Tout a basculé...
 

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 Quelque chose comme une ombre [Libre]

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MessageSujet: Re: Quelque chose comme une ombre [Libre]   Sam 25 Juin 2016 - 21:19



Le démon écouta d'une oreille attentive les paroles de l'elfe, jusqu'à ce que celle-ci aille caresser un des crânes gisant parmi les ossements. Il eut à l'esprit que l'elfe était ravie de parler d'elle et de sa façon de tuer. Il pouvait voir dans ses traits toute la joie qui caractérisait son désir d'arracher l'âme de ses victimes. Il regarda les cadavres au sol, les os brisés et les crânes dont la boîte crânienne était dans un état lamentable. Il les regarda très attentivement.
Mais encore... ? Voilà tout ce qui se dégageait de la réflexion de Sarushzor. Voulait-elle donc lui parler de ses passions ; eussent-elles été un peu trop abstraite pour son propre caractère, afin de révéler des similitudes entre eux ?
A cette pensée, Sarushzor gronda sur un ton brusque. Si une seule proximité avec cette elfe pouvait ressortir de cette conversation, c'était à n'en pas douter leur appartenance au même royaume de l'Outre-Monde. Et encore ! Ce n'était pas là un point d'attache qu'il aimait à se rappeler, sinon, il y a belle lurette qu'il serait retourné dans son monde natal.

Du reste, et comme il se le faisait si bien remarquer, les parallèles entre elle et lui n'étaient que partiels, à son plus grand regret. Contrairement aux apparences, ils n'avaient que peu de choses en commun. L'elfe aimait faire souffrir une âme déjà à l'agonie. Elle se complaisait d'infliger la mort à ceux qui se trouvaient déjà damnés. Soit. Quant à lui, il préférait le combat à l'exécution pure et simple, bien que torturer quelqu'un d'un peu trop sûr de lui était parfois très distrayant. L'attente avant le duel, l'action, et les blessures... le sang qui s'agite, qui boue, qui gèle, qui se retourne, qui coule lentement, qui se déverse par flots incessants... l'espoir de vaincre dans les yeux d'un adversaire, d'un rival. Puis le désespoir, quand il se rend compte qu'il n'y a plus aucune issue, qu'il comprend avec résignation qu'il n'a jamais eu aucun moyen de vaincre le Gris. Ceci lui était divertissant. Ensuite, venait la mort, un instant somme toute souvent bref par rapport à un beau combat. Ses souvenirs rejaillirent du duel qui l'avait mêlé à l'un de ses congénères. Le vieux Nizra. Ah, quel moment glaçant cela avait été ! Le tonnerre avait grondé comme nul autre élément aurait pu rugir, les éclairs, serpents de lumière ondulant dans la voûte céleste, avaient jailli dans un éclat aussi pur que le diamant. Les ombres et l'aura souveraine du puissant seigneur démoniaque les avaient happé dans un combat déjà perdu d'avance. Le spectre était bien plus puissant que RaÏnvir et lui réunis. Leur chance de vaincre était infime, comme un fil tendu à l'extrême qui s'agiterait au-dessus d'un brasier. Pourtant, le combat avait également été d'une saveur exquise. La douleur de ses blessures avaient ragaillardi Sarushzor, et le fardeau de l'aura de Nizra avait été une épreuve parfaite pour prouver sa force. En réalité, jamais le démon n'avait autant connu la peur. La peur de disparaître pour l'éternité. Jamais il ne s'était senti aussi vivant dans tout ce qui caractérisait son existence. Et au final, dans une dernière rixe désespérée, ils en étaient sortis vainqueurs et bien plus puissants encore.

Eh bien... peut-être était-ce là le sang de dragon qui l'amenait à privilégier ce comportement guerrier ? Il n'en avait pas la certitude, mais après tout, il avait beaucoup donné à son frère. RaÏnvir, sans le savoir, lui aurait-il offert en retour plus qu'il ne le pensait ?

"...sais-tu ce que j'ai fais ? Je lui ai montré sa famille morte, je lui ai montré leur cadavre. Je les ai tué dans sa propre tête, il les a vue mourir. Cet homme les tué de ses propres mains un part un... Et son âme a pleuré, a gémit, et s'est brisée!"

Sarushzor eut une lueur amusée dans le regard. Froide et désagréable. Un sourire affreux naquit devant ses crocs acérés et parfaitement blancs.

-Ainsi donc, derrière la tortionnaire aguerrie, se cache aussi une redresseuse de torts. Quelle nouvelle merveilleuse. Bouleversante même. Je ne te croyais pas si empreinte de justice, mais visiblement tu es pleine de surprises. C'est... curieux. (Le sourire de Sarushzor disparut.) Mais cela confirme mon opinion générale selon laquelle tu es inimitable et unique en ton genre, j'imagine.

Par excès de zèle, il aurait pu affirmer qu'il ne comprenait absolument pas cet intérêt si fervent pour des choses abstraites et futiles tels que la dislocation de l'âme ou de montrer à une créature aussi fragile et insignifiante qu'un humain la mort de ses enfants tout aussi insignifiant. Mais il ne le fie point, et pour cause ! Cela l'ennuyait au plus haut point.

"...Mais assez parlé de moi. Parlons plutôt de toi, et de ton... de Raïnvir ? C'est bien ça ? Comment se fait-il que vous soyez si... proche ?"

Le démon gris pencha sa tête triangulaire de côté, un air à la fois étonné et avisé se dessinant sur ses traits. L'arcade renforcée sous ses yeux s'agita périodiquement lorsqu'il répondit.

-Tu me sembles bien curieuse avec mon petit frère. Cette question est-elle de l'ordre de la curiosité ou... (son sourire mauvais reparut soudain.) le trouves-tu finalement plus à ton goût maintenant que tu me connais ?

Il poursuivit d'une voix mielleuse, mais franche.

-Mais enfin, si cela t'intéresse tant que ça... Je n'ai pas de raisons au fait que je sois lié à RaÏnvir. Je suis lié à lui, tout simplement. Et cela nous convient à tous les deux. Lorsque nos esprits se sont touchés pour la première fois, c'était encore un dragonnet, et une troupe de braconnier hominidé cherchait à l'éventrer pour sa peau et ses écailles. Je lui ai donné la force de tuer ceux qui le chassaient... Depuis lors, nous nous côtoyons, et il ne m'a plus jamais quitté. En vérité je te le dis, nous avons beau avoir des personnalités diamétralement opposées, je ne puis concevoir mon existence sans lui. Et avant que tu ne me demandes encore une fois pour quelles raisons, permets-moi de te donner déjà une réponse : Je n'en ai pas la moindre idée.

Il haussa les épaules, et fit patienter l'elfe un instant en prenant soin de lécher une écaille sur son bras droit qu'il jugea négligée et peu digne de sa silhouette.

-C'est ainsi. Sang et Famille, comme dirait mon frère. En définitive, cela m'importe peu. L'important est que tout cela me plaise et m'amuse. As-tu... d'autres questions, l'elfe ?
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MessageSujet: Re: Quelque chose comme une ombre [Libre]   Lun 4 Juil 2016 - 19:33


Talia rit, à gorge déployée, véritablement amusée, et fixa le dragon de ses grands yeux rouges, flamboyant. Une redresseuse de torts? Non, évidemment que non! Elle n'était qu'une assassin qui aimait rendre au moins ses méfaits utiles, mais surtout... Seules les âmes fortes, ayant vécus des choses fortes et ayant déjà usés de leurs capacités à leur fin propre, sont plus intéressantes, et surtout plus fortes. Et produisent en conséquence, beaucoup plus d'énergie et de magie lors de leur mort que les âmes faibles. pensa l'elfe noire, sans toutefois révéler ses sombres pensées au dragon qui avait déjà repris la parole. Et puis, pas la peine d'étaler ses connaissances et ses expériences devant cette être qui semblait commencer à se lasser. Pas la peine de dire à l'Autre, Sarushzor, que tuer un être faible était une perte de temps, il devait probablement déjà le savoir.
Puis, quand elle entendit les paroles du dragon, elle le fixa, et se demanda s'il avait peur de la voir se lasser de lui. Amusant. Encore une fois, Talia rit.

"Ferais-tu preuve de jalousie, Sarush. Hum, décidément, ce petit nom te va à ravir, mon ami. Vous êtes ensemble, ton... frère et toi, pourquoi n'aurais-je pas le droit de m'intéresser à lui autant qu'à toi!" lança l'elfe noire, légèrement insolente.

Mais le dragon ne releva pas la petite pic, et continua. Racontant leur premier contact avec son cher frère. Talia s'assit devant le dragon, et sortit l'une de ses lames et commença à la nettoyer, et à l’aiguiser doucement. Ce bruit, léger et rythmé lui permettait de se concentrer. La journée avait été longue et la nuit commençait à s'allonger également. Elle devait rester concentrée pour ne pas louper une once des paroles du dragon. C'était intéressant ce qu'il racontait, en plus! Cela amenait l'elfe noire à être de plus en plus intriguée par cet être. Pourquoi, un dragon, plus qu'un elfe, résistait-il mieux à l'Ombre qui s'insinuait en lui? Hum... Une belle question que cette salope de chaman n'aurait probablement pas su répondre lorsqu'elle avait maudit Talia. Tiens, voilà qu'elle se souvenait de cette scène. Pourquoi cette scène?
Mais alors que l'Autre finissait son jolie petit récit, voilà qu'il l’appelait négligemment "l'elfe"? Et, qu'un quelconque devin aille savoir pourquoi, Talia se releva d'un saut souple et lança son couteau droit dans un arbre à la perpendiculaire du dragon. Puis, elle le fusilla de son regard rouge.

"Mon nom est Talia, Sarushzor! Je ne suis pas une simple elfe! Ne me compare pas à ces êtres impurs et fuyards! Je suis Talia Emindra!" rugit-elle presque, tel que sa voit raisonna à travers les troncs d'arbres sombres.

Puis, son excès de colère reflua, et elle redevint la jolie petite elfe enfantine qu'elle était quelques instants avant. Elle se dandina gentillement jusqu'à l'arbre et retira le couteau d'un coup de poignet bien entraîné. Elle regarda la lame du couteau, faisant bien attention à chaque erreur, chaque irrégularité. Tout comptait lorsqu'on était une tueuse! L'elfe se demanda d'où lui venait ce sens du détail. Peu importait! Elle rangea son couteau et en sortit un autre, et s'affaira à refaire le même travail tout en se déplaçant vers le dragon.

"La famille. Deux âmes, un corps. Pourquoi la nature ne vous a-t-elle pas doté tout simplement de deux corps différent? Hum... " se mit-elle à réfléchir à haute voix, absorbée presque essentiellement par l'art d'aiguiser une lame le plus souplement possible. "Je me demande ce que... RaÏnvir, t'a donné, en échange de cette force et de cette... rage. De la compassion? Non! Sinon tu n'aurais pas cherché à converser avec moi en voyant les cadavres. De l'humanité? Ahahahahah! Que c'est drôle, bien évidemment que non! Un cœur?... Oups, pardon, il est vrai que vous en avez plusieurs, vous, les écailleux... Euh, dragons."

L'elfe se tourna alors vers le dragon, et fixa ses yeux gris-sombre. Elle était interloquée. Quelle créature étrange... Y en a-t-il d'autres ainsi? Il ferait presque un combattant parfait si l'on... fusionnait les deux faces? L'esprit de l'elfe était véritablement en fonctionnement. Elle réfléchissait, très vite, trop vite. A un moment, elle se demanda même comment tuer l'un de ces "combattants parfaits". Mais surtout, une idée lui vint : ces même combattants pourraient servir avec loyauté, et servitude, sa Maîtresse. Il suffisait de les trouver, de trouver les bons!
Un rire lui revint, et elle se roula par terre, telle une enfant qui a un fou rire. Puis, se redressa d'un coup, toute calme, mais souriante.

"Merci Sarush! Maintenant je sais quoi faire!" dit-elle avec ce même sourire de gamine, avant de lui faire un énorme bisou sur sa joue d'écailleux!
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MessageSujet: Re: Quelque chose comme une ombre [Libre]   Jeu 7 Juil 2016 - 22:44



"Mon nom est Talia, Sarushzor ! Je ne suis pas une simple elfe! Ne me compare pas à ces êtres impurs et fuyards ! Je suis Talia Emindra !"

Le démon gris passa devant l'arbre où se trouvait la dague. Quand il s'approcha pour renifler l'acier, l'elfe sauvage se calma aussitôt et alla arracher d'un geste sec son arme encastrée dans le tronc. Sarushzor secoua la tête. Il ne comprendrait décidément jamais les hominidés, et Talia ne sortait pas du lot. Pourtant, il avait bien essayé de chercher une sorte de sobriquet pour la jeune elfe, quoique n'ayant pas vraiment l'inspiration et la motivation nécessaire, il s'était contenté d'un "l'elfe" tout ce qu'il y avait de plus banal. Mais bien que celle-ci s'amusait à le nommer de différentes manières, elle prenait toutefois ombrage à être elle-même désignée d'une autre façon. Bah ! Sans doute était-ce lui le fautif, mais enfin, tout cela ne faisait que lui faire perdre patience. Et il n'y avait rien de plus gênant que de perdre patience dans un agréable échange.

Soudain, Talia se mit à penser à voix haute. Sa voix allait à une vitesse telle que ni RaÏnvir ni lui ne purent saisir l'entièreté de sa réflexion. L'elfette semblait les avoir complètement oublié. Elle leur jetait parfois de sombres regards, suivi d'une expression confuse, pour finir par un rire qui n'avait rien de franc, et qui, pour tout dire, faisait plutôt penser à un état proche de la démence.

"Merci Sarush ! Maintenant je sais quoi faire !"

Puis elle voulut l'embrasser. Tout d'abord pris par surprise, le démon gris ne réagit finalement que quelques instants plus tard en écartant sa lourde tête couverte de cornes de quelques centimètres. Pas trop, car en réalité... la sensation n'était pas tant désagréable. Il attendit néanmoins encore un moment, le temps que l'elfe ne le regarde plus, cracha un filet de fumée au sol et tenta par la suite du mieux qu'il pouvait de retirer la sueur si caractéristique des hominidés, qui répandait une atroce odeur sur sa pauvre petite écaille noire. Puis il dodelina légèrement de la tête tout en observant de ses grands yeux pâles la petite elfe. Son frère RaÏnvir s'exclama.

-"Eh bien, les elfes sont gens étranges, quoi qu'ils puissent être d'autres. Mais cette femelle-là n'a plus toute sa tête."
-"Cela va sans dire, frérot. Ah, mais elle est si amusante ! S'il y a bien une chose sur laquelle elle ait raison, c'est la couardise de ses pairs, un défaut que sa folie semble avoir effacée... ça la rend si agréablement insolente."
-"Nous agissons fort peu sagement en cette affaire, mon frère. Cette folie la ronge comme un chancre. Je ne suis même pas certain qu'elle soit suffisamment saine d'esprit pour se rappeler de nous dans quelques jours. Nous devrions la laisser à ses dagues et à ses ombres."


Le démon gris émit un sifflement strident et répliqua avec moquerie.

-"Pourquoi ? Est-ce tu as peur d'elle ?"
-"Non. Mais, comme à l'accoutumée, c'est à moi que revient le droit de me méfier."
-"Parfait. Dans ce cas, je te laisse au bon soin de la méfiance, bien qu'elle soit souvent d'humeur chagrine ! Et...


Il y eut un moment de silence et d'immobilité. L'atmosphère devint lourde et les paupières noires de Sarushzor tremblèrent. Quelque chose rendait soudain son humeur colérique, comme le tonnerre qui couvait en attendant la tempête. Il renifla l'air d'abord et les sentit. Ensuite, son ouïe surnaturelle les entendit piétiner la terre, les sabots comme les bottes qui plongeaient dans les marais pouilleux. Lorsqu'il perçut finalement le cliquetis des plaques de fer et les cris, il n'eut plus de doute.

-Mmh... je crois que l'humain à qui tu as épargné son âme a décidé de prévenir les siens. Ils sont aux abords de la forêt..."

Avec une délicatesse et une douceur infinie, ses sii en ébène se repliaient sur la paume écailleuse de sa patte. Lentement, ce geste contractait les muscles colossaux du démon, puis les décontractait. Le ténébreux ferma les yeux. La première vision qu'il eut fut celle des humains qui s'engageaient dans les profondeurs de la forêt. La deuxième fut une route serpentine, disparaissant dans les bois comme un ruban pâle à la faveur d'une brume noire et glaciale que n'effleurait nul rayon de la lune. Cette brume... c'était lui. Le démon poussa un pruum qui en disait long.

-Tu sens les épées se tirer ? Le bois des lances qui tinte contre les boucliers ? Et la peur, qui enclenche cette réaction si commune à chaque homme : une accélération phénoménale de leur cœur, ainsi que l'odeur déplorable de leur sueur qui se répand par tous les pores de leur affligeante et si frêle petite peau. Je sens également des chevaux... Dix. Non... Une quinzaine plutôt. Ténèbre et Faim ! Cela fait un beau troupeau. As-tu...

Il eut un sursaut d'idée et sourit.

-Ainsi donc, tu as prévu de t'amuser Tal... ?
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MessageSujet: Re: Quelque chose comme une ombre [Libre]   Mer 24 Aoû 2016 - 21:27


"M'amuser... Quand est-ce que je ne m'amuse pas, Sarush?" lança Talia en regardant le dragon.

Elle s'était retournait au moment où elle avait sentit le dragon aux sombres écailles utiliser ses capacités. Il avait ainsi réveillé la magie noire de l'elfe, réveillant en parallèle le pouvoir de Talia. Cela l'avait fait frémir, et ses yeux rouge, étaient dilatées, pétillant, luisant. Certains auraient pu croire que c'était à cause de la nuit qui s'était installé et donc de l'obscurité qui avait pris place, mais le l'elfe, et probablement le dragon aussi, savait que c'était à cause de l'excitation!
Talia s'approcha du dragon gris, lui caressa le coup, une caresse amicale. Ce geste sembla si surprenant à l'elfe, comme si son corps avait agit par réflexe. Toutefois, son sourire en disait plus que ses gestes. Elle frémit sous la puissance qu'elle sentait sous ses mains, celle du dragon... enfin... celle de Sarushzor, elle le savait. Elle chuchota à l'oreille du dragon:

"J'espère que tu es prêt à courir... Enfin, devrais-je dire, êtes-vous prêt à courir?! Car nous allons jouer à Chat, avec ces humains!" souffla-t-elle, avant de disparaître dans l'ombre et de laisser sa trace pour que le dragon suive.

Talia couru, invisible, à travers les ombres, et approcha du chemin où se trouvait probablement les humains. Du moins, c'était là-bas qu'elle apercevait le plus de torches, et qu'elle sentait le plus de vies. Des vies... Encore palpitante. Elle avait envie de les terrifier, de s'amuser, pour de vrai cette fois, et non pas pour se nourrir. Après tout, n'était-ce pas uniquement pour cela qu'elle avait laissé le plus jeune en vie? Ou était-ce pour lui laisser une chance de refaire sa misérable vie? Ou alors... s'était-elle senti trop compatissante envers ce jeune homme qui avait chier dans son froc bien avant les autres... Probablement pas!
L'elfe noire s'arrêta dans des branchages, bien au dessus du chemin où se dirigeaient doucement et dans un silence tout à fait humain - beuglement, chuchotement, bruit de pas discret uniquement pour leurs oreilles, sans parler du bruit des armures. L'elfe ne se manifesta que lorsque le dragon la rejoignit. Et alors qu'il la regardait, elle lui montra le fond de la forêt. Puis, la jeune elfe traça une ombre, dans l'air, qui s'effaça aussitôt. Mais quasiment immédiatement, un hurlement terrifiant raisonna entre les troncs des arbres, et un vent glacial s’abattit.

Talia ria ouvertement lorsqu'elle vit les torches des hommes s'éteindre une à une, et les épées sortir de leur fourreau... Tous étaient terrifiés. Amusons nous... Mes amis... Amusons nous en cette belle nuit! pensa la jeunette en regardant la lune, claire et lumineuse.
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MessageSujet: Re: Quelque chose comme une ombre [Libre]   Lun 29 Aoû 2016 - 21:45



"J'espère que tu es prêt à courir... Enfin, devrais-je dire, êtes-vous prêts à courir?! Car nous allons jouer à Chat, avec ces humains!"


Sous le ciel sans nuages qu'étoiles et lune éclairaient de leur clarté blafarde et sombre, ces paroles sonnèrent comme une invitation des plus macabres, une douce mélopée à laquelle Sarushzor n'aurait jamais pu résister. Quand l'elfe sauvage disparut dans les tréfonds des bois, le démon poussa un sifflement qui fut comme le bruissement des feuilles mortes dans le vent. Il sortit soudain de la clairière et s'élança à sa suite. Sa lourde masse ne fit trembler nul frondaison, et les chevaux ne furent pas alarmés par son odeur acide et rêche de dragon. Il était devenu une ombre, un profil noir et anguleux à peine distinguable dans la nuit. Ses ailes étaient devenues comme ténèbres, perçant le feuillage et par-delà les broussailles, tel un rideau de fumée.
Quand le démon gris eut finalement rejoint Talia, les cavaliers hominidés avançaient déjà non loin d'eux avec prudence. Ils étaient bruyants, sales et trempés par leur sueur et l'air humide des marais. Effarouchées par leur approche, les grèbes et les corneilles s'envolèrent des ramures des frênes dans un grand vacarme. Le démon lapa l'air de sa langue et gronda. Révolté par un tel manque de discernement, il partagea le fond de sa pensée à l'elfe.

-Que ces humains sont maladroits ! Si peu discrets... Si peu attentifs... On dirait des dragonnets faisant leur première chasse. A ceci près que ces chasseurs viennent pour nous. Et ils ne vont pas tarder à récolter les fruits de leurs recherches...

Tandis qu'il parlait, Talia entama une incantation dont seul ceux de sa race avaient le secret. Pendant un instant, il sentit que l'air devenait froid, voire gelait autour de lui. Une présence, la magie de l'elfe peut-être, se muait à travers les ombres et quittait le murmure de sa partenaire pour se diriger sans un bruit vers les cavaliers. Tout à coup, des cris résonnèrent. Et les torches des chasseurs, pâle lueur d'espoir dans les environs, ne furent plus que cendres. Sarushzor se pourlécha les babines. Il était temps. Enfin...
Il s'écarta de Talia et entreprit une longue descente à travers les broussailles. Ses écailles se déformèrent en une brume cachant son corps. Tout en lui vibrait de haine et de rage dans un voile noire et informe. Désormais, il n'avait plus qu'un désir en tête : celui d'impressionner la jeune elfe en démontrant sa propre puissance. Ah, plus que l'impressionner, il souhaitait l'émouvoir, donner un sens à la poésie sensuelle de sa création mortelle ! Il avança le long de la forêt. La lune dessinait par sa silhouette un reflet sur la terre, une ombre spectrale dansant sur l'herbe riche et imbibée de pluie. En proie à la peur, les chevaux reculèrent. Avec l'approche du démon, même les animaux de la forêt s'étaient éloignés des lieux. Ils savaient que la route des chevaliers en armure menait droit vers le danger.

Aussi sûrement qu'un loup aurait agressé sa proie, le démon de fumée sortit de l'obscurité des arbres et attaqua avec hargne. De longs et colossaux bras d'ébènes surgirent de la terre, et agrippèrent les sabots arrière du cheval le plus proche, ainsi que sa tête. Dans un craquement lugubre, le cavalier et son destrier s'élevèrent dans les airs et furent écartelés sans ménagement par les gigantesques griffes de Sarushzor. Celles-ci broyèrent d'abord leur armure en plaque d'acier trempé avant de s'immiscer sauvagement dans leur chair. Les cris de douleur, bestiaux et inhumains, se turent aussi vite qu'ils avaient résonné. Un sang chaud coula des deux parties sectionnées du corps de l'hominidé, qui se secouèrent dans un spasme affligeant. De la cruauté de son geste, naquit la terreur des chevaliers, qui voulurent battre en retraite. Sarushzor ne leur en laissa pas le temps. L'un des cavaliers prit une arbalète lourde et visa sa tête massive. Le carreau de plus d'un mètre de longueur vola tel un éclair mais traversa son armure de fumée sans émettre le moindre son de contact, et alla se ficher dans un arbre. Le démon gris attrapa alors un deuxième guerrier sur sa selle, le souleva dans les airs, et lui arracha des lambeaux de chair d'un coup bref et puissant. Du sang s'écoula dans un torrent sur le sol verdoyant des marais. Le corps méconnaissable et mutilé de l'hominidé fut jeté à bas près d'un petit ruisseau. Sarushzor se matérialisa soudain au milieu des ténèbres, dragon aux écailles noires comme le néant jaillissant tel une flamme déchaînée. Tel une apparition de la Mort.

-Tremblez, petits hommes. Vous n'êtes destinés qu'à être poussière, et mes griffes balaieront ce monde de votre présence !
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MessageSujet: Re: Quelque chose comme une ombre [Libre]   Dim 16 Oct 2016 - 18:53


L'elfe noire soupira d'amusement devant les paroles de son ami le démon. Oui, que les humains étaient stupides parfois. C'était triste, mais c'était ainsi. La Lune n'avait pas fait d'eux ses enfants. Et c'était tant mieux! Ainsi, elle serait seule protégée de l'Astre mère cette nuit... En plus du dragon!
Elle regarda se dernier se diriger vers les humains, disparaissant dans les ombres, apparaissant en fumée, réapparaissant pour tuer. Talia était déjà amusée par ce qui allait arriver. Mais elle avait une autre idée que celle de foncer tout simplement dans le tas pour tuer ces pauvres êtres sans défense. Il fallait bien varier les plaisirs, varier les peurs, variers les morts! Et c'est ce que la jeune elfe comptait faire, évidemment. Elle redescendit de son perchoir, laissant Sarushzor se délecter de la mise à mort des premiers cavaliers en armure d'argent. L'elfe aux yeux rubis retourna à l'endroit où elle avait laissé les cadavres de ses proies pourrir, rongé par les verres et les dévoreurs d'os.

Arrivée à la clairière où ses amis les loups avaient mis à mort et dévorer vivant les quelques humains qu'ils avaient pourchassés pour que Talia puissance se saisir de leurs âmes et en faire ses serviteurs, elle posa un genou à taire et commença une incantation. Elle chuchota tout d'abord les paroles qui était de l'elfique ancien. Puis, une deuxième fois elle les répéta tout en se saisissant d'une de ses dagues. Elle répéta une troisième fois les quelques vers, et posa sa lame sur sa paume. Elle referma ses longs doigts blanc, effilé, griffue sur la lame avant de prononcer une quatrième fois les paroles elfiques et de se trancher la peau. Talia ne souffrait pas, au contraire, elle jouissait de cette légère douleur. Elle souriait, sachant ce qu'elle était en train de faire. Elle savait qu'elle se sentirait faible après cette incantation. Mais elle ferait preuve de force pour pouvoir terminer de s'amuser avec les vivants!
Elle commença à répéter une cinquième fois l'incantation tout en posant sa main ensanglantée sur le sol recouverte des os de ses victimes. C'est alors que ses paroles raisonnèrent de plus en plus dans les ombres des feuillages, de plus en plus fort. Le vent souffla légèrement, faisant écho à son appel mortel. Bientôt, les os commencèrent à vibrer, à s'animer! Les crânes, les côtes, les cubitus, les hanches s'animèrent et se positionnèrent petit à petit pour former une créature. Les vertèbres s'associèrent pour former un grand dos, les petits os des doigts formèrent des grandes mains difformes, les bras étaient longs, ayant plusieurs coudes. Les jambes avaient plusieurs genoux et les pieds étaient immense. La tête était formé des différents crânes, associés de façon incongrue, rendant le visage de la créature immonde. L'elfe noire regarda sa créature, et ricana. La fatigue se faisait sentir dans tous son corps. Mais elle l'adrénaline lui permettait de maintenir la créature en vie. Avec le reste de sang qui avait coulé de sa main, elle lia la créature à un objet qu'elle créa de ses main: une lame, rouge sang, et sombre comme son propre cœur. Ainsi, l'elfe noire pouvait maintenir sa création sans pour autant que cela soit au péril de sa vie. Non... Cela serait au péril de la vie des cavaliers... L'elfe noire ricana encore plus.

"Kalifnaë, iy më dral!" hurla-t-elle à la créature.

Talia fit demi tour, sans attendre de réponse de son être squelettique. Elle avança droit vers le chemin où le hurlement de la mort de humains se faisait entendre. Sarushzor devait bien s'amuser. L'elfe noire se demanda ce que pensait son frère mental au moment où il décapitait les combattants? Raïnvir était-il vexé, fâché, écœuré? Ou au contraire, s'amusait-il autant que son frère?! Talia se le demanda, un instant seulement. Car elle arriva très vite au chemin, armé de son glaive de sang coagulé. Elle respirait fort, encore fatigué, mais surtout enivrée par son pouvoir. Elle regarda le dragon ténébreux qui faisait faces aux stupides humains effrayés. Puis, elle regarda les cadavres au sol. Oh oui, il devait s'être bien amusé.
C'était donc à son tour. Elle leva son épée vers les humains.

"Tuons les, mon ami... Kalifnaë, mouün më ëlk mouün drakis, tanackdroö!!!"

La créature composé des squelettes de ses victimes sortit des fourrés. Elle mesuré bien deux à trois tête de plus que l'elfe, mais elle était bien plus terrifiante. Lorsque les humains la virent, ils eurent un geste de recule... bientôt, l'odeur de la pisse se fit sentir, et pas seulement. Talia se rua sur les cavaliers en un cri guerrier. Elle sauta vers le premier cavalier qu'elle eut à sa portée. N'ayant pas le temps de réagir, il y la tête tranchée! Le sang qui coula de la blessure de l'humain, comme appelé par la mort elle-même, s’agglutina à l'épée de l'elfe noire. Tandis que le squelette du cavalier commença à gémir, à craquer... puis, les os sortir de la chaire, se détachèrent en des bruits immondes, répugnants, jouissifs! Pour enfin rejoindre la créature squelettique juste derrière Talia. Celle-ci ria doucement. Fuyez... Que l'on puisse s'amuser un peu plus... La chasse est trop simple lorsque la proie se sent prise au piège!
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MessageSujet: Re: Quelque chose comme une ombre [Libre]   Dim 30 Oct 2016 - 13:04



Il sentit d'abord ses griffes traverser la chair, rencontrer les os. Soudain, le démon retira sa patte dans un geste brutal du torse du chevalier. Le corps fila dans les airs, tel un arc-en-ciel rougeâtre suintant de douleur avant de s'écraser sur un tas de ramures mortes. Parmi les chênes branchus et la terre marinée dans le sang, Sarushzor pouvait entendre très distinctement des cris innommables, qui avait perdu toute trace d'humanité, et dont le seul sentiment qui s'en dégageait était celui de la terreur et du désir de survivre. Mais quand le démon attrapait une proie, nul cri ne résonnait. Il supposa non sans grande fierté que l'horreur qu'il était devenu était à ce point ahurissante et funeste qu'aucune parole ni hurlement ne pouvait en faire l'éloge. Ou peut-être était-ce parce que ses crocs et ses pattes griffues écorchaient presque tout le temps une partie du système pulmonaire ou de la carotide ? Il n'en était pas sûr, car les humains étaient de nature si chétives... Il préféra penser à la première solution et poussa un long pruum né d'une joie unique et sauvage.
Ils entendirent tout d'abord un étrange bruit venant des profondeurs de la forêt. C'était comme le son d'une mécanique rouillée mais sans le métal. Comme si deux morceaux de bois se frictionnaient, s'écrasaient mutuellement l'un sur l'autre. Le démon pâle n'associerait ce son qu'un peu plus tard, après réflexion, au mouvement trépidant et rapide de la bête qui surgit alors des bois sombres. Pour Sarushzor, c'était un véritable monstre de bizarreries. On aurait dit une forme humanoïde, à première vue, qui toutefois possédait un masque d'os et de crânes assemblés, ainsi que de multiples protubérances semblables à des jambes qui se fragmentaient en plusieurs morceaux. Elle faisait à peu près un tiers de sa propre taille et pouvait sans aucun doute dépasser le plus grand des humains de trois têtes. Cette bête, il le devina très vite, ne pouvait être que le produit des pouvoirs de la petite elfette. Comme pour lui répondre, celle-ci surgit de derrière l'Affreux, et engagea le combat contre les chevaliers.

"Fuyez... Que l'on puisse s'amuser un peu plus... La chasse est trop simple lorsque la proie se sent prise au piège!"

Fuir ? Quelle horrible perspective ! Si Sarushzor adorait traquer d'honorables proies pour les mettre à mort, la chasse n'avait pas que de bons côtés. En l'occurrence, les bipèdes ci-présents lui offraient si peu de résistance qu'il s'ennuyait presque d'une telle confrontation. Et voilà que maintenant, ces derniers devraient déguerpir pour aller se cacher dans des recoins que lui ne pourrait pas atteindre ? Néanmoins, les arguments sonnèrent fort justes aux oreilles des preux chevaliers, défenseurs de la justice et du mal. Ils détalèrent à travers les fougères sans demander leur reste, la plupart jetèrent leurs armes à bas. D'autres encore retirèrent de nombreuses plaques d'armures pour filer encore plus vite. Le démon pâle rugit de fureur, ses ailes déployées jusqu'à leur extrémité. Il parlait en se jetant sur les hominidés.

-Lâches ! De la part de paysans ou de vauriens, je ne serais pas étonné. Ce sont des pleutres, des êtres inférieurs sans imagination ni ambition !

Il s'envola un court instant, ses ailes formant un motif agressif. Puis il retomba sur les chênes, les écrasant de ses pattes avec la violence d'une tempête. Le bois se brisa, les branches ornées de feuilles furent broyées sans équivoque. Les humains aussi, du moins ceux qui espéraient se cacher derrière un si frêle abri.

-Mais vous, mes chers chevaliers, non seulement des nobles, mais aussi les plus disciplinés personnages de votre espèce. Où est passée votre détermination ? Où est passée cette qualité que l'on se plaît à vous vanter dans les contes... ah oui... le courage. Une aptitude visiblement très démodée. Quel ennui. Je me contenterai donc de la fin de votre existence.

Il bondit, frappa avec force. Les humains se replièrent dans les fourrés, mais il les poursuivit sans aucune pitié, apercevant de temps à autre l'elfette et sa créature l'accompagnant. Pour lui, tout était soudain devenu très irréel. Et merveilleux. Puis alors qu'il dévorait avidement les entrailles d'une de ses proies encore vivantes, il prit conscience que le silence avait repris ses droits. Un chevalier téméraire tenta de le contourner pour le frapper immédiatement sur le flanc. Sarushzor se redressa avec une vitesse prodigieuse et balança sa saa gauche pour l'éjecter au loin. Le guerrier partit à la renverse, se releva et prit de l'élan pour s'élancer en hurlant sur le démon. Mais celui-ci l'attendait. De sa queue flexible, il fouetta l'air et le bras armé de l'humain, qui écarquilla les yeux en se voyant démuni de son épée. Le démon pâle avança.

-Je... je sais ce que tu es... démon. Tu es un... un monstre ! Tu voyages sous les ténèbres... par une nuit aussi noire que l'encre... tu effaces tout ce qui a trait à la vie...

Le démon continuait à avancer. Ses crocs se dévoilaient lentement.

-Ceux qui... qui te croisent... ceux-là n'échappent pas à la mort... Car tu es vil... Car tu es... la mort...

-Tu as raison.

Le silence demeura quand Sarushzor noya son corps dans un torrent de sang.
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MessageSujet: Re: Quelque chose comme une ombre [Libre]   Lun 5 Déc 2016 - 18:21


Talia riait à gorge déployée. Elle se ruait sur les fuyards en courant. Déployant toute ses forces pour maintenir sa magie, ses lames, le corps squelettique qui la suivait comme un petit toutou derrière elle et écrasait les cheveux qui étaient resté derrière, trop lent. Encore une fois, les corps gémirent pendant que les os déchiraient la chair, les muscles et les tendons pour s'arracher du corps dans des bruits de succions et de suintements immondes et inimaginables. Pour finir par rejoindre le grand monstre squelettique.
La belle tueuse, la faucheuse aux lames de sang, dansait, d'une danse sanglante et envoûtante autour de ses victimes... Vivantes ou mortes. L'elfe noire ne faisait plus vraiment attention à son compagnon dragon, essayant de rattraper les beaux humains trouillards qui l'amusaient tant. Une chasse au mouton! Voilà à quoi ils jouaient. En plus, ces stupides cavaliers se suivaient, ou alors était-ce les chevaux qui n'en faisaient qu'à leur tête? Quoi qu'il en soit la panique était tellement que certains chevalier étaient déjà à terre lorsque la faucheuse aux yeux pourpre les trouva et leur donna la dernière absolution d'un coup d'épée au fer rougeoyant.

Talia s'arrêta soudain, entendant un appel, des sanglots. Sa créature la suivait toujours, pas le moins du monde silencieux avec sa taille et son poids. Cette dernière pouvait faire plier de beaux pins sous son poids tel des brindilles insignifiantes. Mais malgré ces bruits incessant des pas de la créature osseuse, Talia entendait ces sanglots. L'elfe garda ses lames, derrière elle, et effaça son sourire de son visage. Elle faisait si innocente, si gentille, si agréable ainsi, si l'on ne comptait pas les flammes qui dansaient dans son regard.
La belle danseuse aux cheveux sombre s'approcha de la source de ces pleures. Elles venait de derrière des ronces. Apparemment, l'un des jeunes hommes qui avaient accompagné les chevaliers venaient de se faire prendre dans ce douloureux piège végétal. Talia s'approcha, et trouva un humain, blond, aux yeux vert clair. Sur les critères d'une femme humaine, ce jeune homme serait beau, un regard d'ange, un sourire de gentilhomme... Si seulement il souriait. Là, il chialait comme une fillette, les jambes prises dans les épines. Il regardait Talia, les larmes aux yeux, des globes oculaires rougis, le nez coulant d'une morve immonde... Tel un enfant que l'on venait châtier. Un léger sourire se dessina sur le visage de Talia, une grimace innocente.

"Pitié, ne me faite pas de mal! J'ai une femme, elle attend un enfant! Pitié!"

Banal... Tellement banal...
Talia gloussa, toujours avec sa mimique anodine. Puis, elle s'approcha, posant ses lames au sol, dans les feuilles mortes. Elle approcha une main du visage du jeune homme, touchant à ses larmes cristallines qui dégoulinaient de son visage tout aussi innocent. Elle lui caressa la joue, attendant qu'il arrête de chouiner tel un nouveau-né. Elle lui souffla des mots de réconfort, lui révélant qu'elle allait l'épargner, l'aider à sortir de là... Le réconfortant pour mieux rentrer dans son esprit, et découvrir ses plus sombre secrets. Car c'était ainsi que l'on pouvait connaître la part la plus monstrueuse de ces créatures appelées Humains: avoir leur confiance! Et ainsi retourner contre eux-même leur plus grandes peurs, leur plus profondes émotions.

"Ma dame... ayez pitié de moi..." continua de chuchoter le jeune homme, quelque sanglots interrompant ses paroles.

Talia lui souffla de se taire en lui posant le bout de ses doigts sur les lèvres du blondiné. Puis, elle continua doucement à lui caresser la joue. Jusqu'à ce que ses longs oncles traverse la peau blanche du petit puceau. Elle entendit ses cris, lointain... Elle voyait ses peurs... La femme en question était une cousine éloignée, que son affreux père avait violé! Oooooh, une belle histoire de famille, le petit puceau qui aimait... tout sauf cette jeune fille, c'était retrouvé marié à elle de force lorsque le papa avait appris la grossesse. Un bâtard qui aurait une mère brisé et un père qui aimait les hommes et était incapable de toucher ou d'approcher une femme. Aaaaah, une belle ironie.

"Pitié, je vous en supplie, arrêtez ça!"

Cri, cri autant que tu le pourras! pensa la jeune elfe. Mais elle savait que le jeune homme pouvait l'entendre penser tant qu'elle aurait ses ongles dans sa chair. Elle ouvrit ses yeux et regarda le blondiné droit dans les siens. Les flammes dans le regard pourpre s'étaient intensifiée, et un rire sortie de la gorge de l'elfe noire... Un rire lointain, sombre et qui signifiait tous les malheurs du monde.
Elle retourna alors les peurs du jeune palefrenier contre lui-même. Il avait peur de subir la colère de son père... Elle lui montra son père en train de le battre, de le frapper, le visage révulser par la colère! Son tendre papa venait de découvrir la faiblesse du jeune homme et comptait bien lui faire payer son impureté! Il le frappait, et le frappait encore, au visage, dans les côtes, les jambes, le visages. A chaque coup qu'il subissait dans son esprit, le blondiné subissait la douleur dans la réalité. Il était possédait par ses visions... Et le rire de Talia s'intensifia. Le cher père donna encore des coups avant d'attraper son tendre fils qui essayait de fuir. Couard! pensa Talia. Le père défroquait son fiston pour lui donnait la raclée qu'il méritait à ses yeux. Le fils prodige attrapa un tabouret qui se trouvait là, et l'envoya sur le crâne de son papa. Le père, affreux, ensanglanté, était encore plus enragé mais désorienté par le coup. Le blondiné profita de la faiblesse de son agresseur, préférant survivre! Il frappa, et frappa encore, se vengeant, hurlant - tellement fort dans la réalité que dans son esprit que Talia en eut un frisson. Le jeune homme finit par s'arrêter, couvert de sang, voyant que son agresseur, son père, ne bougeait plus. Et là... Il fondit en larme, hurlant d'une tristesse immense... Il venait son père, et il y croyait... Il était un tueur, un assassin...

"Que c'est simple de briser les esprits faibles... Les esprits pures, comme toi." souffla Talia à l'oreille du palefrenier, satisfaite.

Le regard de ce dernier était vitreux. Il était encore dans la vision que lui avait imposée Talia. Il gémissait, totalement absent, le corps tremblant, la sueur maculant son visage et la pisse maculant son entrejambe. La belle tueuse se releva, la main en sang. Elle lécha ses doigts, un à un, prenant bien son temps de n'en laisser aucune goutte.

"Supplie moi de te tuer..." continua-t-elle pendant qu'elle se délectait de l'hémoglobine cachée entre ses ongles.

La blondiné gémissait toujours, mais ne réussis qu'à prononcer un tout petit "Pitié..." avant d'avoir la gorge tranchée d'un gout de lame sanglante que Talia avait attrapé grâce à un bout coup de cheville et de poignet.
Cette dernière se léchait toujours les doigts pendant que sa victimes se vidait doucement de son sang dans les feuilles mortes, tandis que ses os commençaient déjà à se disloquer pour rejoindre le monstre osseux juste derrière l'elfe noire. L'humain gémissait maintenant dans un gargouillement sanglant et discordant alors que son corps se détruisait de l'intérieur.

"Bon appétit, mon tendre molosse." lança la ténébreuse danseuse en tapotant une jambe de sa créature osseuse.
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MessageSujet: Re: Quelque chose comme une ombre [Libre]   Jeu 26 Jan 2017 - 18:49



"Bon appétit, mon tendre molosse."

Appétit ? Voilà qui donna quelques idées au grand démon pâle, car la faim qui lui tenaillait le ventre depuis quelques heures revint soudainement lui caresser l'estomac. Eh bien... il y avait de la viande à perte de vue. Il choisit de jeter son dévolu sur un cadavre pauvrement vêtu, ne transportant que quelques pièces d'armure. Bien que les dragons, d'après les dires de son frère, affectionnaient le métal pour le soin de leurs écailles, ce n'était pas le cas de Sarushzor. A dire vrai, cela allait même à l'extrême inverse : Il haïssait le métal et n'avait aucune envie d'avoir ce goût infâme dans la gorge pendant le temps où il serait au contrôle de leur corps. Il ôta ainsi d'un mouvement habile de l'une de ses sii les courroies de la cuirasse de sa proie.
Il repoussa ensuite l'hideuse chose et s'empressa de plonger ses crocs dans la chair de l'hominidé. Il aurait pu éviter d'avaler le tissu trempé de sueur, mais la faim le taquinait bien trop pour qu'il se soucie d'aussi insignifiants petits détails. Quoique sa chair soit encore fraîche, elle n'était pas en bien meilleure état que ses vêtements. Il se souvint alors comment celui-là était mort. Il avait failli réussir à lui échapper pourtant, ce qui était déjà tout à fait honorable pour les si maigres capacités d'un tel avorton. A l'instant où feu le jeune chevalier avait réussi à enjamber tant bien que mal une racine de mélèze de la taille de sa patte, le démon pâle avait été si enragé qu'il avait écrasé les arbres à l'aide de son imposant poitrail et, d'un coup de griffe d'une puissance phénoménale, avait soulevé la terre et le petit chevalier avec. La brutalité de l'attaque avait été si grande que le corps s'était disloqué en une masse à peine ressemblante à un bipède. Fier de lui, le démon pâle poussa un léger pruum avant de se remettre à manger.
Ah... quelle dommage... les os devaient être également dans un état déplorable. Sarushzor appréciait de temps en temps de ronger un petit morceau, mais si c'était pour se laisser découper les entrailles par un os mal taillé, cela n'en valait pas la peine. Il se cantonna donc à dévorer tout ce qui était tendre et juteux. Le coeur, par exemple, fut particulièrement exquis. Quand il décida que son estomac était plein, il releva son long cou et chercha la femelle elfe des yeux. Il l'aperçut qui traînait toujours avec sa créature squelettique, à l'orée des bois brumeux. Même dans cet endroit si reculé, loin de toute trace de vie, les humains se débrouillaient pour abonder comme un parasite. Mais c'était là finalement une caractéristique propre à toute vermine rampante et grouillante... Son regard pâle se posa ensuite sur le théâtre de désolation qui était né autour de lui, provoqué par la récente chasse. Puis il déclara à l'elfe.

-Folie et Décadence ! Il est si étrange de constater à quel point les humains sont réceptifs à la violence. Que ce soit dans leur intérêt ou pour leur propre perte d'ailleurs. Leur destin, ainsi que la portée de leurs ambitions semblent avoir été scellés d'un sceau inviolable (Du museau, le démon pâle repoussa le cadavre d'un des défunts, comme pour s'assurer qu'il était mort). Regarde-les... comme des corolles qui se seraient fanées trop tôt. Les dragons ont tenté de les éduquer, de leur apprendre où était leur place dans le monde. Ils leur ont ouvert leurs cœurs, leur ont offert une force que les bipèdes ne pouvaient contrôler. Mais ils ne parvinrent qu'à révéler les quelques faiblesses qui fragilisaient leur imposante armure d'écailles. Et maintenant, de faiblardes petites créatures demeurent sous la terre, tandis les hominidés observent le ciel avec émerveillement, et vont dans des lieux comme cette forêt qui ne leur appartiennent pas !

Un soupir mauvais s'échappa de Sarushzor, comme le raclement de deux rocs qui se frotteraient dans un bruit atroce.

-Ainsi les dragons doivent-ils survivre... Tel est la dure réalité pour le peuple de mon petit frère...

L'air hautain, il redressa ensuite la tête vers la créature d'os et de sang. Son regard était empli de mépris pour cette abomination. Il se moquait bien de la manière dont la petite elfe allait prendre cette considération. Il ne s'était jamais caché de dénigrer comment elle se servait d'autres forces que la sienne pour tuer. Et il ne s'en excuserait pas. Il trouvait cela lâche et bien peu distrayant. Lui et son frère s'étaient toujours battus seuls contre le monde entier, et si, par un hasard plus qu'évident, ils en étaient venus à recevoir l'intervention d'autres individus, ces interventions avaient plus souvent fait naître une gêne qu'une véritable aide pour eux.

-Jamais je ne me prosternerai devant quiconque ! Pas même devant ce qui m'est supérieur. J'ai passé toute mon existence à survivre dans la solitude. Jamais je ne laisserai quelqu'un me dicter mes choix, pas même mes semblables. Non... Jamais !

Le ton de sa voix était tel un ouragan déchaîné, dont les courants traversaient le firmament. Il inspira fortement lorsqu'il eut finit sa diatribe. Il ne sut expliquer pourquoi il s'était exprimé ainsi devant une elfe qui, bien qu'ayant un caractère qui lui correspondait, n'était qu'une hominidée, une bipède de celle qui souhaiterait ardemment la mort de son frère RaÏnvir. Peut-être était-ce justement l'influence de son petit frère qui l'y avait poussé ?
Le démon pâle s'étendit de tout son long sur la terre herbeuse, masquant les corps et la flore. Son regard se faisait plus dur encore, plus déterminé que jamais alors qu'il fixait l'horizon au-delà des bois.
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MessageSujet: Re: Quelque chose comme une ombre [Libre]   Mar 4 Avr 2017 - 15:10


Talia observa le dragon se nourrir. Elle resta silencieuse, regardant dans l'ombre tandis que le molosse osseux terminait de se nourrir des derniers cadavres que l'elfe noire avait laissé pourrir sur son passage. Evidemment, c'était dans le seul et unique but d'entendre les derniers gémissements de ses victimes et les gargouillements osseux des corps qui seraient laissé aux corbeaux et à leur putréfaction des plus naturelles. L'elfe noire resta silencieuse, ne voulant pas vraiment déranger le dragon en plein milieu de son repas. Était-ce du respect? Non. De la peur? Non plus. Elle était fascinée. Talia avait toujours pensé que les dragons étaient des êtres faibles, ramollis par leur confort, stupide, ayant légué leur connaissances et leurs plus grands savoirs aux hominidés, aux humains égoïstes surtout. Mais Sarushzor et... son frère... RaÏnvir, étaient différent. Et cela la fascinait.

Elle sortit des ombres dés que le dragons gris sombre eut fini de dévorer les restes de cadavre. Elle s'approcha alors qu'il parlait doucement, désignant l'un des autre cadavre où, déjà, quelques mouches venaient gambader. Apparemment, le dragon semblait méprisé ses congénères pour leur débilité. L'elfe aux cheveux sombre se rappela de l'histoire racontant que les dragons avaient "éduqué" les humains, et d'autres peuples... Mais pour certains, il avaient été fait esclaves, pour d'autre ce fut l'apogée d'une aire passé. Pour Talia, c'était l'époque de la décadence. Pourquoi les dragons, plus que tout autres créatures, auraient eu le droit à cette place de privilégié?! Une chose de plus qu'elle pouvait détester chez ces êtres beaucoup trop pure à son goût! Des êtres protégés par le soleil, que l'extinction n'avait point encore touché et qui continuait de pourrir ces terres. Et Talia, et beaucoup d'autres ombres, comme Sarsuhzor et des démons bien plus vil que lui, ne pouvaient se montrer au grand jour.

Et alors que Talia réfléchissait, le dragon - ou la créature qui se cachait derrière cette forme - rugit des paroles qui raisonnèrent dans la tête de la jeune elfe. La solitude. La débrouillardise. La survie! Des mots qu'elle connaissait par cœur. Pourtant, tout au fond de son âme sombre, une petite voix lui disait qu'elle n'avait pas toujours été seule, qu'elle avait eu un peuple, des parents, des amis... Avant cette fameuse nuit. Mais ses souvenirs n'apparurent pas. Ce n'était qu'un échos d'un passé lointain, très lointain. L'elfe resta absente un moment, essayant de forcer son esprit à se souvenir, mais rien ne venait, aucune voix, aucune image, rien qu'un flou absolue de son passé. D'où venait-elle réellement? Talia ne se souvenait plus. La seule chose dont elle se souvenait était sa haine absolue envers les créatures du soleil.

La colère la prit à la gorge, telle une enfant qui n'arrive pas à ce qu'elle souhaite. Elle claque alors du bout des doigts, et la créature faite d'os ensanglanté s'évanouit comme un fantôme, laissant les crânes, les fémurs et les côtes s'échouer au sol dans une mélodie cadavérique. Le dragon sembla surpris de la réaction de l'elfe, mais celle-ci n'y prêta aucune attention. Elle se contenta de regarder dans la même direction que le dragon gris, vers l'horizon. La nuit était encore silencieuse, les échos des mots étaient lointain, mais les oiseaux n'étaient pas encore revenu. Ou alors, l'odeur de la mort les avaient-ils définitivement fait fuir. Talia serra les points, rongeant sa rage silencieusement.

"Nous sommes toujours seul, Sarush. Ton frère a de la chance de t'avoir. La vie vous a offert cette possibilité." lança Talia, plus lucide que jamais, la colère lui rendant l'esprit plus clair. "Il y en a qui n'ont pas cette chance. Il y en a qui ne l'auront jamais."

Sur le coup, l'elfe noire ne pensait pas particulièrement à elle. Elle ne se savait pas seule, elle n'en avait pas conscience. Seule la perte de ses souvenirs l'effrayait, la désarçonnait. Talia qui avait toujours été aussi sûre d'elle lorsqu'elle devait donner la mort, lorsqu'elle faisait son devoir envers sa Maîtresse la Lune, lorsqu'elle exterminait les êtres du soleil. Voilà qu'elle ne savait plus vraiment qui elle était. Voilà qu'elle n'était plus aussi sûre de ce qu'elle faisait. Mais cela ne s'était-il pas déjà produit? Une fois? Ou deux, peut-être? Elle ne se souvenait plus non plus. Elle finit par s'asseoir sur le sol recouvert de feuille, regardant toujours l'horizon lointain. Elle entoura ses genoux de ses bras et posa son menton sur ses jambes. Cela lui permettait de contenir sa colère, de la faire lointaine, et de se concentrer sur autre chose.

"N'as-tu jamais connu tes semblables de prêt ou de loin, Sarush? Etant donné que tu te prends pour l'un des leurs... Tu n'aurais pas un peu d'empathie pour eux, parfois? Même si cette empathie pourrais être transmis par ton frère..." sortit l'elfe noire, sans vraiment prendre conscience de ce qu'elle disait, jusqu'à ce qu'elle se mit à sourire sombrement. "La seule fois où j'ai de l'empathie pour mes congénères, c'est lorsque je les tue... Parce que moi aussi, je pense que j'aurais peur devant la mort."
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