Tout a basculé...
 

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 Throes - PV Percebrise

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MessageSujet: Re: Throes - PV Percebrise   Mar 3 Jan 2017 - 23:38




La douleur rendit le cuivré hilare. Les griffes de son frère s’enfonçaient dans son ventre, y découpant quelques sillons carmins. Et il riait. Il riait encore. Il riait tellement qu'il ne remarqua même pas que le blanc était parti, et qu'il tournait en rond, à quelques pas de là, au milieu d'un désert de fleurs.

Je l'ai tué, je l'ai tué, je l'ai tué.
Récitait-il.

ThaEron ramassa un œil de canard qui traînait à sa droite, au milieu d'un tas de boue verdâtre. Celui-ci semblait profondément mélancolique, contemplant avec ferveur les brins de paille qui avaient poussé dans le ciel. ThaEron regarda dans la même direction. ThaEron ne vit rien, mais quelque chose le fit arrêter de rire. Ce n'était plus drôle du tout. ThaEron avait perdu du sang.
C'est vrai qu'il va mourir. C'est dommage. C'est dommage de mourir. Percebrise à raison.

Percebrise, tu as raison. Il est mort, tout mort. Enfin pas tout de suite, mais bientôt. Tout, tout, tout mort. Je ne sais pas depuis combien de temps, à mon avis ca remonte à... demain ? Après demain ? En tout cas il sera mort l'an dernier.
Il faut trouver un remède. Vite ! Du pain. Trouve-moi du pain ! Et arrête de discuter, puisque je te dis qu'il faut du pain ! Les humains en raffolent, tu devrais leur demander. Ca sers à éloigner les rampants, les musaraignes, et les nains.

Non, ce n'était vraiment pas drôle. C'était une question de vie ou de mort, et c'était très sérieux. On ne peut pas faire comme si de rien était. Décidément, il nous faut du pain pour soigner ces blessures. Du pain noir de préférence, celui qui est un peu rosé, comme la mer.
Le Dracomage se mit donc activement en quête de pain. Il espérait en trouver un peu au sommet de la falaise, car c'était là que ces gens vivaient, en général.
Tel un scolopendre océanique, il déploya ses ailes, et d'un bond agile se propulsa dans les airs. Il retomba plusieurs fois au sol avant de réussir à voler, et de s'élever au dessus du grand arbre multicolore. Sous lui se succédaient les paysages, alors qu'il était en vol stationnaire. Il n'entendait rien d'autre que le souffle du vent dans ses oreilles, qui semblait vouloir le guider et l'aider dans sa quête. Le soleil printanier lui glaçait l'échine, mais il n'y prêtait pas attention, trop obstiné pour se laisser arrêter par de telles mondanités. Le cuivré finit par sortir du gouffre, arrivant aux abords d'un grand plateau couvert de prairies. L'endroit était singulièrement différent de tout ce qu'il avait vu jusqu'alors ; sans doute était-ce dû à la présence de quelques rossignols qui chantaient de leur voix rauque de superbes chansons paillardes, que le Cuivré reprit en chœur.

...une femelle d'un genr' nouveau !
C'est une dragonne rêveuse
Qui quand minuit sonne à la tour
Reçoit entr' ses saa paresseuses
Le nœud de fer de son pic de velours !

Il s'esclaffa, et vint se poser sur un large rocher. Il en était plus que certain maintenant : il se rapprochait encore et encore du pain guérisseur.
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MessageSujet: Re: Throes - PV Percebrise   Dim 8 Jan 2017 - 21:42

Donc Percebrise ne tournait pas en rond mais il était bel et bien affalé sur le sol de pierre tiède, tout juste à côté de son frère. Il haletait, mais du s'efforcer de retenir sa respiration pour tendre l'oreille : est-ce que ThaEron respirait toujours ? Son propre sang qui pulsait contre ses tempes l'empêchait d'entendre quoi que ce soit.
Il se tourna et vit qu'il s'était redressé, sa poitrine rousse zébrée de rouge se soulevant et s'abaissant à un rythme effréné et irrégulier, secoué par son propre rire dément. Puis il s'arrêta, et commença à débiter toute une nuée de sottises sans queue ni tête.
Percebrise ne savait plus quoi faire ; il était épuisé et ne s'était jamais senti aussi lourd de toute sa vie. Écrasé par son propre poids, c'est avec impuissance qu'il contempla ThaEron décoller et tournoyer au-dessus de l'arbre. Percebrise se dit que leur voyage touchait à sa fin. Il n'avait plus la foi de se lever, et commençait à trouver un certain confort à choir sur le sang et les racines noires, réchauffées par la propre chaleur de son corps qui le quittait insensiblement.
Une douleur intense lui transperça le poitrail et il ne chercha même pas à refouler la douleur ; il geignit, la laissant s'emparer de tout son corps, tandis que ses dernières forces s'en allaient. Sa vision se troubla avant de devenir noire. Pendant un instant, il fixa le ciel, l’œil vitreux, sans le voir.

Un vieil instinct, enfoui en lui depuis la nuit des temps, se réveilla et lui dicta d'ouvrir les yeux. Il se fit violence ne serait-ce que pour soulever une paupière. Ses orbes éthéréennes se posèrent sur ThaEron qui s'était perché quelque part là-haut. Le cuivré était définitivement hors-service, et Percebrise sentit l'angoisse et le dépit l'envahir. En tant que créature anti-suicidaire, l'instinct de survie était la seule chose qu'il l'avait accompagné jusqu'au bout. Il comprit avec une certaine émotion, sur laquelle il était incapable de mettre un nom, que c'était à lui de reprendre le flambeau. Cette fois il n'y avait personne pour l'aider, il ne pouvait compter que sur lui. Lui, que la chance avait dorloté toute sa vie durant -mis à part le jour de sa naissance ; comme une mère, elle le repoussait, lui faisant comprendre par la même occasion qu'il était temps pour lui de se comporter en vrai adulte, responsable. Il était encore loin d'y arriver, mais s'il remportait cette épreuve, ce serait une victoire de gagner.

Percebrise n'avait tout de même pas recouvert assez de forces pour se relever symboliquement. Les yeux plissés par la douleur, il se hissa jusqu'à la base du Mirumarbor noir, ses saa pleine de fourmis trainant derrière lui. Cet effort gargantuesque eu tôt fait de l'épuiser, mais au moins, il avait atteint son but. Il leva ses deux sii, planta ses serres sur le tronc, et le griffa, il le griffa de toutes ses forces. Il détacha des lambeaux d'écorce molle, il lamina le tronc qui se mit à saigner. L'arbre se mit à vibrer de toutes ses forces, bientôt les ruisselets noir se transformèrent en ruisseaux, en torrents. Les branches s'agitèrent dans tous les sens, Percebrise faillit se faire emporter par le courant mais il tint bon. Du moins jusqu'à-ce qu'il se retrouve entièrement submergé par les eaux noires.

Et soudain.
Surgit face au vent.
Le vrai héros de tous les temps.
Bob Morane contre tout chacal.
Percebrise, sentant qu'il n'était pas-là pour chanter du Indochine, rouvrit les yeux.
L'atmosphère avait radicalement changé. Le paysage aussi. Il n'était plus dans le canyon. Il était dans une caverne, accueillante et rassurante. Il dégagea l'arbre de son emprise : de minces sillons parcouraient l'écorce pâle là où il avait griffé. Le vrai Mirumarbor... Le beau, le sage... Il examina son poitrail : pas de plaie béante, une simple égratignure, à peine profonde, tout comme les quelques autres qui parsemaient son dos et son cou. Pourtant, il aurait juré qu'il avait reçu bien plus de coups pendant sa lutte avec les racines. Je suis tombé bien bas, songea-t-il en remarquant les petites blessures qui le recouvraient sous tous les angles. Marrant. Il y a quelques mois je me serais outré pour si peu. Lui, l'expert en l'art du combat, il s'était affaibli. Je ne suis même plus capable de me défendre correctement. Mais j'ai survécu... Les battements de son cœur se firent plus rapides quand il aperçut du coin de l’œil le corps son frère frémir. Vivant. Il le sentait. S'il avait été mort l'odeur n'aurait pas été la même. Il s'écroula au pied de l'arbre et sombra dans un état semi-conscient.
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MessageSujet: Re: Throes - PV Percebrise   Dim 5 Fév 2017 - 2:23




Noooooon ! L'usurpateur est mort!


S'entendit mugir le cuivré. Il avait l'impression qu'on lui déchirait les entrailles, alors que l'ombre le recouvrait. Il avait l'impression d'être en train de se noyer, coincé sous la surface de l'eau, écrasé par les rouleaux qui l'empêchaient furieusement de regagner la surface. Il avait l'impression qu'une partie de son être s'arrachait de son âme, qu'il se fendait en deux. Il avait l'impression de naître, de briser sa coquille, de sentir l'air âcre et poussiéreux d'une caverne ancestrale emplir ses poumons tendres et fragiles de dragonnet.
Les rossignols ne chantaient plus, ils hurlaient, ils hurlaient et se transformaient en vautours affreux, frappant des ailes comme endiablés. La terre se retournait sous ses pas, tout s'écroulait autour de lui.

Et il n'y avait soudain plus qu'une plaine, morte et déserte, qui s'étendait autour de lui. Un sol blanc, crayeux, des cieux écrasants. Pas de vent, rien. Son ventre lui faisait mal. Mais par dessus tout, il entendait l'arbre. Il entendait l'arbre hurler, rugir, gronder. ThaEron se redressa, se mit à courir vers l'origine des cris, se rapprochant peu à peu du bord de la falaise. Là, il déploierait ses ailes et redescendrait jusqu'au bosquet. Que faisait-il ici ? Avait-il laissé Percebrise seul en bas ?
Tu te posera toutes ces questions plus tard, pauvre idiot. L'arbre est en train de mourir, vous devez le guérir si vous voulez sortir d'ici.
Le cuivré bondit. Il ouvrit toute son envergure, plana quelques instants... Et, soudain aveuglé, s'écrasa sur le sol.
Un sol brun, argileux, des cieux de pierre. Pas de vent, rien. Son ventre lui faisait mal, plus mal que jamais. Et le Dracomage restait là, haletant, l’œil vide, le regard perdu dans la poussière. Il n'aurait su dire combien de temps cet état avait duré lorsqu'il repris ses esprits, et reconnut le vénérable Mirumarbor. Il se redressa paresseusement. Comment ces blessures avaient-elles pu le faire tant souffrir ? Elles n'étaient pas bénignes, mais n'avaient rien de mortel non plus. ThaEron fixa les rayons de lumière qui filtraient à travers le feuillage statique du Mirumarbor. Pas un seul alizé n'en faisait danser les feuilles, dans sa demeure de pierre. Son équivalent sombre et poisseux revint à l'esprit du cuivré, et c'est alors qu'il compris. Il devait plus que des excuses à Percebrise. Il lui devait des félicitations. Il se tourna vers l'albinos, à quelques longueurs de cou de là.

Mon frère, j'ai été idiot. Ma soif de comprendre cette faille à bien risqué de nous perdre tous les deux, et probablement le monde tout entier, un jour ou l'autre. Alors excuse-moi pour ces... événements singuliers. Tu nous à sauvés, et je te dois quelques explications.
Cet arbre avait besoin d'aide. Il avait profondément besoin que nous l'aidions, que nous le nourrissions. Il n'était pas malade, mais au contraire, dans son optimum de vie. Il avait besoin de se nourrir pour... eh bien disons, grandir, s'étendre. S'étendre jusque dans notre monde. Il avait soif, soif d'âmes, et pendant des années, les garnes l'ont nourrit, probablement hypnotisés par le pouvoir de l'arbre. Je pense qu'ils se sacrifiaient volontairement. Lorsque l'arbre réussissait à atteindre leurs âmes, il les attiraient dans son piège mortel, les rendaient fous, jusqu'à absorber leur âme tout à fait. Et c'est ce qu'il allait faire de nous aussi. Mais nous sommes des dragons, nos âmes sont plus fortes, plus difficiles à atteindre – mais ô combien plus puissantes. L'arbre aurait festoyé de nos esprits.
Fasciné par cette découverte, je ne me suis même pas rendu compte de ces choses là, et je me suis bêtement laisser manipuler par un arbre. Quant à toi mon frère... Toi, tu as résisté, et tu as blessé l'arbre. Tu l'as blessé mortellement je pense, ou en tout cas, assez pour qu'il nous rejette ici. Je pense que la faille s'est refermée, et que l'arbre n'est plus une menace pour nous.
Alors je te félicite, Percebrise. Plus que jamais. Je te remercie. Et je suis ThaEron alors quand je parle je fais des pavés de six-cent mètres de long par ce que je suis un peu Gandalf mais avec des écailles. Ce royaume dont nous nous sommes échappés m'intrigue encore, tout autant que le lien entre cet arbre et le Mirumarbor.

Le cuivré ne dit plus mot. Il y avait tant de choses à penser, tant de chose à chercher, tant de pistes à explorer, qu'il se perdit dans ses pensées. Jamais n'avait-il vu quoique ce soit de semblable. Il n'avait pas l'intention de rester ici à attendre – il allait emporter quelques feuilles et morceaux d'écorce du Mirumarbor, et se remettre en route pour l'Île de Feu aussi tôt que possible. Alors il pourrait travailler à sa convenance, dans son atelier, avec tout le matériel nécessaire à ses recherches. Et il n'avait pas de temps à perdre.
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MessageSujet: Re: Throes - PV Percebrise   Mar 7 Fév 2017 - 22:43


Le temps passa lentement, l'albinos à moitié réveillé focalisa son attention sur le ruissellement de l’eau le long des parois de pierres de la grande caverne, le bruissement quasiment imperceptible des petites feuilles du Mirumarbor, le frémissement invisible de ses branches tendues à l’assaut du plafond. Les minutes s’écoulaient inlassablement, jusqu’au moment où il se sentit prêt à se relever. Ses muscles le tiraillaient toujours et il éprouvait encore une certaine sensation de douleur là où les racines s’étaient agrippées à son corps, mais il était prêt à supporter ce poids sur ses épaules. Au moins il n’était plus entravé de toutes parts ; après ce qu’il avait vécu, tout lui paraissait si dérisoire. Un alliage de révélation et de résignation flottait dans son estomac, c’était comme s’il venait de comprendre quelque chose qui lui permettait d’entrer dans une nouvelle passe de son existence. Tout cela, il le pensa, mais il n’émit pas le moindre son, préférant garder ses pensées pour lui même.

Dans un effort qui lui parut surdraconique, il se hissa de toutes ses forces sur ses quatre pattes. Son propre poids lui paraissait déjà si difficile à soutenir, il devait en plus soutenir celui, invisible, qui s’était ajouté à son fardeau de vie. Percebrise soupira par les narines. Rapidement, il inspecta son corps, mais ce détail lui importait de moins en moins au fur et à mesure qu’il vivait sa vie. Les traces noires causées par la matière gluante qui recouvrait le Mirumarbor de la faille avaient presque disparu, et il n’en restaient que des traces grises effacées témoignant de sa lutte dans l’autre monde. Un bref coup d’œil en arrière lui apprit non seulement que ThaEron était réveillé, mais aussi qu’il s’était relevé, à l’instar de son frère. Lui aussi, il avait cet aspect négligé, recouvert de poussière qui ternissait ses écailles cuivrées d’ordinaire si brillantes.

Il parla et Percebrise l’écouta, et il n’en cru pas ses oreilles. Cela aurait du s’arrêter ici, le problème du cuivré, c’était qu’il parlait trop, et que parfois il aurait mieux fait de se taire. Percebrise ne bougeait plus, il était estomaqué. Tandis que ThaEron s’attardait sur son monologue interminable, l’ahurissement du blanc finit par le laisser partagé entre le désarroi et le ressentiment. J’ai fait des efforts, mais il ne changera jamais. Nous ne serons jamais faits pour nous entendre. C’est ainsi que Percebrise comprit qu’il avait toujours espéré, au fond de lui, pouvoir nouer une relation amicale avec son frère. Cela ne pourrait jamais se faire. Ce n’était pas à cause de leurs différences, mais à cause de ce qui faisait qui ils étaient. Ils ne pourraient jamais être frères, être amis. Coopérer, se supporter, ça Percebrise saurait le faire. Et en dépit de lui, il aimait son frère. Mais ça n’était pas suffisant. À l’instant même, la façon dont réagissait ThaEron était la plus exaspérante, la plus insupportable : il réagissait comme d’habitude. C’était le ressenti du blanc. Il le laissa finir ; cette cascade de compliments le mettait beaucoup trop mal à l’aise, pour la première fois de sa vie il fuyait le compliment. Il ouvrit la gueule ensuite quelques secondes se passèrent avant qu’il ne se décide finalement à cracher le morceau.

Tu t’entends parler ?

C’était tout.

Non mais vraiment, tu t’entends ?

À vrai dire, Percebrise n’attendait pas spécialement de réponse venant de son frère. Il allait déballer tout ce qu’il avait sur le coeur maintenant. Il était plus sous l’emprise de la tristesse que de la colère, mais c’était cette dernière qui allait motiver ses paroles et leur donnerait leur dynamisme.

Je suis désolé.” fut tout ce qu’il trouva à dire au tout début. Mais l’inspiration lui vint petit à petit et lui permit de s’élancer définitivement. “Est-ce que tu es un dragon ?” Il marqua une petit pause. “Tu ne comprends pas, et tu ne comprendras jamais. J’ai l’impression que tu ne sais pas ce que ça fait.” Devant l’air interrogateur du cuivré, il enchaîna rapidement “Les émotions. Les sentiments. Je n’ai même pas les mots pour te décrire la… Je croyais que c’était moi qui était différent, mais peut-être qu’au final je me trompe. Regarde… Nous venons tout juste d’échapper à la mort, la fin du monde, je ne sais même pas quoi. La première chose que tu fais, c’est un discours sur les failles ! Il y a un problème ThaEron, TU as un problème ! J’ai fait des efforts, j’étais presque prêt à te considérer comme un ami, à défaut d’un frère. Mais j’ai l’impression que toi, tu ne changeras jamais. Un dragon normal ne serait pas en train de faire un discours. Non, non on ne réagit pas comme ça, ce sont les Anklènes et autres érudits obsédés par rien d’autre que la science et la découverte qui font ça, je ne veux pas d’un Anklène, je voulais un ami, voire même un frère, mais pas de ça ! Les failles, je m’en fous, j’aime la vie !” Sa voix lourde de chagrin s’enroua sur la fin et il dut s’éclaircir la gorge pour continuer sur sa lancée. “Ça ne pourra jamais marcher. Pas si tu continues comme ça. Donc je suis désolé.

Fin. Sa poitrine se soulevait et s’abaissait à un rythme soutenu. Il pensait à la grise. Non. Il chassa son image de son esprit. Un chaos tempétueux tourbillonnait dans son coeur, il entendait le sang battre jusque dans ses ouïes. Il voulait montrer au cuivré qu’il l’aimait. Un simple geste amical, un petit frottement de museaux suffirait à lui témoigner son affection cachée ces dernières années. Non. Je suis vraiment désolé pour toi. Percebrise dut se faire violence pour résister.

Tant que tu ne changeras pas, tu ne seras jamais prêt. Je suis désolé.

Ses pas le dirigèrent vers la sortie de la caverne. Il ne se retourna même pas. “Le Lavadôme, c’est fini pour moi.” marmonna-t-il tout haut. Une fois à l’extérieur, une bourrasque lui fouetta le visage mais il ne chancela pas. C’était la meilleure bourrasque de sa vie. Les yeux fermés, il laissa les grosses gouttes de pluie et ses larmes se mêler entre elles et former des ruisseaux d’émotions s’écoulant sur ses joues immaculées. Puis il prit son envol sous la tempête, marquant la fin d’une ère et le début d’une autre.
Fin de RP pour Perce
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MessageSujet: Re: Throes - PV Percebrise   Jeu 27 Avr 2017 - 16:28




Le sang du cuivré ne fit qu'un tour. L'albinos ne comprenait-il donc pas ? Pouvait-il avoir un esprit si fort et un cœur si faible ?

Es-tu aveugle frère ? N'as-tu toujours pas vu le monde pour comprendre que ces choses-là, que ces faiblesses romanesques, nous mènent à notre perte ? Je croyais que tu échapperai à cette illusion Percebrise, mais j'avais tort. Regarde ! Regarde ce que nous venons de traverser, frère. Regarde la force de ton âme.
Imagine notre puissance si nous comprenions les forces qui agissent en ces mondes ! Nos peines de cœur n'ont pas leur place face à un tel pouvoir, face à l'immensité de notre réalité. Mais toi... Tu continues de te plaindre.


ThaEron s'approcha de son frère, le menton haut et l'oeil plein de flammes.

Je ne sais même pas pourquoi je continue de monologuer. Tu dis vrai. Pars ! Le temps n'est pas encore venu pour nous. J'espère qu'un jour tu grandira, frère. J'espère sincèrement que tu finira par comprendre mes paroles. Maintenant va-t'en. Disparais!

Il s'élança après son frère qui déjà bondissait de la corniche. Il rugit après lui, rugit plus fort qu'il ne l'avait jamais fait. Il ne voulait plus voir le dragon couleur glace. Plus le voir. Il fallait que son frère s'en aille, s'en aille très loin, et très longtemps.

Va-t'en, premier né. Trouve-toi un autre ami.

Murmura-t-il pour lui-même.

Trouve-toi un autre frère.

ThaEron s'écroula au sol. Les paroles de l'albinos arrivaient seulement à son cœur, et il maudit celui-ci. Il n'y avait pas de place dans ce monde pour ces genre de choses, il venait de le dire à son frère. Il aurait voulu ne plus ressentir quoique ce soit. Ne plus sentir du tout, se débarrasser de ces émotions qui faisaient la faiblesse de son âme ; mais irrémédiablement, les paroles de Percebrise résonnaient à ses oreilles.
Était-il vraiment à sa place dans ce monde-là ? Ses considérations appartenaient-elles vraiment à cette sphère ? L'albinos avait raison – le cuivré était un étranger, et il ne changerait jamais. Il ne serait jamais un frère, ni même un ami. Un protecteur peut-être, un défenseur, un guérisseur ; mais jamais nul ne trouverait en lui une quelconque forme de réconfort, d'acceptation, ou n'importe quel sentiment qui puisse réchauffer un cœur.
Il ne faisait pas ce qu'il était agréable de faire. Il faisait ce qui devait être fait, et mettait un point d'honneur à le faire bien.
Mais une larme, pourtant, perla du coin de son oeil.
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