Tout a basculé...
 

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 Throes - PV Percebrise

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MessageSujet: Re: Throes - PV Percebrise   Mar 8 Mar 2016 - 21:38




Derrière Percebrise était l'entrée de la caverne, et à travers la brèche se distinguaient les cotes de l'île. ThaEron s'avança au bord de la saillie. Le soleil levant baignait le monde d'une lumière rasante, projetant au sol de longues ombres élancées, et les toits des demeures des hommes, couverts d'une matinale rosée, se dardaient de reflets dorés. L'air était doux, emprunt d'agréables odeurs, et porteur des trilles joyeuses de quelqu'oiseau insulaire.
Le monde qui entourait le cuivré était marqué d'une sérénité certaine, pourtant, son esprit ne trouvait repos.


Vois, Percebrise. Vois cette île, vois ces terres ou nous sommes nés... Quand as-tu quitté l'île ? Je suis resté ici bien longtemps tu sais. Je me morfondais là, tantôt marchant parmis les cendres, tantôt chassant sur les plateaux au sud. C'est la visite d'un dragon, un autre cuivré, un certain AuRhynax, qui m'a donné envie d'aller au Lavadôme, à la recherche de mon passé. Nos parents avaient vécu là bas et je voulais en savoir plus. Peut-être que sans lui, je ne serais jamais parti. Je me demande bien ce qu'il deviens d'ailleurs. Et ainsi j'ai voyagé. J'ai rencontré d'autres êtres, fait des découvertes, j'ai mené une guerre, vaincu un tyran, et tant d'autres choses... Et puis je t'ai rencontré toi, au lendemain de ma victoire, et nous avons bu. Pour finalement revenir ici, là ou tout à commencé, et reconstruire tout ce que le feu de la montagne avait détruit. Tout est si parfait, tout est si beau. Mais il y à quelque chose qui ne va pas. Je le sens au fond de mon être, je le sens dans ces songes.


Le ton du cuivré retomba et son regard se perdit dans le vide. Il observa la mer et les vagues s'écrasant sur la côte. Il ouvrit la bouche, la referma, cherchant à faire sens. Il repris.


Je ne sais pas ce qu'il y à dans mes rêves, mon frère. Un abîme hurlant, et une infinité de lames éthérées transperçant ma chair sont tout ce dont je peux me souvenir, le reste s'efface toujours...


Ces mots n'étaient qu'un succédané de ce qu'il ressentait réellement, et il le savait. Ces lugubres rêves l'emportaient dans un transport tel qu'il eut été bien en peine de conter celui-ci par de simples mots, car seulement aurait-il fallu que tout soit clair dans son esprit. Ne lui revenait que cette terreur infinie qu'il ressentait lors de ses rêves, ce vide qui l'emplissait à son réveil, un néant spectral, n'appartenant qu'à l’ineffable ; mais tout cela était d'une réalité perçante et glaciale.
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MessageSujet: Re: Throes - PV Percebrise   Lun 21 Mar 2016 - 22:39


Je ne sais pas ce qu'il y à dans mes rêves, mon frère. Un abîme hurlant, et une infinité de lames éthérées transperçant ma chair sont tout ce dont je peux me souvenir, le reste s'efface toujours...


Ah beh merci. Ça m'aide. Un abîme hurlant, des lames... Ces images pouvaient contenir tellement de significations, Percebrise aurait espéré une réponse un peu plus claire. La chute, le vide, la douleur, le danger... L'albinos esquissa un sourire à peine discernable ; une de ses dents dépassait du dessus de sa mâchoire et, combiné aux effets de la fatigue, lui donnait un air mal léché qui collait plutôt bien au personnage. Son petit esprit bouillonnait, et il sentait qu'il lui était de plus en plus difficile de rester concentré sur les paroles de son frère. La fatigue l'avait frappé d'un coup, et il voulait dormir, mais en même temps, sa curiosité était piquée au vif ; il était plutôt intéressé par les rêves de son frère, et il commençait même à se demander si tout le charabia du cuivré pouvait vraiment avoir un sens -même si encore une fois, il ne pensait qu'à sa pomme, et espérait en tirer quelque chose en échange de l'aide qu'il était en mesure d'apporter. Un peu exaspéré, il s'assit sur son arrière-train et le rustre se mit à gratter fort violemment la blessure mal cicatrisée de son flanc droit.

Bah, mon frère adoré, c'est très simple : Tu as peur... Des trous. Abîmes ? Trous. Des lames ? Qui font des trous. Tout s'efface ? Comme un trou de mémoire. C'est la trypophobie.

Il cessa de se démanger en tourna son cou raide vers ThaEron, tandis qu'un sourire insupportable étiraient les petites écailles toutes sèches de ses lèvres.

Ne le prends pas mal hein, mais là, ce que tu me dis ne m'éclaire pas du tout. Écoute-moi plutôt...

Il était sur le point de lui raconter ses rêves lorsqu'il se tut. Quelque chose l'avait retenu, un je-ne-sait-quoi qui lui donnait l'impression qu'il valait mieux pour lui de ne pas en dire trop. Percebrise se figea ; il se sentit glacé et, l'espace d'un instant, eu l'impression d'appartenir à un autre monde. Son cœur se mit à battre si fort qu'il cru que sa poitrine allait exploser. Puis quelques secondes passèrent, et il se décrispa petit à petit. Était-ce la fatigue ? Peut-être... En tout cas il se sentit froid, et presque vulnérable, malgré l'environnement aux couleurs chaudes et la présence du volcan. En disant ces quelques phrases à voix basse, il eu comme l'impression de trahir un secret.

Je suis dans un champ, et je pénètre dans une forêt très sombre, qui masque le ciel. L'endroit est assez lugubre, et il y a des murmures à peine audibles et des lumières qui flottent dans cette atmosphère étrange.

Il en avait dit bien moins que ce qu'il avait à raconter. Pourtant, tout révéler lui donnait un sentiment d'insécurité. Il se racla la gorge pour s'éclaircir la voix et reprendre d'un ton plus naturel :

Tu crois que nos rêves sont liés ?


Dernière édition par Percebrise le Sam 1 Oct 2016 - 20:44, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Throes - PV Percebrise   Jeu 24 Mar 2016 - 20:58




Le Blanc était sur le point de raconter ses rêves lorsqu'il s'arrêta soudain, comme totalement décontenancé, et le Cuivré en devina la raison. Il y avait eu... quelque chose, à cet instant précis. Une faille dans le Flux, un sursaut, quelque chose qui n'était pas naturel, comme si on avait ouvert une porte entre ce monde et un autre. Il redirigea son attention vers son frère lorsque celui-ci reprit.

Je suis dans un champ, et je pénètre dans une forêt très sombre, qui masque le ciel. L'endroit est assez lugubre, et il y a des murmures à peine audibles et des lumières qui flottent dans cette atmosphère étrange.

ThaEron ne répondit pas. Il savait que son frère ne lui disait pas tout, mais c'était peut-être préférable, car ce qu'il avait ressenti quelques instants au par avant était toujours là.

Tu crois que nos rêves sont liés ?

Tais toi.

Siffla le cuivré.

Ne dis plus un mot.

Le Dracomage s'immobilisa, gronda. Il sonda le monde alentour, et une vision surgit alors en son esprit, tel un éclair qui si tôt disparut, ne montrant qu'un indescriptible amas de chair aux reflets irisés. La caverne perdit toute sa tranquillité. Une force s'était installée là et ne voulait pas être trouvée. Une autre image lui vint alors, celle, familière, des côtes rocheuses à l'est de l'île, grises et déchiquetées. Et alors, le vent se leva, tout se mêla, et plus rien. Tout cessa. L'endroit avait retrouvé son calme, si ce n'était que le ciel s'était couvert de nuage et qu'un fin crachin commençait à tomber des nues.

Tu as senti cela ? Viens. Suis moi, partons d'ici. Il se passe quelque chose.

ThaEron s’élança de la corniche, déploya ses ailes, et trouva un courant chaud sur lequel il se laissa planer quelques instants, avant de redescendre vers la mer, et d'aller droit au nord, longeant la cote. Bientôt furent-ils à hauteur de la baie ou vivaient les hommes, puis de leurs champs. Il se posa non loin de l'un d'eux, demanda à Percebrise d'un signe de la tête, et se mit à marcher, sans avoir aucune idée de la raison pour laquelle il se dirigeait par là, mais tout était étroitement lié à leurs rêves, il le savait. Cet instinct n'avait cessé de le guider depuis leur dernière rencontre, sans jamais se tromper - au point que le cuivré se sentait parfois comme guidé par une force extérieure. Il avança parmi les plantations, et au détour d'une colline se dessina alors les plateaux rocheux du littoral. L'herbe se fit moins dense au fur et à mesure qu'ils approchaient du bord de met, et le sol terreux finit par céder place à une longue plage de cendres noires, où se découpaient par endroit de larges plateaux de pierre anthracite.
Mais outre cela, le Cuivré entendait distinctement le murmure de milliers de voix qui s'élevaient de cette lugubre étendue qui leur faisait face. Il fit un pas en arrière. Cette fois, ce qu'il avait cru ressentir dans la caverne était clairement là, bien ancré. L'air lui paraissait comme fétide, corrompu. Il se retourna vers son frère.

J'aurais du y penser plus tôt... Ce champ de cendres m'a jamais inspiré confiance, mais voilà qui confirme mes doutes. Ces sables sombres et toutes ces pierres noires sont le résultat de la dernière éruption du volcan, et figure toi qu'elle était assez réduite. Dans les falaises là bas s'étendent criques et cavernes, et il fut un temps ou des dizaines de garnes s'y rendaient chaque nuit. Personne n'a jamais su ce qu'ils y faisaient, mais du jour au lendemain, ils ont disparu. Crois moi, je suis sur que si nous y allons, nous trouverons l'origine de tout ca. Tu me suis ?


Dernière édition par ThaEron le Lun 3 Oct 2016 - 0:17, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Throes - PV Percebrise   Dim 27 Mar 2016 - 21:56


Mm... Marmonna Percebrise, sans grande conviction.

À vrai dire, il ne partageait pas la même détermination que ThaEron à vouloir traverser la forêt, un canyon, une crique, et encore moins une caverne. C'était bien un truc de champion ça : vouloir jouer les enquêteurs-justiciers-héros. L'albinos ne savait plus quoi penser, car son frère venait de l'embarquer dans une petite aventure dont il n'avait aucune idée de comment elle allait finir. Quelque chose lui disait qu'il ne s'agissait que de préoccupations infantiles, d'un jeu digne de petits dragonnets ; d'un autre côté, il lui était impossible d'oublier ou d'ignorer les étranges sensations qui s'emparaient de lui ces derniers temps, où le rêve bizarre, qu'il avait fait trois fois en tout.

Mais la forêt en face de lui, bien qu'étant sombre, n'était pas similaire à celle de ses rêves. Déjà, le cadre n'était pas le même : ici, ils étaient sur île. Dans le rêve -ou la vision- Percebrise avait plus l'impression de se trouver... Au milieu de nulle part, dans un monde infini, dans une dimension différente. Mais bon... Après tout, c'était peut-être en lien avec ses songes. Il examina les lieux plus en profondeur. La lumière était différente, plus verte. Le Blanc ne tenait vraiment pas à se lancer dans une aventure, mais, en même temps, il n'avait pas grand chose à faire d'autre. À contrecœur, il emboîta le pas de son frère et les deux dragons pénétrèrent dans les bois ténébreux.

Il observa les bois, s'y sentant plus à l'aise que dans ceux de ses songes, malgré l'ambiance pesante qui y régnait. Ses écailles blanches réfléchissaient les rares reflets des environs et apportaient un peu de lumière, si bien qu'il ressemblait à un dragon vert fluorescent parmi les fourrés noirs. Au fur et à mesure qu'ils progressaient dans les bois, un sentiment commençait à lui peser sur coeur. Il n'arrivait pas à mettre un nom dessus, mais il était à la fois agréable, et désagréable. Un mélange d'angoisse, de curiosité de plein d'autres choses qui lui tortillait doucement le poitrail. Le mélange n'était pas dû à l'environnement alentour, contrairement à ce que l'on aurait pu penser ; mais le Blanc se sentait tourmenté et... Content ? Pas tout à fait, mais c'était ce qui se rapprochait le plus du mélange de sentiment complexe qui tourbillonnait en lui.

Ils marchèrent longtemps, et cette sensation s'alourdit encore plus lorsqu'ils atteignirent le canyon. Au début, Percebrise ne se rendit pas compte qu'ils avaient quitté la forêt ; il ne le réalisa que lorsqu'il entendit l'écho de ses propres pattes se réverbérer sur les parois qui formaient le canyon.

Est-ce que notre soeur est concernée par ce qui nous arrive, tout ça ? Si ça se trouve, elle devrait être avec nous aussi. On devrait peut-être lui en parler ?

Il s'avéra que le fait de savoir sa soeur encore en vie était du à cette impression dérangeante. Maintenant que les heures passaient, il réalisait l'ampleur de la chose. Il était extrêmement curieux à propos de sa soeur -celle qu'il avait cru morte toutes ces années durant, par sa faute. Il mourrait d'envie de la voir, de loin. Voir à quoi elle ressemblait.
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MessageSujet: Re: Throes - PV Percebrise   Sam 29 Oct 2016 - 1:54




La première lueur que ThaEron aperçut lui sembla irréelle. Ils avaient marché dans l'ombre depuis bien trop longtemps, tâtonnant pour trouver leur chemin au fond de cette interminable crevasse. L'eau suintait le long des parois, s'accumulant à leurs pattes en un ruisseau glacial. Nous y revoilà donc. L'albinos et le cuivré, six pieds sous terre, à la recherche d'on-ne-sais-quoi. Merveilleux, vraiment, quelle originalité, c'est fou ce que ca nous change de nos aventures habituelles. Et puis ce cher frère doit tellement s'amuser.
A mesure qu'ils approchaient de la source lumineuse, les murmures que le cuivré avait entendu sur la plage se faisaient de nouveaux entendre, bientôt rejoints par un sifflement dérangeant. Quelque chose n'allait définitivement pas par ici, il le sentait. Ses pouvoirs ne lui servaient à rien, il ne pouvait pas sonder les alentours, quelque chose perturbait le Flux.

La petite étincelle qu'il n'avait vu que de loin se révéla être un cristal bleuâtre, luisant au sommet d'un piquet de bois mort. A ses pieds étaient quelques ossements, armes, une petite écuelle de terre cuite, dans laquelle on avait déposé quelques fleurs, aujourd'hui noires et sèches - c'était un autel.
Derrière, le chemin continuait, mais il y avait quelque chose que le cuivré ne comprenait pas, et qui pourtant le perturbait grandement. Quelque chose semblait s'être immiscé ici, et avait changé l'endroit. L'autel semblait tracer une frontière imaginaire, derrière laquelle le tunnel se faisait plus... froid ? Repoussant, et à la fois attirant, tant il éveillait la curiosité ; une curiosité malsaine, ThaEron le savait. Une curiosité qui vous happait, qui vous entrainait vers votre perte. Il devait y avoir autre chose au bout du tunnel, qui était à l'origine de cette attirance enivrante. L'autel n'était pas une frontière. C'était une balise. Une mise en garde, un rappel qu'une fois ce point dépassé, le contrôle des événements n'appartenait plus à celui qui s'aventurait en ces lieux. Le cuivré détacha le cristal lumineux, le coinça entre deux plaques de son plastron. Cela leur offrirai un peu de lumière par la suite.

Percebrise ? Les garnes disparus. Je crois que c'est ici qu'ils allaient. Il y à quelque chose là bas, tu dois forcément le sentir, toi aussi. Ce n'est pas un "truc de dracomage". C'est ici, vraiment, ça rôde, ça traîne dans l'air. Nous devons avancer. Qui sait ce qui pourrait arriver si nous laissions un tel phénomène se dérouler sous nous pieds ? Je suis sûr que cette... chose pourrait s'étendre. Il faut faire vite, suis moi.

Et le cuivré avança.
Pestilence.
Ce fut le premier mot qui lui vint à l'esprit - accompagné curieusement d'un certain charme. Quelques pas plus tard, de gris champignons se dessinaient sur les murs fendus et rongés par l'humidité. Le sifflement qui raisonnait à ses oreilles se faisait grondement, plus fort à chaque pas. Le sol, à un moment, lui sembla spongieux, et il ne baissa même pas les yeux pour tenter de savoir ce sur quoi il avait posé la pâte. Quelque chose de mort. Il le savait. Il sentait de petits gravillons ricocher sur ses écailles lorsqu'il avançait, se détachant d'une voûte qu'il ne pouvait percevoir, mais dont il savait la pierre malade.
Et c'est alors qu'il le vit. Bien plus grand qu'un dragon, un voile éthéré, bleuté s'étendait devant eux. Mû par une brise qu'ils ne pouvaient sentir, cet étendard diaphane dégageait cette même aura que les lieux qui l'entourait. Repoussant, inquiétant, mort, il semblait être déchiré par endroits. Et pourtant, il semblait lui-même être une déchirure.

C'est une faille...Murmura-t-il. S'en approchant, il réalisa que le grondement avait cessé, ne laissant place qu'à ces murmures, ces bruissements, qui semblaient émaner de la faille. Il y à autre chose derrière, frère. Une autre caverne... Une autre île, qui sait, un autre monde ? Cela fait si longtemps que nous n'en avons pas vues. La dernière faille dont on puisse se rappeller date de, quoi, Anklamère ? C'est incroyable... Il nous faut y entrer. C'est d'ici que viennent toutes ces choses ; nos rêves, tout. Nous devons y mettre un terme.
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MessageSujet: Re: Throes - PV Percebrise   Dim 30 Oct 2016 - 0:41


Voilà qu'ils se trouvaient de nouveau sous terre. Percebrise avait un désagréable impression de déjà-vu : il avait l'impression de ne faire que ça depuis des mois, passer son temps dans les souterrains, alors qu'il n'aspirait qu'à retrouver sa confortable vie tout près des airs.
Et plus il passait du temps sous terre, moins il aimait cela. Paradoxalement, il s'y était habitué. C'était à contrecœur qu'il avait suivi son frère jusque dans ces lieux sordides. Ses yeux avaient mis beaucoup de temps avant de s'accoutumer au peu de lumière qui leur permettait de ne pas se cogner contre les parois. De toute façon, cela faisait une éternité qu'ils marchaient tout droit sans avoir à faire de détours.
L'humidité et l'air glacial était peut-être ce qu'il y avait de pire pour le moment.

C'était ThaEron qui l'avait conduit ici. Pourquoi l'avait-il suivi ? L'albinos (qui décidément devenait de plus en plus bleu, on va pas se mentir, ça lui va bien le bleu) n'en avait aucune idée, il ne savait même pas comment est-ce qu'il en était arrivé là. Toutes ces histoires que ThaEron faisait à propos de leurs rêves... Ce n'était que des songes. L'intrigue ? La curiosité ? Peut-être, mais rien de plus n'aurait pu le pousser à venir jusqu'ici. À mesure qu'ils avançaient, il trouvait que « tout cela » était vraiment très étrange. Le cuivré semble suivre une piste, et plus ils gagnaient du terrain, plus il y avait de lumière, même si cette dernière demeurait toujours faible. Percebrise ne sentait rien, mais ressentait beaucoup. Il avait l'impression de se trouver en un lieu où il n'était pas censé être.

Ils arrivèrent devant un drôle de bâton planté dans le sol et surmonté d'un cristal bleuâtre et luisant. Par terre gisaient des os, un récipient ainsi que d'autres objets sans valeur à ses yeux, mais qui ne semblaient pas avoir été déposés là par hasard. Percebrise renifla l'air mais il ne décela rien, rien à par le froid qui lui mordait les naseaux et un fumet... Fade, presque sans saveur. Il n'aurait trop su comment pas comment qualifier cette senteur [→ après Minuit je ne sais plus parler, en gros il sait pas comment expliquer cette odeur parce que ça sent le rien, 'fin bref, j'ai préféré laisser comme ça c'est plus authentique]... Une odeur inodore. ThaEron n'esquissait plus le moindre geste, et le plus jeune frère, ne sachant que faire, attendit un peu en retrait, et se concentra sur ce qu'il ressentait. Une sensation, un besoin d'en savoir plus le tourmentait, mais était-ce judicieux de continuer ? C'était comme si il était sur le point de faire quelque chose de pas forcément interdit, mais mal vu. Et dangereux. Tout lui disait de faire demi-tour et revenir sur ses pas. Mais dans ce cas, il vivrait avec une impression de devoir non accompli, et il ne trouverait jamais le repos en ayant conscience du mystère qu'il aurait laissé derrière lui. Et pourtant, il n'avait aucune idée de ce qui les attendait. Voilà un dilemme très incommodant. ThaEron cherchait à découvrir quelque chose, et il avait l'impression qu'il était impliqué dans cette affaire malgré lui.

Le cuivré parla enfin et Percebrise l'écouta avec attention, après quoi il se contenta de hocher la tête en silence, trop concentré pour parler, et lui emboîta le pas.
L'atmosphère changea peu à peu, les murs devenaient noircis de moisissure et il y avait toujours cette impression familière qui le guettait sans qu'il puisse l'expliquer.

Percebrise se referma sur lui à mesure qu'ils progressaient à travers le dédale de pierre infestée. Il posa à plusieurs reprises ses sii et saa sur des substances gluantes. Il n'avait aucune envie d'y jeter ne serait-ce qu'un œil ou de les renifler, la sensation produite sous ses pattes lui en disait déjà assez long à ce sujet. Il avançait avec les yeux à demi-ouverts comme s'il était endormi, en revanche il prêtait une attention toute particulière aux sons : il pouvait entendre des gravillons dégringoler le long des murs, et de lointains cris rauques et haut-perchés qui retentissaient. Rien de très rassurant.

La lumière se faisait un peu plus forte et le cuivré fit halte, alors il ouvrit les yeux et découvrit ThaEron en pleine contemplation devant un voile transparent en suspension au dessus du sol. Mais qu'est-ce que c'est...

ThaEron répondit à sa question avant même qu'il n'ait eu le temps de la poser. Une faille ? Percebrise n'en avait jamais entendu parler. Et il ne partageait pas tout à fait la même admiration que son frère (si on pouvait dire ça comme ça). Le blanc n'avait vraiment pas envie d'aller plus loin, son instinct lui hurlait de prendre ses pattes à son cou et s'enfuir le plus loin possible de cette Chose. Mais s'il faisait cela, il passerait pour un lâche. Rien que cette idée le remotiva un peu. Et puis, s'ils réussissaient leur « mission mystère », peut-être que ThaEron arrêterait de les lui briser et qu'il pourrait retourner à sa vie normale, loin de son frère, loin du Lavadôme... Loin de la vallée de Sadda, se remémora-t-il en soupirant (parce qu'il est très con et qu'il a oublié que sa maison a cramé pendant l'incendie causé par l'orage). Il allait devoir trouver un nouveau territoire.

Très bien.

Je vais faire ce que j'ai à faire, et quand tout sera fini, je rentrerai chez moi et je serai à jamais tranquille.
Il avança lentement et jaugea la faille, en long, en large et en travers. Je suis en train de plonger tout droit dans la gueule du loup. Et quel loup... Il échangea un long regard avec son frère et traversa le portail.

Il n'avait jamais connu de sensation plus froide et inhabituelle que celle-ci. Il sentit son corps se déchirer en mille morceaux, le souffle coupé par un tourbillon glacial qui semblait l'aspirer vers l'avant, et quand il ressortit de l'autre côté, son corps fut secoué de tremblements violent et incontrôlables, tant et si bien que ses quatre pattes faillirent se dérober sous son propre poids. Il rouvrit les yeux. Au début il ne vit rien, juste une tache bleue et floue qui flottait dans le lointain. Puis il s'habitua peu à peu à la luminosité, et l'appréhension revient quand il se rendit compte qu'il avait traversé la faille sans réfléchir aux dangers encourus... Son frère arriva juste derrière lui et à ce moment-là, Percebrise, qui se remettait tant bien que mal de ses émotions, prit conscience de quelque chose.

ThaEron, c'est la forêt de mes songes, j'ai rêve de cet endroit !

Il se retourna pour regarder son frère qui avait l'air épuisé, et aussi vérifier un détail. Il n'y avait pas de clairière derrière eux comme dans son rêve, juste le deuxième côté de la faille. Percebrise avait du mal à réaliser l'ampleur du phénomène. J'ai rêvé d'une forêt appartenant à un autre monde, et mon frère nous y a emmené. Voilà qui attisait définitivement sa curiosité.

Ça me fait mal de le reconnaître, mais tu m'étonnes vraiment parfois.

J'espère qu'il ne va pas aller s'imaginer des choses... Maintenant qu'ils se trouvaient là, autant continuer.

Je connais le chemin, suis-moi.

Il prit la tête du binôme : voilà d'où lui venait cette impression familière, il s'agissait bel et bien de la même forêt noire et sombre de son rêve. Pour une raison qui lui échappait, elle lui semblait moins terrifiante que dans ses songes. L'albinos sentait qu'il devait les guider à travers les sous-bois, que cela faisait partie de sa mission. Ça va le faire. En revanche, il n'aimait pas du tout l'atmosphère ambiante, ni les cris lointains qui retentissaient toujours. Il posa une question à ThaEron ; pour entendre sa voix et être rassuré, et puis aussi parce que le sujet l'intéressait vraiment.

Qu'est-ce que tu peux me dire sur les failles ? Tu as l'air de t'y connaître.

Ça ne se voyait peut-être pas, mais il faisait des efforts avec lui. Surtout parce qu'il était blasé et qu'il en avait un peu marre de courir partout.
Il pénétrèrent dans la forêt. Ses pas le guidaient à travers la végétation dense et noire. Percebrise se laissait bercer par les paroles de son frère et s'efforcer d'ignorer toutes les immondices sur lesquelles ils marchaient. En réalité, il ne l'écoutait qu'à moitié -il intégrait les informations que celui-ci lui expliquait, tout en se laissant porter par son instinct. Il se remémorait la dragonnelle qui lui avait montré le chemin ; il s'en souvenait très bien, mais il avait si peur de se perdre qu'il s'efforçait de rester concentré sur la piste. La jolie dragonnelle mauve et argenté était-elle ici ? Le blanc se dit qu'il pouvait toujours essayer de l'appeler.

Est-ce que tu es là ?

Il n'obtint aucune réponse.
Les deux dragons traversèrent la forêt. Tout était noir et sombre, c'était à peine s'ils pouvaient distinguer leurs pattes du sol. Des orbes lumineuses s'élevaient ça-et-là, les mêmes que dans ses rêves, mais il n'y prêtait guère attention car il commençait à avoir l'habitude de les côtoyer. Au bout d'un moment, la végétation se raréfia. Cette forêt à donc une fin... Je crois que je nous aurais perdu si la dragonnelle ne m'avait pas montré le chemin... Merci à toi, si tu es là.
Ils finirent par émerger du bois. La forêt surplombait un labyrinthe de canyons désertiques. Ceux-ci n'étaient pas profonds, mais ils n'étaient pas rassurants non plus. Et puis il y avait toujours ces cris dont l'origine était impossible à déterminer...

Percebrise descendit le dénivelé qui menait aux canyons, en faisant attention à ne pas tomber. Il fit glisser quelques morceaux de roche qui s'étaient détachés de la pente et dérapa jusqu'en bas tout en se stabilisant avec l'aide de ses ailes. Ici, l'air était stagnant, ni chaud, ni froid, et le sol n'était pas recouvert de ces choses gluantes. Ils marchaient sur une surface dure, stable, et sèche, mais il y avait toujours ces brumes bleues qui se mouvaient tout autour d'eux.

Je sais qu'il faut passer par ici, mais je ne connais pas le chemin. Je n'étais jamais allé aussi loin.

Percebrise leva les yeux au ciel -s'il s'agissait d'un ciel. On aurait dit qu'un voile ensorcelé recouvrait ce monde, le plongeant dans une fausse nuit éternelle. Alors que les écailles de Percebrise prenaient une teinte glacier et le faisait briller dans la nuit (discrète la bête), ThaEron, qui était de base plus sombre, avait pris une nuance plus foncée.

Tu es tout bleu, fit-il remarquer à son frère.
[J'ai l'impression d'écrire une légende Arthurienne.]
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MessageSujet: Re: Throes - PV Percebrise   Mer 16 Nov 2016 - 1:44




Ce monde troublait grandement ThaEron. Il n'avait jamais rien connu de tel. Passé le choc de la traversé, ils s'étaient aventurés dans cette forêt putride, ou se tordaient de sombres arbres, aux branches desquels pendaient de longue lianes purulentes et moussues. Le sol était spongieux, jonché d'immondices, qu'il n'arrivait pas à distinguer. Seules quelques orbes fantomatiques leur offraient leur lueur bleutée - le cristal du cuivré avait été perdu durant cette terrifiante traversée. D'après Percebrise, ils étaient au cœur de la forêt que celui-ci apercevait en rêves, et tout ce que le cuivré y avait vu jusque là n'était que mort, pestilence et désolation. Mais il y avait autre chose ; c'était comme si cet ensemble putride vivait tout bonnement. Il y avait quelque chose d'organique ici-bas, quelque chose qui respirait à travers ce sol grisâtre, ces couteaux rocheux, ce semblant de ciel, à travers toute cette moisissure. Il y avait quelque chose.

Qu'est-ce que tu peux me dire sur les failles ? Tu as l'air de t'y connaître.


La voix de l'albinos sortit ThaEron de ses esprits.

Les failles... Par ou commencer. C'est un sujet complexe, qui tiens un peu du mystère, en vérité. Imagine qu'il y à une infinité de mondes, étendus sur une toile tout aussi infinie. En principe, ces mondes sont séparés les uns des autres, éloignés, tous ont leur propre espace. Mais si tu plie cette grande toile... Celle-ci va se déformer, et certains mondes vont entrer en contact, se déversant l'un à travers l'autre. C'est ce qu'est une faille, basiquement. Un pli, qui nie tout un univers et rapprochent deux mondes qui n'auraient jamais du se rencontrer. Certains mondes sont la copie conformes d'autres ; en vérité, il y à sans doute plusieurs versions de chaque monde, et ce sont elles, les plus propices à se rencontrer lorsqu'un pli se forme. Quelque chose les attire entre eux lorsqu'un tel phénomène se produit. Mais nul ne sait par quel hasard se forment les failles... Nul en notre monde, en tout cas.

Tout en marchant, il poursuivit ses explications. Cela créait un peu de vie en cette forêt gangrenée, où régnait un silence morbide – car si le dracomage aimait le silence, celui-ci n'avait rien de reposant. Félicitations frère. C'est toi qui nous guide cette fois, et tu y arrive admirablement bien. pensa-t-il en suivant Percebrise ; qui, comme familier à ces lieux, s'y retrouvait étonnement bien.
Ils finirent par arriver au sommet d'une pente douce, au pied de laquelle s' étendait un réseau intriqués de canyons obscurs, qu'ils rejoignirent sans tarder.

L'air semblait lourd et pesait sur les épaules du cuivré – mais cet air était vide. Ni chaud, ni froid, ni sec, ni humide. L'air était vide. Vide, aveugle, et muet. Étaient-ce les falaises, qui, de toute leur hauteur, voulaient les écraser  ? Ils n'avaient fait que quelques pas au fond des ravines, et déjà celles-ci se refermaient sur eux, comme animées d'une volonté obscure de les enfermer à tout jamais, de les dévorer de leurs mâchoires de pierre. Plus ils s'y avançaient, plus le dracomage se confortait dans son idée première : ce monde semblait avoir sa propre conscience, et pourtant, il se montrait froid et exsangue.

Dis moi Percebrise... Tu n'as pas cette impression étrange que tout cet endroit nous observe ? Comme si ces falaises savaient que nous étions là. Comme si toutes ces choses mortes, toutes ces choses fanées et malades étaient vivantes mais... à leur manière. Peut-être que la manière dont elles vivent ressemblent à la manière dont nous mourrons ? Que leur putréfaction n'est que l'expression de leur existence ? Tout est tellement étrange par ici. Et...

Le cuivré s'arrêta. Quelque chose avait attiré son attention, là, le long de la paroi, semblable au bras d'une longue et étroite racine, qui originait d'une source lointaine, là bas, au bout de la faille. Mais la chose, filamenteuse et desséchée, semblait presque faite de chair, et pulsait à un rythme irrégulier.

Viens. Suivons cette chose, c'est la seule piste que nous ayons jusque là. Autant voir où cela nous mènera, et ce qu'il y a à l'autre bout.
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MessageSujet: Re: Throes - PV Percebrise   Mar 29 Nov 2016 - 11:59


Dis moi Percebrise... Tu n'as pas cette impression étrange que tout cet endroit nous observe ? Comme si ces falaises savaient que nous étions là. Comme si toutes ces choses mortes, toutes ces choses fanées et malades étaient vivantes mais... à leur manière. Peut-être que la manière dont elles vivent ressemblent à la manière dont nous mourrons ? Que leur putréfaction n'est que l'expression de leur existence ? Tout est tellement étrange par ici. Et…


L’intéressée réfléchit aux propos du cuivré. Sa tête légèrement penchée sur le côté signifiait qu’il était profondément plongé dans ses pensées. L’atmosphère ne lui faisait pas tout à fait la même impression qu’à son frère. Ils partageaient le même point de vue par rapport au fait que les lieux étaient en quelques sorte vivants, à leur manière. Par rapport à cette impression “d’organisme” ressentie dans la forêt et même ici, comme si le sol, les falaises, la forêt et même le ciel respiraient, comme si cet endroit avait une ou plusieurs consciences, mais qu’il était endormi, ou dans un état comateux. Percebrise ne se sentait pas particulièrement épié. Il aurait plutôt dit que ce lieu était conscient de leur présence, mais qu’il ne se focalisait pas particulièrement sur eux, trop occupé à “survivre.” Telle était son ressenti sur le moment. Mais il arrivait très bien à comprendre la sensation de son frère et puis cet endroit donnerait la chair de poule à n’importe qui. Curieusement, il avait laissé son angoisse dans la forêt ; une certain appréhension subsistait toujours dans un coin de son cœur, mais un étrange mélange de détermination voire d’entêtement, et de curiosité, le tout dénué de toute prétention, avait pris la place de la peur.


En revanche il était loin de philosopher à la manière de son frère qui, à son goût, posait trop de questions. Pour moi il ne s’agit que d’un… Univers parallèle avec ses lois et son système. Opinion qu’il se contenta bien de garder pour lui, étant donné qu’il n’était pas d’humeur à discuter là-dessus.
Leur attention à tous les deux fut détournée par un mouvement régulier qui attira leurs regards. Une espèce de bras noir et visqueux était collé à la paroi de pierre du canyon qui s’ouvrait largement devant eux. La “chose” semblait parcourue d’un battement à peu près régulier, à l’instar d’un cœur vivant. Voilà qui attisait leur curiosité.


Viens. Suivons cette chose, c'est la seule piste que nous ayons jusque là. Autant voir où cela nous mènera, et ce qu'il y a à l'autre bout.


L’albinos ne pu s’empêcher de lever les yeux au ciel, sans vraiment avoir une raison à cela. Avant de se remettre en marche, il se positionna devant son frère, dos à l’espèce de racine gluante et pulsante, de manière à lui faire face ; il plante ses orbes céruléennes dans les yeux de ThaEron.


Avant que nous suivions ce truc, je tiens à préciser quelque chose : Je ne sais pas pourquoi j’ai accepté de te suivre, je ne sais pas ce qu’on fait ici ni ce qu’on est supposés trouver et même si d’une manière ou d’une autre j’ai conscience que nous sommes ici pour achever un but, je compte bien quitter ces lieux le plus tôt possible, en un seul et unique morceau, et avec toi si possible. Tu n’as pas besoin que je te fasse le topo : j’ai perdu mon territoire, perdu mon temps avec un groupe de dragonnelles incapables, perdu du temps à leur trouver un remède, et ne va pas croire que je commence à t’apprécier parce que tu m’insupportes. Je te tolère, c’est tout. Faudrait juste que tu te décoince un peu mais bref on en discutera plus tard. Je veux juste retourner dans le monde normal… Notre monde quoi, trouver un nouveau territoire, et qu’on me laisse tranquille. Compris ?


Sitôt dit, il effectua un hochement de tête, fit volte-face et se dirigea avec détermination vers la racine noueuse et battante #telunedramaqueen. Il s’arrêta à la distance prudente d’une longueur de sii de la chose. De près, elle était vraiment repoussante. Ça ressemble à une veine nécrosée moisie. Le blanc dorénavant bleuté approcha son museau de cette mystérieuse racine et la renifla. Il eut envie de rigoler (bc il est bipolaire).


Il n’attendit pas l’avis de son frère pour poursuivre son chemin. La chose courait le long de la paroi et il entreprit de la longer, s’enfonçant de fait dans le labyrinthe du canyon. Plus il gagnait du terrain, plus la racine s’épaississait et de multiples excroissances apparaissaient. C’est incroyable, pensa-t-il, tandis que la nervosité, l’agitation et l’excitation le gagnait. Il accéléra le pas et finit par trottiner le long de la racine, qui faisait à présent la largeur d’une grosse bûche. De part et d’autre du canyon, une multitude de veines plus ou moins épaisses et semblables à celle qu’il suivait depuis plusieurs minutes parcouraient les parois de pierre ocres aux reflets bleutés dus à la luminosité ambiante.
Au détour d’un virage, il fut stoppé net dans son élan par une vision à couper le souffle.


Face à lui et entouré de tous les côtés par la roche couleur rouille striée de bandes plus claires se dressait, sur un monticule de rochers brisés, un arbre. Un arbre immense, noir, à la texture visqueuse. Toutes les veines se racollaient à sa base tandis que ses milliers de branche sombres dénuées de feuilles se tenaient immobiles dans le ciel faussement nocturne. Cet arbre était unique et pourtant, il ressemblait en tout point à celui qu’il avait découvert cinquante-cinq années auparavant au coeur du Lavadôme. Bouche bée, Percebrise réussit à balbutier quelques mots.


On dirait… On dirait le...
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MessageSujet: Re: Throes - PV Percebrise   Jeu 22 Déc 2016 - 2:45




...et ne va pas croire que je commence à t’apprécier parce que tu m’insupportes. Je te tolère, c’est tout. Faudrait juste que tu te décoince un peu mais bref on en discutera plus tard. Je veux juste retourner dans le monde normal… Notre monde quoi, trouver un nouveau territoire, et qu’on me laisse tranquille. Compris ?


Le Dracomage s'arrêta net, et planta ses yeux sur les écailles de glace de Percebrise. Sans vraiment pourquoi, l’agacement qui cheminait silencieusement dans l'ombre de son esprit lorsqu'il était aux côtés de son frère venait de faire un pas dans la lumière.

Ecoutes-moi bien, albinos. Une faille, ça ne se traverse que dans un sens. Elles n'ont pas de logique, chacune est une énigme à elle toute seule. Alors lorsqu'on aura résolu cette énigme là, tu pourras retrouver tout ton confort adoré et ta petite vie tranquille. Autrement, je te souhaite bon courage pour dénicher un territoire quand cet endroit aura totalement effacé notre monde par ce qu'une faille s'est ouverte un beau jour dans cette foutue caverne. Sache que c'est ce qui se passe, quand une deux mondes s'ouvrent l'un sur l'autre. Le plus fort dévore le plus faible, et crois-moi, celui-là est un monstrueux titan.

Le cuivré inspira profondément. Il avait l'impression, sous l'effet de la colère, d'avoir parlé sans respirer. Était-ce ce lieu qui lui faisait cet effet ? Il s'apprêtait à reprendre son chemin à la suite de son frère, avant de réaliser qu'il avait oublié un détail ; s'avançant de quelques pas, il ajouta.

Et je me « décoincerait un peu » quand tu auras fini de geindre et de te plaindre pour tout ce qui t'arrive dans ta malheureuse petite vie.

Il ponctua ces dernières paroles d'un grondement guttural, et laissa l'autre prendre de l'avance sur le chemin. Un peu de distance ne leur ferait pas de mal.
Et ça m’empêchera de lui sauter à la gorge la prochaine fois que je vois la couleur de ses dents, accessoirement.

Le chemin se poursuivit sans encombre, alors qu'ils longeaient la racine noire et purulente qui ne cessait de s'épaissir, et dont les ramifications se densifiaient. Les yeux ambrés de ThaEron parcouraient l'étrange végétal, sans vraiment comprendre ce dont celui-ci se nourrissait. Il semblait aspirer quelque chose qu'il trouvait dans la paroi, mais celle-ci était définitivement faite de pierre, sans aucune trace d'un liquide quelconque. Pourtant, la veine sombre pulsait, traversée de vaisseaux aux nuances diverses, tel n'importe quel corps vivant.
Il failli percuter Percebrise. Celui-ci s'était arrêté net. Le cuivré leva ses yeux de la racine qu'il suivait obstinément ; et il le vit alors. Immense, solitaire, il se dressait là, presque anormal, et pourtant définitivement à sa place.

On dirait… On dirait le...

Le Mirumarbor. Oui Percebrise... Et...

Le cuivré s'arrêta. Les murmures avaient repris, mais quelque-chose d'autre s'était mêlé à eux. Un grondement lourd et caverneux semblait émaner de l'arbre, comme-ci celui-ci l'appelait.

Tu l'entends aussi ? Tu l'entends parler ? Je crois qu'il nous appelle.

Même les vents semblaient s'être levés autour d'eux. Le dracomage était attiré. Indéniablement attiré par cet arbre sombre qui l'intriguait tant. Il fit un pas. Un autre. Encore un. Il perdit le compte, et ni ses sii ni ses saa ne semblaient encore lui appartenir. Tout était comme dans un rêve. L'arbre sembla se tordre – ou se tordait-il vraiment ? Ses racines vinrent l'enlacer, tout devint mauve.

L'arbre était en fleurs, et les fleurs étaient en feu. Des oiseaux volaient et mourraient, un serpent de glace dansait devant ses yeux. L'arbre lui disait des mots qu'il ne comprenait pas ; il y avait des renards. Ceux-ci, de leurs longues narines verdâtres, semblaient bien décidés à dévorer les tonneaux moussus qui roulaient sur le sol cristallin.
Puis ce fut l'ombre, et le son d'un millier de feux crépitants. Il était ébloui par leur lumière. Il faisait tellement froid. Il faisait tellement noir. Il n'arrivait même pas à distinguer le soleil, qu'il voyait clairement juste en face de lui.
Et tout s'éteignit lorsqu'il ouvrit les yeux.

Il y avait son albinos de frère, juste là, au pied du grand arbre noir.

Bonjour mon brave.

ThaEron fondit en larmes.
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MessageSujet: Re: Throes - PV Percebrise   Ven 23 Déc 2016 - 1:16


« Le Mirumarbor. Oui Percebrise... Et... Tu l'entends aussi ? Tu l'entends parler ? Je crois qu'il nous appelle. »

Percebrise tendit l'oreille ; il ne lui fallut que quelques secondes pour en parvenir à la conclusion suivante : non, il n'entendait pas. Son frère était en train de délirer, et il commençait à en avoir ras les cornes de ces crises imprévues qu'il devait à chaque fois se contenter d'observer et attendre que ça passe. L'albinos poussa un léger soupir dédaigneux à l'intention de ThaEron alors que ce dernier s'approchait pas à pas du grand arbre noir. Lui préférait rester assis ici et profiter de la vue, car après tout, il n'avait rien de spécial à faire, et le cuivré allait bien comprendre un truc ou deux qui leur permettraient de s'échapper de ce... Rêve, vision, faille, monde, peu importe de quoi il s'agit, pourvu qu'on s'en aille dès que l'occasion se présente. Il n'avait qu'une idée en tête, partir et mettre le plus de distance entre cet endroit et lui. Il pensa qu'en fin de compte il serait peut-être préférable de trouver un moyen pour enfermer son frère dans ce monde lugubre. Percebrise pouffa du nez, conscient qu'il ne serait jamais capable d'un tel acte, tout simplement parce que ThaEron était probablement le seul capable de trouver la sortie. C'est tout à fait ça, songea le blanc laissant doucement échapper un rire désabusé. J'ai une cervelle de moineau.. Ses lippes draconiques s'étirèrent car, ironie du sort, ThaEron semblait déjà s'être familiarisé avec les lieux ; autrement, il ne se trouverait pas déjà allongé entre les racines de l'arbre. Qu'est-ce qu'il est en train de faire encore ? Sniffer les champignons ?

D'une lenteur pachydermique, Percebrise se releva calmement pour se diriger vers son frère  qui semblait s'être assoupi, ses flancs se soulevant et s'abaissant paisiblement à un rythme régulier. Il lui fallait tout de même parcourir une bonne dizaine de longueurs de queue s'il voulait le rejoindre. Il posa une première patte sur la roche rouillée, entre deux radicelles sinueuses ; au fur et à mesure de sa progression à travers les racines du Mirumarbor noir, il n'eut pas d'autre choix que de finir par marcher sur les ramifications gluantes, sur lesquelles il dérapait une fois sur deux. Arrivé à mi-chemin, il glissa sur l'une d'entre elles et finit par se coincer une sii.

Il aurait pu se dégager la patte, si la racine qui l'entravait ne s'était pas resserrée autour de lui. C'est à ce moment-là que la panique le gagna. Incapable de penser correctement, l'albinos commença à tirer très fort sur sa sii mais cela ne servait à rien. C'est alors qu'une autre racine bien plus large se dressa en face de lui, se balançant de droite à gauche à la manière d'un cobra sur le point de passer à l'attaque. Cette même racine s'allongea subitement et s'écrasa sur le dos du dragon blanc qui lâcha un cri étouffé, le souffle coupé par le choc. Il se retrouva plaqué au sol, le menton ensanglanté, tandis qu'une multitude de ramifications s'enroulaient partout autour de son corps, bien déterminées à ne pas libérer leur emprise. Percebrise poussa un cri aigu assez similaire à celui des wapitis. Il se faisait piéger par les racines. L'arbre lui voulait-il du mal ? Un mince filament sombre qui lui retenait les mâchoires céda, et l'albinos en profita pour appeler au secours.

« ThaEron ! À l'aide ! »

Il n'obtint aucune réaction de la part du cuivré qui demeura insensible à son appel. Il était toujours allongé mais avait l'air très agité. Percebrise remarqua que lui aussi se faisait piéger par les racines ! Il allait l'avertir du danger, mais un détail le coupa dans son élan ; à l'inverse de son frère qui se faisait malmener, les ramifications qui enlaçaient ThaEron n'avaient pas du tout l'air de lui en vouloir. Finalement, une multitudes de radicelles envahirent son visage et son champ de vision s'en retrouva obstrué ; l'albinos continua à se débattre, mais ses forces finirent par s'amenuiser, et le cuivré était toujours en transe, trop loin devant lui. Il ne pensait plus. Son esprit était vide.
Les racines s'immobilisèrent et graduellement, l'étreinte se desserra, dévoilant un Percebrise blanc strié de zébrures noires et humides laissées par l'arbre : comprenant qu'il pouvait de nouveau respirer, il inspira à pleins poumons, se calma peu à peu, et se laissa tomber sur le tapis de racines avec nonchalance. Et amusement. Parce qu'on sait pas pourquoi il est amusé:B.

« Bonjour mon brave. »

Ses paupières s'entrouvrirent un peu plus afin qu'il identifie la source de ces paroles : non, il n'avait pas rêvé, c'était bien son frère qui les avait prononcées. Mais le pire était à suivre : c'est sur ces mots que ThaEron, d'un air affligé, perdit tous ses moyens avant d'éclater en sanglots. À ce moment-là, Percebrise ne su plus quoi penser. La tête basse, il se releva. Une colère noire s'était emparée de son cœur et elle planait dans son esprit, prête à causer d'immenses dégâts. Il pouvait en ressentir la source, au niveau de sa poitrine, s'étendre dans la totalité de son corps. Elle était comme un tourbillon furieux enfermé dans une prison de chair et d'os. Voilà le moment. Il était temps d'en découdre. Percebrise releva la tête et planta ses orbes océaniques dans celles du cuivré. L'espace d'un instant, il ne ressentit plus la douleur ni l'angoisse. Purement de la haine. Il enjamba les racines de l’arbre avec une rapidité et une facilité déconcertantes, tel une araignée fondant sur sa proie. Il se jeta sur son frère qui n'eut pas le temps de réagir ; le plaqua au sol et finit par ouvrir la gueule.

« Tu vas... Arrêter... De pleurnicher !! »

Puis ce qui devait arriver arriva. Percebrise leva une sii, noire et griffue, et l'abattit violemment sur le ventre de son frère. À partir de là, il devint incontrôlable. Aveuglé par la colère, il enchaîna les coups de griffes. Uniquement de griffes -il ne se servit ni de ses crocs, ni de ses cornes, ni de son feu. Il recouvrit son frère d'une quinzaine de plaies ensanglantées, guidée par sa propre folie. Ce faisant, il s'aspergea lui-même du liquide pourpre qui s'écoulait des blessures du cuivré, tant et si bien qu'il se retrouva rayé de noir et de rouge. Il avait l'air véritablement monstrueux.
Les coups continuèrent encore et encore, tout en s'affaiblissant. La majeure partie des blessures n'étaient pas grave en soi, mais les premières étaient profondes et saignaient abondamment. Le rythme cardiaque du blanc décéléra de progressivement et il s'effondra à côté du cuivré. Ses esprits lui revinrent peu à peu, et il se dit qu'il avait peut-être tué son frère. Ensuite, ce fut son tour de geindre.

« Je l'ai tué, je l'ai tué, je l'ai tué. » Il se mit à répéter cette phrase en boucle.


Dernière édition par Percebrise le Dim 8 Jan 2017 - 18:40, édité 1 fois
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