il avait envie d'avoir plus de détails sur la situation. Il jeta un rapide coup d'oeil aux dragonnes et leur adressa un sourire qui se voulut rassurant, et reconcentra son attention sur son frère, attendant une réponse.
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MessageSujet: Re: Un gastéropode, un briseur de caillasse, et un frère très apprécié. [PV Percebrise et ThaEron]   Jeu 14 Avr 2016 - 19:53

Sorry mais je crois que je peux pas faire grand chose à part donner le pdv de Limacouille d'amour.




FROM NAME TO BROTHER

Percebrise et elles attendaient derrière une file formée par plusieurs dragons. Malgré les mots rassurants du dragon Blanc, Limace était toujours aussi mal à l’aise, si ce n’est plus. En effet, ils n’étaient plus en train de se déplacer à travers la grande grotte, et les dragons présents dans celle plus petite qu’ils avaient rejoint avaient tout le loisir de les observer. Elle sentait leurs regards qui passaient d’elle aux autres, et elle était intimement persuadée qu’ils jugeaient sa peau de limace. Elle avait fini par se faufiler entre Poussepierre et Tournequeue, se mettant à l’abri de tous ces yeux.
Percebrise dit que c’est normal. Les autres ne le feront plus. Ils seront gentils, ils vont nous aider. Percebrise dit que c’est normal.
Elle se répétait ces mots en boucle, comme une chanson qui pourrait l’aider à se calmer. Cependant, son cas ne s’arrangea pas lorsqu’elle aperçut du coin de l’œil un éclair doré. Elle avait très vite détourné la tête et fermé les yeux très fort. Ses cœurs tournoyaient dans son cou et tapaient fort contre sa peau. Mais elle ne voulait pas alarmer les autres ; elle se mit donc à détourner son esprit de tout ça en repensant à la proposition que Percebrise leur avait faite.

Changer de nom.
Elle avait beau y avoir réfléchi de longues heures, elle ne savait pas quoi en penser. Apparemment, les dragons ne portaient pas de nom comme le sien ou celui de Percebrise ; il n’y avait pas de mots qui les définissait. Les noms n’étaient composés que de sons qui ne formaient rien de précis, et qui n’existaient que pour ceux qui les portaient. Même si les autres changeaient de nom, elle se voyait très mal les appeler différemment que Mordbois, Tournequeue, et Poussepierre. Et puis d’abord, Percebrise avait bien un nom comme ça, lui ! Mais si ses amies voulaient porter un nom de dragon, elle respectait leur choix. Néanmoins, elle, elle aurait préféré garder Limace, même si Percebrise lui avait dit que ce ne serait pas très bien. Et ça la rendit triste, mais elle avait bien remarqué la façon dont les autres regardaient les limaces. Les dragons n’aimaient pas les limaces. Elle était un peu désemparée, parce qu’elle ne voyait pas du tout comment elle pourrait s’appeler. Elle avait toujours été Limace ; et ce même avant qu’on lui donne ce nom.

-Voici donc mon vieux frère, qui se fait meneur d'une triste troupe. Qu'est-ce qui vous amène dites-moi ?

Cette phrase coupa court à ses réflexions. Elle ne s’en était même pas rendu compte, mais ils avaient changé de place dans la file. Ils se tenaient désormais face à un dragon dont la couleur oscillait entre celle des pieds des géants de la forêt, et celle du Soleil quand il mourrait le soir. Elle analysa ses paroles. Triste troupe ? Elles n’étaient pas triste, seulement malades. Et Percebrise n’était pas vieux.
Oh.
Quelque chose se déverrouilla dans son cerveau. Elle avait compris que l’expression vieux frère s’adressait au Blanc. Lui et le dragon étaient des frères ? Elle fit un gros effort de remémoration pour se souvenir ce que Percebrise leur avait déjà expliqué sur le sujet. Frère était comme sœur. C’étaient des dragons qui naissaient en même temps. Ils avaient le même père et la même mère, qui sont les dragons qui les aide, les protègent, et leur donnent à manger. Ils étaient, de ce qu’elle avait compris, proche comme des amis, comme elle-même l’était avec les autres – sauf qu’elles n’étaient pas sœurs. Pourtant, quelque chose n’allait pas. Ils ne paraissaient pas heureux de se revoir, pas comme elle l’avait été en retrouvant ses amies après une longue période passée sans les voir. Ce qui liait son protecteur et le dragon soleil-mourant l’intriguait. Elle avait peut-être mal comprit ce qu’étaient des frères, finalement.
Quoi qu’il en soit, le dragon ne semblait leur vouloir de mal. Elle ne lui faisait certainement pas confiance comme à Percebrise, mais si le Blanc le connaissait, alors elle décida qu’elle pouvait ne pas avoir peur. Elle sorti un peu de sa cachette entre les corps verts de ses amies et dressa la tête pour observer.

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MessageSujet: Re: Un gastéropode, un briseur de caillasse, et un frère très apprécié. [PV Percebrise et ThaEron]   Jeu 14 Avr 2016 - 21:36

Super, super, super!
Mais quelle surprise ! Pourquoi fallait-il qu'il tombe sur ThaEron, où qu'il aille ? Percebrise ne pu s'empêcher de lever les yeux au ciel. Alors qu'il se sentait calme et même un peu fatigué de son périple avec les dragonnelles, voilà qu'il était à présent irrité. Il n'y pouvait rien : voir son frère, penser à son frère, entendre son frère, sentir son frère le mettait de mauvaise humeur. Sa jalouserie ne le quitterai jamais, ça non ! À chaque fois qu'il voyait des écailles cuivrées, Percebrise repensait à ce jour où le destin avait décidé à sa place de son destin ; le jour ou son frère avait fait de lui un banni. Il sentit ses cœurs chauffer derrières ses griffs mais ne pipa mot.

- Voici donc mon vieux frère, qui se fait meneur d'une triste troupe. Qu'est-ce vous amène dites moi?

Vieux frère. Vieux frère quoi. Ça lui est venu d'où, cette petite manie de me donner des surnoms ridicule ? Vieux cul va. Prend ça dans ta face. Je vais t'en donner des surnoms. L'Albinos passa un regard sur sa petite bande. Il constatat une fois de plus, et avec beaucoup de regret, l'absence de Dansenuit qui avait rejoint Griffemur, dans les Étoiles.

- Salut, frère tout frippé et délabré, s'exclama-t-il en prenant un faux air joyeux. Puis son expression théâtrale se fit plus sombre, et il en alla de même pour le ton. Je te présente Poussepierre, Mordbois et Tournequeue, les trois vertes. Elles sont malades : constamment fatiguées, l'appétit manque à certaine et elles sont d'une maigreur effrayante. Et voici Limace, la grise. Elle, elle n'a rien. Tu as vu, elles ont des noms un peu comme le mien.

Il cessa de parler et employa le dialogue mental.

Elles étaient enfermées dans une grotte perdue de la Vallée de Sadda. Un dragon doré les tenait prisonnières, et vu que tu passes ta vie ici à faire tes trucs d'anklènes j'ai pensé qu'il fallait que tu en touches un mot au Tyr -pas moi, je suis mal vu dans cet endroit. Elles étaient maintenues attachées dans une caverne et ne connaissent que le soleil et la chaleur depuis quelques semaines à peine. Je les ai libérées du doré, mais j'ai du me battre avec lui, et c'est un éboulement qui nous a permis de nous enfuir. Je ne sais pas si le doré et mort, en tout cas sa colère et ses mauvais traitements ont coûté la vie à deux dragonnelles. Les trois vertes ici sont très faibles, malgré tout ce que j'ai pu leur donner à manger, et mes connaissances en médecine sont limitées. Elles ont commencé à apprendre à voler mais ça n'est pas encore ça. Ah, et je crois que la grise est venimeuse.

Il avait largué toutes les informations d'un seul coup, mais tant pis, le prodigieux ThaEron serait bien capable de se rappeler de tout. Percebrise s'avança franchement et posa son aile droite sur la nuque de son frère qu'il se mit à frotter énergiquement.

- Vous allez voir, mon frère est le dragon de la situation! s'exclama-t-il, les yeux plissés, affichant une mine de fausse bonne humeur. Il se mit à frotter encore plus rapidement et se retint d'appuyer plus fort. Tiens, prend ça... Gnh... Puis il rangea son aile comme si de rien n'était.


Dernière édition par Percebrise le Mer 20 Avr 2016 - 14:41, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Un gastéropode, un briseur de caillasse, et un frère très apprécié. [PV Percebrise et ThaEron]   Ven 15 Avr 2016 - 1:23




ThaEron s'ébroua brièvement, pour chasser la sensation désagréable laissée dans sa nuque par l'aile de son frère, puis le fixa, et ne répondit strictement rien. Il regardait Percebrise, à la fois amusé et agacé. Il avait appris à ne plus haïr l'albinos, mais leur relation était toujours tendue, ce qui était tout à fait compréhensible. Dans un autre sens, il y avait là quelque chose de presque comique. Tout ce qu'il disait, le blanc le retournait contre lui, et dès qu'il le pouvait, il lui mettait de petits bâtons dans les roues. Certains jours, le cuivré en était las ; d'autres, il en riait. Si il le pouvait, il se serait pris à son jeu, mais il n'avait jamais été très bon à la joute verbale, ni aux taquineries fraternelles.
Mais il se fit plus sérieux. Le cas des dragonnes l'intriguait, et leur histoire le minait vraiment. Tout ce qu'avait mentionné son frère l'attristait, de leur détention par un dragon fou -et tout ce qu'elles avaient du endurer- au simple fait qu'elles n'aient jamais vu le jour avant l'arrivée de Percebrise. Il l'admirait d'ailleurs pour cela. En vérité, au fond de lui, il l'admirait tout simplement, lui qui avait survécu et avait réussi à grandir seul, sans l'aide de personne, et à devenir ce qu'il était aujourd'hui, un dragon coriace, décidé, et avec un caractère bien forgé.
Il lui répondit mentalement lui aussi. Le dracomage n'avait pas envie d’inquiéter les jeunes dragonnes en disant à voix haute les mots qu'il allait adresser à son frère.

On reparlera du doré plus tard, le cas des petites est plus urgent. Bravo pour la mission de sauvetage en tout cas. Quoiqu'il en soit, il va falloir qu'on mette nos différends de côté si on veut les aider, et honnêtement, j'ai vraiment peur quant à leur survie. Rien n'est perdu, elles tiennent encore sur leurs pattes, c'est bon signe. Et si elles ont réussi à faire tout le voyage jusqu'au Lavadôme, c'est soit que leur corps se défend bien, soit que la maladie prends du temps à agir, ce qui, dans les deux cas, nous donne au moins un petit avantage ; mais nous ne devons pas traîner. Les choses sont, cependant, un peu plus complexe. Il est bon que tu aies réussi à gagner la confiance de tes dragonnes, car nul doute ne fait qu'elles ont été traumatisées par ce qu'elles ont vécu. Le problème, c'est que cela fait d'elles des êtres fragiles, et je ne saurais te dire de les confier aux autres Anklènes, pas pour l'instant en tout cas. Ils sauraient probablement les soigner, mais leurs médecins sont très différents de leurs philosophes. Ils n'ont pas grand chose à faire de la psychologie de leurs patients, ce qu'ils veulent à tout prix, c'est les soigner, quelles-qu'en soient les conséquences. C'est comme si tu les mettais devant une porte et que tu leur disait « passez de l'autre côté ». Si trouver la clef est trop difficile, ils n'hésiteraient pas un seul instant à démolir la porte.
Je pense que tu as compris l'idée. Si tu leur laisse les petites, tu risque de les récupérer totalement brisées et bien plus traumatisées qu'elles ne le sont maintenant. Alors il va falloir qu'elles me racontent le plus de choses possible, et qu'elles me laissent essayer de comprendre ce qui peut les atteindre. Ensuite, une fois que nous auront compris tout ça, on pourra commencer à chercher à les soigner, et en dernier recours, faire appel aux Anklènes. Heureusement, j'en connais d'autres qui ne sont pas comme ceux dont je t'ai parlé, mais dans tous les cas, je pense qu'il vaudrait mieux éviter de leur faire rencontrer trop de monde d'un coup. Donc il va falloir que tu m'aide, ça marche ? Je te rassure, j'aurais préféré ne pas avoir à te demander ton aide. Et j'imagine que toi non plus, petit blanc.

Après avoir jeté un rapide coup d'oeil aux alentours, il reprit, cette fois ci à voix haute..

Venez, suivez moi. Nous allons aller dans un endroit plus calme, avec moins de monde.

Le cuivré s'avança un peu plus loin, et entra dans un large tunnel. Il s'assura que tout le monde le suivait, et tourna à droite, quelques pas au dessus. Ils arrivèrent dans une large caverne, éclairée par quelques torches, ainsi que par un rayon de lumière du jour, qui entrait par une fine brèche au plafond, filtré par un fin tapis de végétation. Un ruisseau coulait dans un coin, berçant l'endroit d'une calme mélodie. Au centre, il y avait deux tables en pierre, et quelques coffres dans lesquels était rangé du matériel de guérisseur. Dans une étagère, quelques parchemins de médecine.

ThaEron se retourna, baissa le cou pour arriver à hauteur des dragonnes, qui étaient un peu plus petites que lui. Il ne savait pas vraiment comment s'y prendre pour leur parler, tant il craignait de les effrayer. Mais il se dit que son frère s'était peut-être moins creusé la tête la première fois qu'il les avaient vu, alors peut-être qu'après tout, la meilleure chose à faire était de rester naturel.

Eh, salut vous. Je suis ThaEron, le frère de Percebrise, et je sais guérir les maladies. Je peux vous aider, mais il va falloir que vous me parliez, d'accord ? Je ne veux pas vous faire de mal, comme Percebrise. Vous avez peut-être peur de tout ces dragons autour de nous, mais je vous promet que vous n'avez pas à avoir peur de moi.

Le cuivré tourna la tête vers la grise, celle qu'on appelait Limace, et qui était la seule à ne pas être atteinte.

Toi c'est Limace, c'est ça ? C'est amusant, comme nom. Tes amies sont très faibles, alors tu vas devoir nous aider, Percebrise et moi, à comprendre ce qui leur arrive. Il faudra d'abord que vous me parliez de vous, et peut-être qu'on trouvera quelque chose que les autres ont fait et pas toi. Ca nous permettra de savoir ce qui les rends malade, tu comprends ? Je vais aussi faire quelques petits tests, mais rien qui ne fasse mal. Je vais regarder vos yeux, vos pattes, des choses comme ça, qui peuvent aussi nous aider à mieux savoir ce qui se passe. Mais d'abord, il faut que vous me parliez. Allez-y. Racontez moi ce que vous voulez.
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MessageSujet: Re: Un gastéropode, un briseur de caillasse, et un frère très apprécié. [PV Percebrise et ThaEron]   Ven 15 Avr 2016 - 14:53




ANSWERING THE DYING-SUN

ThaEron. Ca ne voulait vraiment rien dire. Si tous les dragons s’appelaient comme ça, comment faisaient-ils pour se souvenir des noms de chacun ? Ce serait comme essayer de retenir une multitude de sons mis côte à côte sans aucun sens particulier. Li-mace. Voilà, ça c’était clair ! Mais le dragon orangé avait dit que c’était amusant. Elle ne savait pas s’il se moquait d’elle ou non, mais dans les deux cas, ça n’avait pas l’air normal. Et si elle devait vraiment changer de nom, finalement ?
Elle balaya ces pensées et se reconcentra sur le moment présent. Ils allaient enfin soigner ses amies. Le dragon semblait savoir ce qu’il faisait, mais Limace failli protester quand il dit : peut-être qu'on trouvera quelque chose que les autres ont fait et pas toi. Elle y avait déjà réfléchit des centaines de fois ! Mais elle se dit que peut-être ThaEron comprendrait plus de choses qu’elles. Après tout, il savait guérir les gens.

Ce fut Poussepierre qui, comme à son habitude, se lança la première.
-Nous avons vécu toute notre vie dans le même endroit, et nous n’avions encore jamais été malades comme ça.
-C’est tout récent, ajouta Mordbois.
-Quand nous avons eu nos… ailes, nous avons juste changé de grotte. Et le dragon Or nous nourrissait mieux et venait nous voir plus souvent.
-Limace est arrivée en dernière, lança Tournequeue.
La principale intéressée ne prenait pas part à la conversation. Les autres semblaient très bien se débrouiller pour l’instant, elle n’avait rien à ajouter. Elle commença à se perdre dans le souvenir de cette époque où elle avait attendu seule, dans le noir, pendant ce qui lui avait semblé une éternité. L’apparition de ses ailes avait tant tardée qu’elle avait fini par penser qu’elle ne reverrait plus jamais ses amies.

-Au bout d’un certain temps, des pierres sont apparues, reprit Poussepierre d’une voix grave. Lisses et clairs. Limace n’en avait pas. C’est comme le feu, d’ailleurs. Elle n’en a pas non plus.
-On avait fini par penser qu’elle était maudite…
Ce qui, à ses oreilles, sonnait tout à fait juste ; aujourd’hui encore.
-Il emportait nos pierres avec lui. Nous en avons toutes eu au moins deux fois. Et au bout d’un moment, il venait moins souvent.
-On commençait à se sentir mal déjà un peu avant. Je crois que ça fait très longtemps que ça a commencé. Puis ça s’est aggravé. Et on a demandé à Limace de sortir chercher de l’aide.
Puis ce fut le silence. La concernée leva la tête et se rendit compte que tout le monde l’observait.
-Euh...
Stressée, elle passa automatiquement en langage mental.
-Je voulais trouver le Maître.
Elle perçut du coin de l’œil le regard sévère de Poussepierre.
-Euh non, le dragon Or. Mais je suis tombée sur Percebrise. Il est venu, mais le Ma… dragon Or aussi. On a dû se sauver et tout s’est écroulé. Je n’avais pas de pierres, ni de feu. C’est tout. Ah, non. Je ne mangeais pas comme elles. Que des limaces.
Elle avait parlé très vite et avait étendu son esprit à tout le monde. Elle n’avait pas l’habitude qu’on lui porte autant d’attention, et, ajouté aux regards qu’elle avait dût subir en arrivant jusqu’ici, cela commençait à lui peser beaucoup.

Pendant leur voyage, elle avait été contrainte d’abandonner son régime exclusivement composé de limaces pour se porter un peu plus sur la viande que Percebrise leur ramenait. Elle se demandait vraiment si cette même viande pouvait être à l’origine de la maladie. Mais ses amies avaient toujours mangé les choses que le Maître apportait, et elles n’étaient pourtant pas tombées malades jusque–là.
Une vague d’épuisement la submergea soudain. Elle se sentait vidée et, même ici à l’abri des regards, la nouveauté des lieux l’oppressait. Elle dansait d’une patte à l’autre, tentant de mobiliser son esprit. Duran toute sa vie, le peu d’éléments qu’elle vivait en une journée étaient manger – voir le Maître – dormir – et parfois même discuter avec les autres. D’autant plus qu’elle était la moins bavarde et la moins sociale de tout leur petit groupe. Tout ça, ce n’était rien comparé à ce qu’elle avait vécu chaque jour depuis qu’elle était sortie dans le Dehors. Et aujourd’hui n’était pas une exception.

Elle eut vite fait de retrouver la tranquillité de son petit monde à elle, si bien qu’on aurait pu lui poser une question qu’elle ne l’aurait même pas remarqué. Elle s’en voulait un peu de ne pas pouvoir s’investir plus dans les recherches, alors qu’elle avait attendu si longtemps pour ça. Mais il lui semblait qu’elle avait dit tout ce qu’elle pouvait pour aider, et elle ne voyait pas en quoi elle pouvait être plus utile.
Elle émergea quand ThaEron commença à examiner les autres, en commençant par Poussepierre, qui semblait vouloir montrer l’exemple. Mordbois, elle, paraissait un peu anxieuse, tandis que Tournequeue ne laissait rien paraître. Limace afficha un air triste. Elle avait toujours été un peu distante des vertes, dans un petit groupe à part et individuel. Pourtant, elle les aimait. Ça ne l’avait pas dérangée jusque maintenant. Mais elle avait l’impression que depuis qu’elles avaient fui la grotte, quelque chose les éloignait de plus en plus. Elle savait qu’elle pouvait toujours compter sur elles, mais elle sentait qu’un détail avait changé. Elle se demandait si ça avait un rapport avec ce qui était arrivé à Griffemur et à Dansenuit. Avaient-elles compris elles-aussi que c’était de sa faute ?

Tandis que ThaEron s’occupaient d’elles, elle se rapprocha de Percebrise. Son regard passa du dragon blanc comme les nuages à celui couleur soleil mourant. Elle se demanda comment c’était possible qu’ils soient frères alors qu’ils étaient si différents. ThaEron était un peu plus imposant et ne parlait pas comme lui. Il n’était pas pareil non plus dans sa manière d’être. Elle avait presque l’impression de se voir elle face à Poussepierre. Elle n’arrivait toujours pas à saisir avec certitude le lien qui unissait les deux dragons, et celui qui la liait aux vertes, qu’elle pensait pouvoir considérer comme ses sœurs. En fait, elle n'était plus sûre de rien.
-Percebrise ?
Elle hésita un peu. Elle voulait lui poser des questions, mais elle n’avait aucune idée de la manière de les formuler. Tout était trop brouillé, trop flou pour qu’elle en tire des phrases compréhensibles. Alors, elle lui ouvrit son esprit et lui transmit tout - ses doutes, ses interrogations par rapport à lui, à son frère, à elle, et aux autres - à partir d’images, de pensées, de fragments. Elle espérait que le Blanc réussirait à tout démêler pour elle. Elle attendit, immobile, le regard perdu dans le vert qu’arboraient celles qui mélangeaient tant de choses en elle. Associé à la couleur de ThaEron, elle eut l'impression de revoir les géants qui habitaient la forêt. Comparé à eux, son gris et le blanc de Percebrise semblaient appartenir à un autre monde coloré ; comme la Lune brillait dans le ciel, isolée et solitaire, bien loin des géants et de tout le reste.


#OkPromisJ'arrêteLesPutainDePavésU.U

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MessageSujet: Re: Un gastéropode, un briseur de caillasse, et un frère très apprécié. [PV Percebrise et ThaEron]   Ven 15 Avr 2016 - 19:32

Petit blanc... Petit blanc mais bien sûr, ah si tu savais à quel point tu me saoules, encore plus que six tonneaux de kerne. C'est ça oui, appelle moi petit blanc encore une fois et je te promets que je te déchire les ailes en mille petits morceaux, comme du papier. Je vais te sauter dessus, te plaquer au sol et t'ouvrir le ventre, et tu va crier, de peur et de désespoir, comme une dragonnette, comme nos sœurs lorsqu'elles sont mortes. J'espère que tu te souviens de leurs cris d'agonie... Ensuite, je vais cracher tout mon foua sur son joli corps et d'un jet de flamme je vais t'embraser... Mmm... Et puis une fois bien cuit, je continuerai à te frapper jusqu'à-ce que tu meures... Oh, oui.

Tandis que Percebrise se perdait dans sa délicieuse vision où il molestait le cuivré et le martelait à coups de pattes arrières, ThaEron s'adressa aux dragonnelles, et sa masculine le tira de sa rêverie. Il se mit alors à écouter avec attention le récit de chacune, mais buta sur le mot pierre, avant de se souvenir que c'était comme ça qu'elles désignaient les œufs qu'elles avaient pondu. Par prudence, il le dit à ThaEron, au cas où il n'aurait pas compris le sens du mot pierre. Le jargon des dragonnelles était assez compliqué.

- Les pierres. Les œufs.

Il se demanda ce qu'il en était advenu, avant de réaliser avec horreur qu'ils avaient probablement été écrasés pendant l'éboulement. Une image se forma dans son esprit, l'image de fragments de coquilles brisés, éparpillés sous des tonnes de rochers. Mais et si l'intégralité de la grotte ne s'était pas effondré ? Cela voudrait dire qu'il y a encore peut-être des œufs intacts. Mais ils ont du mourir, après toutes ses semaines passées dans le froid et les ténèbres. Mais d'ailleurs, elles ont eu plusieurs couvées... D'autres œufs ont du éclore... Le regard perdu dans l'infini, ses yeux s'arrondirent et lui donnèrent un air ahuri. Et si il y avait d'autres dragonnelles sous la montagne ? Ou des draques, des dragonnettes ? L'Albinos avait bien compri le complot de ce dragon médiocre. En se faisant une idée de la chose, il ne pu réprimer un frisson qui lui parcouru l'échine. Cela lui semblait sale, rien que de penser à ce que le Doré avait fait le mettait vraiment trop mal à l'aise. Percebrise eut beau regarder tout autour de lui, dan le but de trouver quelque chose qui aurait pu le distraire, il ne parvenait pas à éliminer toutes les horribles pensées, et hypothèses, qui fusaient à toute vitesse dans son cerveau trop surchargé pour pouvoir tout analyser.

« Limace n'en avait pas... » Percebrise venait de capter une information dont il n'était pas au courant. Si Limace n'avait pas d'oeufs... Alors elle était stérile. Il ne pu s'empêcher de la regarder bizarrement. Lui, les histoire d'oeufs et tout ça, cela lui échappait. Mais il trouvait quand même que la pauvre dragonnelle n'était vraiment, mais alors vraiment pas gâtée. Elle était grise, toute maigre, presque filiforme, avec ses yeux globuleux et si étranges. On aurait dit un petit lézard chétif. Elle ne crachait même pas de feu, elle était simplement venimeuse, et en plus, stérile. Il se demanda quel genre de dragon voudrait d'elle. Aucun. Personne.

Son attention se reporta sur le ThaEron, qui se penchait sur Tournequeue pour l'inspecter dans son intégralité. Qu'il joue les médecins. Pff. Monsieur je-sais-tout-faire. Monsieur-je-suis-un-champion-et-j'ai-des-pouvoirs-magiques. Puis il se détourna vers et contempla l'arrière de la troupe, dans la nouvelle caverne : personne n'attendait derrière. Ça devait être un genre d'endroit privé. Dommage. Il aurait bien aimé que le cuivré soit obligé de les laisser partir pour s'occuper d'un autre dragon malade. Plus tôt il serait débarassé de lui, mieux ce serait. Percebrise sentit une chose lisse et froide frôler son épaule et sursauta, avant de comprendre que Limace s'était fait un petit chemin entre lui et Tournequeue. Elle le regardait d'un drôle d'air, c'en était dérengeant, mais le Blanc ne dit rien, car il commençait à avoir l'habitude de ce regard si... Bizarre.

- Percebrise?


Quoi. Encore. Il commençait en avoir un peu marre que Limace se raccroche à lui tout le temps. Percebrise par-ci, Percebrise par-là... Pourquoi est-ce qu'elle ne pouvait tout simplement pas faire un effort et son montrer un peu plus indépendante, comme les autres ? Poussepierre semblait à première vue normale, même si cette dernière avait conservé cet aspect assez étrange après avoir passé toute sa vie dans l'obscurité. Poussepierre n'aurait aucun mal à s'adapter au Monde, au vrai. Mais Limace... Petite, maigre, grise, sans feu, venimeuse, stérile, naïve, dépendante...

- Limace, ça serait bien que tu parles, comme les autres dragonnelles, au lieu d'...

Il ne comprit rien, mais alors absolument rien à ce qu'il se passait, mais il cru qu'il allait s'évanouir lorsqu'un flot d'images, de couleurs et de mouvements, de sons, de sensations et d'émotions, le submerga. Si de l'extérieur il demeura immobile, droit comme un piquet, les yeux rivés sur un petit tas de parchemins, à l'intérieur, il avait l'impression d'être balloté dans tous les sens au milieu d'une tempête. Olalah, olé, oh, je comprends pas, aahr... Il sentit son déjeuner courir à toute vitesse le long de son œsophage mais ravala tout au dernier moment, ce qui eut pour effet de lui brûler la gorge et de rendre la sensation plus désagréable qu'elle ne l'était déjà. C'était comme s'il virevoltait dans un rêve. Puis les images se firent plus nettes. Au début, il n'y avait que du noir, et il distinguait des taches vertes dans l'obscurité. Puis il ressentit une peur atroce, et il se retrouva au-dessous du soleil, écrasé par l'astre brillant. Et il passa d'anxieux à heureux, dans un ciel nocturne, par-dessus les nuages éclairés par la lune. Ensuite, il se vit, lui. Il était éblouissant. Le Blanc eut le temps de se faire la réflexion qu'il était très beau avant de se sentir transporté par le vent, puis tomber, tomber sans jamais s'arrêter... STOP! cria-t-il dans son esprit. Percebrise mit fin à la connexion. Sa tête lui faisait un mal de chien, et il se sentait fébrile. Il se tourna vers Limace.

- Ça va pas la tête ? Ne refait plus jamais ça !

Ce n'était pas méchant. Il se sentait trop mal, mais il n'en montra aucune trace extérieur. Il n'avait jamais eu une telle expérience avec personne. Il avait l'impression que le cerveau de Limace restait en permanence connecté au sien. Si bien qu'il réalisa à quel point il avait été distrait ces derniers temps. Mais qu'est-ce qui cloche avec elle? Percebrise regarda ThaEron, qui mettait fin à ses examinations.

- Adlors... Blrg... Alors, le janfr-frangin ? Verdict ? Dictver ? Ajouta-t-il, comme pour plaisanter. En réalité, il avait une petite difficulté à formuler ses mots correctement. Va falloir qu'on discute une bonne fois pour toutes, fit-il à Limace, en la foudroyant du regard tant que le cuivré ne le regardait pas encore.
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MessageSujet: Re: Un gastéropode, un briseur de caillasse, et un frère très apprécié. [PV Percebrise et ThaEron]   Mar 19 Avr 2016 - 23:54

ATTENTION : Après avoir causé avec Nyl, la fin du RP à été modifié et ce qui fut un gros pavé est devenu un roman. Bonne journée.






Les pierres. Les œufs.

ThaEron intégra le message de son frère, et réalisa soudain la gravité de la situation. Le dragon doré n'avait pas simplement séquestré les dragonnettes, il s'était servi d'elles. La simple idée de ce que celles-ci avaient pu endurer révulsait le cuivré. Et Limace alors ? Elle qui n'avait pas pondu d'oeuf, comment le doré avait-il réagi ? Avait-il était en colère contre elle, lui avait-il fait plus de mal encore ? Ou n'en avait-il rien à faire, tant que la grise pouvait, comme les autres, assouvir ses envies ? Le dracomage se jura que lorsque les choses seraient terminées et les dragonnes hors de danger, le dragon or serait puni, d'une manière ou d'une autre. Mais elles, elles ne seront jamais vengées, pensa-t-il. Elles ne s'en rendaient peut-être pas encore compte, mais le doré les avait blessées, d'une manière telle qu'aucun soin ni bandage ne pourrait les guérir, à part peut-être celui du temps. Ce dragon leur avait volé des années d'une vie qui aurait pu être heureuse, en échange d'une existence que nulle dragonnette n'aurait jamais du connaître.
Le dracomage sortit de ses pensées. Le sort des dragonnes pouvait basculer à chaque instant, et il n'avait pas de temps à perdre, aussi commença-t-il à les examiner.


***

... et maintenant, lève la patte ?

Morbois s’exécuta, le cuivré analysa. Rien. Rien d'anormal. Le dracomage ne comprenait plus. Il avait effectué les mêmes tests chez chacune d'entre elles, mais leur corps ne disait rien quant au mal qui les habitait. Les os et les chairs des dragonnes étaient en bonne santé ; tout au plus, leurs muscles étaient tendus et affaiblis, mais c'était compréhensible après le voyage qu'elles avaient fait. Le dracomage avait aussi sondé leurs auras, mais celles-ci n'en disaient pas plus. Elles étaient pales, tremblantes, perdaient leurs couleurs, comme celle de n'importe qui dans un tel état.

La voix de Percebrise s'éleva alors, et cela fit sursauter ThaEron, car le blanc avait été silencieux depuis le début de l'examen.

Adlors... Blrg... Alors, le janfr-frangin ? Verdict ? Dictver ?

Sa voix était hésitante, ses mots se mélangeaient, et le cuivré se demanda ce qui avait pu lui arriver. Mais il chassa cette pensée. Ce n'est pas le sujet..

Je ne sais pas, frère. Je n'ai jamais vu ça auparavant à vrai dire. Elles sont terriblement malade, cela, même un demen stupide le verrait. Mais leur corps ne dit rien quant à ce qui leur arrive. Elles sont fatigués, faibles, maigres, mais tout à l'extérieur marche convenablement. Une chose est sure, c'est qu'elles ne seraient pas dans un tel état si elles avaient grandi convenablement, sans être enfermées sous la terre. Tout est la faute du...

Il s'arrêta alors. C'était tellement simple.

...dragon doré.
Termina-t-il.
J'aurais du y penser dès le début, je ne sais pas comment j'ai pu passer à côté de ca, c'est évident.
Il existe certaines maladies étranges, dont on ne connais pas grand chose. Elles s'accrochent par exemple à un dragon, y grandissent, parfois, elles ne lui font rien. Elles attendent un moment précis, et ce moment, c'est celui ou le dragon va... "donner des pierres" à une dragonne.

Il tenta de s'exprimer dans le parler naïf des petites. Il ne voulait pas être trop cru avec elles, qui n'auraient de toute manière pas compris le terme "d'accouplement" et tout ce qui allait avec. Il jeta un regard à Percebrise, qui lui devait sans doute avoir compris son raisonnement. Mais il continua tout de même, pour expliquer aux malades.

Lorsque le dragon doré vous à donné vos pierres, il vous à rendu malades. Je pense qu'il le savait, et que c'est pour ca qu'il n'est plus venu vous voir après. Les maladies de ce genre ne se remarquent pas tout de suite. Ce n'est qu'après un peu de temps qu'elles commencent à vous faire du mal et à vous rendre faibles.

Le cuivré se tourna vers la grise, et s'adressa à elle mentalement.

Limace, je pense que tu es "spéciale". Je ne parle pas de la couleur de tes écailles, ce que je veux dire, c'est que cette maladie n'a pas réussi à s'installer chez toi. Peut-être que cela à un rapport avec le fait que tu n'aie pas eu de pierres, je ne sais pas. Mais il y à une chose que je sais. Quand tu mords les autres, tu peux les rendre très malade. Ça n'a rien à voir, ce n'est pas du tout la même maladie, ce n'est pas une maladie d'ailleurs, ça s'appelle du venin, et c'est très rare. Les dragons qui peuvent faire ça, on dit que ce sont des dragons "venimeux". Et il y à une chose étrange avec ces dragons là : ils sont souvent plus résistants que les autres. Je pense que c'est ça qui t'a sauvée, mais je ne suis pas sur. Nous essaieront de mieux comprendre plus tard, si tu veux.

Il s'adressa à Percebrise, toujours mentalement.

Il y à un moyen de savoir ce qui leur arrive précisément, mais j'ai peur que ca ne leur plaise pas beaucoup. Il va falloir que je prenne un peu de sang de chacune, et je pourrais y lire comme dans un livre ouvert. Quelques goûtes à peine. Je n'ai pas d'autre choix... Je vais chanter, Percebrise, mais je ne vais pas chanter normalement. C'est un chant magique, qui va les endormir. Normalement cela ne devrait pas t'atteindre, mais essaie de te concentrer sur autre chose.

Cette fois, il repris la parole à voix haute.

Il va falloir que vous vous reposiez, d'accord ? Dormez, petites dragonnes. Dormez.

Il fut une rivière qui jadis chantait,
Et sur ses flots d'argent le soleil se mirait.
Ses eaux étaient si douces, qu'elles emportaient au loin,
Les malheur et les cris, la peur et le chagrin.

Pour y trouver la paix, beaucoup venaient la voir,
Ils s'y débarrassaient de tout leur désespoir,
L'onde leur apportait calme et sérénité,
Illuminant leur vie d'une paisible clarté.

Les années passèrent, l'eau cessa de couler,
Mais toujours le fleuve, chante pour nous apaiser.
Il coule dans nos âmes, et lorsque viens la nuit
Vers l'océan des rêves, il guide nos esprits.

Vers l'océan des rêves, il guide nos esprits...

Les dragonnes s'étaient endormies avant même que le cuivré eut fini de chanter. Il s'approcha d'un coffre, et en sortit un petit cône surmonté d'une de ces lames que les humains appréciaient tant. Il glissa celui-ci au bout d'une de ses griffes et y vissa une petite fiole de verre.
Il s'approcha de Poussepière, et, au niveau de son antérieur droit, fit une fine incision. Le sang perla le long de la lame et coula dans la fiole. Lorsque celle-ci fut remplie, il posa une patte sur l'étroite coupure, et, concentrant ses pouvoirs, referma la plaie. Le dracomage n'aurait su faire cela sur une blessure plus grave, mais les choses étaient ici sans grande ampleur, et ce fut assez simple.
Il réitéra l'action pour les autres -y compris Limace- et déposa les fioles dans de petites orbes de cristal, qu'il choisit avec précaution. Il posa chaque sphère sur un socle de pierre sombre et se retourna vers Percebrise.

Et maintenant, on attends.
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MessageSujet: Re: Un gastéropode, un briseur de caillasse, et un frère très apprécié. [PV Percebrise et ThaEron]   Sam 23 Avr 2016 - 0:13

NOTE : Je ne suis pas responsable de cette chose. Il est 23h, mon cerveau a décidé de se faire la malle, et j'ai faim. Hippopotame.




TINY GREENY DREAMY

Elle n’écoutait les réflexions de ThaEron que d’une oreille distraite. Bien qu’elle aurait aimé se concentrer un peu plus sur cette histoire de maladie invisible qui venait du Maître, son esprit était encore trop remué pour qu’elle y porte toute son attention. Elle se sentait pataude et mise à nue, comme quand elle se faisait réprimandée après avoir fait quelque chose de mal ou d’interdit. Percebrise n’avait pas très bien réagit à ce qu’elle avait fait, pas bien du tout même. Elle avait alors réalisé qu’elle avait peut-être franchit une limite. Elle ne savait pas du tout comment réagir. Le Blanc semblait perturbé, et agacé aussi.
Va falloir qu'on discute une bonne fois pour toutes. Discuter ? Allait-il s’énerver, ou la punir d’une quelconque façon que ce soit ? Le regard qu’il lui avait lancé lui avait transpercé les cœurs. Mais, étrangement, pour la première fois alors qu’elle s’apprêtait à se faire disputer, elle n’avait pas peur. Non. Quelque chose en elle lui soufflait que Percebrise ne lui ferait pas de mal. Et elle savait que c’était vrai. C’était cette même petite chose dont elle avait commencé à prendre conscience pendant qu’ils traversaient le Dehors. Une force invisible qui remuait au fond d’elle et lui murmurait des choses qu’elle ignorait complètement savoir. Au début surprise par cette présence, elle avait fini par s’y habituer un peu, même s'il ne se faisait ressentir que de temps en temps. Elle l’avait même appelé le Murmure.
Et le Murmure lui disait qu’elle n’avait pas de quoi prendre peur. Elle lui fit confiance. D’autant plus qu’il n’y avait pas de place en elle pour la peur. Il y avait autre chose qui vibrait au travers de sa peau. Elle était juste… Désolée.
-Limace,…
Les mots du dragon cuivré la sortirent de sa distraction. Elle écouta tout ce qu'il lui disait et tenta de démêler les informations. Elle était… Venimeuse ? Elle rendait les autres malades en les mordant ? Alors, c’était pour ça que Crachemousse… Oh. Non. Non non non. Elle lui avait donné une maladie, et son esprit s’était évanoui dans le noir. A cause d’elle. Elle réalisa ce que ça signifiait. Elle se moquait de savoir que c’était cette chose qui l’avait peut-être aidée à ne pas tomber malade. C’était mauvais. Elle n’en voulait pas. Elle eut alors une soudaine envie de recracher tout ce qui se trouvait en elle, de s’arracher les dents, de se griffer la peau. Un sentiment très fort qu’elle n’avait encore jamais connu s’empara d’elle, et elle eu envie de briser la roche qui se trouvait sous ses pattes. Elle se sentait happée par un tourbillon d’émotions intenses et incontrôlable qui l’emportait loin, loin…
-Il fut une rivière qui jadis chantait,
Et sur ses flots d'argent le soleil se mirait.
Ses eaux étaient si douces, qu'elles emportaient au loin,
Les malheur et les cris, la peur et le chagrin.
Pour y trouver la paix, beaucoup venaient la voir,
Ils s'y débarrassaient de tout leur désespoir,
L'onde leur apportait calme et sérénité,
Illuminant leur vie d'une paisible clarté.
Les années passèrent, l'eau cessa de couler…
Couler…

Ce dernier mot prit le dessus sur tout le reste, et son esprit s’endormit.

Elle ne savait pas depuis combien de temps elle déambulait entre les images de crocs, de roches, et de dragons. Chaque vision ne durait qu’une fraction de seconde et se perdait rapidement dans un flot d’informations troubles et surréalistes. Elle se laissait porter  par le fil de ses pensées sans en saisir le sens, et sans même vraiment réaliser ce qu’il se passait. Et à un moment, les images cessèrent de défiler.
Un petit corps verdâtre se tenait debout sur ses pattes et la fixait avec de grands yeux bleus. Limace lui rendit son regard, ébahie.
Crachemousse.
La petite chose pencha la tête sur le côté sans un mot, avant de soudain s’enfuir en courant vers les ténèbres qui se trouvaient derrière elle. Limace se lança à sa suite, troublée. Le noir l’avala toute entière ; mais elle continua d’avancer pendant ce qui lui sembla une éternité. Puis un rayon lumineux l’ébloui, et le noir disparu. Crachemousse l’attendait dans un endroit recouvert d’herbe et isolé de toute autre chose. Une lueur chaleureuse brillait dans ses yeux, et elle s’avança vers elle sur ses courtes pattes écailleuses. Elle s’arrêta juste devant elle et leva la tête, toujours sans prononcer aucun mot. Limace courba le cou jusqu’à ce que son museau soit à quelques centimètres à peine de celui de la petite verte. Les secondes se suspendirent d’une façon à la fois merveilleuse et troublante. Puis Crachemousse pressa sa peau contre la sienne.
De nouvelles images défilèrent : elle vit d’abord Griffemur qui remua sa longue queue dans sa direction avant de disparaître. Puis Poussepierre, Mordbois et Tournequeue apparurent, confortablement installées les unes contre les autres. Un coup de vent invisible les balaya, et un flot d’images du passé les suivirent. Ces images se mélangèrent à celles du présent, parmi lesquelles elle crut reconnaître Percebrise, puis à d’autres scènes qui lui étaient totalement inconnues et qu’elle ne put retenir. Sans qu’elle sache pourquoi, une vague d’émotions puissantes l’envahit et sembla balayer tout ce qui lui pesait dans les coeurs. Elle se sentait comme éclairée de l'intérieur; mais, en même temps, une profonde tristesse se répendit en elle.
Crachemousse fit un pas en arrière, rompant le contact physique. Elle la fixait avec un regard plein de bonté, et Limace sentit ses cœurs se fissurer en mille morceaux. La verte passa un rapide coup de langue sur le museau gris et lisse de Limace, puis son image s’évapora doucement, tandis que tout redevenait noir.

Elle ouvrit les yeux et se reconnecta avec le monde réel. Elle sentit une perle d’eau s’écraser sur sa patte avant droite. Elle la leva et, machinalement, la passa sur son museau à l’endroit où Crachemousse lui avait dit au revoir.  Une seconde perle transparente roula le long de sa joue. Elle l’écrasa délicatement avant qu'elle ne quitte son visage, puis releva la tête vers les murs de roche qui l’encerclaient. Elle s’était endormie. Elle était toujours dans cette grotte, avec les autres, Percebrise, et ThaEron. Elle avait simplement… rêvé. Et pourtant, le Murmure lui soufflait que son rêve était spécial. Et elle voulait le croire. Elle avait l’impression qu’une porte s’était ouverte en elle, pendant qu’une autre s’était fermée.
Elle se releva lentement et reprit conscience de son environnement. Rien n’avait changé, mis à part une rangée de pierres lumineuses qui brillaient à côté du dragon orangé. Les autres semblaient elles aussi s’être endormies et commençaient à émerger comme elle. Percebrise semblait ne pas avoir bougé. Elle n’en savait trop rien.
Alors que son regard se posait sur ses écailles blanches, le Murmure s’engouffra dans la nouvelle porte et remua au fond d’elle. Elle le laissa la guider et elle s’avança vers Percebrise. Il lui disait ce qu’elle devait faire, et elle était d’accord avec lui. Elle s’arrêta devant le Blanc et s’obligea à lutter contre ses habitudes en gardant son dos droit. Elle inclina légèrement la tête et ferma les yeux. Elle n’avait pas peur. Et elle devait reconnaître que c’était agréable.
-Excuse-moi.

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Un gastéropode, un briseur de caillasse, et un frère très apprécié. [PV Percebrise et ThaEron]
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